forum.decroissance.info » Forum Index forum.decroissance.info »
Lieu d'échanges autour de la décroissance
 
 FAQFAQ   SearchSearch   MemberlistMemberlist   UsergroupsUsergroups   RegisterRegister 
 ProfileProfile   Log in to check your private messagesLog in to check your private messages   Log inLog in 

Bidonvilles, économie informelle et Mike Davis

 
This forum is locked: you cannot post, reply to, or edit topics.   This topic is locked: you cannot edit posts or make replies.    forum.decroissance.info » Forum Index -> Sortir de l'économie ?
View previous topic :: View next topic  
Author Message
Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 01 Dec 2008 16:53    Post subject: Bidonvilles, économie informelle et Mike Davis Reply with quote

Dans un livre pas particulièrement jovial, Le Pire des mondes possibles : de l'explosion urbaine au bidonville global, Mike Davis s'en prend à "l'illusion d'autonomie" des habitants des bidonvilles en matière d'autoconstuction et de maîtrise de leur espace local.

Dans le contexte du "déluge" de migrants vers les bidonvilles, selon Mike Davis, cette reconnaissance des capacités des habitants aurait servi aux organisations internationales (FMI, BM) pour se dédouaner de leur responsabilité, selon une alliance entre la critique anti-Etat libertaire et la critique anti-Etat libérale.

Le concept d'"économie informelle" semble le point faible du livre, et Mike Davis ne renonce pas à hiérarchiser économie formelle et économie informelle. L'économie informelle est clairement fustigée par Mike Davis comme quelque chose de décadent et de sombre, assimilée aux conditions de vie infernales dans les bidonvilles, là où il semble que de nombreux autres facteurs sont en jeu pour expliquer la misère matérielle des bidonvilles (guerres, corruption, colonisation etc), que l'absence de développement économique en bonne et due forme.

Une caractéristique de l'économie informelle est que l'on ne sait pas grand chose sur elle, du fait qu'elle n'est pas déclarée, invisible depuis l'administration. Elle peut en fait être aussi bien une économie tout à fait classique la légalité mise à part (travail au noir) qu'une circulation de dons, d'autoproduction et d'entraide. Seuls quelques rares anthropologues s'aventurent dans les bidonvilles.

L'autre caractéristique qui est liée, est la faiblesse voire l'absence complète d'Etat, de services et d'infrastructures publics (transport, etc). Cependant une partie de l'économie informelle est exploitée par l'économie formelle, et fait donc vivre les Etats par la fiscalité sur l'économie formelle. Mais les plus pauvres ne bénéficient que très peu des services de leurs Etats.
D'un autre côté, les pratiques d'autosubsistance marchandisée ou non nécessitent un rapport à l'espace impossible dans les logements créés par les Etats et l'urbanisme éclaté qui va avec (a contrario, les habitants des bidonvilles ont aussi leur atelier sur place, et vivent près des places de marchés).

L'économie pourrait-elle mourir dans l'économie informelle ? Par exemple par dilution des revenus dans une chaîne d'intermédiaire toujours plus grande (à chiffre d'affaire constant, augmentation du nombre de travailleurs peu outillés). Il n'y pas de quoi être optimiste en lisant Mike Davis, puisque cette dilution semble être "corrélée" à une dégradation des conditions de vie matérielle, et à une soumission à l'argent qui n'est pas forcément moins grande que dans l'économie formelle.
En tout cas, il ne semble pas possible de faire sécession quelque part, de se désamarrer de l'économie, de sortir de l'économie, tout en maintenant à côté une économie formelle faisant fonctionner des Etats et s'appuyant sur une partie de l'économie formelle (sweat shop etc) via les réseaux de sous-traitance.
_________________
SDE dec.info socio. des épreuves
Back to top
View user's profile Send private message
Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
Posts: 967
Location: bordeaux

PostPosted: 02 Dec 2008 13:48    Post subject: Reply with quote

"""""En tout cas, il ne semble pas possible de faire sécession quelque part, de se désamarrer de l'économie, de sortir de l'économie, tout en maintenant à côté une économie formelle faisant fonctionner des Etats et s'appuyant sur une partie de l'économie formelle (sweat shop etc) via les réseaux de sous-traitance.""""""""
Je pense que si , et meme avec l'aval de l'économie classique . Ca peut etre utopique mais ça parait etre la seule solution , et de plus par le prosélitisme , etre une démarche subversive non voulue ; comme la été le christianisme .
Back to top
View user's profile Send private message
Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 17 Dec 2008 15:01    Post subject: Reply with quote

Deun :
Quote:
L'économie pourrait-elle mourir dans l'économie informelle ? Par exemple par dilution des revenus dans une chaîne d'intermédiaire toujours plus grande (à chiffre d'affaire constant, augmentation du nombre de travailleurs peu outillés). Il n'y pas de quoi être optimiste en lisant Mike Davis, puisque cette dilution semble être "corrélée" à une dégradation des conditions de vie matérielle, et à une soumission à l'argent qui n'est pas forcément moins grande que dans l'économie formelle.


Pourrais tu en dire plus sur ce passage, sur la dilution, mais sur aussi ce qu'en dit Davis.

Il y a un interview de Davis dans le magazine Sciences humaines d'octobre, où le journaliste lui pose la question pourquoi à la différence de nombreux chercheurs lui ne met pas l'accent du tout sur la vitalité de ces quartiers de bidonvilles au travers de l'informel et de l'auto-organisation.

Il me semble qu'il a raison de dire que les pauvres de cette " Bidon-planète " ( 1 milliard de personnes), s'il sont structurellement à la marge de la mégamachine Travail, s'ils sont des superflus pour l'économie (et qu'en effet pas grand monde n'avait prévu et anticipé la croissance gigantesque de la marginalité et du chomage urbain de masse au Sud, ni la marginalisation des classes moyennes au Nord... une " prolétarisation " du monde disait Marx), beaucoup aussi travaillent par dizaines de millions pour les grandes marques globales, pour évidemment des salaires de misère.

Enfin, pour Davis, l'économie informelle " est souvent un monde darwinien où des pauvres, petits propriétaires, micropatrons ou hommes de main, exploitent de plus pauvres qu'eux " (sic). Groupes sectaires, ethniques, religieux, mafias, contrôlent souvent les bidonvilles, même si il reconnait l'existence de " nouveaux mouvements solidaires " dans ces quartiers.

Je crois que sur cette question de l'économie informelle, il serait bien de tomber sur la réédition du livre L'Autre Afrique de Latouche, qui peut-être a une nouvelle préface (?). Dans Politis au printemps dernier je me rappelle que Latouche avait publié un court texte, beaucoup moins optimiste que la première édition de son livre, observant plusieurs années après combien l'économie informelle en Afrique n'avait été, par son effet intégrateur, que la première phase de la lutte globale contre la relégation hors de l'économie. La préface est peut-être aussi dans ce gout là.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
Back to top
View user's profile Send private message
Display posts from previous:   
This forum is locked: you cannot post, reply to, or edit topics.   This topic is locked: you cannot edit posts or make replies.    forum.decroissance.info » Forum Index -> Sortir de l'économie ? All times are GMT + 1 Hour
Page 1 of 1

 
Jump to:  
You can post new topics in this forum
You can reply to topics in this forum
You cannot edit your posts in this forum
You cannot delete your posts in this forum
You cannot vote in polls in this forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group