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Que faire du système technicien?

 
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 11 Jul 2005 14:20    Post subject: Que faire du système technicien? Reply with quote

.

Que faire du système technicien?

Le système technicien est un concept utilisé par Jacques Ellul pour désigner ce qui est spécifiquement moderne dans le phénomène technicien. A savoir un entrelacement inédit de techniques au sens large (machines autant que routines intellectuelles), qui devient un phénomène contemporain majeur à prendre en compte, avant le capital, l'économie, le marché, le pouvoir, l'Etat, etc. Ellul aura ainsi tendance à ramener au système technicien un grand nombre de problématiques et de critiques faites aux sociétés modernes, ce qui évidemment est à contre-courant du sens commun qui fait de la technique un simple outil "au service de l'homme", ou bien au service d'une classe dominante, etc.

La société dans son ensemble devient régulée selon les contraintes du système technicien, lequel commande son accroissement continuel dans le temps (et c'est à ce niveau que le lien entre système technicien et Croissance me paraît le plus évident). On a très peu de chance de saisir le système technicien à partir d'une technique isolée. Ce que l'on saisira à partir d'une technique isolée, ce sont plutôt des idéologies professionnelles attenantes, des discours d'experts, des promesses de bienfaits, reproduisant sans cesse la vision de la technique comme "outil au service de". L'expert se doit de maîtriser la technique, il est payé pour, et de là dépend la fiction du pouvoir politique, qui se doit de dire qu'il pilote la technique. Parler de système technicien, c'est donc s'affranchir de ces deux fictions de la technique-outil et de la politique-pouvoir.

Le concept de système technicien vise donc à s'affranchir du monopole des techniciens sur la technique, qui travaillent sur des techniques isolées à l'exclusion des autres, en affectant une maîtrise qui n'est que locale. Les conséquences imprévues, les accidents, leur donnent un travail supplémentaire en leur permettant de consolider conjointement savoir-faire et monopole d'expert.

En mettant en avant ce concept de système technicien, on ne vise pas à dénoncer le manque de maîtrise du système technicien, ni à introduire une nouvelle technique (ingéniérie du risque par exemple) qui surplomberait toutes les autres...

... mais alors, que faire du système technicien ?

La question est ouverte. . . Flèche
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
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Location: prox. Montpellier

PostPosted: 12 Jun 2006 19:12    Post subject: Reply with quote

Quote:
Parler de système technicien, c'est donc s'affranchir de ces deux fictions de la technique-outil et de la politique-pouvoir.
oui mais comment ne pas alors tomber dans la technique comme problème en elle même?

La difficulté il me semble avec une telle critique globale c'est qu'elle n'offre aucune proposition à un changement possible. Réduisant chaque tentative d'action locale au quotidien à une inutilité sous prétexte que les techniques ne peuvent être pris séparément.

Que les techniques en développement en ce moment aie des objectifs commun qui paraissent globaux celà me semble évident, mais chaque changement d'une de ces techniques, qui pour être changé doit être étudié comme insèré dans un système de technique doit être valorisé et montré comme possible sinon comment ne pas s'en remettre à la création d'un parti politique ou d'un mythique grand soir ou une action surgirai soudainement partout et en même temps?
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Guest






PostPosted: 13 Jun 2006 12:32    Post subject: Reply with quote

Quote:
mais alors, que faire du système technicien ?


Qu'il perde de sa force et de sa violence en étant de moins en moins utilisé. Pour qu'il soit moins utilisé, il ne faut pas faire en sorte qu'il soit moins utilisé (lois, pétitions, ...) mais moins l'utiliser.
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 13 Jun 2006 12:45    Post subject: Reply with quote

Réponse à cela avec des nouveaux éléments de réflexion :

bug-in wrote:
oui mais comment ne pas alors tomber dans la technique comme problème en elle même?


La technique en général n'est pas un problème en elle-même, par contre une technique doit pouvoir être problématisée autrement qu'en discutant des façons d'améliorer son efficacité (quantitative).
Il faut alors inventer d'autre critère.
La convivialité ce serait qu'une technique peut être adoptée ici, sans être forcément adoptée ailleurs.

Ce que pointe Ellul c'est la "mise en cohérence" qui se produit dans un système, une organisation de travail exemple. Une mise en cohérence qui s'impose pour que l'organisation continue à fonctionner, ou fonctionne plus vite, indépendant de ce que l'organisation produit autour d'elle.
A cette "mise en cohérence", on peut opposer le "principe de pertinence" (pour reprendre une terminologie de Midler) quand il s'agit de discuter des relations à entretenir avec l'environnement extérieur. La société devient technicienne quand seul le principe de cohérence oriente l'action collective. Et comme le dit Ellul, le système technicien devient alors le nouveau milieu pour les personnes vivant dans une telle société.

Par exemple le principe de cohérence impose de traiter des déchets d'une manière ou d'une autre à partir du moment où des déchets sont produits, le principe de pertinence peut envisager d'autres façons de produire qui n'impliquent pas forcément la production de déchets. Dans le "système technicien" Ellul ne fait décrire l'emballement de la machine quand on ne travaille qu'à sa cohérence interne. C'est pour ça que le travail de l'informaticien est difficile à faire comprendre à quelqu'un d'extérieur, car de façon presque pure, il ne s'agit que d'un travail de mise en cohérence (ce que Ellul avait bien remarqué).

Pour ne pas tomber dans la technique comme problème en elle-même, il faut donc bien reconnaître les techniques dont l'objet est la mise en cohérence (d'organisation de travail, typiquement). La dimension de contrôle de ces techniques apparaît alors très souvent, et c'est aussi une façon de les contester. Ce serait déjà un grand pas si chacun pouvait reconnaître ces types de techniques.

Par exemple n'importe quelle technique qui fait un classement (alphabétique ou autre) va entrer dans cette catégorie. Bien-sûr le classement est une activité anodine en soi, mais si l'on s'aperçoit qu'elle prend une grande importance (en y passant du temps, en innovant sur la rapidité du traitement, l'accroissement du volume trié), alors c'est que l'on est en train de se fabriquer l'air de rien un système technicien.

D'autres types de techniques peuvent être opposés à cela. Leur efficacité serait suffisante telles quelles. Ou bien l'amélioration de cette efficacité n'engage qu'une mise en cohérence minimum, qui n'implique un gros travail ni un grand nombre de personne. On peut imaginer d'autres critères...
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 13 Jun 2006 13:20    Post subject: Reply with quote

Sur le débat sur lequel rebondit bug, la technique comme problème en soi ou pas. Il me semble qu'il faut peut-être faire une distinction.

Le technique existe depuis toujours. Il y a également une technique animale (construction des nids, cassage des graines, etc). Mais cette technique en réalité n'existe pas. Elle n'a aucune réalité séparée d'avec la satisfaction du besoin du vivant. La " technique " est alors praxis, activité vivante. Et c'est même une erreur de parler dans ce cas de " technique " comme c'est une erreur de parler d'économie antique (cf. Polanyi). Car à ces âges, on ne peut pas véritablement distinguer ce qui est de de l'ordre de l'économie, du politique, de la société, du sacré, de la nature, de la relation à la mort, etc. Ces catégories intellectuelles sont des constructions. En amont, c'est un grand mic-mac qui forme l'Unité de la praxis de la vie s'actualisant.

Dans ce cas là (revenons sur la technique) il n'y a évidemment pas de technique en soi. D'essence autonome de la technique.

Tout autre chose est l'invention de la technique comme sphère séparée, autonome et en auto-accroissement perpétuel, à l'époque moderne (cf. Anders dans l'obsolescence de l'homme). Il me semble qu'il nous faut faire clairement cette distinction historique et ontologique de taille, pour non seulement que l'on nous prenne pas pour des technophobes, mais également pour porter un regard clair sur l'essence de la technique moderne. Cette fois ci, oui, une essence en soi de la technique (et pas auparavant, où l'essence de la technique était encore hors soi).

L'essence de la technique, son propre, c'est la mise hors jeu radicale de la subjectivité. La technique ne se déploit plus à partir du besoin (et la subjectivité est un besoin éminent de la praxis), mais à partir du monde des idéalités a-subjectives de la science galiléenne. L'abstraction (c'est-à-dire l'extraction de la subjectivité) caractérise dès lors la technique moderne, qui se fait arraisonnement. La technique comme réalisation de la science. Forcément le discours dominant dit que la technique moderne est neutre, puisque sa naissance transcendantale provient de la théorie scientifique de détermination des essences des objets qui avait déjà mis hors jeu la subjectivité dans cette détermination. Dans le monde des essences scientifiques pas de subjectivité possible, pas d'interrelations entre l'humain et l'étendue matérielle (même pas au niveau de la perception). En croyant que dans la perception du monde on peut mettre entre parenthèses l'humain (et en effet sans humain, le monde existerait, mais tout autre - ce que la science ne saisit pas), les effets humains de la technique ne sont pas reconnues : puisque la technique est conçue comme a-subjective, pourquoi aurait elle un effet subjectif ?

C'est en cela, qu'il me semble, que ne pas reconnaitre un propre à la technique moderne, nous renvoit obligatoirement sur la théorie de la neutralité de la technique.

La science ne se conçoit pas comme un propre, elle se conçoit comme simple reflet du monde objectif - elle est donc neutre par rapport au monde. Elle est elle-même le monde objectif, sans séparation possible entre son objet et son sujet. C'est ainsi que la science (et sa réalisation dans la technique) se conçoit comme a-essentielle, mais seulement objective, c'es-à-dire correspondante au monde. La science n'a aucunement conscience de sa propre vision métaphysique essentielle. Encore une fois, ne pas reconnaitre un propre à la science ou à la technique moderne, c'est penser que la science est le monde réel. Que la technique est neutre.[/b]
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 13 Jun 2006 13:30    Post subject: Reply with quote

Sur les " autres critères " dont tu parles deun, claude llena me signale que Latouche a écrit dans la revue Economie et Humanisme n°387, 1998, un article où il distingue l' " efficacité raisonnable " de l' " efficience rationnelle ". Je n'ai pas encore pris connaissance de ce texte, mais dans La Méga-machine, Latouche fait aussi une distinction entre le raisonnable et le rationnel qui me parait pertinente pour ouvrir de nouvelles voies.
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
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Location: prox. Montpellier

PostPosted: 13 Jun 2006 20:10    Post subject: Reply with quote

Quote:
une technique doit pouvoir être problématisée autrement qu'en discutant des façons d'améliorer son efficacité (quantitative).

Cela se fait déjà, on se pose ainsi dans les entreprises la questions de la miniaturisations et de la dématérialisation pour utiliser moins de minerai, il y a aussi la recherche dans le symbolique pour donner une valeur ajouté à la technique afin de mieux l'inserer dans d'autres techniques qui ensemble font système.

Quote:
Il faut alors inventer d'autre critère.

Pas facile, il y a un post dans lequel je proposais de nouveau critères pour la production et tu m'avais déjà répondu que : de fait ça allait entrainer des nouvelles normes. Hors c'est précisément il me semble ce que nous cherchons à éviter : la mise en cohérence.

Ce qui me semble pertient dans le "principe de pertinence" c'est son aspect favorisant la diversité des pratiques car il s'adaptent à son milieu (étant entendu qu'il devrait en principe avoir différents milieu, mais c'est de moins en moins évident, précisément parceque comme tu sais le dire : notre monde est petit a petit transformé en laboratoire dont nous sommes les cobayes), c'est il me semble ce qu'il faut souligner.

La seconde clé, il me semble que tu la propose toi même ici :
Quote:
Ce serait déjà un grand pas si chacun pouvait reconnaître ces types de techniques.
C'est l'information, information qui devient un enjeu vital pour nos approches, et qui en même temps nous incite à devenir des experts.

Quote:
Tout autre chose est l'invention de la technique comme sphère séparée, autonome et en auto-accroissement perpétuel, à l'époque moderne


Je ne partage pas ton avis je pense que l'invention de la technique n'est pas dans une sphère séparée, bien au contraire, elle est très bien enchassé dans le social, elle y a des valeurs symboliques, des connotations, elle sert même parfois de référence, c'est il me semble l'abord de Debord et de Baudrillard. Sinon comment expliquer son "auto-accroissement perpétuel" d'ou vient-il si ce n'est du désir des vivant de se référer à l'image, à la copie, plutôt qu'a l'original? et surtout avec une telle approche comment pouvoir s'en délivrer?

Quote:
porter un regard clair sur l'essence de la technique moderne. Cette fois ci, oui, une essence en soi de la technique (et pas auparavant, où l'essence de la technique était encore hors soi).

La dans un premier temps du parle de essence de la technique moderne. Il me semble qu'il est plus juste de conserver le terme "moderne" après technique et pas de le supprimer dans les passages suivants car sinon on retombe dans le panneau.

Quand tu dis que l'essence de la technique avant était hors soi, que veux tu dires?

Personnellement je ne partage pas ce point de vue, je pense qu'il y a un squelette logique à toute technique, mais ne comprend pas cet histoire d'essence.

Ce que par ailleurs il me semble tu confirme par la suite en disant :

Quote:
L'essence de la technique, son propre, c'est la mise hors jeu radicale de la subjectivité.
Tu ne dit pas ce qu'est la technique et qui serai donc son essence mais ce quel fait.

Il est effectivement temps, il me semble après Bachelard d'abandonner une recherche de la substance caché je ne sais ou par je ne sais quoi.

Quote:
La technique ne se déploit plus à partir du besoin (et la subjectivité est un besoin éminent de la praxis), mais à partir du monde des idéalités a-subjectives de la science galiléenne. L'abstraction (c'est-à-dire l'extraction de la subjectivité) caractérise dès lors la technique moderne, qui se fait arraisonnement.


L'arraisonnement est un concept Heiddegerien qui renvoie à une essence de la technique en tant que problème en elle même. Nous revenons donc au problème de base. Par ailleurs en quoi la technique se déployait au paravant à partir du besoin et ne s'en déploit plus maintenant?

Quand une personne utilise sa voiture c'est pour se déplacer, donc pour répondre à un besoin non? Il me semble que le problème est ailleurs.

Quote:
Forcément le discours dominant dit que la technique moderne est neutre,


Il y a un autre discours dominant en vogue, surtout dans les milieux que nous cotoyons et dont il me semble nous devons prendre garde celui de la philosophie romantique allemande consistant à rejeter toute technique sous prétexte qu'elle est un mal en soit attaquant la chère "nature", sur laquelle peu de question sont posés.

Quote:
Dans le monde des essences scientifiques pas de subjectivité possible, pas d'interrelations entre l'humain et l'étendue matérielle (même pas au niveau de la perception).


je ne partage pas cet avis non plus. La voiture, une porche par exemple est bourré de vitualisation, de connotation symbolique qui se transfère de la chose à l'individu qui la possède ou l'utilise il y a donc des interrelations entre l'humain et l'étendue matérielle, aujourd'hui encore j'ai vu des gens se réunir dans la rue autour d'un téléviseur pour regarder des millionnaires pousser une balle. C'était il me semble très convivial, la technique même moderne peut rassembler des hommes, malgré le programme qui en lui même reste discutable, ainsi que l'appareil. Mais il faut reconnaitre il me semble qu'il y a des interrelations et qu'il n'y a pas que le petit pont de bois qui passe par dessus la rivières (exemple tiré d'heiddeger) qui réunisse des individu dans un lieu.

Quote:
les effets humains de la technique ne sont pas reconnues : puisque la technique est conçue comme a-subjective, pourquoi aurait elle un effet subjectif ?
Paradoxal! tu contredis ta proposition précédente. Ou alors ce n'était pas clair.

Quote:
La science ne se conçoit pas comme un propre, elle se conçoit comme simple reflet du monde objectif - elle est donc neutre par rapport au monde. Elle est elle-même le monde objectif, sans séparation possible entre son objet et son sujet. C'est ainsi que la science (et sa réalisation dans la technique) se conçoit comme a-essentielle, mais seulement objective, c'es-à-dire correspondante au monde. La science n'a aucunement conscience de sa propre vision métaphysique essentielle. Encore une fois, ne pas reconnaitre un propre à la science ou à la technique moderne, c'est penser que la science est le monde réel. Que la technique est neutre.


Dire que la science fait partie du monde réelle, mais qu'elle ne s'y résume pas me semble plus subtil. Dire qu'elle est neutre par contre me semble effectivement être une erreur.

Ce qui n'est pas clair dans ton texte c'est quand est ce que tu dis ce que pense le quidam et quand est ce que tu dis ce que tois tu penses de la science.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 14 Jun 2006 15:44    Post subject: Reply with quote

Tu opposes l'essence au devenir, à l'accident, et tu as raison (qui penserait le contraire aujourd'hui ?). Aujourd'hui plus personne n'avance ce type de thèses essentialistes. Mais reportant ce débat propre à la philosophie platonicienne et plus largemment à la philosophie occidentale, sur la considération de l'essence par la Phénoménologie, tu fais un contre-sens complet. Les problématiques tournant autour de la substance,du devenir et de l'accident, ce n'est plus de la philosophie telle que pratiquée au XXe siècle, c'est de l'histoire de la philosophie.

Tu ne peux pas regarder la phénoménologie au travers de la lorgnette de la très pertinente critique anti-essentialiste faite à Platon et consors. Pour saisir la critique de la technique chez Heidegger, Derrida, Henry, Séri, Janicaud, etc, c'est-à-dire pour ceux qui restent de près ou de loin dans la méthode phénoménologique, il faut bien saisir ce qu'est l'essence chez Husserl (cf. le post que j'avais mis dans le topic " la technique "). Tu retrouves tout cela dans le 1er tome des Idées directrices pour une phénoménologie , intitulé " Les essences et la connaissance des essences ". Husserl se positionne magistralement en face de l'empirisme, de l'idéalisme, du réalisme platonicien, etc. Et ouvre la voie. C'est vraiment un ouvrage lumineux et c'est le maitre-ouvrage en phénoménologie. La critique du naturalisme empiriste devrait fortement t'intéresser (dans les pages 60).

Mais le plus important, et le contre-sens que l'on ne peut pas faire, c'est dans l'expression " retour aux choses mêmes ", il ne faut pas entendre " chose " au sens de la chose spatio-temporelle qui se présente dans la perception, mais comme " ce qui est présent " à la pensée. Le problème n'est plus l'objet (ce débat sur la substance, l'accident, le devenir est dépassé), mais le sujet. Et c'est une différence de taille ! Du point de vue de l'essence ça change tout ! Le magazine Littéraire a publié un numéro de présentation de la phénoménologie en 2001, en avril 2006 ils ont aussi sorti un numéro spécial sur heidegger qui est très intéressant tout en étant abordable. D. Janicaud ou Haar (décédés) reviennent notamment sur la technique. Et l'analyse heideggérienne de la volonté de puissance nietzschéenne comme volonté de la volonté (ce qu'il relie directement au problème de la technique), à laquelle je n'avais rien compris, est également très claire. Et c'est du gros mastoc.
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
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PostPosted: 14 Jun 2006 18:19    Post subject: Reply with quote

bon, bon j'irai jeté un oeil, mais tu sais, en tant qu'élève de Zourabichvilli je ne porte pas dans mon coeur la phénoménologie, je me demande à quoi elle sert? A nous montrer les choses t'elles arrivent? et après? Quel différence avec une études des usages? Enfin je vais aller trifouiller moi même dans tout cela Clin d'oeil
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
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Location: Colombes(92)

PostPosted: 15 Jun 2006 18:57    Post subject: Reply with quote

bug-in wrote:
Quote:
Quote:
une technique doit pouvoir être problématisée autrement qu'en discutant des façons d'améliorer son efficacité (quantitative).

Cela se fait déjà, on se pose ainsi dans les entreprises la questions de la miniaturisations et de la dématérialisation pour utiliser moins de minerai, il y a aussi la recherche dans le symbolique pour donner une valeur ajouté à la technique afin de mieux l'inserer dans d'autres techniques qui ensemble font système.


Une symbolique qui reste somme toute assez pauvre en l'occurence, puisque dévolue à justifier l'usage d'une technique (dans un contexte culturel donné). C'est ce que fait la pub à tour de bras.

L'efficacité est peut alors plutôt présentée comme un effet magique, plutôt que sous l'aspect froid d'une performance chiffrée, l'objet trônant dans un décor banal qui met spécialement en valeur ses capacités par exemple.

Ou alors, au contraire, avec la miniaturisation on préservera le décor pour éviter de trop mettre en avant la brutalité de l'efficacité, surtout quand elle peut facilement être associée à du contrôl social.

Le décor est alors essentiellement urbain dans lequel les personnes sont de toute façon très mobiles physiquement, et les objets doivent l'être aussi. La miniaturisation est au service de cette efficacité particulière qu'est la mobilité.

Mais il est vrai que cette question du symbolique, c'est toute une réalité à prendre en compte quand on parle de techniques... au risque sans doute de ne faire qu'enregistrer et accompagner cette symbolique, et donc d'avaler et de faire avaler n'importe quoi. Problématiser le miniature peut se faire, donc, en questionnant la mobilité (comment celle-ci s'impose et fait consensus ? avec quelles finalités, globalement ? quels effets pervers, non symbolisés dans sa présentation dominante ? y a-t-il vraiment des ressources symboliques disponibles pour ceux qui veulent s'y opposer ? quelles sont les ressources symboliques qui disparaître par le symbolique justifiant telle techniques ? ).
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 17 Jun 2006 18:11    Post subject: Reply with quote

Le dernier texte de latouche sur la technique (2006) et il revient notamment longuement sur Feenberg (la Ligne d'Horizon a très mal publié l'article, si bien qu'on est obligé de faire un copier-coller sur word). C'est super interessant. De plus Latouche aborde la question de l'informatique, de la cyberdémocratie, bref de l'usage de l'internet dans la décroissance. Et son point de vue me semble autant pertinent que modéré, juste : Les illusions de la techno-démocratie de marché mondialisée http://www.lalignedhorizon.org/html/textes/sl/Illusionsdelatechno.htm

A propos de ce qu'avait dit ktche sur Ellul, Latouche écrit :

Quote:
Toutefois, faire pour cela d'Ellul un technophobe et un représentant de "l'essentialisme de la technique" montre de la part de Feenberg (mais aussi de beaucoup de critiques), une certaine incompréhension. En particulier, ce reproche témoigne de la méconnaissance de la distinction, capitale chez lui, entre "La technique", c'est-à-dire le système technicien, qui correspond à la modernité, avec "les techniques".


Quote:
Affirmer qu'il y a "une essence de la technique, et une seule, et qu'elle est responsable des problèmes principaux de la civilisation moderne" vaut peut-être pour Heidegger, mais pas pour l'auteur du système technicien, même si le rôle totalitaire attribué à celui-ci reste discutable.
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