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Décroissance et écologie : le jeu des 7 différences

 
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 26 Oct 2005 15:28    Post subject: Décroissance et écologie : le jeu des 7 différences Reply with quote

Ne tournons pas autour du pot.

La "décroissance", que certains ont reconnu comme un cri de révolte contre leurs conditions de vie quotidiennes, devient pour d'autres un nouveau mot à la mode désignant la nécessité vitale d'économiser l'eau, le pétrole, les matières premières... de peur que ces mêmes conditions de vie ne viennent à s'effondrer.

Il y a là un malentendu fondamental. Quand certains visent la destruction des conditions modernes d'asservissement, vécues quotidiennement, d'autres s'effraient devant la disparition prochaine de ces mêmes conditions, à l'aune des chiffres mondialisés du réchauffement climatique, des réserves de pétrole, des inégalités de revenus...

Donc la décroissance ne viserait pas cette homologie entre l'asservissement de la main-d'oeuvre et celui des ressources naturelles, mais la ... "décélération progressive et raisonnée de la croissance matérielle" (1). Diable quel programme ! Surtout ne pas perdre la raison devant la catastrophe à venir ! Tous derrière la planète terre pour la sauver !

Mais quelle est donc la différence entre l'écologie et la décroissance ?
Pourquoi parler de décroissance plutôt que d'écologie ?
Quelle image renvoie-t-on à son interlocuteur quand on parle de décroissance ou bien d’écologie ?

J’ai bien regardé les deux images et j’ai trouvé, assez grossièrement, ces 7 différences :





Décroissance et écologie : le jeu des 7 différences (solution)



1. Anti-capitalisme vs. Ecologie simple

La décroissance stigmatise aussi bien l'exploitation du travail humain que celle des ressources naturelles. Il y a une homologie entre ces deux formes d'exploitation que l'on ne peut pas comprendre sans invoquer la mécanique capitaliste : création d'un surtravail humain (source de profit) et unification des marchés (avec la participation active d’organisations à but non lucratif, dont les Etats).


2. Responsabilisation collective vs. Professionnalisation

La décroissance ne vise pas la prise en main des questions environnementales par une organisation publique ou privée, nationale ou internationale. Elle vise au contraire la responsabilisation collective, autonome et locale (simplicité volontaire). Ceci est fondamentalement incompatible avec l'existence de professions spécialisées et rémunérées pour faire ce travail à la place des autres (développement durable). Les professions ne résolvent pas les problèmes ; elles sont le problème.


3. Opportunisme vs. Catastrophisme

La décroissance ne vise pas à retarder l'effondrement de la civilisation marchande, mais au contraire à favoriser cet effondrement. Le plus tôt sera le mieux. Ceux qui souhaitent cet effondrement sont les plus nombreux. Ils seront toujours réputés irresponsables du fait qu’ils n'ont pas d'intérêt à conserver l'ordre social marchand. Ils savent aussi ce que l'on attendra d'eux face aux aménagements futurs du capitalisme : leur consentement.


4. Regarder en face le Système technicien vs. Humaniser l’économie

La décroissance stigmatise conjointement le productivisme et le consumérisme, formant ensemble une même réalité technique (système technicien). Cet ensemble tend à échapper à la volonté humaine, tout en créant des nouvelles formes de contrôle social et des nouvelles formes de profit (c’est pourquoi cette tendance n’est que peu dénoncée ou étudiée).
Regarder en face ce système technicien invalide tout espoir placé dans une économie « immatérielle », « de biens relationnels » ou tout autre couche technique supplémentaire ajoutée au système technicien.


5. Travailler aux techniques conviviales vs. Faire de la politique

Toute réflexion politique qui ne serait pas attentive à la réalité du système technicien contribue à l’accroissement de celui-ci (illusion politique). Toute invention technique dont la construction et l’utilisation obligent à accroître le nombre d’utilisateur contribue de même à cette évolution, au contraire des techniques conviviales.
Le travail vivant, non salarié, s’envisage alors à la fois dans le choix collectif de techniques conviviales, dans leur construction et leur utilisation. Et dans le dépérissement volontaire du système technicien qui sous-tend le régime d’accumulation capitaliste (croissance).


6. Défaire la science marchande vs. S’appuyer sur la science

La décroissance entend rendre attentif à la puissance de légitimation que la science moderne offre à la marchandisation du monde. En excluant le sujet vivant de ses comptes-rendus, les produits de cette science sont homologues au traitement marchand de la main-d’œuvre et des objets de consommation. Cette science ne peut être un motif légitimant la décroissance, sauf à perdre toute possibilité de s’opposer à la marchandisation.



7. (je n’ai pas trouvé la septième)


__

(1) … selon Attac, et rapporté par Serge Latouche qui y voit une convergence de point de vue avec la décroissance.
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/11/LATOUCHE/12900
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korrotx



Joined: 16 Oct 2004
Posts: 327
Location: Euskal Herria

PostPosted: 26 Oct 2005 18:18    Post subject: Reply with quote

Bonne mise au point, il y a moyen qu'on trouve pas mal d'autres différences, toutefois entre-temps j'aurais deux remarques :
D'une part, je trouve qu'il est important de différencier clairement l'écologie de l'écologisme, or si je ne m'abuse il me semble que c'est ce dernier que tu désignes ici sous le terme d'écologie.
D'autre part,
Deun wrote:
En excluant le sujet vivant de ses comptes-rendus, les produits de cette science sont homologues au traitement marchand de la main-d’œuvre et des objets de consommation.
De quels produits parles-tu? Entrent-ils tous dans cette logique? Et que veux-tu dire par "En excluant le sujet vivant de ses comptes-rendus"?
Merci d'avance.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 27 Oct 2005 19:35    Post subject: Reply with quote

mm

Last edited by Kobayashi on 27 Oct 2005 19:43; edited 1 time in total
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 27 Oct 2005 19:35    Post subject: Reply with quote

Salut deun,

Il me semble qu'il y a pas mal de sous-entendus derrière ce passage M. Green

Quote:
La "décroissance", que certains ont reconnu comme un cri de révolte contre leurs conditions de vie quotidiennes, devient pour d'autres un nouveau mot à la mode désignant la nécessité vitale d'économiser l'eau, le pétrole, les matières premières... de peur que ces mêmes conditions de vie ne viennent à s'effondrer.

Il y a là un malentendu fondamental. Quand certains visent la destruction des conditions modernes d'asservissement, vécues quotidiennement, d'autres s'effraient devant la disparition prochaine de ces mêmes conditions, à l'aune des chiffres mondialisés du réchauffement climatique, des réserves de pétrole, des inégalités de revenus...


Peux-tu expliciter un peu plus...

Quote:
Mais quelle est donc la différence entre l'écologie et la décroissance ?



Euh... comme dit Korrotx plutot parler d'écologisme, mais sinon Georgescu Roegen à fonder la bio-économie, c'est-à-dire à réintroduit l'économie dans le cadre des éco-systèmes. Donc il y a un lien clair avec l'écologisme : la bio-économie est la première dimension que prend la décroissance. Cependant, il y a une deuxième dimension fondamentale dans la décroissance après la bio-économie, c'est la critique du développement donc une réaction au tiers-mondisme des années 1960-1970 et plus encore cette critique met fondamentalement la décroissance en rapport avec le concept de gouvernance. Car la critique du développement a un destinataire : les ONG, les organisations internationales (UNESCO, FAO, PAM, ONU, OMC, FMI, BM...), les victimes du développement (mouvements internationaux de paysans...). Il faut bien saisir ce qu'implique cette critique du développement en termes de politiques internationales, pour relativiser nos imaginaires d' " objecteurs de croissance occidentaux " pétris d'un désir de rupture monastique avec la dimension politique de notre commune humanité. La critique du développement c'est la critique des politiques de développement. Puis en 1991 quand le concept de " développement durable " est apparu au sommet de Rio l'année suivante, les critiques du développement on reconnu dans ce nouveau concept, une mutation écologisée du concept de développement : d'où les cris proférés " A bas l'imposture durable du développement durable ! ".

Eh bizaremment la géographe Sylvie Brunel (la déesse française du développement durable) reprend dans son Que Sais-je ? sur le développement durable (sortie été 2005), le livre de Gilbert Rist, la plus intelligente critique de l'idéologie du développement. C'est très bizarre parce que finalement Sylvie Brunel se fonde sur Gilbert Rist pour légitimer le développement durable, alors que Rist est violemment opposé à ce concept et est proche du concept de décroissance forgé par Georgescu-Roegen. Ainsi Sylvie Brunel ne reconnait pas dans le concept de développement durable, les tares que Gilbert Rist trouve dans le concept de développement. C'est totalement inouie !!!

Il existe une troisième dimension de la décroissance, c'est l'attention au sens, à la chaleur, à l'intensité du lien social, bref c'est l'attention à cet auto-accroissement de la vie en nous, qu'elle place comme le coeur de la fondation de l'organisation d'une nouvelle société. C'est par exemple :

- la réflexion d'Illich sur la convivialité,
- l'oeuvre de Marcel Mauss sur le don,
- la recherche dans l'oeuvre d'anthropologues (Pierre Clastre, Schalings..) qui permet d'imaginer un nouveau lien social à partir des sociétés anciennes.
-une réflexion esthétique avec le dernier livre du peintre Besson-Girard pour une poétique et une érotique de la décroissance. (et plus généralement c' est un bouquin fascinant par les perspectives qu'il ouvre).

Cette dimension de la recherche d'un débordement de la vie en nous, c'est plus largement la demande de convivialité, de chat-calin, de communication verbale non violente, etc.. que réclame une large partie de objecteurs de croissance dans l'esprit de la Marche.

Quote:
Cette science ne peut être un motif légitimant la décroissance, sauf à perdre toute possibilité de s’opposer à la marchandisation.


Bien entendu, le seul motif légitimant " en première instance " comme disent les philosophes, de la décroissance, c'est l'éthique (dans la veine de Hans Jonas), donc de la vie, c'est-à-dire ce qui s'éprouve soi-même, pas seulement un sentir, mais un " se sentir soi-même " fait d'une immédiation absolue et pathétique. Car l'éthique répond à la question " que devons nous faire ? "Et cette question si vaste, requiert une " condition de possibilité interne " (comme disent les phénoménologues) qui est justement que nous puissions faire quelque chose. Elle ne s'adresse donc qu'à des vivants, car l'action appartient au domaine du vivre, n'est possible que par mon corps vivant, une chair subjective, un " je peux ". Et seule la vie peut agir, peut se poser la question du "Que faire ? " avant même de vouloir lui répondre. L'éthique est une question relative à la Subjectivité Radicale. C'est la vie qui sait ce qu'il faut faire et c'est ce qu'elle fait depuis qu'elle existe sur Terre.

Alors bien entendu la science faite de particules microphysiques, d'algorythmes, d'hypostases mathématiques ne peut répondre à la question de l'éthique, car la question et la réponse de celle-ci sont dans la vie auto-affective.

Cependant je pense que c'est une position beaucoup trop radicale d'attaquer la science en soi. On peut critiquer " sa maladie ", c'est-dire la maladie de la science a-subjective dans sa volonté d'atrophiser nos potentialités subjectives, on peut ainsi critiquer l'objectivisme pour affirmer la subjectivité originaire. Cependant il faut surtout faire accepter qu'à côté de la science, il puisse existe un autre type de savoir tout aussi légitime, le " savoir de la vie ". Mais à mon sens il faut éviter le radicalisme anti-scientifique...

Et je ne pense pas du tout que le fait de lire les rapports internationaux sur le climat, la biodiversité, l'homogénisation des langues et des cultures, sur les conditions salariales etc... soient fondamentalement un signe que la décroissance se fonderait sur la science. Ca me semble un peu un raccourci ne cherchant qu'une fausse " polémique " que de dire cela M. Green Très content Et puis ces documents sont justement très peu " scientifiques " quand on connait les débats épistémologiques qu'ils suscitent et par là leur contestation.
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 27 Oct 2005 20:36    Post subject: Reply with quote

Quote:
Il me semble qu'il y a pas mal de sous-entendus derrière ce passage


Ah. Mais c'est que je suis en train de lire Michel Bounan ("le temps du sida"). J'adore. Je sais on va le cataloguer néo-situ et compagnie, mais je m'en fous. Alors que j'apprends laborieusement les rudiments du jardinage, il me semble quand même que, pour l'essentiel, je file un mauvais côton. Quotidiennement, je me défends en face d'un environnement malsain, je le transforme et il me transforme. Je suis très loin d'avoir réglé mes comptes. Le contentieux est lourd : tu l'as vu avec l'école et, franchement, tu ne m'as convaincu au sujet de ce qui pouvait être sauvé à son propos. Je reste intimement convaincu que ces pauvres heures imposées en classe nous ont tous désarmés, tant la cohérence est grande entre ses enseignements et la soumission au travail servile.

Quote:
On peut critiquer " sa maladie ", c'est-dire la maladie de la science a-subjective dans sa volonté d'atrophiser nos potentialités subjectives, on peut ainsi critiquer l'objectivisme pour affirmer la subjectivité originaire.


Si tu as appris une autre forme de science que celle-ci, tu as bien de la veine ! Si tu arrives à faire abstraction des produits de cette science aussi ! Mais pour nous tous, il n'y a pas d'autre science que celle dont tu parles, et c'est encore avec elle que nous nous défendons dans nos joutes intellectuelles.

Il va falloir reconnaître comme ennemi mortel tout individu prétendant agir au nom d'autres qui ne pourraient dans l'instant le démentir. (Bounan)
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 27 Oct 2005 21:00    Post subject: Reply with quote

Ces sciences se sont donc développées considérablement en Europe depuis le XVIème siècle. Elles ont été, en retour, les instruments adéquats pour édifier le monde dont notre civilisation avait besoin. Elles ont convenu précisément à ce que cette civilisation devait réaliser : un aménagement de l'espace et du temps social au service des relations marchandes. A l'exclusion de tout autre forme de relation, certes, mais qu'aurait-elle eu à faire de bâtiments édifiés selon des proportions mystiques ou de croisées de transept pour ses bureaux, pour ses chaînes de montage, pour ses supermarchés ? En quoi les amphigouriques dissertations d'astrologues auraient-elles pu lui être d'un quelconque usage pour surveiller l'évolution du marché? Les tours de la Défense et les courbes de la croissance l'ont servie beaucoup mieux. Les sciences actuelles n'ont donc pas été les enfants dénaturés de la civilisation marchande, mais ses rejetons attentionnés qui se sont efforcés d'accomplir toujours ses désirs les plus extravagants.

On a justement observé que la forme des savoirs anciens n'avait pas permis de construire le four à micro-ondes, le train à grande vitesse, le minitel, le téléphone portable. En vérité, on peut lancer contre les anciennes civilisations une accusation plus grave encore : les merveilles réalisées par notre science moderne n'étaient aucunement recherchées car personne n'en rêvait.

Avant le développement de notre actuelle civilisation, la science des nombres et des lettres, ainsi que les "sept arts libéraux" satisfaisaient au mieux la curiosité des esprits. La métaphysique et ses expressions symboliques énonçaient que la même structure vivante présidait nécessairement à la forme de l'univers et au dynamisme de l'esprit capable d'identifier cette forme. La connaissance de soi-même ouvrait ainsi immédiatement la science de toute chose. Et ce qu'on appelle maintenant la "subjectivité" n'avait évidemment aucun sens.

Notre civilisation, au contraire, a fondé une science ignorant son propre sujet - c'est-à-dire la conscience marchande - une science prétendument sans sujet, une étude de l'univers et de soi-même indépendante de la structure vivante de l'observateur. Et cette espèce de science a toujours nié l'existence d'un sujet de la science sur lequel les anciens savoirs s'étaient édifiés, qui était la condition même de leur validité et la pierre angulaire de toutes les connaissances traditionnelles. Elle n'a pu s'imposer d'elle-même et se développer qu'en méconnaissant l'existence d'un tel sujet, et surtout le sien propre, qui était en effet parfaitement ignoble et trivial.

Cette science a naturellement porté des fruits à son image. On peut vérifier aisément aujourd'hui que son développement a correspondu exactement à ses prémisses et à ses méthodes. Fondée sur la négation préalable du sujet vivant, elle a permis d'édifier un monde d'où l'homme s'est bientôt trouvé exproprié.


Michel Bounan, "sans valeur marchande", 2001, pp. 27-29
(souligné par moi : idée développée dans "le temps du sida" et venant appuyer une critique de la biologie et donc de la médecine qui mériterait plus d'audience !!)
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Mans



Joined: 04 Oct 2005
Posts: 220
Location: Rhône-Alpes

PostPosted: 28 Oct 2005 10:18    Post subject: Reply with quote

Merci Deun pour ce passage vraiment génial d'un auteur que je découvre, mais qui me plait déja beaucoup. il m'a volé toute ma réflexion Pleure ou Très triste Clin d'oeil

du coup je n'est plus qu'à dire: la décroissance ce n'est pas ce que les théoriciens etiqueté en disent (Koba, toujours la bonne référence comme un bon éléve), mais une démarche qu'ils entreprirent et que nous devons tous entreprendre. décolonisé notre imaginaire, notre psychisme de la société marchande. et pour cela on est bien obliger de remonter loin dans le temps historique des civilisations occidental.

Au final on se retrouve avec la certitude que l'idéal à atteindre c'est celui de la redéfinition de cultures "nouvelles" sur le modèle des sociétés indigènes non marchande actuel, ou sur celui des sociétés "première" ayant vécu avant la naissance du monothésime et donc de l'expansion de la civilisation marchande en Europe et dans le monde.

pour caricaturer (certains aiment bien), la décroissance c'est aussi le renouveau du druidisme et du peuple celtes.
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korrotx



Joined: 16 Oct 2004
Posts: 327
Location: Euskal Herria

PostPosted: 28 Oct 2005 14:54    Post subject: Reply with quote

Dans ce passage de Michel Bounan que cite Deun il me semble qu'il y a une confusion entre science et pensée mécaniste. Ce qu'il dit sur ce qu'il désigne par "les sciences" s'applique très bien à la pensée mécaniste, mais pas "aux sciences" sans autre distinction. Les sciences ne sauraient se résumer aux mathématiques, à la physique Newtonienne et à la chimie (et à leurs applications).

Mans, si tu ne l'as pas déjà lu, je suis sûr que tu adorerais ce bouquin.


Last edited by korrotx on 28 Oct 2005 17:56; edited 1 time in total
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Guest






PostPosted: 28 Oct 2005 15:54    Post subject: Reply with quote

Pour revenir sur le premier post de Deun :

Plutôt que "décroissance" et "écologie" j’aurais plutôt tendance à opposer "écologisme" et "environnementalisme". Pour moi la décroissance relève de l’écologisme véritable, tandis que le développement durable et ses divers produits de décomposition (développement soutenable, croissance soutenable, etc.) relèvent de l’environnementalisme.

La plupart des groupes dits écologistes ont aujourd’hui sombré dans un environnementalisme, plus ou moins critique, mais incapable de rejeter vraiment le système capitaliste et technicien dont nous sommes prisonnièr-e-s. Je pense que cette dérive est principalement due au fait que quand on fraye avec les institution et les médias du système, on finit par devenir une partie du système auquel on voulait initialement s’opposer.

Sinon, dans le point 2, le terme de "responsabilisation" (qui sous-entend une forme de punition si on faillit à ses responsabilités) me semble inapproprié, je parlerais plutôt que réappropriation de nos vies.

Khadavali
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 02 Nov 2005 17:24    Post subject: Reply with quote

Anonymous wrote:
Sinon, dans le point 2, le terme de "responsabilisation" (qui sous-entend une forme de punition si on faillit à ses responsabilités) me semble inapproprié, je parlerais plutôt que réappropriation de nos vies.


J'aime bien l'idée de responsabilisation. Ca souligne l'existence d'une liberté dont nous ne voulons pas, parce que ça compliquerait notre existence (individuelle).

Elle l'implique fondamentalement l'idée de créer puis soigner des liens qui n'existent pas. C'est le sens de l'écologie non ?
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