forum.decroissance.info » Forum Index forum.decroissance.info »
Lieu d'échanges autour de la décroissance
 
 FAQFAQ   SearchSearch   MemberlistMemberlist   UsergroupsUsergroups   RegisterRegister 
 ProfileProfile   Log in to check your private messagesLog in to check your private messages   Log inLog in 

Modernisation des terroirs et disparition des sociétés local

 
This forum is locked: you cannot post, reply to, or edit topics.   This topic is locked: you cannot edit posts or make replies.    forum.decroissance.info » Forum Index -> Sortir de l'économie ?
View previous topic :: View next topic  
Author Message
Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 27 Jan 2008 15:18    Post subject: Modernisation des terroirs et disparition des sociétés local Reply with quote

Le projet d'un texte très loin encore d'être achevé, et où j'essaye de rassembler mes notes de lecture de plusieurs ouvrages d'histoire récents sur cette question. Ce sont vraiment des notes de lecture très brutes, parfois qui ne sont pas liées entre elles, etc. Il faut donc plutot considérer ce qui suit comme une sorte de banque d'informations, à poursuivre collectivement. Ces notes sont pour l'instant, parfois, incomplètes.

Quote:
Modernisation des terroirs et disparition des sociétés locales : l’amorce de la déterritorialisation de l’économie au XIX siècle en France (et en Europe)

Quote:
« Dans un ouvrage remarquablement documenté écrit S. Latouche, Eugen Weber [1] montre la fin des cultures populaires sous l’effet de l’intégration au progrès et à la modernité. Les sociétés rurales en France même avaient des cultures riches, tout à fait comparables à celles des sociétés du tiers monde. Toutefois, leur mode de vie est incroyablement précaire, et misérable. Cette « sauvagerie » est opposée à la civilisation. La civilisation apparaît alors comme projet né dans les villes. « La civilisation est urbaine (civile, civique, bourgeoise, civilisée), et il en va de même, naturellement de l’urbanité : de même que la politesse, politique, police, viennent de polis : toujours la cité. » Le projet « civilisation », né hors des racines des terroirs, est celui de la modernité. Il est universaliste ; ses valeurs sont la science, la technique, le progrès. Il détruit les cultures et apporte le bien-être en désenclavant les terroirs et en substituant les lois du marché aux relations sociales traditionnelles. Ainsi l’étroitesse du cadre de vie culturel vole en éclat tandis que la concurrence effrénée et la recherche de la performance entraînent une accumulation matérielle sans précédent, stimulée par le progrès de la science et des techniques. La culture est toujours alors une « agri-culture »

S. Latouche, L’occidentalisation du monde, La découverte, Agalma, 1992 (1989), p.51..


Où en est aujourd’hui l’historiographie portant sur la modernisation des campagnes françaises au XIXe-Xxe siècles ?

Des 1750, émergence du discours de la " Révolution fourragère " par les agronomes européens : Il faut supprimer les jachères pour y substituer des " plantes améliorantes " (des légumineuses pluriannuelles comme le safoin, le trèfle, la luzerne qui sont de bons précédents pour les céréales d'hiver comme le froment) ou des plantes sarclées ( choux, betteraves, pommes de terre). Ces plantes auront les mêmes effets que les labours de jachère : la suppression des mauvaises herbes. A partir de 1750, Accélération en Europe de l'Ouest de la spécialisation géographique au sein même des régions pastorales au profit de l'élevage de rapport. Cependant ce processus n'exclut pas le maintien de " l'élevage de subsistance ". La région française du nord des Alpes est caractéristique au XVIII s. de ce processus précoce : au XVIII on compte dans cette région de 50 à plus de 100 bovins pour 100 habitants. En cette spécialisation au XVIII siècle sur un élevage de rapport destiné à des marchés urbains se voit aussi en Normandie (voir 1740), dans l' Anjou-Poitou, dans le Limousin et le Lyonnais-Morvan. Deux régions en Europe continentale sont touchées par le premier temps de la Révolution agricole (la révolution fourragère) : - l'Ile-de-France (thèse de J. M. Moriceau) - la Hesse-Rhénanie (thèse Mahlerwein) : ce sont les fermiers anabaptistes qui entraine la capitalisation agricole et l'utilisation intensive du travail féminin. Ailleurs en Europe continentale il n'y a pas de révolution agricole. Cependant on peut voir dans d'autres régions, une transition entre l'assolement triennal classique et des nouvelles rotations culturales plus intensives (un élément de la révolution agricole) : ainsi d'Ulm à Augsbourg on se met à planter des cultures sur les jachères (trèfles, pomme de terre, lin, choux, vesce). En Saxe (pays protestant) on retrouve également chez les grands propriétaires des éléments de ces nouvelles rotations culturales. Cependant en Bavière et en Prusse, aucun éléments de la révolution fourragère ne peut se laisser apercevoir. Il y a environ un siècle et demi, les conséquences de la suprématie accordée à la propriété exclusive de la terre dans l’article 544 du Code Civil de Napoléon (1804), dynamisée par le développement de la production industrielle capitaliste, ont commencé à se faire sentir massivement. Peu à peu c'est la dimension collective de la propriété et de l'usage de la terre qui allait entièrement disparaître de la Modernité pour laisser place au paupérisme, à l’atrophie des potentialités subjectives de la vie dans l’aliénation, à l’impérialisme de la compétition générale nouvelle métaphore du « vivre-ensemble », et plus largement à la logique dé-finalisée de l’accroissement indéfini de la valeur d’échange...

Vers 1830, Formalisation en France d'un discours dominant sur la " Révolution fourragère ". Ce discours est cependant apparu dès les années 1750's-1760's. En France avec notamment les physiocrates.

Spécialisations régionales.

1830-1850, Passage d'un système céréalier (jachères + landes) à un système de polyculture-élevage intensif en Loire-Atlantique avec introduction culture du chou, culture de la betterave fourragère, ainsi que la charrue dombasle pour la traction animale.

Partir de 1830, alors que la Normandie était une riche région de polyculture, voici qu’elle commence à basculer vers une spécialisation dans l'élevage de rapport : fin polyculture. Cette spécialisation dans l'élevage de rapport s'est amorcée dès le XVIII siècle puisque en 1740 ce sont près de 50 000 boeufs à viande qui étaient élevés chaque année pour le marché parisien. Cependant à partir de 1830, la spécialisation devient plus intense. Cette spécialisation se fait grâce à la proximité du bassin de consommation du Bassin Parisien : la Normandie lui fournit viande et lait. Cette spécialisation est rendue possible par le chemin de fer.

D’autres régions françaises ont également commencé à se spécialiser sur l’élevage de rapport depuis le XVIII siècle : - Lyonnais-Morvan : dont la race bovine locale est la race charolaise qui au début du XIX siècle va s'imposer comme la race standart de la race à viande. - l'Anjou-Poitou. - le Limousin. - une partie du nord des Alpes françaises (moins important).


Amélioration de l’élevage.

1830’s-1860’s : Emergence d'un fort discours des agromanes prônant le croisement des races bovines à viande régionales avec la race anglaise Shorthorn dite Durham de part sa précocité à l'engraissement : la durham est idéale pour le marché urbain avide de viande bovine. C'est la Durhamisation du cheptel bovin français qui est également encouragée par l'Etat (création du haras du Pin dans l'Orne où l'on importe des durhams pour les reproduire et les diffuser. De plus en 1844 l'Etat crée le concours général de Poissy qui priviligie la durham). Ce n'est qu'à partir de la fin du Second Empire qu'une réaction apparaitra à cette durhamisation du cheptel bovin français. Politique de mérinisation du cheptel ovin en France : Turgot lance un engouement pour la race mérinos d'Espagne qui produit une excellente laine.

Partir de 1830, Fin de la politique de mérinisation du cheptel ovin français et engouement pour deux races ovines anglaises qui donnent à la fois de la bonne laine et de la bonne viande. Importation et croisement avec races ovines locales : - la Dishley. - la Southdown.

Dans les années 1840 Apparition d'une nouvelle science : la zootechnie, la science des soins aux animaux. L'animal devient une unité fonctionnelle avec le concept cartésien d' " animal machine vivante ". L'animal-machine est doté de fonctions physiologiques mises au service d'objectifs économiques pour en déduire des techniques de production. La zootechnie est donc la science de la production animale, l'ingénier zootechnicien étant l' " ingénieur des machines vivantes ". Si l'enseignement supérieur agronomique se met en place en France dans les années 1820's, la premier chaire de zootechnie à l'Institut national agronomique ouvre en 1849. Dès 1850, les traités de zootechnie parlent des principes d'alimentation du bétail et des méthodes de rationnemment. Les techniques de prpération et de distribution des aliments seront décrites que plus tard. A la fin du XIX siècle la zootechnie a évolué en 4 technologies : la production de jeunes, la production de lait, la production de viande grasse, la production de travail. Puis la zootechnie évoluera vers seulement trois branches : l'amélioration du bétail, l'amélioration de son alimentation, l'amélioration de l'hygiène. Cependant en 1900 avec la découverte des lois de l'hérédité par Mendel (traduit en France en 1907), la zootechnie entrera dans une nouvelle ère, celle du choix et des méthodes d'utilisation des " reproductions pour l'amélioration génétique ".




La pression démographique au XIX siècle a été le moteur de la demande en produits alimentaires. La modernisation de l’agriculture répond à cette demande en deux temps. Le premier temps est celui de la « révolution fourragère » ou dit encore la révolution de l’intensification du système polyculture-élevage par la multiplication des interactions. Ce premier temps par de 1750 jusqu’en 1850. Il faut toutefois relativiser l’importance de ce premier temps dans la modernisation des agricultures européennes. En effet l’augmentation des rendements à l’hectare reste faible.


Accentuation de la conscience d'appartenance territoriale dans les communautés villageoises en France : multiplication des violences collectives, les " bagarres de village ". (A. Corbin). Le système vindicatoire où l'honneur et le prestige de la communauté villageoise sont défendus et restaurés par la vengeance, ne s'est pas effondré après la Révolution française. Les instances de la renommée et de la réputation de la communauté et son éthique d'auto-régulation ne sont détruites que partiellement par le nouveau système pénal moderne de la société englobante.


A partir des années 1810’s le blocus continental qu’impose l’Angleterre à l’Europe napoléonienne entraine une Crise agricole européenne. D'où - Développement des cultures nouvelles pour subvenir à l'absence d'importations agricoles : développement de la betterave à sucre. Le blocus économique est l'origine de l'introduction en Europe de nombreuses variétés végétales.

Machinisme et technique

En 1810 : Premier signalement du battage mécanique des grains en Normandie : introduction du battage mécanique des céréales en France. Cependant l'arrivée véritable du battage mécanique sur le continent date des années 1830-1840 quand la machine à battre de l'écossais Meickle arrive sur le continent. En 1810-1811, Le bris des machines prit le nom de Luddisme en Angleterre. Ce sont des mouvements où des meneurs veillent à empêcher le pillage individuel et s'assurent que les butins mobiliers sont détruits et brûlés.

1830-1840 : Arrivée sur le continent européen du battage mécanique des grains de céréales avec l'introduction de la machine de l'écossais Meickle. Il a inventé cette machine à la fin du XVIII siècle. Elle est formée d'un tambour à rotation rapide qui écrase les épis contre un contre-batteur fixe, ce qui éjecte les grains de leur enveloppe. Dans 1840's, les constructeurs français vont construire des batteuses à vapeur et des batteuses à manége : un battage mécanique.

Dans les années 1840, Suite à l'introduction du battage mécanique avec la batteuse de l'écossais Meickle dans les 1830's, les constructeurs français dans les 1840's construisent des batteuses à vapeur et des batteuses à manège : le battage mécanique des grains se diffuse. Cependant une diffusion large du battage mécanique en France n'existe que sous le Second Empire dans les exploitations moyennes de l'ouest de la France.

Jusqu’en 1840, La principale source d'énergie dans l'industrie (où domine l'industrie rurale) est l'énergie hydraulique avec le moulin à aube. Cette énergie implique une logique de localisation industrielle dans les cours d'eau : - soit dans les régions pluvieuses : exemples à Clermont l'Hérault ou à Lodève. - soit dans la moyenne montagne. Cette industrie rurale dispersée liée à l'énergie hydraulique suit des rythmes saisonniers imposés par les débits des cours d'eau : lors des basses eaux cette industrie est moins productive. Cela correspond aux mois d'été, où les paysans sont de toute façon attachés aux travaux de la récolte agricole. Cependant si la machine à vapeur est au point vers 1850 et si elle permet de limiter la dépendance à l'énergie hydraulique, les marchands-fabricants pour autant, préfèrent amortir des installations hydrauliques (moulins à aube) qui ne leur coûte pas grand chose. En fait il n'y a pas de conversion massive à l'énergie à vapeur, elle sert juste pendant quelques décennies de complément à l'énergie hydraulique qui conserve sa place principale. Cette situation énergétique est particulièrement vraie en France où la rareté du charbon sur le territoire français entraine la cherté du charbon sur le sol national : D'où un maitien de l'énergie hydraulique en France qui bénéficie même du progrès technique en 1860 avec l'invention de la turbine centrifuge Bergès. Et à la fin du XIX siècle, l'énergie hydraulique en France connaît même un renouveau avec le développement de l'hydro-électricité permettant une revitalisation de la proto-industrie dispersée.

En 1840 En France la machinerie des usines rurales et dispersées est actionnée par : - une énergie naturelle (métabolique) : il existe 2000 manèges d'animaux. - une énergie hydraulique et éolienne : il existe 45 000 moulins hydrauliques (moulins à aubes) et éoliens.

La chimie agricole.

En 1837, Le chimiste allemand Justus Von Liebig montre que le facteur limitant des rendements agricoles est l'absence d'acide phosphorique, un ion soluble dans l'eau. En effet dans la première moitié du XIX siècle, la littérature agronomique européenne évoque de plus en plus la " fatigue " et le " repos " des sols. On recherche les facteurs limitant les rendements. Cependant la découverte de Von Liebig n'est que la légitimation scientifique d'une telle découverte. Celle-ci s'est faite en réalité par tatônnements des praticiens, car en effet au XIX siècle, les avancées agronomiques sont plus le fait des praticiens et de l'expérience que des agronomes scientifiques qui ne viennent légitimer et démontrer qu'après-coup, la découverte. Cependant Liebig découvre que les plantes absorbent les minéraux phosphatés, ce qui ouvre à l'utilisation par l'agriculture des roches naturelles riches en phosphates. L'extraction de tels gisements débutera en France en 1856 dans les Ardennes. Dans la seconde moitié du XIX siècle, les effets " fertilisants " des matières (sous le vecteur de fumures) contenant de l'acide phosphorique (phosphates naturels, minéraux et chimiques) vont être l'élément principal de la hausse décisive et irréversible des rendements agricoles, même si leur introduction est progressive et parfois très localisée. Les phosphates naturels vont être par exemple le noir animal dans la région de Nantes (dès 1820's), le guano importé d'Amérique du Sud (1850's), de la poudre de poisson (commercialisée en France par l'industriel breton Demolon), les minéraux phosphatés (exploités dès 1850's-1860's en France). Mais l'agriculture utilisera aussi les superphosphates et les scories de déphosphoration à partir 1880's. Pendant très longtemps les agronomes français se sont opposés aux thèse de Von Liebig, la France a donc accumulé un retard important dans l'utilisation des phosphates naturels et superphosphates (découverts en 1846 par l'anglais Lawes). Ainsi les deux premières usines françaises de production de superphosphates sont créées qu'en 1871, alors que l'Angleterre (1846) et l'Allemagne (1855) sont depuis longtemps engagés sur cette voie.


Droits communaitaires de la terre contre droit individuels.

Article 544 : Institutionalisation de la théorie physiocratique de l'exclusivité (sans tiers) de la propriété de la terre. L'exploitant devient libre de disposer de son bien. Libre d'en jouir au mieux de ses intérêts vis-à-vis des tiers (seigneurs, communautés rurales, communautés de voisinage). Ce nouveau régime juridique de la terre, grandement inspiré par la théorie agrarienne des physiocrates, s'oppose aux anciens régimes juridiques des terres présents en Europe. Ces anciens régimes juridiques de la terre étaient constitués par une superposition de droits perpétuels : - droit du seigneur du " domaine éminent " : la propriété éminente. Ce sont les " droits seigneuriaux " qui sont progressivement abolis sous l'effet et l'influence de la Révolution Française. En France la Révolution Française abolit complètement (et sans rachats !) les droits féodaux de rentes, au mois d'août 1793. Ces droits féodaux de rentes seront également abolis pendant la période révolutionnaire, dans les Etats de l'ouest de l'Allemagne (partie rhénane) et dans le nord de l'Italie, (qui partie rhénane et nord de l'Italie appliqueront l'article 544 du Code Civil Français) ainsi que dans le Pays de Vaud en Suisse en 1804. En 1783, les provinces des Provinces-Unies avaient aboli les droits féodaux. Pour le reste de l'Europe les modalités d'abolition des droits féodaux sont différents et sont plus étaler dans le temps. En Allemagne nous avons une chronologie différenciée seon chaque Etat du mouvement d'émancipation paysanne : le Bauernbefreiung (1765-1850). - droit d'usage principal du tenancier : c'est ce droit là qui se transforme en droit de propriété exclusive en Europe de l'Ouest sous l'effet de la conquête napoléonienne qui exporte son Code Civil. - droits d'usage communaux : c'est la dimension collective de la propriété et de l'usage de la terre. Ce droit générique fournissait par toute une série de droits spécifiques, des revenus complémentaires notamment à la petite paysannerie. On trouvait le droit de glanage, le droit de glandage, le droit de grapillage, le droit d'affouage, la vaïne pâture pour l' alimentation de l'élevage de subsistance polyfonctionnel, l'exploitation des friches communales. Les droits d'usage communaux avaient une place centrale dans la critique des physiocrates et de leurs héritiers révolutionnaires, faite à l'ancien régime juridique des terres. Car ils impliquaient de lourdes contraintes en matières d'usage des terres : obligation de respecter une certaine rotation des cultures sur les soles de façon à libérer au même moment des terres de parcours sur une zone donnée. Or depuis 1750 et jusqu'en 1850, le discours dominant des agromanes mettant en avant la " Révolution fourragère ", cherche à accroître les interactions au sein du système agro-pastoral entre les cultures et l'élevage. La suppression des jachères au profit des plantations de cultures fourragères (prairies artificielles) et la diminution des rotations culturales (le discours dit qu'il faut passer du quadriennal ou du triennal au biennal..) sont les bases de ce discours sur l'efficacité agricole par l'intensification des interactions dans le système polyculture- élevage. - Législation sur la transmission égale des biens . Favorise l' accroissement du nombre des propriétaires et par la favorise la diminution du nombre des pauvres.

En 1813, l’Etat reprend la bataille pour imposer le partage des communaux que refusent la majorité des paysans. La Caisse d'amortissement en France est chargée de vendre les communaux. Les communes récupèrent les biens communaux non encore vendus par la Caisse d'amortissement chargée en 1813 de vendre les communaux. Elles sont autorisées à les louer en bloc.

1836, Mise en vente des communaux en France. Malgré les partages (août 1793) et la mise en vente (1836), les communaux se maintiennent car les préfets les sauvegardent pour préserver la paix sociale. Cependant les communaux sont donnés en " amodiation ", c'est-à-dire en location par les municipalités et au profit des paysans aisés, ce qui avive les tensions sociales.

En 1827, Promulgation du Code Forestier en France : - Le code forestier français vise à protéger la forêt pour le bénéfice de l'industrie dispersée notamment la sidérurgie de la fonte à bois dont l'activité est rythmée par les coupes de bois. - L'ensemble des forêts (communales, domaniales c'est-à-dire d'Etat, privées) sont grevées des droits d'usage collectif, dans le but de les préserver (pour l'industrie dispersée) et pour els exploiter rationnellement. Les propriétaires veulent en tirer des profits. Ce code forestier et plus largemment les bois, sont au XIX siècle un enjeu de lutte entre le droit coutumier et le droit moderne. - Une police rurale de gardes forestiers est chargée de surveiller les forêts et s'oppose aux paysans pauvres qualifiés de " voleurs de bois ". Une nouvelle gestion économique des forêts se met en place contre les besoins quotidiens des usages collectifs du bois. D'où à partir de 1827, de nombreuses violences et procès dans les campagnes. - 1827-1848 : le code forestier est un des points qui exacerbent les tensions dans le monde rural.

1844 Etablissement du permis de chasse en France : restriction de la liberté de chasser acquise depuis la Révolution. C'est une importante entorse au droit coutumier sur les forêts.

- 1814-1850 : stabilité de l'emprise spatiale des communaux en France malgré que l'Etat, dès la Restauration, ait encouragé la vente des communaux. 6 décembre 1850 : Loi conférant aux particuliers l'initiative des demandes de partage des communaux. 1850 : loi simplifiant le partage des communaux formés de landes en Bretagne (en particuliers en Bretagne intérieure). 1860 : les communes sont autorisées à vendre les 2 / 3 de leurs communaux. 1881-1890 : la question de la mise en valeur de l'ensemble des communaux est réglée. Sous la IIIème République, accélération de la vente des biens communaux.

Les élites et la modernisation.

1830-1870 : Dominance des notabilités d'ancien type dans les comices agricoles en France impulsées par la Monarchie de Juillet : création d'un encadrement notabiliaire de la paysannerie en France. - Dès 1830's : Les Conseils généraux de département créent un inspecteur d'agriculture départemental. - 1830's : création des comices agricoles sous l'impulsion de la Monarchie. Elles sont subventionnées par les Conseils généraux. Elles sont créées à trois niveaux : départemental, par groupe de cantons, par canton. - De la Restauration à la III République, les politiques de développement agricole sont impulsées par, soit le pouvoir central, soit par le pouvoir local, c'est-à-dire le Conseil général de département. Ainsi le Conseil général à l'intitiative politique du développement agricole, ce qui s'aperçoit particulièrement dans le processus de création d'un comice agricole. Ainsi pour exemple, en Loire Atlantique, le Conseil général pousse à la constitution de " Jurys cantonnaux " entre 1830-1835, ces " Jurys cantonnaux " se transforment en " Comités cantonnaux " à partir de 1835, pour devenir enfin des " Comices agricoles " vers 1841-1842. - On y retrouve des notaires, des médecins, des juges de paix exerçant une action de vulgarisation à titre bénévole mais dans leur intérêt bien compris de propriétaires fonciers tirant souvent l'essentiel de leur revenu des fermages. - 1840's : la grande vague de création des Comices agricoles. - A partir de 1870 on voit l'arrivée de nouvelles élites rurales dans les comices agricoles : instituteurs, vétérinaires, professeurs d'agriculture, agriculteurs dynamiques…

Partir 1840’s, Grande vague de création de Comices agricoles en France. Ils sont créés souvent à l'initiative du Conseil général de département qui les subventionne. Ce processus fait parti de l'encadrement notabiliaire de la paysannerie entre 1830-1870. Les comices sont des associations à but non lucratif, devant être autorisées par le préfet ou le ministre. Ils se fixent comme objectif dans leurs statuts faits de différents articles, les " progrès de l'agriculture ". Les comices sont les principaux vecteurs de la modernisation de l'agriculure. Ces comices organisent des concours locaux annuels qui impulsent une nouvelle temporalité à la vie des campagnes : - concours de charrues : des épreuves de labours. - des courses de chevaux. - des expositions de produits agricoles. - des expositions d'instruments agricoles. - des concours pour les fermes les mieux tenues. Ces concours s'accompagnent de la distribution de prix de concours : - en numéraire. - en outils nouveaux : charrues… - en animaux sélectionnés. - en graines. - en livres agronomiques de vulgarisation. - en médailles.

Partir 1837, Développement de la presse agricole en France grâce à des hebdomadaires qui rendent compte semaine par semaine des progrès techniques et des procédés.

1844 Création du Concours général agricole de Poissy par l'Etat français : c'est le plus important concours agricole qui promeut la modernisation, notamment celle du cheptel bovin par la durhamisation.

Libre-échange et agriculture : la déterritorialisation.

1830-1875 : Phase d'ouverture des marchés agricoles européens : une conjoncture favorable au libre-échangisme.

1847 : Loi facilitant les importations de grains en France, pour résoudre les problèmes de pénuries agricoles suite à la mauvaise récolte de céréales de l'été 1846.

La Révolution des transports en France.

En 1822, Début de la macadémisation du réseau viaire en France. Le procédé du revêtement inventé par l'ingénieur Macadam permet le transport de charges de 10, 20, 30 tonnes.

EN 1830, La France dispose du premier réseau routier d'Europe : 34 000 km. - Les routes royales desservent tout le territoire. - Chemins vicinaux (en 1836, Thiers invite les communes à se préoccuper des chemins vicinaux.) - voies de communication.

Exode rural :

1831, Début de l' Exode rural en France. ( d' abord les zones de montagne : Alpes et Pyrénée )
1846 Apogée des effectifs de la population rurale en France : 77 % de ruraux et 27,3% d'urbains. Cette même année Début de la phase de dépopulation rurale en France en deux phases : - 1846-1891 : Phase de dépeuplement sur rythme lent. - Partir 1891 : Phase de dépeuplement sur rythme rapide. 1846-1911, Moins 4,3 millions de ruraux en France : la dépopulation rurale. Cependant à la veille de la 1GM les effectifs des ruraux sont égaux aux effectifs de la fin du XVIII siècle. 1846-1911 : La dépopulation rurale en France contrebalance exactement l'augmentation de la population rurale entre 1800-1846.

Société englobante de l’agriculture : les institutions.

1831, Création en France du Ministère de l'agriculture, du commerce et des travaux publics. Ce n'est qu'en 1881 qu'un ministère de l'agriculture sera créé à part.



[1] Eugen Weber, La Fin des terroirs. La modernisation de la France rurale 1870-1914, Fayard, Paris, 1983.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
Back to top
View user's profile Send private message
Display posts from previous:   
This forum is locked: you cannot post, reply to, or edit topics.   This topic is locked: you cannot edit posts or make replies.    forum.decroissance.info » Forum Index -> Sortir de l'économie ? All times are GMT + 1 Hour
Page 1 of 1

 
Jump to:  
You can post new topics in this forum
You can reply to topics in this forum
You cannot edit your posts in this forum
You cannot delete your posts in this forum
You cannot vote in polls in this forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group