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Compte rendu réunion du 4 mars

 
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ktche



Joined: 15 Jun 2004
Posts: 1383

PostPosted: 05 Mar 2007 13:54    Post subject: Compte rendu réunion du 4 mars Reply with quote

Compte-rendu de la réunion « décroissance à Paris » du dimanche 4 mars 2007

A compléter ou à corriger le cas échéant

Présents : Sébastien, Ingrid, Florent, Christophe, Jeuf, Laurent, Elisa, Denis, Samuel, Ana, Eric.

Points à l’ordre du jour, dans l’ordre où ils ont été abordés :

1. Continuation du « débroussaillage » autour de la notion de décroissance. La thématique plus particulièrement traitée ce jour là fut l’articulation entre luttes sociales et décroissance.
2. Définition d’une participation à l’évènement organisé par la mairie du XIVème arrondissement sur la thématique du développement durable. Pour quoi et comment assurer une présence pertinente dans ce cadre ?
3. Réflexions sur le co-habitat comme élaboration d’une base pour l’autonomie

Articulation luttes sociales / décroissance

Sébastien fait part de ses interrogations sur l’articulation luttes sociales / décroissance. Il expose sa vision des luttes sociales dans le cadre d’un rapport de force / domination entre les détenteurs du capital et les travailleurs qui se différencient par leurs sources de revenus. Il rappelle le basculement de la proportion entre ces revenus à l’œuvre depuis 30 ans. Il voit la décroissance comme un instrument contre le système de production actuel qui ne peut être envisagé sans croissance.

Christophe parle de l’argent comme mode de répartition du pouvoir dont l’accumulation se fait dans des mains proportionnellement de moins en moins nombreuses. Les luttes sociales de remettraient pas en cause ce mécanisme en ne s’en prenant qu’au phénomène d’accumulation et pas à ses conditions de possibilités (exemple des SEL qui demeurent un cadre d’échange monétarisé)

Elisa voit dans les luttes sociales des facettes qui restent « dans le système » et certaines qui cherchent à remettre en cause le capitalisme en mettant « à plat » ses présupposés.

Denis précise que les revendications sont centrées sur les valeurs d’échange alors qu’elles devraient plus s’orienter sur des valeurs d’usage. Cela est induit par un « chantage à la subsistance ». Les syndicats devraient porter une revendication d’autonomisation et en expliciter les buts.

Florent rappelle que la publicité introduite massivement pour orienter nos modes de vie a eu pour effet de nous enfermer dans le système. Sa simple contestation ne suffira peut-être pas à nous en dégager compte tenu des modifications comportementales qu’elle a contribué à inscrire profondément dans l’imaginaire.

Sébastien argumente pour une démocratie économique établie comme visée des luttes anticapitalistes et pour laquelle la décroissance offrirait un levier efficace. Le système est fait de telle façon qu’une entreprise n’a d’autres buts que d’augmenter la richesse de ceux qui la possèdent. Il est sceptique quant à possibilité de construire des alternatives « à coté ». (cf. expériences historiques). La vraie alternative lui semble dans la construction d’un rapport de force qui soit en faveur des travailleurs (grève générale expropriatrice).

Ingrid rappelle que les syndicats ne disposent pas d’un rapport de force favorable, ce qui les conduit au mode revendicatif que l’on connaît. L’imaginaire décroissant n’est pas susceptible de s’imposer avant que n’occurrent des phénomènes de récession économique dans lesquels les gagnants risquent d’être aussi ceux du système actuel.

Christophe n’associe pas forcément capital et croissance. Il évoque la « naturalisation » de la rémunération du capital qui induit le phénomène de croissance économique requis. Il appelle à une critique de la richesse par un retour sur la prise en compte des besoins, ce qui exclut peut-être la méthode de la « table rase ». Il évoque la situation de communautés libertaires pratiquant la permaculture et qui ont été confronté à la situation post-catastrophe suite au cyclone Katrina (référence article ?).

Denis cite l’ouvrage Bolo’bolo : Il n’y a pas de système plus démocratique que celui qui assure l’indépendance matérielle et existentielle de ses membres. Il met en question l’imaginaire révolutionnaire de la réappropriation des outils de production. Que faire d’une usine ? La même chose que le capitaliste ! Il faut organiser le socle de nos conditions minimales de survie.

Jeuf demande si cela veut dire « revenu minimum ». Denis répond que non.

Florent se refuse à se réapproprier une centrale nucléaire. Il faut se poser la question de la finalité en tant qu’employé dans les entreprises.

Elisa se demande comment s’organiser dans un système pour lequel la décroissance va s’imposer. En réponse à la citation de Denis, elle rappelle que le modèle « autonome » de survie n’est pas forcément démocratique (exemples historiques des systèmes de domination « traditionnels).

Sébastien dit que pour fermer les usines (et être en capacité de la faire) il faut au préalable y prendre le pouvoir. Pour induire le changement, il faut s’appuyer sur les intérêts des individus qui contribuent à l’intérêt général et ne pas compter sur leurs vertus ou le fait qu’on pourrait les conscientiser. Il évoque le pouvoir du producteur qui peut introduire un rapport de force par l’arrêt de la production, pouvoir qui n’est pas accessible aux chômeurs.

Christophe évoque le fait que l’économie domestique n’est peut-être pas suffisante pour répondre à tous les besoins. Il rappelle que le rôle de la grève générale expropriatrice n’est pas que de transférer la propriété de l’outil mais aussi d’en interroger les fonctionnements. Il faut prendre en compte le risque que ne s’installent de nouveaux modes de domination.

Ingrid parle de la possibilité d’orienter une politique au travers des services publics. Elle évoque aussi les contradictions inévitables entre des choix de vie et les conditions concrètes que nous laisse le système pour les actualiser.

Ana acquiesce à l’intervention d’Ingrid

Samuel précise que pour pouvoir diffuser une pratique ou un choix, il faut être soi-même capable de le mettre en œuvre.

Florent expose le rôle de l’état qui est d’encadrer et donc finalement d’assurer le système capitaliste. La pesanteur et la hiérarchie des structures mises en place sont plus un frein qu’un moteur à la capacité de peser sur leurs fonctionnements.

Denis revient sur la réappropriation en disant qu’il est plus intéressant de ne plus alimenter la machine que de l’abattre. Il y a en général dans la décroissance une défiance vis-à-vis des « gros trucs ». Il faut rendre inopérants des pans de la machine en les remplaçant progressivement par des secteurs démonétarisés et autonomes. Ne pas vouloir se l’approprier n’est pas forcément vouloir l’abattre d’un seul coup au risque de se trouver entraîner dans sa chute. Il se demande comment un ensemble de grande taille peut être démocratique.

Jeuf rappelle que notre consommation énergétique actuelle ne peut être assurée par les alternatives « écologiques ». Un système de production industrielle est nécessaire aux structures actuelles, qu’il soit privé ou public.

Sébastien se demande comment peuvent se construire les alternatives proposées par la décroissance sans envisager de rapports de force, surtout compte tenu de l’urgence (écologique). Les services publics lui semblent une voie, un outil pertinent. Il faut reconstruire des services publics démocratiques.

Eric se demande s’il y a vraiment urgence et si l’on doit se contenter de s’organiser en réaction à cela. Il fait la proposition de démonétariser un socle de survie afin de se défaire de l’emprise des échanges marchands qui sont le carburant de l’autonomisation de la sphère économique.

Ana interroge le rôle et la nécessité des experts. Ceux-ci lui semblent indispensables ce qui l’amène à la question de savoir s’il n’est pas plus pertinent de se préoccuper du contrôle que l’on peut exercer sur eux.

Christophe évoque le fait que toute tentative de sortie du système est susceptible de provoquer une réaction de sa part pour ne pas laisser s’échapper des portions entières de son emprise. Il faut peut-être se préparer à la montée des réactions « violentes » de sa part.

Sébastien évoque ceux qui sont déjà « exclus » du système et qui ne forment pas pour autant une menace pour lui. Il pose aussi la question du profil sociologique de ceux qui prônent la décroissance. (Fort capital culturel et situation économique « confortable »).

Denis pense que les syndicats peuvent former le lieu privilégié pour organiser la sortie de l’économie (cf. fonctionnement des bourses du travail au début du XXème siècle). Une expérience syndicale s’est manifestement perdue.

Christophe évoque les milieux où se déploient des notions, des discours, des pratiques proches de la décroissance sans y être formellement identifiés. Cela nécessite donc une ouverture à ces courants, espaces, expériences pour nourrir nos réflexions et projets.

Ana évoque la récupération des problématiques catastrophiques engendrées par le capitalisme pour rebondir et prolonger son emprise (réchauffement climatique). Qui va payer les pots cassés ?

Ingrid trouve le discours de la décroissance assez choquant vis-à-vis des personnes déjà confrontées à des situations de « décroissance » subie.

Participation à un évènement « développement durable »

Dans le cadre d’un salon organisé par la mairie du XIVème le samedi 31 mars dans lequel Jeuf intervient à titre professionnel (énergéticien), nous avons la possibilité de présenter les approches de la décroissance en contre point du discours « développement durable ». Jeuf a transmis cette proposition à divers collectifs susceptibles d’intervenir dans ce contexte en partant d’une base commune qui serait le dégonflement des hypertrophies de notre système (bagnole, publicité, agro-industrie, travail salarié, bulle immobilière). Le dispositif serait constitué d’un stand où serait présent les collectifs et leurs textes respectifs comme éléments d’harponnage pour convier les gens à des cercles de parole.

Pour information, il nous est proposé aussi d’intervenir dans des réunions syndicales SUD/Solidaires respectivement les 15 mars et 7 juin. Ana donnera plus d’informations à ceux qui souhaiteraient y participer.

La discussion sur le co-habitat s'est limité à une présentation du CLIP suivie de quelques questions/réponses.

Plusieurs points sont proposés à l’ordre du jour de la prochaine réunion qui devrait avoir lieu le 25 mars à 16 h au 161 de la rue St Maur

- Le co-habitat de nouveau
- L’organisation du stand « décroissance » pour le 31 mars
- Identifier des convergences avec différents mouvements
- Moyen d’autonomisation pour résister et repasser à l’offensive
- Discussion théorique sur la critique de la valeur
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WhilelM



Joined: 16 Mar 2006
Posts: 37
Location: Montreuil, France

PostPosted: 05 Mar 2007 16:46    Post subject: Reply with quote

Quote:

Il évoque la situation de communautés libertaires pratiquant la permaculture et qui ont été confronté à la situation post-catastrophe suite au cyclone Katrina (référence article ?).


Ce ne sont pas les communautés libertaires qui pratiquent la permaculture, du moins, ce que je voulais mentionner était l'existence de communautés disctinctes, libertaires/permaculture, qui avaient pu se recontrer sur le "champs de bataille" des secours aux sinistrés de Katrina à la Nouvelle-Orléans.


L'article au titre évocateur évoqué pendant la rencontre : The Perma-revolution (écrit en anglais)

Ce que j'en retiens principalement, c'est qu'historiquement (selon l'auteur), les anars ont contribué au mouvement anti/alter-mondialiste en y apportant des concept comme le consensus, la diversité des tactiques, la décentralisation via les groupes d'affinité, etc. L'échec du mouvement anti-guerre plus récent serait dû aux mouvements autoritaires et coalitions réformistes qui ont rejeté ces bonnes pratiques (convergences, stages de formation, partages de compétences, assemblées, soins sur le terrain, équipes de support juridique, cuisines libres et auto-gérées...).

Pour revenir sur l'apport d'expérience "Katrina", les anars auraient besoin d'intégrer les compétences et concepts maîtrisés par les groupes et individus dont les préoccupations sont orientées Pic de Pétrole, Développement Durable et Environnement. Et ce de la même manière que la collaboration précédente avec le mouvement alter-mondialisation avait permis à ce dernier d'intégrer de nouveaux concepts et pensées.

Ensuite de citer les points forts de ces organisations/individus et les points communs avec les anars, tout en en soulignant les limites.
Les anars ont besoin d'apprendre de ces gens la capacité et les moyens pour aider les nécessiteux en temps de crise, pour créer des zones autonomes capables de défier concrètement le Gouvernement et le Capital.
C'est une stratégie sur le long-terme.

C'est cet article qui m'a amené à proposer le point "Identifier des convergences avec différents mouvements"
_________________
Paris, M, 30
Lectures du moment :
- Le paradigme perdu : La nature humaine d'Edgar Morin
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Deun pas logué
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PostPosted: 11 Mar 2007 20:17    Post subject: Reply with quote

salut !

! Il marche pas ton lien vers l'article
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Deun pas logué
Guest





PostPosted: 11 Mar 2007 20:21    Post subject: Reply with quote

(Ah si j'ai rien dit)
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Laurent



Joined: 22 Dec 2003
Posts: 908
Location: Région parisienne

PostPosted: 12 Mar 2007 8:47    Post subject: Reply with quote

J'ai vu Cédricia hier qui voudrait que :
- nous fassions une ou des pauses pendant la réunion
- et que nous demandions aux gens d'apporter un peu à bouffer et qu'on réserve un temps pour cela (les pauses ?), histoire de recréer du lien autour d'un verre ou d'un bout de pain, hors des discussions plus formelles.
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