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commentaires sur l'Appel des appels
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Guest






PostPosted: 05 Feb 2009 16:35    Post subject: Reply with quote

Je vois où tu veux en venir M. Green

C'est difficile de distinguer les activités financées par de l'argent public des autres, si on ne croit pas un peu à la valeur-travail. Qui veut qu'une certaine quantité d'argent dépensée, c'est une certaine quantité d'un certain travail effectué.

Cela signifie que par les impôts, l'Etat prélève une certaine quantité de temps de chacun pour effectuer certaines tâches, comme si dans un village on décidait que chacun allait vider et nettoyer l'étang d'à-côté, où tout le monde a l'habitude de pêcher. Le fait que l'étang soit nettoyé de la vase est une condition de possibilité de la pêche.

L'Etat met en place des activités et des infrastructures techniques (en tant que maître d'ouvrage) pour que certaines activités plus "privées" soient possibles (et éliminant d'autres types d'activité).
A noter que rien que le fait d'instaurer un impôt obligatoire sous forme d'argent, oblige ces activités à prendre une forme marchande (il n'existe pas de service civil que l'on fournirait en échange de ne pas verser d'argent à l'Etat).

L'Etat n'est pas autonome (au sens d'indépendant) par rapport aux autres acteurs économiques, mais les activités qu'ils financent sont bien plus stables que les autres. Car l'impôt est obligatoire.

Deun
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
Posts: 4057
Location: prox. Montpellier

PostPosted: 05 Feb 2009 16:59    Post subject: Reply with quote

Quote:
L'Etat n'est pas autonome (au sens d'indépendant) par rapport aux autres acteurs économiques, mais les activités qu'ils financent sont bien plus stables que les autres. Car l'impôt est obligatoire.


ça dépend ou tu es, parcequ'en Russie, ton salaire de fonctionnaire en tant que professeur par exemple, il peu être payé en vodka ou encore en d'autres choses...
_________________
Pour des communautés libertaires écocentrique et affinitaire

Participer a libérer et cultiver les conditions locales et pérennes d’existences et d’autodéterminations des vivants, sans domination.
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anonyme XXI



Joined: 18 Oct 2005
Posts: 1177
Location: Lyon

PostPosted: 18 Dec 2009 20:29    Post subject: Reply with quote

Salut Deun & Co,

Permettez-moi d'entrer dans la mêlée...

A l'époque, j'ai un peu laissé filer l'affaire (je devais avoir autre chose à faire). Mais le revoilà qui passe dans mon champ d'intérêt. Je m'intéresse ces temps-ci à Bernard Stiegler, et je le retrouve parmi les auteurs, parfait !

Vous avez me semble-t-il une analyse économique.
(moi aussi je mets un peu en gras, ça permet d'accrocher les lecteurs papillons).

Or, il me semble que tout l'intérêt de ce mouvement, inédit, est qu'il vient du psychologique.

Des psychiatres qui sortent de leur réserve habituel, c'est sans doute inédit dans la profession. Imaginez que l'Ordre des Médecins lance un mouvement équivalent à partir, par exemple du livre "La société cancérigène" !
Les médecins devraient se regrouper pour pointer les causes collectives des maladies "individuelles". Ils ne l'ont pas fait, et ne le feront pas.

Lorsque les médecins ont acquis la confiance de la population, vers le début du siècle dernier, la souffrance était essentiellement physique : travaux des champs, artisanat, industrie...

Aujourd'hui, la souffrance est essentiellement psychologique.
Et ça pose de nombreux problèmes :
- la plupart des gens ont plus de facilité à détecter qu'ils sont malades physiquement plutôt qu'ils souffrent psychologiquement,
- le système de soin en psycho est mal foutu,
- la plupart des décideurs ne comprennent rien à la psycho, n'ont aucune formation, ou très insuffisante. Ils prennent des décisions absurdes, guidées par des idées préconçues, souvent erronées. Ils sont englués dans leur névrose familiale, et ne perçoivent pas les réelles motivations de leurs décisions. Le pouvoir, la peur de la mort, l'avidité, la soumission sont leurs seuls guides (je pense aux ministres notamment).

Le système de soin en psycho est mal foutu :
- la psychanalyse est généralement réservée à une élite intellectuelle, et je ne la trouve pas forcément en lien évident avec la vie (de nombreux enfants de psychanalystes sont complètement désorientés, ce qui pose question sur la santé des psychanalystes, ou le problème de leur spécialisation professionnelle),
- la psychothérapie est souvent accessible aux classes moyennes, qui ont les moyens intellectuels et financiers suffisant,
- la psychiatrie traite les plus pauvres : alcooliques, drogués, cas pathologiques...
- la psychologie pourrait être utilisée plus souvent, parce qu'elle est la plus proche de la simple communication : psychologue scolaire, conciliation des couples dans les procédures de divorce ou les simples séparation, psychologue du travail ayant un réel pouvoir sur le management pour retirer des éléments fragilisés avant le suicide par exemple...

Dans un monde idéal, on enseignerait la psycho, la Gestalt, etc... dès le plus jeune âge possible, mettons 7 ans, en commençant doucement, et une bonne dose avant 14 ans pour accompagner la crise de l'adolescence.

- l'idéologie du travail, la pression constante exercée sur les salariés, la perte de contenu du travail, savoirs, savoir-faire (la perte de saveur, comme dit Stiegler), autonomie, la spécialisation, etc.
- une vie de couple mal "gérée", une incompréhension entre générations, voire l'absence de dialogue (une télé par enfant chez les plus pauvres, par exemple),
- la consommation de médias de masse (qui dépriment allègrement la population "naïve", volontairement, en évoquant "la crise"),
- l'absence de vie sociale,

bref le contraire d'une vie décroissante (j'ai l'impression de faire un discours électoral !),

tout ça bousille le psychisme.


Je comprends les objections que pose Deun dès le début.
Mais c'est un peu "tirer sur l'ambulance".

Nous-mêmes connaissons bien le problème : on entre dans la décroissance lentement, au gré d'un long travail personnel, une transmutation, une désintoxication du système consumériste et publicitaire, une remise en cause des habitudes qui paraissaient des évidences, une inversion des valeurs qu'il n'est normalement pas du tout naturel de vivre.

Les professionnels du soin qui "pilotent" ou "proposent" cette opération ont longtemps discouru entre eux. Ils s'ouvrent aujourd'hui aux autres, et c'est tant mieux.

Dans la plupart des domaines de la lutte, il reste des sujets non pensés. Je n'ai jamais vu une intersyndicale appeler massivement à descendre dans la rue pour faire cesser la manipulation psychologique des masses, par la publicité, les médias dominants et leurs centurions, les éditorialistes (titre d'un bouquin que je recommande), la communication interne d'entreprise, etc.

Or, c'est bien de ça dont il est question : aider le quidam à s'armer conceptuellement, et pragmatiquement. Aider les syndicats, les mouvements militants de tous poils, à penser l'impensé.

Penser l'impensé au sein des milieux professionnels impliqués, et au sein même de l'appel des appels, puisque par exemple ils ne semblent pas connaitre la communication non violente !


Ce lieu de dialogue peut être très riche, très fécond.

Des comités locaux se constituent, certains déjà très actifs il me semble comme à Lille, de tradition ouvrière,
et j'étais présent à la réunion de lancement du comité à Lyon cette semaine.

Je pense suivre l'affaire, et ça peut-être intéressant de continuer à échanger entre nous, par exemple que certains d'entre nous participent aux comités locaux, et que nous puissions échanger entre nous, vu de "notre fenêtre".

P.S. : si vous discutez avec des psys, vous n'êtes pas censés entrer dans des polémiques. C'est un sujet qui rend sage. Donc j'appelle à un peu plus de maitrise de soi ! Faites un peu de méditation avant de venir écrire ici par exemple...

Cool

xxi
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Guest






PostPosted: 20 Dec 2009 20:45    Post subject: Reply with quote

anonyme XXI wrote:
Vous avez me semble-t-il une analyse économique.
(moi aussi je mets un peu en gras, ça permet d'accrocher les lecteurs papillons).

Or, il me semble que tout l'intérêt de ce mouvement, inédit, est qu'il vient du psychologique.


N'empêche que ce mouvement s'oppose explicitement au capitalisme.
A partir de là, il n'y a pas trente six possibilités;
Soit on explore sérieusement les modalités de sortie du capitalisme.
Soit on ne le fait pas, on se contente de rabâcher toujours les mêmes constats sur les effets (psychologiques ou autre) et on retombe dans le corporatisme habituel puisqu'il n'y a pas le début d'un effort pour se projeter *concrètement* dans un en-dehors de l'économie.
D
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anonyme XXI



Joined: 18 Oct 2005
Posts: 1177
Location: Lyon

PostPosted: 01 Mar 2010 23:45    Post subject: Reply with quote

C'est l'oeuf et la poule.

Comment pouvons-nous compter sur de jeunes esprits critiques,
si ceux-ci ont été formatés par l'enseignement public,
qui leur a appris dès le plus jeune âge à stresser pour des résultats chiffrés,
à perdre le sens de leur existence, sa saveur,

qui ont appris dès le plus jeune âge à aimer la télé,
la pub, etc...

"Pour une insurrection des consciences."
c'est le sous-titre du bouquin.

La prise de conscience est un point de départ de la lutte.

Après, contre quoi on lutte ?
Contre le capitalisme, ou contre le néo-libéralisme, la culture anglo-saxonne qui se répand actuellement sur toute la planète,
et qui ne nous convient pas.

Le problème est-il économique ou culturel ?

Georges Bataille posait déjà le problème en 1930, et penchait avant tout pour un problème culturel.

Mickey (la culture) et Disney (le capitaliste)...

xxi
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