forum.decroissance.info » Forum Index forum.decroissance.info »
Lieu d'échanges autour de la décroissance
 
 FAQFAQ   SearchSearch   MemberlistMemberlist   UsergroupsUsergroups   RegisterRegister 
 ProfileProfile   Log in to check your private messagesLog in to check your private messages   Log inLog in 

Faire de la politique ?!?
Goto page Previous  1, 2, 3, 4, 5  Next
 
This forum is locked: you cannot post, reply to, or edit topics.   This topic is locked: you cannot edit posts or make replies.    forum.decroissance.info » Forum Index -> Politique - Culture - Société
View previous topic :: View next topic  
Author Message
bloups



Joined: 27 Jul 2004
Posts: 1560

PostPosted: 12 Jul 2005 8:53    Post subject: Reply with quote

Quote:
Et si le candidat devait obtenir le pouvoir, je ne doute pas qu'il le rende aux gens


Eh bien moi je doute fortement…
Back to top
View user's profile Send private message
Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 12 Jul 2005 15:02    Post subject: Reply with quote

pasha wrote:
Apres la politisation, enfin plutot la possibilité de légiférer (ou de lobbyer sur des hommes politiques proches de nous), ca permet d'avoir des levier légaux pour s'organiser autonomement. Je pense qu'il y a beaucoup de chose qui existent. Mon soucis c'est de savoir jusqu'a quand, la loi nous autorisera a etre hors concurrence libre et non faussée. Car la solidarité fausse la concurrence !


Il y a tout un "gouvernement par les normes" qu'il serait bon d'expliciter, parce ce que c'est là une partie assez peu visible de la machine étatique ou de l'UE, son rôle dans la production de marchés, quand certains veulent voir en l'Etat un rempart contre la toute-puissance des marchés.

Par exemple, si l'Union Européenne est si productive en normes en tout genre, c'est qu'il n'y a pas d'univers marchand, pas de possibilité de dire un prix sur les choses, sans techniques permettant de rendre les choses interchangeables (et aussi les personnes bien-sûr, par leur diplôme par exemple, cf. la réforme LMD). Les techniques de standardisation, très liées aux activités d'informatisation, sont inévitablement liés à une unification et une extension du territoire couvert par les marchés.

C'est pour cela que la critique du "tout marché" n'est rien sans une critique des normes, qui implique de remonter aux techniques concrètes par lesquelles les normes sont construites. Il n'y a pas de critique du marché, et de l'extension du domaine du marché, qui vaille sans critique de la société de l'information, et de la mécanique très peu transparente qui fabrique les "cases" dans lesquelles vont se ranger ce qui deviendra marchandise.

Il faudra revenir sur ce sujet...
Back to top
View user's profile Send private message
Thierry



Joined: 27 Sep 2004
Posts: 24
Location: Drôme des collines

PostPosted: 20 Jul 2005 21:54    Post subject: décroissance, états généraux et politique Reply with quote

Salut à toustes,
J'ai posté ma petite contribution dans le forum sur un éventuel festival "off" de la décroissance en parallèle aux états généraux pour partager quelques réflexions personnelles. Mais je me dis que ce message a aussi sa place içi...
Je suis personnellement assez sceptique, voir inquiet, concernant cette perspective d’une participation d’un candidat « décroissance » aux élections présidentielles. Jusqu’à présent, le mouvement pour le décroissance et la simplicité volontaire est resté un mouvement informel, diversifié, non centralisé et non hiérarchisé. Ce mouvement est riche de sa diversité, des différentes familles de sensibilité qui le compose et s’appui sur des initiatives également diverses, autogérées à l’échelle locale. J’y vois une force et une garantie de liberté (pas de vraie créativité sans liberté et sans diversité). En entrant dans le jeu politicien, le mouvement cours un risque important, celui de la structuration formelle et de la centralisation, voir de l’institutionnalisation. On voit ce qui est arrivé aux écologistes après leur intégration dans la logique partisane et institutionnelle ! Cela devrait nous faire réfléchir !
A suivre…
Fraternellement.
Thierry
_________________
Vivre plus simplement, pour que d'autres puissent simplement vivre (Gandhi)
Back to top
View user's profile Send private message
Jeuf



Joined: 14 Nov 2004
Posts: 1506
Location: 63 et 75

PostPosted: 20 Jul 2005 23:07    Post subject: Reply with quote

On en parlait récemment avec donquichotte...le parti "écolo" propose en fait de faire de la politique "vraiment" autrement :

http://ecolo.asso.fr/textes/20020317legi.htm

Et cela peut être différent de ce que certains imaginent, cette proposition. L'idée de présenter des personnes aux législatives sous cette forme me semblent vraiment très intéressant (et en cela je m'oppose à la tendance latouchiste)
Back to top
View user's profile Send private message
donquichottedelamancha



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 256

PostPosted: 21 Jul 2005 11:08    Post subject: Reply with quote

Oui, dans une perspective politique, je trouve que, comme Jeuf le note, faire de la politique comme ce qui est exposé sur le site d'écolo semble assez réjouissant, mais je pense comme Thierry que quelle que soit la façon de faire de la politique, faire de la politique va à l'inverse de l'essence même du mouvement décroissant (si tant est qu'il y a une essence du mouvement décroissant Clin d'oeil ).
Back to top
View user's profile Send private message
Thierry



Joined: 27 Sep 2004
Posts: 24
Location: Drôme des collines

PostPosted: 21 Jul 2005 20:39    Post subject: Reply with quote

Salut Jeuf, salut à toustes!

Jeuf wrote:
On en parlait récemment avec donquichotte...le parti "écolo" propose en fait de faire de la politique "vraiment" autrement :

http://ecolo.asso.fr/textes/20020317legi.htm

Et cela peut être différent de ce que certains imaginent, cette proposition. L'idée de présenter des personnes aux législatives sous cette forme me semblent vraiment très intéressant (et en cela je m'oppose à la tendance latouchiste)


Pour moi, le problème est bien cerné par la phrase suivante, extraite de la page du site Ecolo ci-dessus :

"Devons-nous pour autant nous refuser à tout engagement en politique des écologistes? Assurément, non. Cela serait faire le jeu de la société de consommation en nous limitant à nos choix individuels et en abandonnant à nos contradicteurs les choix collectifs."

Je pense que c'est une erreur de penser que le refus de la politique conduit inévitablement à un repli individualiste. Il y a bien des manières d’envisager l’action collective et la transformation commune de la société. Refuser la politique, ce n’est pas forcément se détourner de la dimension sociale. De même, il y a bien des façons de concevoir la démocratie et la démocratie représentative et électoraliste n’est pas l’unique modèle envisageable. Personnellement, je suis convaincu que la décroissance et la simplicité volontaire ne peuvent pas être imposées par voie institutionnelle et légale. C’est une question de choix de vie (personnel ET collectif), pas de bulletins dans l’urne ou de mesures juridiques. Et un choix de vie, par définition, ne peut-être que libre. On ne peut pas imposer le partage, la générosité, la fraternité, la modération, etc. par des lois ou des mesures de répressions.
En ce qui concerne la démocratie, cette dernière peut passer par d’autres moyens que des élections et des institutions… Alors faire de la politique vraiment « autrement », pourquoi pas, mais dans ce cas, pourquoi entrer dans le cadre de la politique traditionnelle (celle qui vise le pouvoir et demeure enlisée dans la logique du système) et participer aux élections ?
Fraternellement.
Thierry

PS : peux tu préciser ce que tu entend par "tendance latouchiste"?
_________________
Vivre plus simplement, pour que d'autres puissent simplement vivre (Gandhi)
Back to top
View user's profile Send private message
Thierry



Joined: 27 Sep 2004
Posts: 24
Location: Drôme des collines

PostPosted: 21 Jul 2005 21:10    Post subject: politique versus décroissance libre Reply with quote

Salut donquichotte,

donquichottedelamancha wrote:
Oui, dans une perspective politique, je trouve que, comme Jeuf le note, faire de la politique comme ce qui est exposé sur le site d'écolo semble assez réjouissant, mais je pense comme Thierry que quelle que soit la façon de faire de la politique, faire de la politique va à l'inverse de l'essence même du mouvement décroissant (si tant est qu'il y a une essence du mouvement décroissant Clin d'oeil ).

La politique exposée sur le site Ecolo reste, il me semble, assez proche de la conception traditionnelle de la politique, sauf que, si j’ai bien compris, l’objectif est de rester perpétuellement un contre pouvoir, donc de rester dans l’opposition sans jamais participer à un exécutif. Les logiques d’affrontements partisans et de démocraties représentatives ne sont pas remises en cause… Ceci dit, libre aux promoteurs d’Ecolo de vivre cette expérience si telle est leur conviction (je suis contre tout modèle unique et pour la diversité des expérimentations…).

Je ne sais pas si faire de la politique va à l’inverse de l’essence de la décroissance… La décroissance est un principe qui peut être mis à toutes les sauces, y compris les plus tyranniques (tout comme l’écologie d’ailleurs). Il faut donc préciser les choses : Personnellement, je me reconnais dans une décroissance non imposée, non autoritaire, assumée en toute responsabilité par ceux et celles qui en font le choix, individuellement et collectivement. Je me reconnais dans une décroissance mise en œuvre par la base, passant par la réappropriation du quotidien dans toutes ses dimensions, par la simplicité et la frugalité librement consenties de chacun et chacune (en conscience et non par soumission à une contrainte). Une décroissance volontaire, équitable et fraternelle, ne peut pas émaner d’un gouvernement, ou d'une quelconque autorité procédant par le pouvoir, le contrôle, la pression… etc. A partir de là, je vois mal comment la politique (qui est l’outil du gouvernement) peut mettre en œuvre une décroissance réellement choisie et orientée par la base, réellement créée au quotidien par les personnes intéressées elles-mêmes (et non par des représentants élus, des règles imposées, des institutions, etc…). Sous cet angle, je pense comme toi, que la décroissance n’est pas vraiment compatible avec la politique.

Fraternellement.
Thierry
_________________
Vivre plus simplement, pour que d'autres puissent simplement vivre (Gandhi)
Back to top
View user's profile Send private message
jiheff



Joined: 05 Dec 2003
Posts: 291

PostPosted: 21 Jul 2005 22:12    Post subject: Reply with quote

Moi je pense sincèrement que se présenter aux éléctions communales indépendement de tout parti avec des idées de décroissance peut-être une bonne chose.
_________________
Objectif décroissance.
Back to top
View user's profile Send private message
Thierry



Joined: 27 Sep 2004
Posts: 24
Location: Drôme des collines

PostPosted: 21 Jul 2005 22:41    Post subject: Reply with quote

jiheff wrote:
Moi je pense sincèrement que se présenter aux éléctions communales indépendement de tout parti avec des idées de décroissance peut-être une bonne chose.


Je ne dis pas que c'est une "mauvaise chose" (rien n'est jamais complétement bon ou mauvais). Je dis simplement qu'il y a des risques sérieux et des inconvéniants importants.
L'avantage: mediatiser de façon massive la notion de décroissance (car finalement, c'est l'objectif, si j'ai bien compris...).
Les risques majeurs : mediatiser la décroissance par le biais d'un systéme politicien déprécié et décrédibilisé aux yeux de beaucoup de gens, être pris au piège de ce système politicien et y laisser des plumes, institutionaliser et centraliser un mouvement qui doit rester fluide, divers, évolutif, libre...

Un autre risque que je vois (et que j'ai déjà observé dans le milleu associatif où l'on passe parfois plus de temps à rechercher des subventions pour assumer le salaire des permanents qu'à agir vraiment sur le terrain, et je ne dis rien de ce qui se passe dans les syndicats...) : passer plus de temps, d'énergie et d'argent à se mediatiser qu'à expérimenter réellement et concrétement la décroissance et la solidarité au quotidien. Ainsi va la politique : elle transforme tout en abstractions, en concepts et en slogans... bref, en discours. Au contact de la politique, la décroissance et la SV risquent de devenir un discours de plus... et cela m'inquiète.

Fraternellement.
Thierry
_________________
Vivre plus simplement, pour que d'autres puissent simplement vivre (Gandhi)
Back to top
View user's profile Send private message
jiheff



Joined: 05 Dec 2003
Posts: 291

PostPosted: 21 Jul 2005 23:08    Post subject: Reply with quote

Disons que je m'etais un peu éloigné du sujet "un candidat pour la décroissance en 2007" pour aller expérimenter des candidats avec des idées de décroissance dans des communes de 300 habitants (comme mon village natal par exemple).
_________________
Objectif décroissance.
Back to top
View user's profile Send private message
Thierry



Joined: 27 Sep 2004
Posts: 24
Location: Drôme des collines

PostPosted: 24 Jul 2005 8:26    Post subject: Reply with quote

Un petit copier coller du forum "media" :

donquichottedelamancha wrote:

Ainsi, même un décroissant peut critiquer un ou plusieurs autres décroissants, n'est-il pas?... mais la consensualisation (je ne sais pas si ça se dit) derrière des représentants politiques l'interdit peut-être, en tout cas face aux médias... Clin d'oeil


Tu mets le doigt sur un problème important : tant que le mouvement décroissant reste informel et non centralisé, sans structures ni portes parole officiels, la diversité des approches et l’esprit critique seront préservés.
Avec la politisation, il y aura forcément une uniformisation - ou une tentative d'uniformisation - parce qu'il faudra présenter un front uni et cohérent derrière le candidat et son programme. Le dogmatisme tendra alors à s'imposer, les minoritaires et les atypiques deviendront gênants, on demandera aux gêneurs de se taire, du moins devant les media, pour respecter la "ligne officiel et majoritaire"… Des phénomènes d’autorité vont alors se manifester et, en réaction, les divergences vont se durcir. Du coup, ce qui était vécu comme un pluralisme naturel et vivant deviendra un affrontement de courants et des guéguerres de sécessionnistes... Bon certains penseront peut-être que je caricature, mais finalement, ces mécanismes sont liés à la politique depuis toujours et il y a peu de chance pour qu'une décroissance politisée y échappe...

Fraternellement.
Thierry
_________________
Vivre plus simplement, pour que d'autres puissent simplement vivre (Gandhi)
Back to top
View user's profile Send private message
Guest






PostPosted: 26 Jul 2005 11:11    Post subject: Reply with quote

Salut !

Hiérachie, autonomie, auto-gestion... voilà que transparait depuis le debut de ce post, une critique très castoriadisienne de la démocratie représentative. En gros ce qu'expriment de nombreuses personnes sur ce post (Neeludge, Bloups...) vis-à-vis de la politique ou de la démocratie représentative, c'est l'idée classique que la politique se réduit au pouvoir, rien de plus, rien de moins. Et l'on reprend alors (peut-être souvent sans le savoir), la thèse de Machiavel sur les rapports pouvoir-politique. Le monisme ontologique, l'essentialisme se sont mis en faction dans les catacombres de la pensée " radicale ".

1968, a même fait de Machiavel un auteur bien plus important et partagé, qu'Adorno, Horkeimer, Kosik, ou Marcuse. Si l'anti-démocratisme des années 30 au sein de l'extrême gauche et de l'extrême droite, se nourrissait des anti-Lumières ou du Sorrelisme, les réticences à la démocratie-des-bouches-cousues des années 1990 et 2000, n'ont d'yeux que pour Machiavel. La critique de la démocratie represéntative, se réduit à la plate dénonciation du côté obscur de la force, entendait l'attraction de l'essence du " pouvoir " ou encore pire du " bio-pouvoir ". Pouvoir de la parole sur celle des autres (on se met à rêver d'une intersubjectivité neutre, gentille, non-violente), pouvoir de la condescendance, pouvoir de tous contre chacun, bref notre imaginaire, à l'image de la victoire de l'anthropologie du libéralisme économique, voit partout l'homme comme un loup pour l'homme. Et le fait de foncer tête baissée sur la critique machiavélienne du pouvoir, nous fait totalement méconnaitre le projet (et sa critique) de " démocratie radicale " de philosophes " postmodernes " comme Habermas (dans le contexte anglo-saxon) ou Chantal Mouffe. De plus la vision unilatérale du positionnement machiavélien, scotomise totalement les autres critiques de la démocratie représentative, tout comme la critique du préjugé machiavélien.

Le paradoxe voire la contradiction flagrante qu'il existe, en partageant d'un côté, la critique machiavélienne du politique (pour en faire une critique plate de la démocratie représentative), et d'un autre côté partager les thèmes de la décroissance, ne peut être compris que par la méconnaissance totale, de l'oeuvre de Marcel Mauss. Oeuvre qui pourtant à un poids majeur dans la pensée de la décroissance (le Potlach déjà reconnu par le situationnisme, le paradigme du don, etc..), et qui s'oppose radicalement à l'anthropologie victorieuse - y compris au sein de la militance - du libéralisme économique. Et pourtant non ! l'homme n'est pas un loup pour l'homme, même en politique ! On ne doit pas réduire la politique au piètre spectacle qu'en donne les médias. Il existe en France, des dizaines de milliers de conseillers municpaux, d'élus locaux et près de 40 000 communes. Ce qui font de " la " politique ne répondent pas forcément aux préjugés et représentations sociales que nous avons sur " l'homme politique ". Le contempteurs de la démocratie représentative se battent trop contre celle-ci à partir des représentations de la politique spectacle fabriquées par les médias. Bref les ennemis du système se battent contre celui-ci avec les propres auto-objectivations du système. Pour le combattre, il faut savoir regarder ailleurs que ce que nous montre le système ! De plus contrairement à l'usage que font du terme de nombreux partisans du projet républicain ou démocratique (Arendt, Castoriadus, Boockin..), la vie publique ne se réduit pas à la politique. Elle englobe tous les domaines de l'activité humaine où il est possible de prendre des décisions collectivement et démocratiquement. Encore une fois ne confondons pas le politique et la politique.

De plus la " démocratie écologique " que nous appelons de nos voeux pour éviter la réalisation de la pédagogie des catastrophes, se réalisera dans le " localisme " (voir sur ce point Bernard Charbonneau). Il est pour nous la future dimension politique mais également la solution des contradictions actuelles entre l'économie et la sauvegarde la planète. Si nous voulons changer la société, nous devons partir du niveau local. Ce niveau local doit être multidimensionnel : l'éthique personnelle de la simplicité volontaire, l'associationnisme (faire de assos), le coopérativisme... mais il faut aussi si nous voulons changer concrètement de société, agir sur les cadres économiques, juridiques, institutionnels, techniciens, de notre vie quotidienne. Et ces cadres ont ne peut les changer au niveau local qu'en se substituant aux élus municipaux. Quand la démocratie-représentative-des-bouches-cousues fait copain-copain avec les forces du sacro-saint Progrès, comment aujourd'hui on lutte concrètement contre l'implantation d'OGM dans les communes de France ? Et bien de nombreuses municipalités de commune interdisent par arrêt municipal la planation d'OGM sur leur territoire . Comment on lutte aujourd'hui concrètement contre l'application de l'AGCS ? Et bien l'élus municipaux décident de prendre de s'organisation et de lutter (voir l'association des maires de France contre les AGCS et pour la relocalisation de l'économie)

Qu'elle est l'ontologie politique qui transparait dans notre débat ? :

La nouvelle organisation politique pourrait être par exemple, une confédération de groupes autonomes (aux niveaux régional, continental, mondial) oeuvrant à la mutation démocratique de leurs communautés respectives. Ainsi comprise par de nombreux participants au débat " Faire de la politique ? ", la politique n'est plus une technique pour détenir le pouvoir et l'exercer, mais redevient l'autogestion de la société par ses membres. L'agir local constitue même la voie de solution des impasses planétaires globales et sert également à court-circuiter le capitalisme.

Je partage totalement cette vision de la future organisation politique, mais il faut, pour ma part, ne surtout pas critiquer la démocratie représentative à partir d'un positionnement positif sur la démocratie directe. En cela il faut faire une critique radicale de l'oeuvre de Castoriadus et du concept d'autonomie. Derrida par exemple était déjà en opposition totale au projet politique d'autonomie proposé par Castoriadus. Et on a beaucoup de chance au sein du mouvement décroissant, qu'un Serge Latouche reprenne à tour une critique de l'autonomie (se que méconnait de nombreux militants décroissants qui reprennent sans trop y penser, les notions, d'auto-gestion, autonomie...). Je cite ci-dessous le positionnement de Latouche sur la démocratie directe (que je partage). Il fait dans ces lignes la recension critique du livre de Takis Fotopoulos, Vers une démocratie générale. une démocratie directe, économique, écologique et sociale (Seuil 2002), recension parue dans La revue du MAUSS n°22, sept 2003 :

Quote:
" Bien que me considérant plus ou mojns comme héritier de Castoriadus et développant des idées assez proches de celles de Takis Fotopoulos, j'avoue que la lecture de ce livre provocateur au bon sens du terme me laisse perplexe sur plusieurs points. En effet, en dépit de toute ma sympathie pour la démocratie directe, je ne suis pas sûr qu'elle corresponde à une aspiration largement partagée (et sûrement pas universelle) ni qu'elle constitue une panacée. Déjà, Aristote notait que " les pauvres, meêm sans participer aux honneurs, ne demandent pas mieux que de se tenir tranquilles à condition qu'on ne leur fasse pas violence et qu'on ne les prive d'aucun de leurs biens. Chacun trouve plus agréable de cultiver sa terre que de s'occuper de politique et d'être magistrat (Politique, IV, 13). Il ajoute : " La masse du peuple n'est pas mécontente 'être exclue de l'exercice du pouvoir (elle est même satisfaite qu'on lui laisse du loisir pour s'occuper de ses propres affaires " (Politique, V, Cool. A Athènes, les neufs dixièmes des citoyens étaient le plus souvent absents des délibérations, et en dépit du paiement de jetons de présence, les magistrats avaient le plus grand mal à trainer la foule de l'agora [le " supermarché " de l'époque ] vers l'assemblée. Est-ce à dire que le peuple souhaite un système antidémocratique ? Pas du tout. Sans doute faut-il convenir avec Tocqueville que " le principe de la souveraineté du peuple réside au fond de tous les gouvernements et se cache sous les institutions les moins libres (Souvenirs). Dans ces conditions, le rejet radical de la " démocratie " représentative a quelque chose d'excessif. Qu'on le veuille ou non, elle fait désormais partie de notre tradition. Elle n'est pas nécessairement l'incarnation du mal. Il y a certes une naîveté rafraichissante dans les propos de lauteur : " Quand les citoyens auront gouté à une vraie démocratie, aucune violence physique ou économique ne suffira à les persuader de revenir aux formes d'organisation pseudodémocratiques ". L'expérience d'Athènes où finalement les décisions étaient prises par moins de 400 individus sur les 200 000 que comptait l'Attique à l'âge classique ne va pas dans ce sens. A tout prendre, est-il moins démocratique d'être représenté par des élus ou de laisser par paresse ou indifférence les notables et les démagogues régler les affaires de la cité ? Sur ce point, il faut admettre que les analyses de Paul Veyne (Le Pain et le Cirque, Seuil 1976), pour désabusées qu'elles soient, sont assez convaincantes. Des aménagements de la représentation, comme le droit à la révocation des élus et le recours à la participation directe dans certains cas (les budgets participatifs de Porto Alegre, par exemple [pourtant le taux de participation des citoyens à Porto Alegre est quasi égal au taux de participation des citoyens à Athènes au V siècle]) peuvent constituer des compromis satisfaisants. Ce qui laisse entier le problème clef de l'égalité de pouvoir économique qu'il est un peu illusoire de penser résoudre d'un coup de baguette magique par la formule de la démocratie directe. Enfin, je me méfie de tout projet universaliste, meême radical ou subversif. J'ai tendance à y déceler des relents d'ethnocentrisme occidental. Je me séparais déjà sur ce point avec Castoriadus. La lecture de Takis Fotopoulos renforce mes doutes. Comme l'a magistralement montré Louis Dumont, l'imaginaire holiste de la plupart des sociétés humaines, pour n'être pas étranger à une exigence de respect de la dignité des personnes ni à la prise en compte de leur volonté est très largement étranger à notre imaginaire égalitariste. "


Pourtant Latouche garde un point de vue optimiste sur cet ouvrage qui a fait grand bruit dans l'écologisme radical (on le retrouve dans les bibliographies des Amis de François Partant ou dans celles du réseau ROCADE ; mais cet ouvrage ne figure pas sur decroissance.org). Il écrit ainsi pour terminer sa recension :
Quote:
" Au total, on est en face d'un essai roboratif qui constitue une contribution considérable au débat sur la démocratie comme solution de la crise profonde (politique, économique, sociale, culturelle) de l'humanité mondialisée. "


A travers cette recension, on voit donc bien que le débat sur ce post, existe aussi dans le milieu associatif et intellectuel décroissant. Pour ma part, mon désabusement des espoirs suscités par une démocratie directe, ne peut avoir le dernier mot sur ma propre opinion. Et j'espère que nous inventerons un nouvel horizon d'organisation politique. Mais il faut à tout prix, ne pas reprendre texto, sans esprit critique, l'histoire de la démocratie athénienne, comme l'a trop fait Castoriadus. Il nous faut plus nous pencher sur l'expérience de l'Histoire dans ses surgissements démocratiques. Pour tirer au clair la question de l'historicité de la démocratie directe, il me semble - du moins c'est une piste possible que l'ouvrage il faut lire le très interessant livre de Robert, L'échec des Révolutions.





hiérachie, autonomie, auto-gestion... voilà que transparait depuis le debut de ce post, une critique très castoriadisienne de la démocratie représentative. En gros ce qu'expriment de nombreuses personnes sur ce post (Neeludge, Bloups...) vis-à-vis de la politique ou de la démocratie représentative, c'est l'idée classique que la politique se réduit au pouvoir, rien de plus, rien de moins. Et l'on reprend alors (peut-être souvent sans le savoir), la thèse de Machiavel sur les rapports pouvoir-politique. Le monisme ontologique, l'essentialisme se sont mis en faction dans les catacombres de la pensée " radicale ".

1968, a même fait de Machiavel un auteur bien plus important qu'Adorno, Horkeimer, Kosik, ou Marcuse. Si l'anti-démocratisme des années 30 au sein de l'extrême gauche et de l'extrême droite, se nourrissait des anti-Lumières ou du Sorrelisme, les réticences à la démocratie-des-bouches-cousues des années 1990 et 2000, n'ont d'yeux que pour Machiavel. La critique de la démocratie represéntative, se réduit à la plate dénonciation du côté obscur de la force, entendait l'attraction de l'essence du " pouvoir " ou encore pire du " bio-pouvoir ". Pouvoir de la parole sur celle des autres (on se met à rêver d'une intersubjectivité neutre, gentille, non-violente), pouvoir de la condescendance, pouvoir de tous contre chacun, bref notre imaginaire, à l'image de la victoire de l'anthropologie du libéralisme économique, voit partout l'homme comme un loup pour l'homme. Et le fait de foncer tête baissée sur la critique machiavélienne du pouvoir, nous fait totalement méconnaitre le projet de " démocratie radicale " de philosophes " postmodernes " comme Habermas (dans le contexte anglo-saxon) ou Chantal Mouffe.

Le paradoxe voire la contradiction flagrante qu'il existe, en partageant d'un côté, la critique machiavélienne du politique (pour en faire une critique plate de la démocratie représentative), et d'un autre côté partager les thèmes de la décroissance, ne peut être compris que par la méconnaissance totale, de l'oeuvre de Marcel Mauss. Oeuvre qui pourtant à un poids majeur dans la pensée de la décroissance (le Potlach déjà reconnu par le situationnisme, le paradigme du don, etc..), et qui s'oppose radicalement à l'anthropologie victorieuse - y compris au sein de la militance - du libéralisme économique. Et pourtant non ! l'homme n'est pas un loup pour l'homme, même en politique ! On ne doit pas réduire la politique au piètre spectacle qu'en donne les médias. Il existe en France, des dizaines de milliers de conseillers municpaux, d'élus locaux et près de 40 000 communes. Ce qui font de " la " politique ne répondent pas forcément aux préjugés et représentations sociales que nous avons sur " l'homme politique ". De plus contrairement à l'usage que font du terme de nombreux partisans du projet républicain ou démocratique (Arendt, Castoriadus, Boockin..), la vie publique ne se réduit pas à la politique. Elle englobe tous les domaines de l'activité humaine où il est possible de prendre des décisions collectivement et démocratiquement. Encore une fois ne confondons pas le politique et la politique.

De plus la " démocratie écologique " que nous appelons de nos voeux pour éviter la réalisation de la pédagogie des catastrophes, se réalisera dans le " localisme " (voir sur ce point Bernard Charbonneau). Il est pour nous la future dimension politique mais également la solutions des contradictions actuelles entre l'économie et la sauvegarde la planète. Si nous voulons changer la société, nous devons partir du niveau local. Ce niveau local doit être multidimensionnel : l'éthique personnelle de la simplicité volontaire, l'associationnisme (faire de assos), le coopérativisme... mais il faut aussi si nous voulons changer concrètement de société, il nous faut agir sur les cadres économiques, juridiques, institutionnels, techniciens, de notre vie quotidienne. Et ces cadres ont ne peut les changer au niveau local qu'en se substituant aux élus municipaux. Quand la démocratie-représentative-des-bouches-cousues fait copain-copain avec les forces du sacro-saint Progrès, comment aujourd'hui on lutte concrètement contre l'implantation d'OGM dans les communes de France ? Et bien de nombreuses municipalités de commune interdisent par arrêt municipal la planation d'OGM sur leur territoire . Comment on lutte aujourd'hui concrètement contre l'application de l'AGCS ? Et bien les élus municipaux qui refusent ces accords, décident de s'organiser et de lutter (voir l'asso des maires de France contre l'AGCS et la relocalisation de l'économie). Et ces décisions sont bien plus efficaces que des arrachages de maïs transgéniques ou des sempiternelles manifestattions (que bien évidemment je trouve très légitimes, mais bon elles ne peuvent pas être une finalité en soi, il leur faut bien un débouché dans la politique) qui n'ont que pour seul effet de participer au système médiatique pour créer un phénomène d'opinion.

Nous ne pouvons " sortir du système ", quoi que nous fassions nous y sommes jusqu'au coul. Car nous sommes incapables de créer un " Contre-Système ", une " Contre-Société ", et vivre tout seuls dans notre bulle de gens-bien-sympathiques-et-vraiment-radicaux-qui-sont-de-purs-et-durs-décroissants. Aucun projet altermondialiste ne peut et ne pourra proposer le projet d'une " Contre-Société ". L'ensemble des courants du socialisme du XIX siècle (anarchisme, proudhonisme, fouriérisme, saint-simonisme...) ont échoué à créer un " Contre-Société " de lutte contre le Capitalisme et son Progrès. Et les marxismes historiques au XX siècle, ont plongé dans le pire des totalitarismes quand ils s'y sont essayé. Et encore ils en sont restés à un simple capitalisme d'Etat bureaucratique. Leur expérience pour le nouveau visage du socialisme de demain est donc nulle.

La seule force historique qui a su créer au XIX et XX siècle, une " Contre-Société " de lutte contre la Modernité et le Progrès, c'est le catholicisme et son institution cléricale. L'Eglise de France a été la seule force a pouvoir provoquer une guerre civile et une possible partition du territoire français (Vendée, Chouannerie au XVIII, Révolution Nationale de Vichy au XX siècle) Bref l'Eglise a été la seule force en France a proposé " sa " Révolution contre la Modernité et le Progrès. A Gauche, la dernière chance de créer une Révolution, a été écrasé dans la Commune en 1870. Nous décroissant, nous n'avons, ni la force ni les capacité,s à renverser le capitalisme par la création d'une Contre-Société par la simple simplicité volontaire et l'auto-gestion-de-chacun-dans-son-coin. Le tendance altermondialiste proche de Toni Negri, qui privilégie la stratégie révolutionnaire de la " dissémination " c'est-à-dire de la création d'une Contre-Société, a une vision totalement chimérique et mythologique de la Révolution : l'expérience historique nous montre très bien qu'il n'y a pas de Contre-Société poissibe (voir le livre de l'historien Ropert, L'échec des Révolutions.) La décroissance a donc deux solutions :

- soit la prise de contrôle du pouvoir par la force. (solution que pourrait prendre une Eco-dictature promouvant des politiques décroissantes).

- soit se présenter aux élections locales pour nous donner la possibilité de " changer la société par le bas ", ce qui est « la seule stratégie démocratique » (Takis Fotopoulos), contrairement aux méthodes étatistes (qui se proposent de changer la société par en haut en s’emparant du pouvoir d’Etat) et aux approches dites de la « société civile » (qui ne visent pas du tout à changer le système).

Cette dernière (et seule ?) tendance au sein du mouvement pour la décroissance, est incarnée par Takis. Fotopoulos, qui pourrait-on dire est le père spirituel de la « démocratie écologique » version castoriadisienne comme de Vincent Cheney, Bref Fotopoulos fournit les bases intellectuelles et pratiques de l’argumentation en faveur d’une participation aux élections locales. Il écrit par exemple : « C’est parce que le dèmos est l’unité sociale et économique de base de la future société démocratique que nous devons partir du niveau local pour changer la société ». Dans ces conditions, « le grand problème d’une politique d’émancipation, c’est de trouver comment unir tous les groupes sociaux qui forment la base potentielle du nouveau sujet de libération, comment les rassembler autour d’une vision du monde commune, d’un paradigme commun désignant clairement les structures actuelles qui ne cessent de concentrer le pouvoir à tous les niveaux, et les systèmes de valeurs qui leurs correspondent [imaginaire de la croissance, anthropologie du libéralisme économique…], comme la cause ultime d la crise multidimensionnelle en cours ». Pour l’auteur la « démocratie générale directe » sera le fruit d’une dialectique entre le changement des institutions (ce qui suppose donc la participation aux élections locales pour changer la société par le bas) et le changement des hommes (sobriété, simplicité volontaire, décolonisation des imaginaires…). Mais pour Fotopoulos, en derniere analyse, « seule la paideia [c’est-à-dire la Cultureau sens le plus noble du terme] peut vraiment garantir la pratique démocratique ». Et Fotopoulos reprend alors le thème révolutionnaire : une éducation nouvelle aura pour tâche de fabriquer un homme nouveau…

Qu'elle est l'ontologie politique qui transparait dans notre débat ? :

La nouvelle organisation politique pourrait être par exemple, une confédération de groupes autonomes (aux niveaux régional, continental, mondial) oeuvrant à la mutation démocratique de leurs communautés respectives. Ainsi comprise par de nombreux participants au débat " Faire de la politique ? ", la politique n'est plus une technique pour détenir le pouvoir et l'exercer, mais redevient l'autogestion de la société par ses membres. L'agir local constitue même la voie de solution des impasses planétaires globales et sert également à court-circuiter le capitalisme.

De plus il faut, pour ma part, ne surtout pas critiquer la démocratie représentative, à partir d'un positionnement positif sur la démocratie directe. En cela il faut faire une critique radicale de l'oeuvre de Castoriadus et du concept d'autonomie. Derrida par exemple était déjà en opposition totale au projet politique d'autonomie proposé par Castoriadus. Et on a beaucoup de chance au sein du mouvement décroissant, qu'un Serge Latouche reprennent à tour une critique de l'autonomie (se que méconnait de nombreux militants décroissants qui reprennent sans trop y penser, les notions, d'auto-gestion, autonomie...). Je cite ci-dessous le positionnement de Latouche sur la démocratie directe (que je partage). Il fait dans ces lignes la recension critique du livre de Takis Fotopoulos, Vers une démocratie générale. une démocratie directe, économique, écologique et sociale (Seuil 2002), recension parue dans La revue du MAUSS n°22, sept 2003 :

Quote:
" Bien que me considérant plus ou mojns comme héritier de Castoriadus et développant des idées assez proches de celles de Takis Fotopoulos, j'avoue que la lecture de ce livre provocateur au bon sens du terme me laisse perplexe sur plusieurs points. En effet, en dépit de toute ma sympathie pour la démocratie directe, je ne suis pas sûr qu'elle corresponde à une aspiration largement partagée (et sûrement pas universelle) ni qu'elle constitue une panacée. Déjà, Aristote notait que " les pauvres, meêm sans participer aux honneurs, ne demandent pas mieux que de se tenir tranquilles à condition qu'on ne leur fasse pas violence et qu'on ne les prive d'aucun de leurs biens. Chacun trouve plus agréable de cultiver sa terre que de s'occuper de politique et d'être magistrat (Politique, IV, 13). Il ajoute : " La masse du peuple n'est pas mécontente 'être exclue de l'exercice du pouvoir (elle est même satisfaite qu'on lui laisse du loisir pour s'occuper de ses propres affaires " (Politique, V, Cool. A Athènes, les neufs dixièmes des citoyens étaient le plus souvent absents des délibérations, et en dépit du paiement de jetons de présence, les magistrats avaient le plus grand mal à trainer la foule de l'agora [le " supermarché " de l'époque ] vers l'assemblée. Est-ce à dire que le peuple souhaite un système antidémocratique ? Pas du tout. Sans doute faut-il convenir avec Tocqueville que " le principe de la souveraineté du peuple réside au fond de tous les gouvernements et se cache sous les institutions les moins libres (Souvenirs). Dans ces conditions, le rejet radical de la " démocratie " représentative a quelque chose d'excessif. Qu'on le veuille ou non, elle fait désormais partie de notre tradition. Elle n'est pas nécessairement l'incarnation du mal. Il y a certes une naîveté rafraichissante dans les propos de lauteur : " Quand les citoyens auront gouté à une vraie démocratie, aucune violence physique ou économique ne suffira à les persuader de revenir aux formes d'organisation pseudodémocratiques ". L'expérience d'Athènes où finalement les décisions étaient prises par moins de 400 individus sur les 200 000 que comptait l'Attique à l'âge classique ne va pas dans ce sens. A tout prendre, est-il moins démocratique d'être représenté par des élus ou de laisser par paresse ou indifférence les notables et les démagogues régler les affaires de la cité ? Sur ce point, il faut admettre que les analyses de Paul Veyne (Le Pain et le Cirque, Seuil 1976), pour désabusées qu'elles soient, sont assez convaincantes. Des aménagements de la représentation, comme le droit à la révocation des élus et le recours à la participation directe dans certains cas (les budgets participatifs de Porto Alegre, par exemple [pourtant le taux de participation des citoyens à Porto Alegre est quasi égal au taux de participation des citoyens à Athènes au V siècle]) peuvent constituer des compromis satisfaisants. Ce qui laisse entier le problème clef de l'égalité de pouvoir économique qu'il est un peu illusoire de penser résoudre d'un coup de baguette magique par la formule de la démocratie directe. Enfin, je me méfie de tout projet universaliste, meême radical ou subversif. J'ai tendance à y déceler des relents d'ethnocentrisme occidental. Je me séparais déjà sur ce point avec Castoriadus. La lecture de Takis Fotopoulos renforce mes doutes. Comme l'a magistralement montré Louis Dumont, l'imaginaire holiste de la plupart des sociétés humaines, pour n'être pas étranger à une exigence de respect de la dignité des personnes ni à la prise en compte de leur volonté est très largement étranger à notre imaginaire égalitariste. "


Pourtant Latouche garde un point de vue optimiste sur cet ouvrage qui a fait grand bruit dans l'écologisme radical (on le retrouve dans les bibliographies des Amis de François Partant ou dans celles du réseau ROCADE ; mais cet ouvrage ne figure pas sur decroissance.org). Il écrit ainsi pour terminer sa recension :
Quote:
" Au total, on est en face d'un essai roboratif qui constitue une contribution considérable au débat sur la démocratie comme solution de la crise profonde (politique, économique, sociale, culturelle) de l'humanité mondialisée. "


A travers cette recension, on voit donc bien que le débat sur ce post, existe aussi dans le milieu associatif et intellectuel décroissant. Pour ma part, mon désabusement des espoirs suscités par une démocratie directe, ne peut avoir le dernier mot sur ma propre opinion. Et j'espère que nous inventerons un nouvel horizon d'organisation politique. Mais il faut à tout prix, ne pas reprendre texto, sans esprit critique, l'histoire de la démocratie athénienne, comme l'a trop fait Castoriadus. Il nous faut plus nous pencher sur l'expérience de l'Histoire dans ses surgissements démocratiques. Pour tirer au clair, il me semble - du moins c'est une piste possible -, la question de l'historicité de la démocratie directe, il faut lire le très interessant livre de Robert, L'échec des Révolutions.
Back to top
Display posts from previous:   
This forum is locked: you cannot post, reply to, or edit topics.   This topic is locked: you cannot edit posts or make replies.    forum.decroissance.info » Forum Index -> Politique - Culture - Société All times are GMT + 1 Hour
Goto page Previous  1, 2, 3, 4, 5  Next
Page 4 of 5

 
Jump to:  
You can post new topics in this forum
You can reply to topics in this forum
You cannot edit your posts in this forum
You cannot delete your posts in this forum
You cannot vote in polls in this forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group