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Rationalisation et désenchantement chez Max Weber.

 
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 07 Jul 2006 12:18    Post subject: Rationalisation et désenchantement chez Max Weber. Reply with quote

j'avais abordé dans un mémoire de maitrise, le point de vue de Weber sur la rationnalisation et en particulier la question de la " sécularisation " de la société religieuse :


L’économiste et sociologue allemand Max Weber (1864-1920), en reprenant lui aussi la thèse classique de la philosophie des Lumières, opposant la sphère mythico-religieuse et la sphère de la technique et de la science, développe à son tour une analyse du processus de sécularisation. Weber, bien que n’appartenant pas à la même tradition intellectuelle que Comte et Spencer (il est d’abord économiste et se situe dans le champ de la tradition historiographie allemande. S’il partage avec les positivistes l’intérêt pour le problème de la rationalité et de la modernité, l’héritage des Lumières dont il se réclame, est filtré par la tradition allemande), nous apprend que la science, initialement encastrée dans la religion, se différencie, en tant que sphère de valeur autonome, en même temps que les autres sphères de valeur : l’art, la morale ou le droit.

La science s’installe dans l’espace profane laissé libre par le recul du mythe, processus qu’il résume par la notion de « désenchantement ». Le progrès technico-scientifique, rendu possible par le désenchantement, est en même temps agent de celui-ci, car chaque avancée de la connaissance empirique et de la domination sur la nature représente un recul de l’univers mythico-religieux.

Le point de vue de Weber sur le rôle de la religion dans la genèse du monde moderne ne peut pas être décrit en termes évolutionnistes comme dans les théories de ses confrères. Weber fait du terme « sécularisation » le même usage que son disciple et ami, Ernst Troeltsch, fondateur d’une première sociologie du christianisme. Tout en croyant à une transition historique générale d’une « civilisation d’Eglise » basée sur une autorité spirituelle et la révélation, à un « ordre séculier » basé sur le rationalisme, il n’utilise pourtant pas le terme « sécularisation » pour désigner cette transition. De même, Weber, qui s’est intéressé au problème du rôle du protestantisme dans la genèse du monde moderne, choisit délibérément de renoncer à placer ce concept dans une position théorique stratégique : il ne l’utilise jamais en rapport avec une tendance historique globale. La notion de sécularisation ne décrit que des processus historiques de portée limitée. Pour lui la notion de sécularisation renvoie plutôt à des phénomènes inclus sous les rubriques de la « mondanisation » - l’idée d’un abâtardissement de la religion en direction de la « mondanité » - et de la « généralisation » - l’idée que des idées d’origine religieuse jouent désormais un rôle fondamental dans la vie séculière.

Selon Weber, tout au long de l’ histoire, les êtres humains ont été capables – et demeurent capables – aussi bien d’action rationnelle en valeur que d’action rationnelle en finalité. Au tout début de sa Sociologie de la religion publiée en Allemagne en 1922 (Religionssoziologie), il explique que les formes primitives de religion étaient, en un certain sens, déjà rationnelles – ou au moins plus que celles qui devaient suivre -, en ce sens qu’ elles étaient orientées en rapport avec des « règles de l’expérience ». Le degré de « rationalisation » - concept central dans son analyse de la modernité - ne peut en aucun cas servir d’indicateur de la force de la religion, car religion et rationalité ne sont jamais dans une situation d’opposition inhérente. Au niveau conceptuel, il n’existe donc aucune raison de supposer que Weber considérait la religion comme promise au déclin dans le monde moderne. On pourrait dire que Weber montre une certaine nostalgie pour le monde pré-séculier, car selon lui, le désenchantement aurait exposé l’homme à la « perte du sens ». L’œuvre de Max Weber reste pourtant inconnue en France jusqu’à ce que Julien Freund traduise ses principaux ouvrages dans les années cinquante.

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L’analyse que fait Weber sur la situation de la religion dans le monde moderne est particulièrement bien présentée dans l’ouvrage d’Olivier Tschannen, Les théories de la sécularisation, 1992, Droz, p.124-128.
_________________
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