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émeutes : une faille dans la domination
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bloups



Joined: 27 Jul 2004
Posts: 1560

PostPosted: 09 Nov 2005 9:11    Post subject: Reply with quote

Pour Yog : Toi qui tuilises l'étymologie, il faut lire les mots qu'utilisent Mans et tu verras qu'il n'y a rien de pédant dans son discours.

Quote:
Faut pas chercher plus loin. Les cas ou l'etre humain émet un raisonnement puis passe a l'acte ne sont pas une norme, ce qui se passe dans enormement de cas c'est que l'etre humain agit puis élabore un raisonnement qui justifie son action...


L'acte gratuit n'existe pas, que tu n'aies pas conscience de son sens avant de passer à l'acte est certes courant, mais de là à faire un acte gratuit…
D'ailleurs en passant, si réellement ces actes sont gratuits (ce dont je doute), alors ces jeunes gens ont atteint une capacité politique bien au-delà de la nôtre.

La lutte des classes et la décroissance sont parfaitement compatibles, d'ailleurs je ne vois pas quel rapport peut bien avoir Trotsky avec cette fameuse lutte ( M. Green ). Essaye de relire Marx plutôt que Trotsky !
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 09 Nov 2005 13:41    Post subject: Reply with quote

Tirée de La lettre de Jimmy, cette contribution qui me paraît lucide (souligné par moi) :

Quote:
Claude Guillon (rédigé le 7 novembre 2005)

La révolte d'une partie de la jeunesse « mise au ban » de la société

1. On a pu faire le parallèle entre les récentes émeutes et les révoltes de prisonniers. En détention, le révolté - s'il ne s'en prend pas aux surveillants ou ne monte sur le toit de la taule pour s'adresser à l'extérieur - met le feu à son matelas, à l'infirmerie, à tous les locaux auxquels il peut accéder.

Relégués en « banlieue », le plus souvent à la périphérie des grandes villes, isolés par un réseau serré de discriminations, les jeunes des familles immigrées peuvent, à juste raison, se sentir « mis au ban » de la société, comme les criminels du Moyen Age. On parlait alors de « blessures à banlieu », c'est à dire qui « donnaient lieu à la mise au ban », mise à l'écart, qu'une « rupture de ban » transformait en récidive. Les émeutiers s'en sont pris d'abord aux flics, après la mort de deux jeunes poursuivis par la police (ce fait est établi par les enregistrements des échanges radio policiers), aux voitures, puis aux pompiers, aux écoles, supermarché, gymnase, autobus… et à peu près tout ce qui peut brûler.

L'affrontement recherché avec la police me semble le seul élément dont la signification sociale est limpide. Je suis beaucoup plus réservé sur les évaluations « radicales » des incendies visant les voitures et les bâtiments.

Les voitures jouent le rôle que jouaient les poubelles dans les monômes des années 60 : on met le feu et on attend les cognes. La différence est que chaque véhicule détruit fabrique (sauf rares exceptions), non pas sans doute des amis de la police, mais des excédés de l'émeute. Les déprédations visant les écoles sont monnaie courante, toute l'année, souvent le fait de très jeunes enfants. Leur signification n'est donc pas particulière ici (ni moindre d'ailleurs). Outre la connerie manifeste et éventuellement criminelle de certains gestes (engins incendiaires contre des autobus), cette manière de faire a au moins un inconvénient du point de vue de ceux qui l'emploient : le combustible vient rapidement à manquer.

2. Même étendues à de nombreuses communes du pays, les émeutes sont minoritaires. Elles constituent, par leur enchaînement, un phénomène nouveau dans la forme qu'il prend, mais réunissent rarement plus de quelques dizaines de jeunes. Le seul chiffre élevé que j'ai relevé est d'« environ deux cents » à Grigny (Essonne), le 6 novembre (cf. Le Monde, 8 nov. 2005), ce qui n'est certes pas négligeable. Le même journal indiquait, le 7 novembre, le chiffre de 1 206 interpellations pour la dizaine de jours d'émeutes, celles-ci ayant été crescendo au fil des nuits.

3. Il semble que les émeutiers soient davantage dans une logique d'imitation et d'émulation (médiatisée) que dans un souci - qui animerait des militants - de contact avec d'autres groupes sociaux et d'élargissement du « mouvement ».

Tout ce que nous savons de l'expérience des dernières années donne à penser que des militants extérieurs, mêmes animés des meilleurs intentions solidaires et/ou émeutières se feraient virer comme de vulgaires CRS s'ils prétendaient empiéter sur les territoires des différentes cités.

Lors des manifestations parisiennes de 1990, les bandes s'étaient disputé la chaussée et les magasins à piller, faisant la chasse aux militants radicaux qui prétendaient participer à « leur » émeute. En 2005, les bandes ont pour la première fois agi de concert sans se taper dessus les unes les autres, mais c'est pour se constituer en contre-manifestation, tabassant et dépouillant des dizaines de lycéennes et lycéens.

4. L'usage d'armes à feu, pistolets à grenaille et fusils de chasse, est incontestablement un signe du degré de violence utilisée, au moins par certains participants. Ça n'est pas une nouveauté. Des carabines 22 LR avaient été utilisées lors des manifestations des sidérurgistes en 1979, dans la région de Denain, certains tireurs interpellés… et relâchés (ce qui donne une idée de la trouille des autorités). Il n'en sera sans doute pas de même cette fois. Il est à noter que ces émeutes auront permis à la police française, ce qui est peu souligné, de généraliser l'usage de balles en caoutchouc contre des manifestants. Nous verrons bientôt si cet outil de maintien de l'ordre est réservé aux banlieues (ce qui est peu probable).

5. Le nombre de mineurs interpellés et leur jeune âge n'est pas non plus une nouveauté, contrairement à ce qu'on peut lire ici et là. Les émeutes de 1994 (mouvement dit « anti-CIP ») avaient vu de très nombreux mineurs arrêtés et déférés devant des juges des mineurs. La France était plutôt en retard dans ce domaine par rapport à d'autres pays européens (cf. émeutes de Zürich en 1980, et Berlin en 1981).

6. On peut comparer la situation actuelle et celle de mai 1968 (la comparaison a été faite, entre autres, par P. Jarreau, chroniqueur du Monde [5 nov. 2005]), mais c'est pour constater aussitôt qu'il n'y a à peu près aucun rapport.

Aujourd'hui, pas de grève sauvage, pas d'unité étudiants jeunes ouvriers sur des barricades qui n'existent pas ; ni occupations ni forums (comme encore en 1994), donc pas ou peu de rencontres et de débats. L'émeute pour elle-même se consume elle-même. La seule hypothèse, classique, qui permettrait peut-être de sortir et des banlieues et de cette impasse serait la bavure. Dois-je dire que je ne la souhaite pas ? Cette suite d'émeutes a déjà causé, au moins indirectement, la mort d'un homme et les blessures graves d'une personne handicapée. J'ajoute encore que je ne suis pas certain que l'habituel enchaînement bavure-réaction d'indignation générale pourrait ici se déclencher comme cela avait été le cas après l'assassinat de Malik Oussékine (rapidement endiguée par le retrait du projet de loi Devaquet).

7. S'ensuit-il que nous ne sommes pas concernés par ce qui se déroule sous nos yeux ? Certes non. Si mes remarques paraissent pessimistes c'est sans doute que j'entend résister d'abord à la fascination spectaculaire du cocktail molotov qui serait le symptôme d'une révolte enfin radicale (en Corse, on mitraille, caillasse et canarde les flics à longueur d'année ; ça ne présente aucun intérêt). Que pouvons-nous faire concrètement aujourd'hui ? En l'absence presque totale (à ma connaissance) de contacts non seulement avec des émeutiers mais même avec des groupes militant dans les quartiers où se déroulent les émeutes, il ne nous reste que d'éventuelles initiatives de solidarité envers les jeunes arrêtés.

Une manifestation appelée contre les violences policières serait un minimum (sans illusion sur le nombre de manifestants qu'elle réunirait et surtout l'écho qu'elle aurait auprès des principaux intéressés)
.



http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=45940
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