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Possibilités d'un usage raisonné de la psychologie

 
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 12 Oct 2005 16:17    Post subject: Possibilités d'un usage raisonné de la psychologie Reply with quote

Je résume assez grossièrement cette discussion qui commence là :
http://forum.decroissance.info/viewtopic.php?t=1285&postdays=0&postorder=asc&start=12

... afin d'inclure celles/ceux qui auraient la flemme de tout lire, mais qui ont à coeur de discuter de psychologie, puisque tel est le sujet. Corrigez-moi si vous n'êtes pas d'accord avec ce résumé, d'ailleurs.

Le point de départ est je pense le moment où j'ai embêté (et plus) Babagilles en critiquant le choix de qualifier d'addiction la dépendance au pétrole. C'est d'ailleurs Jeuf qui l'avait fait avant lui, le vilain. Sauf que pour Jeuf, il s'agissait plutôt d'une métaphore (addiction comme synonyme de dépendance) tandis que pour Babagilles le mot addiction est utilisé dans un sens plus précis, en lien avec la psychologie, ou tout au moins avec une forme de psychologie qu'il pratique ou dont il nous parle. Babagilles dit d'ailleurs que nous utilisons tous des formes de psychologie dans la vie quotidienne, dans la mesure où nous tâchons d'anticiper ce que disent ou font les autres.

La discussion entre Babagilles et moi a finalement porté sur la psychologie, car c'est dans le champ de la psychologie où l'on se place quand on utilise le terme d'addiction. Or je ne veux pas qu'on oublie que la psychologie est à l'origine (pas toute seule certes) d'un retournement de fond dans le management des entreprises, à savoir le traitement individuel des salariés dans le but sempiternellement capitaliste de la mise au travail. Donquichotte résume tout à fait ce que je dis en disant la psychologie conduit très facilement à la manipulation d'autrui.

Finalement, je crois que vous serez tous d'accord pour dire que la question qu'on se pose, c'est celui de la possibilité d'un usage raisonné de la psychologie. Si cette possibilité existe, comment peut-on décrire cette psychologie ? Comment peut-on éviter la manipulation d'autrui par cette technique, et notamment à grande échelle ?
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Mans



Joined: 04 Oct 2005
Posts: 220
Location: Rhône-Alpes

PostPosted: 12 Oct 2005 17:02    Post subject: Reply with quote

Je pense que la psychologie est comme l'ensemble des sciences, elle ne peut avoir un bon usage que dans la mesure ou elle est désétiquettée. c'est-à-dire que son existence singulière en tant que discipline est remise en cause.
Bon nombre de disciplines, de sciences sont apparues dans nos sociétés occidentales au cours de ces 200 dernières années. or elles n'ont rien apporté de nouveau, elles n'ont inventé aucun véritable savoir. elles n'ont fait que compartimenter la connaissance, tout comme la physique, la biologie, la chimie,etc, l'on fait avant.
Mais dans une société vernaculaire, comme bon nombre de sociétés millénaristes, les sciences sont indivisées du savoir global.
Réaproprions nous le bon sens et la sagesse et la psychologie disparaîtra en tant qu'élément particulier.
Je crois qu'il n'y a qu'en supprimant cette compartimentation des connaissances et des savoirs qu'on limitera au mieux les impacts négatifs des sciences.
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Michel d'Arduenn



Joined: 28 Sep 2005
Posts: 9

PostPosted: 13 Oct 2005 12:04    Post subject: au secours, Françoise Reply with quote

Je vous envoie un article trouvé dans l'Huma de hier. Assez long, mais résume bien en quoi une certaine forme de psychologie devient dangereuse

ENQUETE

Au secours Françoise (Dolto), ils sont devenus fous !

Le concept des troubles de conduite dès l’enfance pourrait, selon l’INSERM, être un des facteurs de risque de la délinquance. Dans une expertise de plus de 400 pages, on apprendra comment dépister ces troubles et comment les traiter, parfois avec des médicaments. Non, vous n’êtes pas dans le monde d’Orwell. Biologisme, règne du normatif, absence de toute analyse du contexte social, politique, économique, culturel. Au détriment de l’éthique, de la déontologie, du doute même. Quand on médicalise la délinquance...
La lecture de l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) rendue publique le 22 septembre et intitulée « Trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent » installe, dès ses premières pages, un profond sentiment de malaise qui ne cesse de se confirmer tout au long de sa lecture. Dans cette étude commandée par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs indépendants et s’appuyant sur des données de la littérature scientifique internationale, les chercheurs de - l’INSERM proposent « d’améliorer le dépistage, la prévention et la prise en charge du trouble des conduites chez l’enfant », afin de mieux prévenir la délinquance à l’adolescence. Issu des classifications cliniques anglo-saxonnes des troubles mentaux (le DSM IV), le concept de « troubles de conduite » s’exprimerait « par une palette de comportements très divers, qui vont des crises de colère et de désobéissance répétées de l’enfant difficile aux agressions graves comme le viol, les coups et blessures et le vol du délinquant. Sa caractéristique majeure est une atteinte aux droits d’autrui et aux normes sociales ». Nous y voilà. La question est donc de savoir comment détecter au plus tôt les symptômes laissant présager du futur germe de la délinquance et de comportement antisocial à l’âge adulte.
Nous ne sommes pas si loin des théories médicales déterministes de la fin du XIXe siècle sur le criminel-né. L’institut national, comme dans un précédent travail réalisé en 2002 qui affirmait qu’un enfant sur huit souffrait d’un trouble mental, nous affirme aujourd’hui qu’entre 5 % et 9 % des jeunes de 15 ans seraient atteints de troubles de conduite et qu’un dépistage précoce des symptômes de ces troubles pourrait être mis en place à partir de 36 mois en France. On apprend également à manier le concept de trouble oppositionnel avec provocation, pathologie psychiatrique associée aux troubles de conduite, au même titre que le déjà connu trouble de l’hyperactivité.
Timidement, dans l’avant-propos, on notera tout de même que « bien que de nombreuses questions demeurent à propos de leur définition [des troubles de conduite, NDLR], de leur étiologie, des facteurs de risque, des mécanismes sous-tendant leur survenue », les douze experts, dont deux Canadiens, pédopsychiatres, épidémiologistes, cognitivistes, neurobiologistes - aucun sociologue -, ne remettent jamais en cause cette notion, tout en se permettant de se situer « à l’intersection de la psychiatrie, du domaine social et de la justice ». La génétique, le tempérament, la personnalité, « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme, l’agressivité sont mentionnés comme associés à la précocité des agressions (...) » et font partie, selon les experts, des facteurs de risque des troubles de conduite, au même titre que les antécédents familiaux. Pas un mot sur le contexte social, la précarité, la pauvreté, le chômage, les inégalités... La violence sociale est éludée.
L’expertise est totalement déconnectée de l’environnement social et politique. Ce que déplore la psychologue des adolescents, Maryse Vaillant, pour qui « assimiler la délinquance à une notion de troubles de conduite est une imposture, un déni de la réalité ! Ce n’est pas la psychiatrie qui peut parler de délinquance. On cherche à médicaliser la délinquance, ce qui n’est pas sans rappeler les dérives totalitaires. La délinquance est d’abord une question sociale. Et la société et le politique tentent de se dédouaner sur l’individu. L’expertise est donc biaisée dès le départ. On cherche à apporter des réponses médicales plutôt que d’engager un véritable traitement social de la délinquance ». Il semble également bon de rappeler aux experts, au moment où paraît la correspondance de la psychanalyste Françoise Dolto, que l’individu se construit en tant que sujet en s’opposant et en désobéissant. Un apprentissage de la liberté et de ses limites, constitutif de sa singularité.
On pensait la chose acquise. C’était sans compter avec l’offensive idéologique d’origine outre-atlantique. « Soyons Astérix, s’emporte le pédopsychiatre Marcel Rufo. Soyons les derniers résistants en France pour une médecine du sujet et non de l’organe, pour une médecine de la structure psychique et non du symptôme. Et luttons contre la tendance à la sédation de symptômes gênants. » Sans nier pour autant les difficultés à maintenir le lien entre adultes et adolescents, entre l’institution scolaire et ses élèves, entre la société et ses jeunes. Pour l’épidémiologiste de l’INSERM, Marie Choquet, auditionnée pour cette expertise, « la psychiatrie ne peut apporter que des raccourcis en matière sociale et sociétale. Mais que fait-on de la recherche sociale ? C’est toujours la recherche fondamentale qui prône. Je pense qu’il est possible d’apporter une aide précoce aux parents et aux enfants, mais attention aux débordements ! Que doit recouvrer cette aide ? ». Si tout le monde peut être d’accord avec la recommandation de recours à des « programmes de guidance parentale », « du développement des structures d’écoute et d’accueil pour les enfants, les adolescents et leurs parents », structures qui existent déjà mais dont le manque de moyens et d’effectifs reste criant, le recours à des thérapies individuelles de types comportementalistes comme aux États-Unis soulève quelques interrogations chez nous au moment de la sortie du Livre noir de la psychanalyse qui prône justement les thérapies comportementalistes au détriment d’une psychanalyse jugée inefficace.
Néanmoins, Marie Choquet est convaincue qu’il est possible de mieux aider les parents avec leurs jeunes enfants sans faire pour autant « du flicage ». Le juriste et criminologue Robert Carrio, dans son essai la Prévention précoce du comportement criminel. Stigmatisation ou bien-traitance sociale ? (1), ne rejette pas les expériences états-uniennes et canadiennes menées depuis une trentaine d’années sur les enfants et les familles les plus vulnérables. Mais la question sociale, loin d’être éludée, semble guider le chercheur. « Bien sûr, pour éviter toute stigmatisation supplémentaire des enfants et de leur famille, les interventions doivent être irréprochables aux plans éthique et déontologique (...). C’est pourquoi le souhait de certains d’inclure la prévention précoce dans une perspective de santé publique doit être mûrement - réfléchi, afin d’éviter toute nouvelle stratégie réductionniste. » N’est-ce pas le travers principal de l’enquête de l’INSERM ? Car comment comprendre ces « bonnes » premières intentions de « guidance parentale » quand, en deuxième intention, les experts préconisent, après avoir dépisté et diagnostiqué, le recours aux traitements psychotropes « seulement pour les maladies associées, précise la psychiatre Isabelle Gasquet, un des auteurs de l’expertise, car il n’existe pas de médicament pour les troubles de conduite », nous rassure-t-elle. Il en existe néanmoins pour les troubles de l’hyperactivité, comme la Ritaline, les neuroleptiques pour traiter l’agressivité aiguë et les thymorégulateurs pour le traitement de la dépression... Deuxième intention seulement, mais intention quand même ! Comment ne pas voir là une nouvelle dérive vers ce que Jörg Blech appelle la « pilule d’obéissance », dans un chapitre intitulé « Psychotropes et cours de récré » dans son livre les Inventeurs de maladies, manoeuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique ? (2) S’il ne s’agit pas d’être systématiquement contre l’usage de médicaments, Marcel Rufo rappelle « qu’il faut s’entourer de mille et une précautions avant de prescrire ». Et de rappeler que dans les troubles dits mentaux répertoriés aux États-Unis, on retrouve l’anxiété... Or 5 millions d’élèves y sont sous Ritaline.
Les experts recommandent, dans leur logique de dépistage, d’utiliser les bilans de santé réalisés tout au long de la vie de l’enfant et de l’adolescent. « Quelques items » pourraient ainsi être inscrits dans le carnet de santé « pour repérer les signes précurseurs des troubles de conduite ». Pour les agressions physiques, on pourrait inscrire « s’est bagarré, a attaqué physiquement, a mordu » ; pour l’opposition, « refuse d’obéir, n’a pas de remords ( !), ne change pas sa conduite » ; enfin, pour l’hyperactivité, « ne peut rester en place, remue sans cesse, n’attend pas son tour ». Ceci pourrait prêter à sourire. Mais, dans le monde idéal de Nicolas Sarkozy comme dans celui du président américain George W. Bush, ces concepts se traduisent en programme politique. Mais, de cette réalité, les auteurs de l’expertise semblent bien loin. Irresponsabilité ?
(1) Robert Cario, la Prévention précoce
du comportement criminel. Stigmatisation
ou bien-traitance sociale ? L’Harmattan, 2002.
(2) Jörg Blech, les Inventeurs de maladies. Manoeuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique. Postface de Martin Winckler, Actes Sud, 2005.
Maud Dugrand
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babagilles



Joined: 17 Nov 2004
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Location: Montpellier

PostPosted: 20 Oct 2005 1:10    Post subject: Re: Possibilités d'un usage raisonné de la psychologie Reply with quote

Salut Deun !
Ça faisait un moment que je me disais qu'on s'était bien éloigné du sujet de départ et en même temps je ne voyais pas très bien comment réorganiser tout ça.
Merci de t'en être chargé. Cette idée de lien je la trouve très efficace (désolé pour le gros mot Mort de rire )
Deun wrote:
Le point de départ est je pense le moment où j'ai embêté (et plus) Babagilles en critiquant le choix de qualifier d'addiction la dépendance au pétrole.

Je nuance cette présentation en précisant que ce qui m'a gêné n'est pas le fait que tu critique ma proposition. Moi ça m'arrange bien qu'on partage des analyses différentes pour essayer de progresser ensemble.
C'est plutôt la forme de ton intervention qui m'a gêné.

Quote:
Babagilles dit d'ailleurs que nous utilisons tous des formes de psychologie dans la vie quotidienne, dans la mesure où nous tâchons d'anticiper ce que disent ou font les autres.


Je nuance à nouveau : j'ai dit qu'à mon avis nous utilisons ...etc.
Cela peut sembler n'être qu'un détail mais pour moi c'est là que se situe une des sources principales de nos difficultés psychologiques dans les échanges entre personnes.
Pourquoi ? En présentant cet avis comme étant le mien, je choisis de ne pas l'énoncer comme une vérité objective, "absolue" (=c'est comme ça que les choses sont et pas autrement, je ne peux pas me tromper).
Ce qui à mon avis laisse la place à la possibilité de l'échange au lieu d'inciter à la compétition.
Dit autrement : je ne cherche pas à avoir raison où à être d'accord avec l'autre (sauf dans certains cas précis par exemple pour fixer l'heure d'un rendez-vous commun). Je cherche juste à partager des analyses pour tenter d'enrichir et d'affiner les miennes (et j'espère réciproquement).

Quote:
Or je ne veux pas qu'on oublie que la psychologie est à l'origine (pas toute seule certes) d'un retournement de fond dans le management des entreprises, à savoir le traitement individuel des salariés dans le but sempiternellement capitaliste de la mise au travail.

Je pense aussi que c'était le but. Pour ce qui est de la psychologie, je pense toujours qu'elle était un des moyens mais pas la cause. La cause se situe selon moi dans l'adhésion à des valeurs de domination et de violence.

Quote:
Donquichotte résume tout à fait ce que je dis en disant la psychologie conduit très facilement à la manipulation d'autrui.

Je trouve qu'il manque ici ce que je lui avais répondu sur ce point et qui est à la base de ma démarche psychologique dans mon quotidien.
A savoir que ce que beaucoup de personnes semblent appeller la spontanéité n'en est pas à mon sens. Il s'agit plutôt selon moi de conditionnements dont nous n'avons pas clairement conscience. Cette "pseudo-spontanéité" (ce que je pense être la véritable spontanéité est selon moi enfouie sous cette "pseudo-spontanéité" et je l'appelle la nature humaine) nous amène je crois à agir avec des motivations et dans des scénarios répétitifs qui ne sont pas de véritables choix.
Donc je pense que nous nous manipulons nous-mêmes et manipulons les autres tant que nous n'éclaircissons pas l'origine de nos motivations.

Quote:
Finalement, je crois que vous serez tous d'accord pour dire que la question qu'on se pose, c'est celui de la possibilité d'un usage raisonné de la psychologie.

Sur le fond c'est bien la question que je me proposais de creuser ici avec vous. Sur la forme le mot raisonné me gêne un peu (pour moi ça me rappelle agriculture raisonnée Triste et d'ailleurs le concept de raison je le trouve assez glissant). Je lui préférerais le mot juste.


Last edited by babagilles on 30 Oct 2005 22:22; edited 1 time in total
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babagilles



Joined: 17 Nov 2004
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Location: Montpellier

PostPosted: 20 Oct 2005 1:32    Post subject: Reply with quote

Je partage l'analyse de Mans sur la compartimentation de la connaissance et je dirais même de la pensée.
Lorsque j'utilise le mot psychologie, il signifie pour moi : science des phénomènes psychiques.
Et ici science signifie pour moi connaissance ou étude. Et non pas branche ou discipline.
Je trouve que le mot sagesse convient assez bien pour décrire cette démarche d'essayer de comprendre le fonctionnement de son esprit.
En même temps lorsque j'utilise le mot sagesse, je ne suis pas sûr qu'il recouvre uniquement et de façon claire ce sens là et donc je crains que l'on ne comprenne pas de quoi je souhaite parler précisément.
L'expression "bon sens" ne me plaît pas trop. Parce que la plupart du temps quand je l'ai vue être utilisée c'était à mon sens pour faire pression sur autrui ("un peu de bon sens que diable !" / "avec un peu de bon sens" = autrement dit pour moi en étant un peu moins bête.) Aussi parce que ça me rappelle l'expression "bonne volonté", qui m'évoque l'idée que l'intention suffit pas la peine de creuser plus loin.
Donc pour l'instant je choisis de continuer à utiliser le terme psychologie à moins que vous en voyez d'autres ?
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bloups



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PostPosted: 20 Oct 2005 7:44    Post subject: Reply with quote

Quote:
dans la mesure où nous tâchons d'anticiper ce que disent ou font les autres.


Ce qui "à mon avis M. Green " est à l'origine de notre incapacité à communiquer dans cette société.
Plus personne n'écoute son interlocuteur mais s'imagine ce qu'il a dit, pour quelles raisons il a pu le dire, ce qu'il a voulu dire, etc...
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babagilles



Joined: 17 Nov 2004
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Location: Montpellier

PostPosted: 20 Oct 2005 9:24    Post subject: Reply with quote

bloups wrote:
Quote:
dans la mesure où nous tâchons d'anticiper ce que disent ou font les autres.


Ce qui "à mon avis M. Green " est à l'origine de notre incapacité à communiquer dans cette société.
Plus personne n'écoute son interlocuteur mais s'imagine ce qu'il a dit, pour quelles raisons il a pu le dire, ce qu'il a voulu dire, etc...


Merci de souligner ce point.
J'étais trop centré sur le début de cette phrase et pas assez sur la fin.
Je pense aussi que l'anticipation de ce que va dire l'autre nous coupe de la possibilité d'être dans l'échange, dans l'instant présent (et en même temps qu'il y a beaucoup d'autres raisons.)
L'anticipation que je reconnais comme valable, c'est celle de son comportement, parce que en observant comment la plupart d'entre nous agissent, j'en ai tiré la conclusion qu'il n'y a pas toujours adéquation entre ce qui est dit et ce qui est fait.
Donc j'anticipe les comportements des autres (pour me protéger de ce que j'estime être leur incohérence potentielle voire de leur malhonnêteté) en essayant de comprendre si ce qu'illes disent est ce qu'illes vont faire.
Là où l'anticipation me pose problème c'est quand on prête à l'autre des intentions qui ne sont pas les siennes mais qui correspondent à nos projections (lorsque je m'imagine ce qu'ille va dire.)
Donc j'essaie d'être attentif à ne pas faire de projection de ce que l'autre va dire.

Mais je choisis d'essayer de comprendre ce que l'autre me dit et de ne pas prendre au pied de la lettre tout ce qu'ille me dit. Ce qui pour moi n'est plus de l'anticipation mais tentative de comprendre à partir de ce qui a été dit.
Car comme je l'ai dit plus haut je pense que l'autre peut être prisonnier de sa "pseudo-spontanéité".
Car si je prends pour vrai tout ce que les autres me disent sans essayer de le relativiser par mon appréciation de leur niveau de cohérence alors je crains de me faire embarquer dans beaucoup de situations difficiles.
Un exemple concret : quelqu'un me dit quelque chose de sympa (sens des mots) mais sur un ton agressif et/ou avec une expression qui "dit" tout le contraire. Que vais-je croire ? Pour ma part ma compréhension serait de croire la part non-verbale de son message.
Suspicion ? Moi je dirais lucidité et compréhension. Sur le fait que l'autre n'est pas forcément conscient de ce qu'ille est/émet , et/ou sur le fait que l'autre ne parvient pas forcément à partager ses vrais sentiments avec moi.
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babagilles



Joined: 17 Nov 2004
Posts: 387
Location: Montpellier

PostPosted: 20 Oct 2005 11:35    Post subject: Reply with quote

Le texte proposé ci-dessus par Michel nous montre à mon sens ce à quoi on peut parvenir lorsque l'on utilise la psychologie (entre autres choses, comme les médias, les lois ...etc) au service d'une volonté de dominer.

Je propose quelques pistes pour répondre à la proposition de départ, à partir de ce que j'analyse dans ce texte :

Ce qui me saute au yeux dans notre situation c'est ce que je vois comme le côté institutionnel de la psychologie.
Pour éviter les excès qui d'après moi en en découlent, je propose l'autogestion de la psychologie par chacun-e d'entre nous.
Je propose de ne pas laisser un pouvoir que j'estime être autoproclamé décider de ce que doit être la norme.
Je propose aussi que nous aidions nous-mêmes les membres de notre communauté sans faire appel à des services institutionnalisés (ce que je vois pour une grande part comme de la délégation de responsabilités.) Pas seulement sur un plan psychologique d'ailleurs.
Cette aide je la vois comme une attention au quotidien à ce qui se passe autour de nous dans notre communauté et dont je pense que nous sommes tou-te-s responsables (dans le sens que cela relève de notre responsabilité sans me référer à une quelconque culpabilité.)
Ainsi si une personne a un comportement qui gêne les autres, chacun-e peut lui faire savoir ce qu'ille ressent à ce sujet pour aider cette personne à prendre conscience de la situation et de l'intérêt à reconsidérer son comportement.
Je pense que les sociétés millénaristes dont parlait Mans fonctionnaient de cette façon.
Par exemple dans les traditions amérindiennes que j'ai pu un peu étudier, il m'a semblé que l'"éducation" des enfants était de la responsabilité de toute la tribu.
Et si une personne commettait un meurtre, ou quelque autre acte grave (chose qui semblait être très rare dans ce type de fonctionnement communautaire), c'était d'après ce que j'en ai compris à la communauté de se positionner à ce sujet et non un organe spécialisé (comme notre "Justice") et "impartial".

Un autre aspect de l'institutionalisation de la psychologie est d'après moi le contrôle corporatif. Ce que je vois dans la logique sous-tendant l'existence de l'Ordre des médecins.
Ce contrôle est à mon sens motivé en partie par une volonté (parfois inconsciente) de diriger l'activité des thérapeutes dans le sens de l'intérêt du pouvoir et/ou de l'ordre établi.
Je propose donc que nous nous en passions.
En clair que pratique l'aide psychologique qui veut, sans passer par l'obligation de passer des diplômes ou de satisfaire à ce que je vois comme la pensée dominante de la profession et du système en entier.
Donc je laisse la possibilité à qui souhaite aider les autres par ce moyen de le faire, de même que je reconnais à cellui qui veut y faire appel la possibilité de le faire.
Dans une communauté autogérée où tous les membres sont solidairement responsables les un-e-s des autres, je ne pense qu'un thérapeute qui ferait n'importe quoi ne le ferait pas longtemps.
Je pense que plus notre conscience psychologique, notre sagesse pour comprendre ce que nous vivons dans nos relations aux autres, s'affine, plus nous pouvons ne pas être l'objet de manipulations, qu'elles viennent de notre inconscient ou de notre interlocuteur-ice.

Le texte aborde je crois la question de la norme.
Sur ce point je dirais que je suis pour la norme, ou plutôt pour une certaine norme.
En effet, je ne saurais pas vivre dans une communauté où par exemple le meurtre est possible. Là aussi je pense que les sociétés millénaristes fonctionnaient de cette manière. Elles avait apparemment quelques normes de base.
Ce que je pense c'est qu'il est préférable que ces normes ne soient pas envahissantes (je pense comme disait l'autre que "moins il y a de lois, moins il y a de voleur-euse-s.") et aussi qu'elles fassent consensus dans la communauté (ce consensus restant négociable.)
Lorsqu'on nous dit que la norme est le fait d'une réalité biologique (comme on le voit à mon avis dans ce texte avec par exemple la "déviance" par hyperactivité) là ça me fait froid dans le dos. La vie nous "crée" me semble-t-il dans la diversité, je pense même que c'est heureux pour nous.
De plus, cette aproche de la norme est à mon sens une tentative d'imposer une vision de la vie motivée par la peur.
La tendance à la norme est à mon avis présente en chacun de nous et il me semble important que chacun-e ait une démarche de vigilance vis-à-vis d'ellui même sur ce point. Acceptation de la différence ?
Je pense que cela vient surtout de notre besoin d'être rassuré en essayant de contrôler le monde qui nous entoure.

Un exemple qui nous concerne sur ce forum (car comme je l'ai dit plus haut, la psychologie c'est pour moi ici et maintenant, dans notre quotidien, entre nous):
Depuis quelque temps je vois une expression qui se développe, celle de "plus décroissant que moi tu meurs !"
Face à cette expression je ne me sens pas très à l'aise.
Je la vis comme une pression pour que je rentre dans une "norme". Quelque chose comme "il faut être/parler décroissant mais pas trop".
Je ne ressens pas cette expression comme étant juste une invitation à réfléchir à l'aspect "effrayant" d'une certaine radicalité. Je le ressens comme une sommation à accepter cette idée.
Je comprends me semble-t-il l'intention (ne pas décourager les autres), mais je demande qu'on me laisse la possibilité de ne pas adhérer à cet objectif si il ne me convient pas.
La fin que je pressens ici ne justifie pas de façon valable pour moi le moyen utilisé.

J'entends que le partage d'une certaine radicalité peut effrayer une personne (ou je dirais pour ma part qu'une personne s'effraie de la radicalité du message que je partage avec elle, car selon moi ce n'est après tout qu'un partage.)
Je trouve logique qu'une personne qui "n'y avait pas trop pensé"soit effrayée par les questions soulevées par la pensée décroissante.
Je trouve aussi logique qu'elle soit effrayée à l'idée qu'il est peut-être nécessaire d'aller plus loin dans la décroissance (vu que cela peut demander des changements peut-être difficiles pour elle.)
Mais pour moi l'essentiel est qu'elle ne soit pas effrayée par la façon dont je pratique ce partage avec elle (en évitant par exemple la culpabilisation, la violence, la directivité, la manipulation...etc)
La culpabilisation n'est pas pour moi dans la radicalité de l'idée énoncée mais dans la façon dont elle est énoncée...et/ou reçue.


Last edited by babagilles on 30 Oct 2005 22:23; edited 1 time in total
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Michel d'Arduenn



Joined: 28 Sep 2005
Posts: 9

PostPosted: 25 Oct 2005 10:02    Post subject: l'autonomie du plaisr, le plaisir de l'autonomie Reply with quote

la question, la question centrale est celle-ci: comment se rendre définitivement autonome vis-à-vis de tout discours ? Comment reconnaître la "vérité" où elle se trouve sans risque d'erreur ? Et la réponse se trouve dans la sensation de vie, dans la sensation d'exister qui se base d'abord et avant tout sur le plaisir...avez-vous remarqué comme on parle peu du plaisir de nos jours ( en dehors de la publicité, bien sûr - mais là c'est de son manque ) ...je parlais du "sourire d'un bébé"... mais on pourrait parler du chat de Chester, si vous préférez...
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bloups



Joined: 27 Jul 2004
Posts: 1560

PostPosted: 25 Oct 2005 10:47    Post subject: Reply with quote

Quote:
Comment reconnaître la "vérité" où elle se trouve sans risque d'erreur ?


Ça me semble un peu obscur… Peux-tu expliciter ?
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Michel d'Arduenn



Joined: 28 Sep 2005
Posts: 9

PostPosted: 29 Oct 2005 11:42    Post subject: Reply with quote

bloups wrote:
Quote:
Comment reconnaître la "vérité" où elle se trouve sans risque d'erreur ?


Ça me semble un peu obscur… Peux-tu expliciter ?


donnant donnant...j'attends toujours ta réponse à ces questions...

"bloups a écrit:

L'orgasme naît de la conscience et se contrôle contrairement au sourire du bébé. "

Intéressante théorie...
D'où vient-elle ?
Est ce là l'opinion courante concernant l'"orgasme" ( tout à la fois "monstre du Loch Ness" et produit de consommation courante- voir la presse "féminine" et "médicale" ) ?
Et la "conscience" ? Où se situe-t-elle ? Mentale ou physique ?
Comment "contrôler" le plaisir ? Et pourquoi faire ?
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