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Mais que nous veulent les signataires des Etats-Généraux ?
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 16 Oct 2005 16:53    Post subject: Reply with quote

Salut Koba,

Il me semble quand même que l'écologie critique assez peu le capitalisme, et que cela a à voir avec un rapport avec la science qui fonde la légitimité de l'écologie. L'écologie politique est d'abord scientifique, et très peu politique. Ses bases sociales sont restreintes, car il faut cumuler un bon niveau d'éducation, une socialisation militante ainsi qu'un environnement rural. Ca fait beaucoup de conditions.

Donc je me demande si la décroissance version Etats généraux n'est pas dans un angle mort vis-à-vis de cela. On reste dans des thèmes écolos très très classiques, avec tout le défaut de l'écologie.

Ca saute aux yeux quand on lit le programme de ces états généraux, où aucun thème relatif au monde du travail aujourd'hui n'est présent. Je ne vois pas très bien qui peut toucher ce programme en dehors des écolos.

Et je ne parle par de la critique du capitalisme explicite, je parle juste du travail salarié en ce qu'il concerne la masse des gens qui vivent dans ce pays. Par exemple mettre dans le thème "soigner", "prévention et actions vers l'éradication des causes des pathologies physiques et psychiques, stress, dépression, accidents du travail, médecine alternatives" ... c'est une véritable connerie, quoi. Faut-il préciser qu'il y a d'autres moyens que la prévention pour prévenir les maladies au travail ? Faut-il rappeler que les nombres de jours de conflits sociaux diminuent quand les arrêts maladie augmentent eux (constat qui remet en place le soi-disant modèle scandinave de flexibilité d'ailleurs ) ?

Alors que le thème de la précarité, de la flexibilité, de l'autonomie contrôlé a parfaitement sa place dans un thématique décroissance ! A condition de faire des affres du monde du travail une conséquence de la concentration économique, d'une rationalisation de la mise au travail, tout cela pour capter une demande des consommateurs de plus en plus volatiles... A nous d'ajouter pourquoi cette demande est volatile, de faire le lien avec les objets que l'on jette, les déchets, mais aussi aux inégalités qui font se concentrer le pouvoir d'achat sur un petit nombre de gens (nous), inégalités pourtant nécessaire à l'appareil industriel pour produire en masse.

La flexibilité au travail, lot quotidien de tant de personnes, devient alors un motif de combativité sociale liée à la situation où nous trouvons en face du système technicien. Dans l'espace public, les inégalités sociales, les injustices, la dictature du succès, doivent être traitées conjointement avec la course à la croissance, qui doit être explicitée dans sa mécanique, ses nécessités internes (et non seulement moquée). La croissance nécessite l'asservissement de la main-d'oeuvre, de façon toujours plus efficace et subtile (donner une autonomie contrôlée par exemple), sans quoi les travailleurs produiraient pour eux-mêmes des biens utilisables et sans rechercher l'abondance.

C'est bien le capitalisme qui explique la "croissance". S'opposer à la croissance conduit logiquement à remettre au premier plan le contentieux sur l'achat des heures de travail, qui est au coeur du capitalisme. Il y aura toujours de la croisssance dans une situation où l'on vend ses heures de travail.

Et si la société salariale s'effrite aujourd'hui, il ne faut pas croire qu'on va pouvoir vivre très longtemps à la marge du capitalisme, au Rmi, ou en étant fonctionnaire (alimentant les listes électorales d'ailleurs). La concentration économique mobilisera s'il le faut tout la violence des Etats pour la mise au travail forcé. Il suffit de suivre, même de loin, le combat des chômeurs pour comprendre cette réalité. Les masses de capitaux ne restent jamais sans rien faire. On le voit aussi avec la question crutiale du logement aujourd'hui (où les Etats sont bien incapables de s'opposer aux forces spéculatives), autre thème absent des Etats généraux. Ou encore avec la construction européenne et l'influence incroyable des lobbys sur les politiques de la commission.


L'état de la planète, on peut le voir comme le symptôme d'une maladie à soigner. Dans ce cas, il faut savoir que seuls un petit nombre de personnes seront habilitées à jouer les médecins. Les autres ne feront que regarder.
Mais on peut aussi le voir comme le résultat d'un rapport de force favorable au système technicien, où ceux qui voient un intérêt à maintenir son fonctionnement seront opposés à ceux qui entendent le détruire.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 17 Oct 2005 12:30    Post subject: Reply with quote

Salut Deun,

Je suis qu'en partie l'idée que l'écologie se fonde sur la science. Le premier sens du mot écologie au XIX siècle, c'est ok, c'est la science du milieu.

L'écologisme est différent de l'écologie (les écologues qui ont une formation BTS, IUT, recherche) même si des ponts existent souvent. Ainsi François Schneider est un écologue qui fait de l'écologisme. Et c'est d'ailleurs souvent le cas dans ce milieu des écologues, ingénieurs agronomes... Mais tout de même si l'écologisme a un rapport à la science, il est aussi une critique virulente des effets de la science, de la motorisation, de la mécanisation, de l'intensification des sols, etc... Il me semble que c'est un peu fort de dire unilatéralement l'écologie c'est la science. L'excellent magazine L'Ecologiste ou la littérature écologiste, c'est un discours clairement contre les effets négatifs de la science. Comme dit Hannah Arendt, le progrès est une médaille qui a son endroit et son revers. L'écologisme pointe le revers de la médaille, dénonce ce que Paul Virilio appelle " l'insupportable promotion du progrès ".

Oui le développement durable est une solution technicienne de l'écologisme, dans laquelle verse la direction actuelle des Verts. Mais justement le propre de la décroissance est d'être une solution non-technicienne de l'écologisme. L'agro-écologie est l'inverse de la science agronomique. Vouloir lire un rapport scientifique sur le réchauffemnt climatique par exemple et du même ordre que lire un rapport sur les effets délètères de la flexibilisation du travail chez les travailleurs. Enfin pour moi..

je vois que comme de nombreux objecteurs de croissance qui ne viennent pas forcément de l'écologisme, tu aimerais une " décroissance plus sociale "... qui attaquerai plus clairement les aspects concrets de l'organisation du travail actuelle. Mais rien ne nous empêche de nous organiser pour promouvoir cette dimension dans le mouvement (qui existe tout de même il me semble). Encore une fois il ne tient qu'à nous de le faire... de coordonner la rédaction de textes, d'organiser des débats sur ce thème dans les ateliers ou des week-ends de " séminaires ", de promouvoir surtout la formation d'un groupe de réflexion s'attaquant à cette question très importante.

Le mouvement des objecteurs de croissance sera ce que l'on en fera et rien d'autre. On a chacun un domaine de réflexion où l'on se sent plus compétent, où l'on sent qu'on a quelquechose d'intéressant et d'intelligent à dire. Je pense que cette période catastrophique post-Etats-généraux, pourrait cristalliser la formation de ces groupes nationaux de réflexion. C'est ce que l'est Etats-Généraux ont essayé de mettre en avant en proposant de créer des groupes de réflexion sur le " Manger ", le " Logement ", l' " Habiter ", etc... Il ne faut pas il me semble, rester hors de ces groupes - qui sont une bonne idée -, si l'on est pas d'accord. Au contraire il faut essayer de participer à ces débats pour dire les choses constructives que l'on a à y dire.

Souvent - et toi par exemple sur le sujet de l'informatisation ou moi sur la critique de la mise en place des transports en commun - on est très isolé. Ces groupes sont donc l'occasion de se solidariser entre personnes qui ont des choses intelligentes à dire sur des thèmes précis.

Pour l'instant pour ma part je vais m'efforcer avec d'autres à faire vivre le groupe qui réfléchit sur la question de l' " Habiter " parce que comme je suis en histoire-géo, il me semble que j'ai des choses à dire sur l'aménagement du territoire dans la veine de Bernard Charbonneau lui-aussi prof d'histoire-géo.

Il faut donc que chacun trouve le bon groupe qui lui convient sur un thème où il se sent à l'aise. Et si un des thèmes que l'on veut promouvoir n'est pas abordé dans les groupes déjà créés et bien encore une fois il ne tient qu'à nous de le créer en en proposant une coordination (des textes, des rencontres...).

Ces groupes se rencontreront dans de futur Etats-généraux pour dire aux autres groupes où ils en sont de leur réflexion. C'est un peu le schéma.

Pour promouvoir la " dimension plus sociale " plus " rapport à l'organisation du travail " dont tu parles, pourquoi nous n'écririons pas nous deux, un texte prospectif là-dessus. Et pourquoi pas coordonner un groupe de réflexion... ou se rattacher à un groupe dont le thème serait proche ?
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ktche



Joined: 15 Jun 2004
Posts: 1383

PostPosted: 11 Nov 2005 11:20    Post subject: Reply with quote

Pano wrote:
y a-t-il aujourd’hui des partis politiques prônant la décroissance ou la simplicité volontaire ?


Parmi les partis "institutionnels", il existe maintenant des courants qui explicitement ou implicitement se rattache aux positions décroissantes. C'est le cas de la motion "Utopia" au P.S. ou d'Yves Cochet chez les verts. A chacun de juger du niveau et de la pertinence de leurs engagements dans ces structures, mais comme tu le fais remarquer, rien n'empêche ces partis d'adopter un programme décroissant dans la mesure où les positions actuelles sont prises "par défaut" (imaginaire restreint, inertie des pratiques, militants en vase clos...). La décroissance représentant plus un projet de civilisation qu'un projet de société, les partis sont pour moi, à la fois en deça et au delà du mouvement
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