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sortie de l’économie : Pistes et stratégies existantes
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Imago



Joined: 15 May 2007
Posts: 96
Location: Valais (CH)

PostPosted: 10 Feb 2009 13:31    Post subject: Reply with quote

Deun wrote:
Cette dernière phrase me paraît douteuse !

J'ai oublié une virgule ou tu doutes de la véracité ?

Le premier est le père d'un ami, il a complètement refait son grenier (galetas comme on dit chez nous) pour y aménager un studio avec salle de bains.
Les impôts ne l'ont pas raté. Il a juré que la prochaine fois il ferait ça en cachette.

Le second a restauré tout seul une vieille maison. Je ne saurais dire s'il a été taxé sur son travail, mais ce qui est sûr c'est que maintenant la "valeur locative" de sa belle maison lui est comptée comme revenu.

Il y aurait aussi le cas des revenus agricoles forfétaires imposés aux propriétaires terriens, mais je n'ai pas (encore) d'exemple concret à fournir.
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ktche



Joined: 15 Jun 2004
Posts: 1383

PostPosted: 10 Feb 2009 14:10    Post subject: Reply with quote

Est-ce que dans les exemples cités, le point commun ne serait pas le fait que l'administration fiscale considère les travaux comme un investissement productif ? Dans ce cas, qu'est-ce qui a conduit dans ces situations à juger abusivement que les autoconstructeurs s'étaient activés en vue de constituer (ou d'augmenter) un capital rémunérateur ?
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Imago



Joined: 15 May 2007
Posts: 96
Location: Valais (CH)

PostPosted: 10 Feb 2009 14:29    Post subject: Reply with quote

Je ne suis pas sûr de bien comprendre, mais oui, l'administration considère cela comme une sorte de prestation à soi-même.
Au moment des faits le père de mon ami était agent de police mais ex-menuisier.
Quant à la "taxe sur la valeur locative", c'est chose commune dans mon pays.

Ce que je voulais exprimer par ces exemples, c'est que chez moi une personne qui hériterait d'un terrain, y construirait de ses mains une maison et vivrait de son potager et pratiquerait des échanges pour le reste serait tout de même bien embêtée, il lui faudrait fatalement payer certaines taxes et impôts qui nécessistent de la monnaie officielle, rendant ainsi difficile une sortie de l'économie. En prime cette personne serait en plus obligée de faire appel à l'aide publique pour payer les assurances maladie de sa famille.
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Djinn



Joined: 23 Aug 2007
Posts: 214
Location: St-Denis

PostPosted: 10 Feb 2009 14:58    Post subject: Reply with quote

A côté des actions positives, il y a les actions destructives.

Il y en aurait une d'une efficacité redoutable.

Les banques ne se rémunèrent que par les intérêts des prêts qu'elles octroient. Si nous demandons - contexte de crise oblige - l'abandon des dettes en cours des particuliers et des entreprises et que cela était (on peut rêver) suivi d'effet, les banques n'auraient plus de quoi payer leur personnel et leurs actionnaires et feraient faillite.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle quoi qu'il arrive une dette n'est jamais annulée ou presque (SA dissoute, mort du débiteur).
C'est aussi la raison pour laquelle jamais un dirigeant socialiste ne propose ce genre de choses, alors que ses électeurs le suivraient probablement sur ce terrain.

Sans les banques, plus de crédit, plus d'argent en circulation.
Par leur propre expérience, les gens se rendront compte qu'ils peuvent s'en passer.
C'est d'ailleurs ce qui se passe avec l'argent rare actuellement. Les prix s'adaptent et baissent, c'est tout. Entrée plat dessert pour 10 euros dans les restos à touristes de Saint-Michel.

Les seuls pour lesquels la déflation est catastrophique sont les personnes endettées. Mais puisque on annule les dettes, plus de problème...


Mode Joke on Très content
"Dans ce contexte de crise, la crise pèse encore plus lourdement sur les moteurs de la croissance que sont les entrepreneurs et les consommateurs. Afin d'encourager l'investissement et la consommation, nous exigeons l'effacement des dettes non échues."
_________________
http://www.ecotheurgie.com
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kazh ar c'hoad



Joined: 23 Dec 2008
Posts: 131
Location: Pays de St Brieuc (22)

PostPosted: 10 Feb 2009 18:08    Post subject: Reply with quote

C'est sûr que ça foutrait tout le système en l'air Très content

Moins de crédit, moins de conso, moins de taxes, moins de cotis.....c'est la fête !!!
_________________
"Le travail est une pollution qui crée toutes les autres"
Un anonyme sur un mur de Brest en 1980

http://www.libertat22.lautre.net

http://ecologie-et-emancipation.over-blog.com
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
Posts: 967
Location: bordeaux

PostPosted: 16 Feb 2009 20:08    Post subject: Reply with quote

Une conjecture qui me semble pertinente de la sortie de l'économie US:
http://forums.oleocene.org/viewtopic.php?f=13&t=8738&start=1080

Lire le post de Porteco.
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obrarte



Joined: 13 Jan 2009
Posts: 63

PostPosted: 16 Feb 2009 20:14    Post subject: Reply with quote

Un point de vue de la revue Temps critique. Extrait de l'article : Crise financière et capital fictif publié sur leur site
http://membres.lycos.fr/tempscritiques/texte.php?ordre=36
Quote:
C’est dans les interstices de la dynamique et des dysfonctionnements du capitalismequ’il existe des perspectives et des espaces à trouver afin de ne pas subir « la crise » comme une fatalité ou de ne pas s’illusionner sur le sens que prendrait son aggravation si nous cherchions la dialectique nihiliste du pire.

Comme nous l’avons déjà dit, nous sommes dans « l’évanescence de la valeur110 » et les signent flottent. N’est-ce pas un bon point d’ancrage pour supprimer la valeur et l’économie ? Puisque « la crise » (on emploie le mot par facilité) est un concentré de conditions objectives et subjectives, on doit trouver sa sortie dans des pratiques qui tiennent compte de ces deux dimensions. Pour cela, il faut se débarrasser de toute théorie de la valeur. Et c’est le capital qui nous facilite la tâche par le développement d’une production virtuelle111, c’est-à-dire une production toujours plus abstraite de ses anciennes matérialités : agricole, industrielle, commerciale, et dont les soubassements forment une sorte de patrimoine de l’humanité. Des pratiques telles que celles des logiciels libres posent la question de la gratuité d’une nouvelle façon qui se situe au-delà de la sempiternelle opposition entre réforme et révolution. Le développement de ce type d’alternatives opérant ici et maintenant explore la possibilité d’un développement des échanges au-delà de la valeur et de l’économie.

La valeur, il faut la faire imploser aussi bien du côté de la valeur d’usage que du côté de la valeur d’échange. Côté valeur d’usage en profitant de la situation d’urgence pour montrer qu’il ne s’agit pas que d’une crise de valorisation, mais d’une crise de société, celle de la société capitalisée qui induit des modèles et comportements spécifiques, une transformation de la nature intérieure des hommes et des femmes. Par exemple, dans l’automobile, la crise doit permettre de tuer le tout automobile et toutes les bonnes volontés seront requises si on peut donner un coup de pouce ; côté valeur d’échange, il faut mettre en avant la question des prix qui, pour la plupart sont des prix politiques112. Le prix du travail, le prix du crédit, le prix du pétrole, le prix de l’immobilier113, le prix des services et des transports, tous sont des prix politiques et même le fait que le non travail (ce qui n’est pas reconnu comme travail) n’a pas de prix. Nous avons énoncé depuis plusieurs années une rupture d’avec le fil historique des luttes prolétariennes, rupture due à la fois à la défaite du dernier assaut prolétarien des années 67-78 et à la révolution du capital qui s’en est suivie. Mais quand nous posons cette perspective de lutte sur les prix, nous retrouvons bien un certain fil historique, ne serait-ce qu’avec la lutte des prolétaires italiens sur le « salaire politique » entre 1968 et 1973. Nous retrouvons aussi la lutte des femmes et la revendication d’un salaire domestique qui constitue une critique en acte de la loi de la valeur, la lutte de la jeunesse démunie pour un revenu minimum dont elle est exclue et la lutte des chômeurs pour un revenu garanti.

L’inessentialisation de la force de travail produit en effet une situation dans laquelle d’un côté, il y a de plus en plus de « l’activité » en dehors du travail et de l’autre côté, il y a de plus en plus nécessité de distribuer du pouvoir d’achat ne correspondant pas à la valeur d’un travail114.
C’est parce que nous nous situons résolument du côté de la critique de la valeur qu’on peut se centrer sur ce qui apparaît comme son résultat : le prix. En effet, celui-ci n’est pas masqué par la « métaphysique de la valeur115 » et il apparaît dans toute sa crudité ou dans tout son arbitraire dans la mesure où le travail vivant qu’il contient encore est devenu dérisoire116. Se placer du côté du prix, c’est aussi lier lutte contre la marchandise et lutte contre l’état.

C’est à ce niveau qu’il faudrait intervenir sur la base de ce qu’on pourrait appeler des objectifs intermédiaires117 rendant possibles des luttes qui ne soient pas que défensives118 dans une société qui semble se dissoudre dans l’air et ne plus assurer aucune cohérence sociale et politique tant « la crise » (si on peut encore employer ce mot) se situe au niveau de sa reproduction. Des luttes qui permettraient de dépasser l’opposition entre travailleurs, usagers et consommateurs, entre lutte immédiate forcément limitée et perspective révolutionnaire forcément abstraite. C’est pour le moment une perspective un peu irréaliste quand on voit que des grévistes dans les transports restent farouchement sans rapport avec les usagers, quand des tentatives comme les sel où les tentatives de liens entre paysans et consommateurs sont traités avec dédain de réformistes, quand les pratiques de production biologique sont renvoyées systématiquement par les « radicaux », à des productions pour riches. C’est pourtant à partir de tout cela (même si nous ne mettons pas au même niveau les mouvements de paysans sans terre, les arracheurs d’ogm et les acheteurs de « commerce équitable ») que pourrait se constituer, non pas une nouvelle « composition de classe », mais une nouvelle solidarité d’individus singuliers autour d’un en commun ; une solidarité qui serait un premier pas vers la communauté des femmes et des hommes119.

____________________________________
110. J. Guigou et J. Wajnsztejn, L’évanescence de la valeur, L’Harmattan, 2004.

111. Nous disons une production virtuelle et non pas une production immatérielle. Nous avons critiqué cette dernière notion d’origine néo-operaïste en faisant remarquer que l’informatisation et les nouvelles technologies ont bien une matérialité.

112. Il s’agit plus que jamais de faire ressortir par là le caractère politique de la domination.

113. Par exemple à Barcelone, un collectif (Espace en blanc) s’est constitué autour de problèmes quotidiens et il participe à des manifestations, pas seulement pour réclamer un droit au logement (les jeunes n’arrivent pas à se loger à cause de l’augmentation des loyers), mais en lançant le cri : « Nous n’aurons jamais de logement ! ».

114. Les perspectives politiques que certains courants dégagent sur ces bases ne sont pas convaincantes. D’un côté les negristes et autres néo-operaïstes insistent sur le fait que cette activité hors travail est bien du travail (immatériel) et doit être rétribué à ce titre. En fait, ils épousent le point de vue progressiste du capital et de la techno-science pour faire de toute activité une activité potentiellement pour le travail et contre le capital comme s’il suffisait de changer le commandement capitaliste par la puissance d’autovalorisation (on reste dans le registre de la valeur !) de la multitude pour que tout se résolve ; de l’autre côté Gorz et les tenants du revenu garanti font une différence entre l’activité libre et l’activité travail, la première n’étant pas au service du capital. On veut bien l’admettre, mais alors sur quelle justification repose la revendication d’un revenu garanti ? Tout cela montre le caractère anachronique de la forme-valeur. Le « système » fonctionne sur des formes vides. Comme nous l’avons répété maintes fois, ce n’est plus la valorisation qui compte mais la domination et la puissance.

115. Nous empruntons le terme à Castoriadis dans sa critique de la théorie de la valeur de Marx.

116. Paradoxalement, c’est même là où le sens commun s’attend à ce qu’il soit encore le plus présent, dans le produit agricole, que l’écart est le plus grand, vu la masse des intermédiaires.

117. La question des objectifs intermédiaires a déjà été posée dans le mouvement italien des années 60-70, mais elle fut assez rapidement délaissée pour une stratégie radicale misant tout sur la fraction de classe la plus avancée (l’ouvrier-masse). Il n’y a plus ce risque aujourd’hui tant il est évident qu’il n’y a plus de figure collective portant une quelconque radicalité supérieure. En effet, ce qui était valable à l’époque de l’analyse de lacomposition de classe ne l’est plus à celle de sa décomposition. On peut encore trouver des figures de prolétaires (des précaires, des sans-papiers, des salariés pauvres), mais elles ne forment plus des sujets collectifs antagoniques.

118. Il n’y aurait d’ailleurs pas d’incompatibilité avec certaines luttes défensives d’entreprise sachant quand même que nombre de ces luttes conduisent à la division, à partir du moment où elles ne trouvent pas encore les formes adéquates, celles qui éviteraient, notamment, le risque de « prendre les autres salariés en otages ». C’est particulièrement le cas dans la Fonction Publique où les luttes posent, malgré des tendances corporatistes, le problème de la reproduction des rapports sociaux.

119. A qui sait lire attentivement, ce texte écrit à quatre mains laissera voir une certaine opposition entre deux approches. L’une qui a pour référence le capital-automate, l’anthropomorphose et les réseaux ; et l’autre, la valeur-puissance, la reproduction et la domination. Certaines ne sont pas incompatibles, pour d’autres, c’est plus discutable mais nous assumons. En effet, ce texte n’affirme pas une théorie ou un programme même s’il trace quelques perspectives.
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