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Science, conscience et armes biologiques
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Laurent



Joined: 22 Dec 2003
Posts: 908
Location: Région parisienne

PostPosted: 05 Dec 2005 13:09    Post subject: Reply with quote

La suite, encore : il y a une réunion publique d'information à Paris, au CICP, 21 ter rue Voltaire, le jeudi 8 décembre 2005 à partir de 19h00.
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=47398
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Lolotte



Joined: 05 Jul 2005
Posts: 54
Location: Massif jurassien

PostPosted: 05 Dec 2005 18:02    Post subject: Reply with quote

merci Laurent ! Clin d'oeil
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Lolotte



Joined: 05 Jul 2005
Posts: 54
Location: Massif jurassien

PostPosted: 06 Dec 2005 10:12    Post subject: Reply with quote

voici davantage d'infos sur cette action. le conditionnement est à l'oeuvre sur la biométrie, comme sur les OGM et bien d'autres sujets des nécrotechnologies. N'hésitez pas à faire connaître cela autour de vous.

LA BIOMETRIE EN PROCES
DOSSIER DE PRESSE
Jeudi 17 novembre, une vingtaine de personnes ont mené une action contre la biométrie au prestigieux lycée de la Vallée de Chevreuse, situé dans la technopole de Saclay, en région parisienne. A l’heure du déjeuner, les appareils biométriques situés dans la cantine scolaire ont été totalement détruits. Les dégâts sont estimés à 20 000 euros. Au-delà de ces chiffres c’est le développement et la diffusion de ces technologies qui sont contestés en actes pour la première fois en France. 3 étudiants ont été interpellés et seront jugés le 16 décembre au T.G.I d’Evry pour dégradation de biens en réunion. Ils sont défendus par Maître Terrel, le lycée s’étant constitué partie civile. De nombreux collectifs anti-sécuritaires ainsi que des intellectuels sont attendus du côté de la défense.
Cette action intervient alors que la carte d’identité biométrique (INES) est en passe d’être introduite en France (les Etats-Unis ayant légiféré depuis peu sur les passeports biométriques). Cette technologie, dénoncée par plusieurs associations comme « liberticide » et « contraire à la dignité humaine », suscite de nombreuses polémiques, a fortiori dans ses applications sur des enfants. Ainsi, la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, et IRIS s’opposent fermement au
projet INES. A partir du 29 novembre, la Cité des sciences et de l’industrie de La Villette présente sa grande exposition « La biométrie : le corps identité ». Une manière de lancer le débat ou d’organiser l’acceptation des nouvelles technologies ? Il semble que les pouvoirs publics veuillent éviter de rejouer le scandale des OGM, mais plusieurs groupes contestataires s’apprêtent d’ores et déjà à occuper le terrain.
Le 16 décembre sera l’occasion pour les inculpés de faire enfin publiquement « le procès de la biométrie ». Quelques jours avant, le 8 décembre, une réunion publique est organisée au C.I.C.P (21ter, rue Voltaire). La présence de militants, de responsables associatifs et d’experts en questions sécuritaires leur permettra d’affûter leur critique.
La biométrie est-elle un dispositif neutre et efficace au service des populations ou un outil de marquage et de contrôle du cheptel humain ? Peut-elle être considérée isolément comme un progrès ou rejoint-elle avec la vidéosurveillance, les RFID, les puces sous-cutanées un arsenal de moyens de coercition illégitimes et dégradants, renforçant l’instrumentalisation des corps ?
CONTACT :
HTUcontrebiometrie@yahoo.frUTH
M. Eyguesier : 01 40 11 04 38.

LES FAITS

Jeudi 17 novembre, une vingtaine de personnes s’est introduite pacifiquement dans le lycée de la Vallée de Chevreuse (91). Certains ont distribué des tracts, d’autres ont improvisé une saynète qui fut interrompue par le bris de deux machines visant à contrôler l’entrée des lycéens dans le réfectoire.
Depuis septembre 2005, Le lycée de la Vallée de Chevreuse avait mis en place les outils biométriques qui reconnaissent les contours de la main des élèves, préalablement enregistrés dans des bases de données informatiques. L’usage de la biométrie dans les cantines scolaires, dont l’efficacité est par ailleurs contestée, a pour objectif d’habituer les enfants à ces technologies carcérales afin qu’ils se soumettent sans résistance aux contrôles dans les aéroports, les bibliothèques et les gares, dont la mise en place est imminente. Le 17 novembre, les perturbateurs du repas de midi voulaient dénoncer cette « éducation à la biométrie » qui sert à légitimer une présence de plus en plus quotidienne d’outils de contrôle en tous genres, fleurons de l’effort de guerre de la Science à l’encontre de la liberté humaine. Tout s’est passé dans une ambiance bon enfant jusqu’au moment où les participants à l’action, affublés de masques de clowns, quittaient le réfectoire en marchant. Certains, pris au hasard, ont alors été
violemment molestés par un surveillant, puis par des élèves et d’autres membres du personnel, furieux que d’aussi belles machines aient été mises hors d’usage. Le départ des clowns a été entravé à coups de pied et de poing alors qu’aucun d’eux n’avait fait preuve de quelque agressivité que ce soit envers les personnes physiques.
Trois d’entre eux ont été finalement remis à la gendarmerie. A l’issue de 24 heures de garde à vue et deux perquisitions, après avoir refusé la comparution immédiate, ils sont sortis libres du Tribunal de Grande Instance d’Evry. C’est là qu’ils seront jugés le vendredi 16 décembre à 13h30, pour « dégradation de bien en réunion ».
Soulignons qu’alors que les lycéens n’étaient nullement mis en danger par cet assaut festif de leur cantine, l’un des surveillants les a exposés de son propre chef en les incitant à frapper les perturbateurs. Il porte l’entière responsabilité de l’échauffourée à la sortie du lycée, qui aurait pu bien
mal se finir. Tout ça pour un peu de ferraille et d’électronique endommagés : triste époque…
En plus d’être un irresponsable, ce surveillant est un fieffé menteur, puisqu’il prétend avoir capturé un des briseurs de machine. Nous sommes au regret de faire savoir publiquement qu’il se vante mal à propos, puisque aucun des trois inculpés n’a tenu de marteau ce jeudi midi. Raison de plus pour faire de leur procès le procès de la biométrie plutôt que celui des opposants au fichage généralisé. Des complices.
Le jour de l’action, le tract suivant avait été distribué sur les lieux :
Lycéennes, lycéens,
Ne sentons-nous pas autour de nous l'étau qui se resserre, le bocal qui rétrécit ? Ne voyons-nous pas venir ce
moment où l'on saura dans tous les détails ce que nous faisons, où nous sommes, ce que nous consommons ?
Il y a quelque chose de ça avec le système de biométrie installé dans la cantine du lycée. Pas un contrôle fort,
d'accord. Juste l'un de ces trucs qui nous apprennent à toujours être identifiés, triés, séparés. Qui nous
conditionnent, nous habituent à ressembler aux moutons et aux veaux dans nos assiettes, pucés pour que les
administrations sachent parfaitement d'où ils viennent, quand ils naissent, quand ils meurent.
Le meilleur moyen de contrôler les humains, c'est pour l'instant de les mettre à l'école et au travail, avec en poche
une carte bleue et un téléphone mobile. Imaginez qu'un jour prochain, on nous mette une puce sous la peau,
objectif avoué de ceux qui nous invitent à "s'inscrire à la biométrie" : il deviendra alors complètement impossible
de nous révolter contre le pouvoir de l'Etat et des entreprises.
Il ne s'agit pas de science-fiction, mais de ce qui arrive petit à petit ici et maintenant sous le voile du high tech
branché et du jeu. Du temps de nos grands-parents, la science et la technologie devaient permettre d'en finir avec
la misère et les inégalités. Aujourd'hui, le progrès cher aux anciennes générations sent à plein nez la prison et la
mort. Dans ce nouveau millénaire, nous sommes nombreux et nombreuses à savoir que le délire scientifique et
technologique est le premier obstacle à la justice sociale et à la liberté humaine.
Il est encore temps : demandons-nous si un monde sans caméra de surveillance, sans ordinateur et sans portable,
ne serait pas plus vivable. Demandons-nous ce que la biométrie et ses puces peuvent nous apporter. Et ne
laissons pas remettre en marche ces foutues machines à trier entre ceux qui ont les moyens et ceux qu'on envoie
manger dehors (... Et n'hésitons pas à en saboter d'autres !).
Des complices


Action anti biométrie dans un lycée de
l'Essonne, 20.000 euros de dégâts

18-11
17:08:38 Dix-huit jeunes gens sont entrés dans un lycée de Gif-Sur-Yvette (Essonne) jeudi en fin de matinée pour manifester contre la biométrie (contrôle d'accès) et casser les bornes de la cantine
occasionnant 20.000 euros de dégâts, a-t-on appris vendredi auprès de la gendarmerie. Deux étudiantes parisiennes de 24 et 22 ans et un jeune homme sans profession de 26 ans ont été interpellés par les gendarmes à la sortie du lycée de la Vallée de Chevreuse et devaient être jugés en
comparution immédiate vendredi, selon la même source. Jeunes gens et jeunes filles sont arrivés par la forêt, habillés de sacs poubelles, portant gants, masques de mimes et massettes.
Ils ont distribués des tracts protestant contre la biométrie signés "les complices" et sont rendus directement à la cantine où ils ont saccagé les deux bornes bio métriques.
"Leur arrivée n'a pas surpris, a raconté un membre du personnel à l'AFP, souvent les élèves de théâtre peuvent être vêtus de façon étonnante".
"Demandons-nous si un monde sans caméra de surveillance, sans ordinateur, et sans portable, ne serait pas plus vivable" dit le tract adressé aux "lycéennes et lycéens" les enjoignant de "ne pas laissez remettre en marche ces foutues machines à trier entre ceux qui ont les moyens et ceux qu'on envoie manger dehors". © AFP.

Commando anti-biométrie
20 minutes - Lundi 21 novembre 2005

Des bornes de cantine détruites par des manifestants anti-biométrie.
Deux étudiantes parisiennes de 22 et 24 ans et un jeune homme sans
profession de 26 ans s’en sont pris en fin de semaine dernière au réfectoire d’un lycée de Gifsur-Yvette (91) pour protester contre le contrôle de l’accès. Ils ont été interpellés par les gendarmes en sortant du lycée. Les dégâts sont évalués à 20 000 euros. Habillés de sacs
poubelle, masqués et gantés, les trois jeunes avaient d’abord distribué des tracts appelant les lycéens à « ne pas laisser remettre en marche ces foutues machines à trier entre ceux qui ont les moyens et ceux qu’on envoie manger dehors ». Ils n’avaient pas suscité l’étonnement du
personnel de l’établissement.

LES MAUVAIS ELEVES DE LA BIOMETRIE
Réunion publique, au C.I.C.P.
Fin novembre, vingt personnes ont pénétré dans la cantine du Lycée de la Vallée de Chevreuse, situé dans la technopole de Saclay, pour dénoncer fermement le dispositif
biométrique en place. A cette occasion, les machines ont été brisées à coups de marteau. Les trois étudiant-e-s interpelé-e-s seront jugé-e-s le 16 décembre au tribunal d’Evry, à 13h30, 10Pème P chambre.
La biométrie est une technique d’identification héritière de la criminologie du XIXème siècle qui passe par l’enregistrement et la reconnaissance de données biologiques et anatomiques (iris de l’oeil, traits du visage,
forme de la main, empreintes digitales, ADN…). Elle est amenée à se généraliser en remplacement des moyens d’accès plus ou moins traditionnels (“ Bonjour, je suis madame Machin ”, “ Vigile, laissez-moi
passer ”, code d’accès, carte magnétique…). Par exemple, vous posez la paume de votre main sur un lecteur, il traite les informations, vous êtes identifié, et vous pouvez passer — ou pas. Depuis quelques mois, les Etats-Unis imposent à quiconque veut se rendre sur le territoire de se soumettre à un contrôle biométrique. Les gouvernements européens veulent légiférer au plus vite sur des passeports biométriques, et, en France, sur une carte d’identité biométrique obligatoire (INES). C’est-à-dire des “ papiers ” électroniques contenant des informations sur votre apparence physique, votre ADN et vos antécédents. La biométrie permet notamment d’optimiser le travail de la télésurveillance, les caméras pouvant identifier en un lieu donné et à distance les personnes sur les lieux publics. Selon les dirigeants, il s’agit donc de lutter contre le terrorisme, l’immigration clandestine et la délinquance.
L’autre enjeu est de céder rapidement des marchés déjà promis aux puissantes industries de microélectronique (Thalès, Sagem, Alstom, Altmel…). La généralisation de la biométrie dans les lieux les moins justifiables, tels que le bureau, l’école ou la bibliothèque, répond aussi à l’exigence moderne qui veut que le dernier cri scientifique soit nécessairement un progrès. Mais surtout, cette diffusion des contrôles a pour but un véritable conditionnement à la biométrie. En effet, les pouvoirs craignant que la biométrie soit mal acceptée par les populations, il a été préconisé d’en banaliser l’usage au plus vite (voir par ex. le Livre Bleu 2004 du Gixel remis au gouvernement, HTUwww.gixel.fr)UTH.
Une quinzaine de lycées ont donc mis en place un contrôle d’accès biométrique à la cantine, quelques
entreprises imposent le badgeage biométrique aux employés. On propose aussi des techniques de
reconnaissance biométrique pour personnaliser l’accès aux téléphones portables et aux ordinateurs : la
publicité se charge de rendre ce genre de chose aussi anodine que “ cool ”, notamment auprès des
adolescents. Enfin, une “ information ” neutre et désintéressée est diffusée par de nombreux biais (“ tiens,
tiens…une expo sur la biométrie à la Cité des sciences et de l’industrie ”).
Demandons-nous à quoi ressemble un monde dans lequel, quotidiennement, il faut soumettre une partie
de son corps à des bornes informatiques pour aller travailler et manger. Demandons-nous si la transformation
des rapports humains en transactions techniques n’est pas en train de faire de notre société un véritable no
man’s land : un univers totalement inhumain et anxiogène. Demandons-nous si les fonds publics engloutis
dans la biométrie ne vont pas, au contraire, encore renforcer la misère sociale. Pas besoin d’arguments
techniques pour se rendre compte de ce que signifient ces technologies pour le monde que nous voulons.
Notre dignité est-elle prête à accepter l’idée selon laquelle notre identité individuelle, ce que nous avons de
plus intime et de plus indéfinissable, puisse faire l’économie de la parole et de l’action pour se réduire à un
système d’informations anatomiques ?
Notre conscience historique s’accommodera-t-elle d’une gestion concentrationnaire des corps humains dans les espaces publics ?
Notre héritage politique peut-il tolérer une remise en question radicale de notre liberté de se mouvoir, de se
réunir, et de désobéir quand nous le trouvons le plus légitime ?
Vous êtes tous et toutes invités à venir parler du contrôle biométrique et
à soutenir les inculpés :
UAU CICP LE 8 DECEMBRE, A PARTIR DE 19h
21ter rue Voltaire, métro Charonne.
UAU T.G.I. D’EVRY LE 16 DECEMBRE, 13h30,
10PèmeP chambre, sortie Evry-Courcouronnes ou RER D.

DANS SON LIVRE BLEU 2004 REMIS AU GOUVERNEMENT, LE GIXEL
EXPLIQUE COMMENT CONDITIONNER LES POPULATIONS A LA BIOMETRIE
Le GIXEL est le Groupement des industries de l'interconnexion des composants et des sousensembles
électroniques.
Liste des adhérents au gixel : HTUhttp://www.gixel.fr/fr/Fsoc.htmUTH.
Extraits du Livre Bleu 2004 disponible sur : HTUhttp://www.gixel.fr/fr/Livre%20bleu.pdfUTH
« Acceptation par la population
La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une
atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.
Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie.
Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une
reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes : Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants.
Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux :
téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo
Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l’accès Internet, ...
La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les technologies de surveillance et de contrôle, il faudra probablement recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l’apport de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la gène occasionnée. Là encore, l’électronique et l’informatique peuvent contribuer largement à cette tâche. »
Le Livre Bleu du GIXEL a été rédigé grâce aux contributions des personnes et organismes suivants :
Pierre GATTAZ Porte-Parole des Industries Electroniques et Numériques, Président du Directoire de RADIALL
Olivier BAUJARD Senior Vice-President Corporate Strategy, ALCATEL Bernard BISMUTH Président du
GFIE Directeur Général, CCI EUROLAM Jean-Claude CHASTANET Président du SPDEI Directeur
Commercial, TEKELEC Europe Pr. Jacques CINQUALBRE Chirurgien des Hôpitaux de Strasbourg Michel
DUMONT Group Vice-President, STMicroelectronics Jean-Pierre EUVRARD Président du GIXEL
Administrateur, TEMEX Jean-François EVELLIN Président du SNESE Président Directeur Général, THEALEC
Laurent GOUZENES Directeur du Plan et Programme d’Etude, STMicroelectronics Didier HUCK Vice-
President Public Affairs and Regulations, THOMSON Jean-Louis LACOMBE Vice-President Technology and
Innovation, EADS Bertrand LACROIX Vice-Président de ALLIANCE TICS Vice-Président, ALCATEL France
Robert MAHLER Président de la FIEEC Président de ALSTOM France Alain MARBACH Executive VP
Product and Technology, SCHNEIDER Electric Régis PAUMIER Vice-Président du SYCABEL Président
Directeur Général, ACOME Alain PERREUR Président du SIMTEC Directeur International, AEROFLEX
Olivier PIOU Président Directeur Général, AXALTO Jean-Patrice SAVEREUX Président d’ALLIANCE TICS
Délégué du Président, IBM Michel SIRIEIX Director Science & Technology, Defence and Security, SAGEM
Jean VAYLET Président du SITELESC Vice President & General Manager Imaging, ATMEL Michel VIMONT
VP Electric & Electronic Systems Engineering, RENAULT

Le gouvernement veut imposer aux citoyens une carte
électronique d’identité à éléments biométriques. Sans
nécessité, il étend ainsi au niveau national des décisions
européennes liberticides qu’il a par ailleurs fortement
contribué à faire adopter. Le projet est présenté comme
une parade aux fraudes et aux entreprises terroristes, tout
en servant de « vide-poches » pour y placer, à sa guise,
code de carte bancaire, numéro fiscal, codes d’accès à des
services Internet… En réalité, ce projet prévoit de constituer
un fichier de police à l’échelle du pays et de toute la population,
comportant les données biométriques de chaque
citoyen, avec l’indication de son domicile, sur des puces
lisibles sans contact, c’est-à-dire à l’insu des personnes.
Titre d’identité et déclaration de domiciliation obligatoires
: du jamais vu depuis la Libération ! La mise en
oeuvre de ce projet vise en fait à faciliter les contrôles policiers
de toute nature. Les éléments biométriques d’identification,
inclus sous forme numérisée et conservés dans un
fichier unique national, faciliteront tous les croisements
d’information. La numérisation de ces éléments, alliée à la
prolifération des dispositifs de surveillance, décuplera les
possibilités d’identification policière et de traçage des
citoyens. Dans un contexte de prolifération du fichage et
d’impuissance des organismes de contrôle, la création
d’un nouveau fichier qui inclura toute la population française
ne peut que faire frémir.
Dire que ce document est destiné à lutter contre les
fraudes ou les entreprises terroristes est un mensonge.
L’actuelle carte d’identité est déjà réputée « infalsifiable ».
Pourtant le gouvernement prétend que la fraude se serait
développée de manière galopante, tout en reconnaissant
ne pas savoir la mesurer. En fait, la sophistication technique
servira plutôt les réseaux criminels les plus organisés,
car ils se doteront rapidement des moyens nécessaires
pour la contourner et disposeront alors de documents
d’identité dans lesquels l’État et les citoyens auront, à tort,
placé toute leur confiance.
Présenter cette carte comme un outil commode facilitant
les transactions électroniques, administratives ou
commerciales, est un leurre. Ce soudain intérêt porté par
le ministère de l’intérieur aux désirs des consommateurs et
son ingérence dans ce domaine masquent en réalité sa
volonté d’imposer un outil de contrôle policier, sous couvert
de prétendus bienfaits pour ses détenteurs. Le gouvernement
admet surtout que la finalité ultime du projet
est de mettre en oeuvre une carte universelle intégrant
l’identité, le bénéfice de droits et de prestations sociales,
la capacité de conclure et payer des transactions. Il s’agit
de rendre ainsi l’individu totalement transparent tant aux
autorités publiques qu’aux opérateurs commerciaux.
Un tel projet met en cause une société dans laquelle
l’identité reste fondée sur un principe déclaratif, au profit
d’une conception de l’identité imprimée dans l’intimité
biologique. Il nous propose l’abandon d’une présomption
de confiance mutuelle au profit d’une généralisation de la
suspicion.
Parce que nous refusons : tout contrôle d’identité à l’insu
des personnes ; tout fichier exhaustif de la population ;
tout usage d’un identifiant personnel unique biométrique
des individus ainsi rendus totalement transparents ; nous
exigeons le retrait total et immédiat du projet INES de
carte électronique d’identité à éléments biométrique.
Le projet INES doit être retiré
I nepte,
Nocif,
E ffrayant
Scélérat…
LDH, SM, SAF,
IRIS, DELIS, AFJD
appellent à la signature
de cette pétition
à envoyer sur le site de la LDH
www.ldh-france.org
ou à son adresse :
138, r.
Marcadet 75018 Paris
Nom, prénom :
adresse :
signature :
Demande le retrait immédiat du projet INES

Paru dans Le Monde le 10 janvier 2004
Non au tatouage biométrique
Par Giorgio Agamben

Les journaux ne laissent aucun doute : qui voudra désormais se rendre aux Etats-Unis avec un visa sera fiché et devra laisser ses empreintes digitales en entrant dans le pays. Personnellement, je n’ai aucune intention de me soumettre à de telles procédures, et c’est pourquoi j’ai annulé sans attendre le cours que je devais faire en mars à l’université de New-York. Je voudrais expliquer ici la raison de ce refus, c’est-à-dire pourquoi, malgré la sympathie qui me lie depuis de nombreuses années à mes collègues américains ainsi qu’à leurs étudiants, je considère que cette décision est à la fois nécessaire et sans appel et combien je tiendrais à ce qu’elle soit partagée par d’autres intellectuels et d’autres
enseignants européens. Il ne s’agit pas seulement d’une réaction épidermique face à une procédure qui a longtemps été imposé à des criminels et à des accusés politiques. S’il ne s’agissait que de cela, nous
pourrions bien sûr accepter moralement de partager, par solidarité, les conditions humiliantes auxquelles sont soumis aujourd’hui tant d’êtres humains. L’essentiel n’est pas là. Le problème excède les limites de la sensibilité personnelle et concerne tout simplement le statut juridico-politique (il serait peut-être plus simple de dire biopolitique) des citoyens dans les Etats prétendus démocratiques où nous vivons.
On essaie, depuis quelques années, de nous convaincre d’accepter comme les dimensions humaines et normales de notre existence des pratiques de contrôle qui avaient toujours été considérées comme
exceptionnelles et proprement inhumaines. Nul n’ignore ainsi que le contrôle exercé par l’Etat sur les individus à travers l’usage des dispositifs électroniques, comme les cartes de crédit ou les téléphones
portables, a atteint des limites naguère insoupçonnables. On ne saurait pourtant dépasser certains seuils dans le contrôle et dans la manipulation des corps sans pénétrer dans une nouvelle ère biopolitique, sans franchir un pas de plus dans ce que Michel Foucault appelait une animalisation
progressive de l’homme mise en oeuvre à travers les techniques les plus sophistiquées. Le fichage électronique des empreintes digitales et de la rétine, le tatouage sous-cutané ainsi que d’autres pratiques du même genre sont des éléments qui contribuent à définir ce seuil. Les raisons de
sécurité qui sont invoquées pour les justifier ne doivent pas nous impressionner : elles ne font rien à l’affaire. L’histoire nous apprend combien les pratiques qui ont d’abord été réservées aux étrangers se
trouvent ensuite appliquées à l’ensembles des citoyens. Ce qui est en jeu ici n’est rien de moins que la nouvelle relation biopolitique « normale » entre les citoyens et l’Etat. Cette relation n’a plus rien à voir
avec la participation libre et active de la sphère publique, mais concerne l’inscription et le fichage de l’élément le plus privé et le plus incommunicable de la subjectivité : je veux parler de la vie biologique
des corps. Aux dispositifs médiatiques qui contrôlent et manipulent la parole publique correspondent donc les dispositifs technologiques qui inscrivent et identifient la vie nue : entre ces deux extrêmes d’une parole
sans corps et d’un corps sans parole, l’espace de ce que nous appelions autrefois la politique est toujours plus réduit et plus exigu.
Ainsi, en appliquant au citoyen, ou plutôt à l’être humain comme tel, les techniques et les dispositifs qu’ils avaient inventés pour les classes dangereuses, les Etats, qui devraient constituer le lieu même de
la vie politique, ont fait de lui le suspect par excellence, au point que c’est l’humanité elle-même qui est devenue la classe dangereuse. Il y a quelques années, j’avais écrit que le paradigme politique de
l’Occident n’était plus la cité, mais le camp de concentration , et que nous étions passés d’Athènes à Auschwitz. Il s’agissait évidemment d’une thèse philosophique, et non pas d’un récit historique, car on ne saurait confondre des phénomènes qu’il convient au contraire de distinguer. Je voudrais suggérer que le tatouage était sans doute apparu à Auschwitz comme la manière la plus normale et la plus économique de régler l’inscription et l’enregistrement des déportés dans les camps de
concentration. [1]
Le tatouage biopolitique que nous imposent maintenant les Etats-Unis pour pénétrer sur leur territoire pourrait bien être le signe avant-coureur de ce que l’on nous demanderait plus tard d’accepter comme
l’inscription normale de l’identité du bon citoyen dans les mécanismes et les engrenages de l’Etat. C’est pourquoi il faut s’y opposer.

Giorgio Agamben
Professeur de Philosophie à l’université de Venise et de New York
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Laurent



Joined: 22 Dec 2003
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Location: Région parisienne

PostPosted: 06 Dec 2005 10:26    Post subject: Reply with quote

Le Monde vient de publier hier un autre article de Giorgio Agamben

Non à la biométrie, par Giorgio Agamben
LE MONDE | 05.12.05 | 14h48 • Mis à jour le 05.12.05 | 15h24

Quand, à la fin du XIXe siècle, Galion en Angleterre commença ses recherches sur les empreintes digitales et Bertillon en France inventa la photographie judiciaire "pour l'identification anthropométrique" (c'était le terme de l'époque), de tels procédés étaient exclusivement réservés aux criminels récidivistes.

Aujourd'hui, une société se profile où on se propose d'appliquer à tous les citoyens des dispositifs qui étaient jusque-là destinés aux seuls délinquants. Selon un projet qui est déjà en voie de réalisation, le rapport normal de l'Etat à ce que Rousseau appelait les "membres du souverain" sera la biométrie, c'est-à-dire le soupçon généralisé.

Au fur et à mesure que les citoyens, sous la pression de la dépolitisation croissante des sociétés postindustrielles, se retirent de toute participation politique, ils se voient traités de plus en plus comme des criminels virtuels. Le corps politique est ainsi devenu un corps criminel.

Les dangers d'une telle situation sont évidents pour tous sauf pour ceux qui refusent tout simplement de voir. On ne sait pas assez que ce sont des photos tirées des cartes d'identité et des cartes professionnelles qui ont permis aux polices nazies des pays occupés de repérer et d'enregistrer les juifs et qui ont facilité ainsi leur déportation. Que va-t-il se passer le jour où un pouvoir despotique disposera de l'enregistrement biométrique de toute une population ?

Or cela est d'autant plus inquiétant que les pays européens, après avoir imposé le contrôle biométrique aux immigrants, s'apprêtent à l'imposer à tous leurs citoyens. Les raisons de sécurité invoquées en faveur de ces pratiques odieuses ne sont pas convaincantes, car si elles peuvent contribuer à empêcher la récidive, elles sont bien sûr inutiles pour prévenir un premier délit ou un acte de terrorisme. En revanche, elles sont parfaitement efficaces pour le contrôle massif des individus. Le jour où le contrôle biométrique sera généralisé et où la surveillance par caméra sera établie dans toutes les rues, toute critique et tout dissentiment seront devenus impossibles.

Les jeunes étudiants qui ont détruit le 17 novembre les bornes biométriques dans la cantine du lycée de Gif-sur-Yvette ont montré qu'ils se souciaient bien davantage des libertés individuelles et de la démocratie que ceux qui avaient décidé ou accepté sans broncher leur installation.

J'exprime ma solidarité aux étudiants français et déclare publiquement que je refuserai de me prêter à tout contrôle biométrique et que je suis prêt pour cela à renoncer à mon passeport comme à toute pièce d'identité.

Giorgio Agamben est philosophe.
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 13 Dec 2005 11:56    Post subject: Reply with quote

Quelques nouvelles :

Le procès a lieu vendredi prochain à 13h.
http://paris.indymedia.org/breve.php3?id_breve=3989

Un groupe mystérieux intitulé r&d publie une lettre de soutien aux inculpés. Il entend élargir le procès à celui de la gestionnarisation sans limite de notre société productiviste.
http://paris.indymedia.org/article_propose.php3?id_article=48075
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Laurent



Joined: 22 Dec 2003
Posts: 908
Location: Région parisienne

PostPosted: 13 Dec 2005 12:08    Post subject: Reply with quote

Je compte venir au procès à Evry en soutien aux saboteurs/euses, en espérant avoir un train (RER D, actuellement en grêve). Y a-t-il d'autres personnes ici tentées par le voyage ?

Je fais également passer cette info :

Le comité de soutien anti-biométrie wrote:
Notre avocate nous fait savoir que pour tout témoignage, de moralité, de soutien ou sur les faits, une copie de pièce d'identité est absolument nécessaire.

Aussi, pour tous ceux qui nous ont aidé par un témoignage, ou qui s'apprêtent à le faire, nous vous serions gré de bien vouloir envoyer au plus vite (procès le 16 décembre) cette pièce à :

Maître Terrel,
33, rue Lacépède
75005 Paris
Fax : 01-47-07-83-14

Nous restons à la recherche de témoignages de solidarité, sur la question de la biométrie en général et de son implantation sauvage dans notre société, ou plus particulièrement pour un soutien aux inculpé-e-s.

En vous souhaitant bonne réception de ce courrier, et en vous remerciant une nouvelle fois pour votre soutien aux inculpé-e-s, veuillez agréer, madame monsieur, l'expression de nos salutations distinguées .
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
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PostPosted: 13 Dec 2005 16:07    Post subject: Reply with quote

Une enquête sur l'usage de la biométrie en milieu scolaire :
Xavier GUCHET, Manger sous surveillance. L'usage d'une technique biométrique pour le contrôle d'accès à la cantine scolaire, 2004
http://www.creis.sgdg.org/colloques%20creis/2004/Guchet.htm

Extrait :

Xavier GUCHET wrote:
L'installation de la biométrie dans les établissements scolaires n'a pas du tout été pilotée par une instance centrale, Ministère, Rectorats notamment ; elle s'est faite à l'initiative des seuls chefs d'établissement. Par ailleurs, si les trois établissements scolaires ont retenu la même technique, pour le même usage (le contrôle de l'accès à la demi-pension), il est apparu que les divergences l'emportaient dans une certaine mesure sur les rapprochements possibles : divergences notamment dans les motivations affichées, dans les discours produits sur la technique elle-même (par les élèves notamment), dans la mise en œuvre du dispositif (quels sont les personnels impliqués ? Où la reconnaissance biométrique se fait-elle, dans le self ou à l'extérieur ? Comment la biométrie se connecte-t-elle à d'autres outils de contrôle et de gestion, et quels sont ces outils ?). Il est apparu aussi que l'usage de la biométrie a eu des effets bien réels dans la redistribution des rapports de force au sein des établissements, entre élèves, parents d'élèves, administration, vie scolaire, professeurs. Deux conclusions donc : l'usage de la biométrie est concerné au premier chef par l'exercice d'un pouvoir ; une bonne compréhension du type de pouvoir qui se met en place, quand ces techniques se mettent à fonctionner dans la société, oblige à renoncer à la conception du pouvoir suggérée par la figure de Big Brother[5], au profit d'une analyse fine des rapports de force et des mécanismes de pouvoir qui leur sont immanents. Il s'agit en définitive de nous souvenir de la grande leçon de Foucault sur le pouvoir : pour comprendre les mécanismes et les effets du pouvoir dans les sociétés actuelles, il faut renoncer à la conception traditionnelle, juridique et négative du pouvoir, fondée sur la loi (l'interdiction). A cette conception juridique, qui est encore présente en filigrane des débats sur la biométrie (perçue comme un instrument entre les mains du pouvoir d'Etat), il faut substituer une conception technologique du pouvoir : le pouvoir est immanent à un ensemble de mécanismes spécifiques, qui forment « une machinerie dont nul n'est titulaire ».
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
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PostPosted: 14 Dec 2005 13:49    Post subject: Reply with quote

Laurent wrote:
Je compte venir au procès à Evry en soutien aux saboteurs/euses, en espérant avoir un train (RER D, actuellement en grêve). Y a-t-il d'autres personnes ici tentées par le voyage ?


J'y vais aussi.
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Laurent



Joined: 22 Dec 2003
Posts: 908
Location: Région parisienne

PostPosted: 16 Dec 2005 18:43    Post subject: Reply with quote

Le procès est reporté au 20 janvier 2006. Par contre j'ai l'impression qu'on a un peu dérivé sur la sujet initial...
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