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De l'abolition de l'idéologie du travail... à l'autonomie.
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Angéline



Joined: 20 Jan 2006
Posts: 115

PostPosted: 15 May 2006 15:09    Post subject: Reply with quote

A lire aussi:" du chômage à l'autonomie conviviale" de Ingmar Granstedt: brochure éditée par la ligne d'horizon.
J'en ai une à la maison que je peux prêter à des lyonnais(es), car je crois que le stock est épuisé.
Angéline
_________________
grain de sable
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 15 May 2006 17:43    Post subject: Reply with quote

Quel dommage que cela soit épuisé... Faut que je déménage alors ! M. Green

y a pas un petit résumé, une petite présentation quelque part...
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 31 May 2006 14:19    Post subject: Reply with quote

Bug m'a fait passer ces articles qui sont en quelques sortes en résonance avec cette idée judicieuse de paul Ariès qu'il nous faut " porter le discours de la décroissance auprès des salariés et de leurs syndicats (réduction globale du temps de travail, développement du temps choisi, réflexion sur l'utilité de la production, sur la hiérarchie des salaires, etc). Nous pouvons compter sur une longue mémoire endormie au sein du mouvement syndical mais qui ne demande qu'à être réveillée " (Décroissance ou barbarie) :

- Jacques Wajnsztejn, " Néo-luddisme et résistances ouvrière "
http://membres.lycos.fr/tempscritiques/texte.php?ordre=8

- JOHN et PAULA ZERZAN, " Qui a tué Ned Ludd ? " http://endehors.org/news/10443.shtml

- le blog du canadien Steve Proulx http://steveproulx.typepad.com/ qui a écrit " Guerre philosophale : Transhumanisme et luddisme ". Là bug je retrouve pas le lien sur le texte (?)

- l'article " Bioluddismes " http://endehors.org/news/6103.shtml

- La chronique anti-industrielle de la CNT-AIT à propos des procès en 2002 de José Bové et René Riesel. http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=696

- Auto-interview des Amigos de Ludd : Critique de l'heureux nouveau monde qui s'annonce http://endehors.org/news/4973.shtml
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ivani



Joined: 15 May 2006
Posts: 414

PostPosted: 09 Jun 2006 11:24    Post subject: Reply with quote

Quote:
A lire aussi:" du chômage à l'autonomie conviviale" de Ingmar Granstedt: brochure éditée par la ligne d'horizon.
J'en ai une à la maison que je peux prêter à des lyonnais(es), car je crois que le stock est épuisé.
Angéline


Quote:
Quel dommage que cela soit épuisé... Faut que je déménage alors ! M. Green

y a pas un petit résumé, une petite présentation quelque part...


La brochure citée par Angéline était surtout édité par S!lence, mais ils n'en ont plus, elle est vraiment épuisée. Enfin, je crois qu'il m'en reste 2 ou 3 dans un tiroir, je peux donc te dépanner, Koba, si tu veux la lire (et elle vaut le coup). Il faudrait convaincre l'auteur de la rééditer, ce qui n'est pas encorer fait.

Mais sur la question du travail, je signale le texte du Groupe du Chêne Le travail en question, repris dans les actes du colloque de La Ligne d'Horizon Le travail a-t-il un avenir sur terre. Ces actes sont d'ailleurs à lire en entier par qui veut réfléchir à la question.

Et puis il y a les textes de Partant, notamment dans le recueil d'articles intitulé Cette crise qui n'en est pas une, où plusieurs textes abordent la question. L'un notamment, titré Le chômage, est particulièrement intéressant. Un autre texte est disponible en ligne : http://www.lalignedhorizon.org/html/textes/partant/droleries/pourquitravailler.htm

C'est d'ailleurs une réflexion basée sur la brochure épuisée de Granstedt.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 18 Jun 2006 19:15    Post subject: Reply with quote

V. Robin du groupe des décroisseurs berrichons a fait une recension du livre :

Contre le travail, P. Godard 2005, [Collection Expression directe. Editions Homnisphères], 12 Euros-130 pages-11 chapitres

Quote:
Contre le travail de P. Godard.

« Du vol à la critique du travail »,…, « Le travail, une activité inhumaine », …, « En finir avec la nécessité du travail », …, « Pour le libre accès de tous aux (maigres) richesses », dès la lecture des titres de certains chapitres, une jubilation vous prend et ne vous quittera plus de toute la lecture, celle du petit enfant qui vient de commettre sa première bêtise, celle du jeune communiant traversé par une « mauvaise pensée »… et qui tous deux se rendent compte qu’il est agréable ma foi (sic) de bafouer les sacro-saintes « vérités » établies, prétendument inattaquables : c’est la même jubilation donc, qui vous habite quand vous lisez ce petit livre subversif - 130 pages au plus - qui se donne pour objectif de prouver que le travail, vraiment, n’est pas bon, mais alors pas bon du tout pour l’homme - à moins qu’il n’en meure (« Arbeit macht frei », le travail rend libre, quand il se solde, en effet , par la mort, du travailleur c’est bien connu … sinon il aliène) ; mais le travail, selon P. Godard, est surtout très mauvais pour la nature qui, elle aussi, à force que l’homme la façonne, l’exploite, pour qu’elle produise pour lui va en mourir…

Il s’agit donc bien pour l’auteur, non de repenser le travail, non de le réformer, de le critiquer, d’en améliorer les conditions ou la législation, mais simplement, sans forfanterie, ni de coup de gueule ostentatoire, de l’abolir, de l’interdire, de le refuser, car il est immoral, aliénant, dangereux, nuisible.

Que propose alors P. Godard à la place ? … Rien, et c’est cela qui rend précisément cet opuscule vraiment décapant et jouissif : pas de programme, pas de « solution(s) prédigérée(s) », mais une drôle de proposition vraiment libertaire au terme de son analyse : le NON-AGIR, ne rien faire, ne rien produire, ne rien consommer en excès, ne rien demander non plus à la nature que ce qu’elle fournit « naturellement », ne rien chercher à forcer, à plier à nos exigences de production, de productivisme, ne rien vouloir comprendre non plus de l’univers afin d’agir sur lui et, grâce au progrès, d’en tirer un quelconque parti… Non, vivre et s’émerveiller du potentiel de la vie et de la nature, ce qui fait conclure à P. Godard : « L’abolition du travail est juste parce qu’elle représente une réponse cohérente au défi de la destruction de ce monde par le travail des hommes. Et sans doute la seule réponse qui préserve à la fois la Nature, l’homme et sa liberté ».

V. Robin
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
Posts: 4057
Location: prox. Montpellier

PostPosted: 18 Jun 2006 19:43    Post subject: Reply with quote

ça a l'air intéressant, encore le non-agir qui frappe à la porte, même si je prend mes distances de plus en plus avec le concept de "nature" (prononcé au moins 5 fois dans le texte, parfois avec majuscule). C'est dommage à mon avis de penser ainsi la "nature" on risque de justement perdre de vue de quoi il s'agit. Il me semble qu'en prenant garde à ce que désigne ce concept on dit d'abord que c'est pour la vie de l'homme et ensuite qu'un certain entretient de cette chose dans des conditions particulières permettrai une résillience salvatrice pour notre évolution.

Le concept de résillience met en valeur notre nécessaire relation avec "les autres" (l'altérité) pour conserver un bon état de notre corps (notament le cerveau ou quelques capacité mentales). D'une manière général c'est un concept fondamental qui valorise la diversité (ça j'y tient) en la rendant pour ainsi dire nécessaire à une "bonne santé" de chacun.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 23 Jun 2006 18:58    Post subject: Reply with quote

Un article fort intéressant qui montre bien que la lutte de classe n'a été depuis toujours que la lutte pour encore plus d'aliénation, et qui appelle à se défaire de toutes ces théories fossilisées par l'histoire dont nous rabbachent les néo-marxistes et autre égalitaristes : LUTTE ANTI-INDUSTRIELLE ET LUTTE DE CLASSE
http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1002

Quote:
Aujourd’hui, la défense des travailleurs revient à défendre le salariat. Avec en prime la défense de l’Etat comme garant mythique de la justice puisque tout doit être inscrit dans la loi ! Quant à la prétendue répartition égalitaire des richesses, elle ne consiste en fait qu’en une répartition des marchandises et de l’aliénation qui va fatalement avec. Du bas au haut de l’échelle sociale, les mêmes aspirations égoïstes triomphent. La quantité et la qualité des marchandises consommées varient en fonction du pouvoir d’achat, mais c’est finalement la même aliénation qui réunit le PDG et la femme de ménage qui nettoie son bureau.
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
Posts: 4057
Location: prox. Montpellier

PostPosted: 24 Jun 2006 1:05    Post subject: Reply with quote

Aux us, dans le ghetto noir, Loïc Wacquant raconte que à cause de leur exclusions ils ont mis en place des structures qu'ils gèrent eux même et qui les serts. La place de l'état s'étant retiré a du gardiennage (prisons, école, justice).

En france l'état dans Les banlieux, l'état reste très présent, mais sans les moyens, ceux qui fait que l'on a tendance (comme durant les émeutes) à critiquer et s'attaquer aux services publics (école, transport) plutôt que de mettre en place des structures autogéré locale.

La difficulté consisterai donc à mettre en place des structures autogéré locale sans en venir à la pression de l'état qui se retire, afin que ces structures ne se mettent pas en place par nécessité (ce qui est toujours mal pris, comme quelques choses de "désagréable", qui vient faire "bouche trou",) mais par désir de passer enfin à autre choses.

Loïc (pourtant a priori disciple bourdieusien) mes en évidence que les associations locales ont pour but non pas de rassemblé les luttes, mais involontairement de les dissoudres, chaque assos à pour but de faire ensorte que tel groupe (sans papier, sans abris, sans emploi (la triologie des sans) etc.) ne soit plus dans cette situation mais dans une autre...

Ce qui dissout le rassemblement des luttes, en même temps, es ce que ses assos y parviennent? Et qui voudrait rester dans ces situations la?

Donc il faudrait a mon avis créer des micropolitiques locale, c'est à dire de l'information (comme PMO mais pas que sur les nano tech) sur le fait que la catastrophe nous la vivons ici aussi et à cause de structure locale, en montrant du doigt : c'est d'ici que part la pub, d'ici que l'on forme des publicitaire et des commerçant dont leur livres d'étudiants dispo en bibliothèque dit clairement : comment manipuler.
Etc...

L'union sur le gros système est trop dure et trop flou, tandis que contre les structures locale ça peut rassembler... une destructions des structures globale à des chances de faire grimacer le système je pense, en tout cas plus que des manifs dans les rues contre des politiques tranquilles qui se passent ailleurs.

p.s : loïc waquant ne parle pas de tout ça, micro politique etc... juste de Gettho, Banlieux et désengagement de l'Etat et cette histoire d'auto dissolution de rassemblement des luttes.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 12 Sep 2006 21:35    Post subject: Reply with quote

J'avais pas vu, mais infokiosque publie en brochure gratuite et téléchargeable, le Manifeste contre le Travail du groupe Krisis. Un texte très bien écrit et qui évidemment est, sur la critique du travail, un des textes les plus importants de ces dernières années.

http://infokiosques.net/IMG/rtf/manifeste_contre_le_travail.rtf



" Détruisons le travail ", une brochure très intéressante qui avance énormément de choses un peu nouvelles dans la critique du Travail (mais il faut quand même avant lecture maitriser un peu les bases de cette critique, sinon c'est peut-etre pas évidemment tout le temps) :

http://infokiosques.net/spip.php?article=362

Je pense que cette brochure a au moins le mérite de dénoncer certains malentendus à propos de la critique du Travail. Certains autonomistes notamment prennent parfois trop au mot l'éloge de la paresse de Lafargue. Et partent dans des délires d'hold-up et de banditisme qui sont ridicules... Ce sont des contre-sens complet. Le problème dans le travail ce n'est pas seulement la relation juridique de subordination, les cadences infernales, mais surtout la valorisation capitaliste, c'est-à-dire l'objectivation du travail vivant au travers des représentations économiques.

Quote:
Abolir le travail signifie le substituer par des quotas de travail réduits au minimum et destinés à des productions utiles. Nous ne pouvons pas accepter cette hypothèse dans la mesure où elle ne se différencie pas du capital. En effet, la différence n’est que dans ses temps de réalisation alors que les méthodes de réalisation restent les mêmes. Lutter pour une réduction, bien que considérable, par exemple la semaine de vingt heures, n’a pas un sens révolutionnaire car il ouvre une voie à la solution de certains problèmes du capital et non pas à une libération possible pour tous.


L'auteur aborder aussi la décolonisation de l'imaginaire travailliste :

Quote:
Bien sûr, pour attaquer la mentalité professionnelle il faut avoir un projet, donc une identité définie, une conscience de nos actes considérés et vécus comme un jeu. Et le sabotage est un jeu fascinant, mais il ne peut pas être le seul. Il faut disposer d’une panoplie de jeux, variés et souvent contrastés, afin d’éviter que la monotonie de l’un d’eux ou de leurs règles se transforme en un travail ennuyeux et répétitif.


Quote:
Considérer le refus du travail comme l’acceptation apathique de la non-activité est une conséquence de l’idée erronée que tous les esclaves du travail se font de ceux qui n’ont jamais travaillé dans leur vie. Ces derniers, c’est-à-dire les soi-disant privilégiés de naissance, les héritiers des grands patrimoines, sont presque toujours des travailleurs acharnés qui engagent leurs forces et leur talent pour exploiter les autres et accumuler encore plus de richesses et plus de prestige.


Mais je ne crois pas qu’il y en ait beaucoup qui considèrent le refus du travail comme l’acceptation de l’ennui mortel, de la non-activité, qui sont en permanence sur la défensive pour éviter les pièges de ceux qui pourraient les solliciter à faire quelque chose même si ce n’est pas par nécessité, mais au nom de l’idéal, de l’amour, de l’amitié ou de toute autre diablerie capable de nuire à cet état de satisfaction totale.

Quote:
Au contraire, je pense que le refus du travail peut être identifié avant tout au désir de faire ce que l’on aime le plus, transformer de façon qualitative l’activité imposée en activité libre, en action. Mais la condition d’activité libre n’est pas réalisée une fois pour toutes. Elle ne peut jamais être liée à une situation externe, comme l’annonce d’un grand héritage ou les bénéfices d’un hold-up. Ces faits peuvent être l’occasion, l’accident plus ou moins recherché, plus ou moins voulu, qui peuvent aider ou perfectionner un projet en cours, et non pas la condition déterminante pour son achèvement.

Au cas où ce projet créatif serait incomplet, non satisfaisant en tant que choix de vie, aucune somme d’argent ne pourra jamais nous libérer de la nécessité de travailler, c’est-à-dire d’être forcés d’agir, poussés par un nouveau besoin qui n’est pas celui de la misère mais celui de l’ennui ou de la condition sociale acquise ou du désir d’avoir des parts de richesse de plus en plus grandes ou toute la série de symboles de la condition sociale adaptée à la nouvelle richesse acquise.

Nous pouvons sortir de ce dilemme par l’approfondissaient de notre propre projet créatif ou, en d’autres termes, par la réflexion sur ce que nous voulons faire de notre vie et des moyens qu’on acquiert en ne travaillant pas. Si l’on veut détruire le travail, il faut construire des parcours d’expérimentation collectifs et individuels qui ne tiennent compte du travail que pour l’exclure de l’ensemble des possibilités réelles.

_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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nadia



Joined: 04 May 2006
Posts: 2
Location: Lot et graonne

PostPosted: 21 Nov 2006 16:33    Post subject: Reply with quote

Bonjour

Quelques réflexions que m'inspire cette discussion:
le gain de temps, le surplus du capital ne découle pas seulement de la sphère économique. Si une certaine quantité de travail social, rémunéré, donc une certaine quantité de temps couvre bien plus que les besoins de subsistance, c'est qu'une grande partie de ces moyens de subsistance, des nécessités de la vie, étaient et sont encore accomplis sans rémunération par les femmes dans le travail domestique, le travail fantôme d'Illich, complètement occulté puisque ne créant aucune valeur monétaire (Que dire des mères "seules" forcées d'aller se vendre sur le marché du travail!)
Ce surplus de travail n'a guère besoin d'être marchandisé pour produire tout son efficace: celui de dégager du temps pour autre chose et pour d'autres. Les fondements même de la domination masculine reposent sur ce principe: l'accumulation privé du temps des femmes. C'est ainsi que l'activité politique, philosophique, artistique, bref toutes ses activités intellectuelles et spéculatives, dégagées des pures nécessités de la vie, ont toujours, du moins en Occident, été dominées par les hommes.
Généralisons cela à toute forme d'autorité (réseau d'alliances, services, corvées, esclavage, hommages, fidélité, honneur,...), l'accumulation privé du temps d'autrui permet l'accumulation de richesses, de sorte qu'il n'est guère besoin de monétariser les échanges pour s'approprier le temps d'autrui.
Le surplus du capital n'est autre que du surplus de temps, surplus permettant d'entreprendre autre chose et il n'est guère besoin d'être capitaliste pour accumuler du temps.
En somme, on n'aura rien changer fondamentalement en détruisant l'économie capitaliste, si l'on ne comprend pas celà: le problème n'est pas le surplus du capital, pas même la séparation entre travail abstrait et travail concret, l'aliénation du travailleur, etc......, le problème était et restera toujours la répartition, la propriété du surplus: disons 20% détiennent 80 %. Et qui fera quoi? car il faudra toujours maintenir, entretenir pour créer.
La décroissance, pas plus que la croissance, ne porte en elle la fin de la faim, et encore moins la fin du travail.
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bulan
Guest





PostPosted: 20 Mar 2007 18:26    Post subject: Reply with quote

Bonjour Nadia et les autres,

Merci de ton message plein de bon sens Nadia.
La fin du travail n'est pas possible, car tant que l'être humain vivra, il aura des besoins vitaux à assouvir, il devra où cueillir ou chasser ou produire, et consommer. Ce processus vital est la vie même. Par contre, remettre le travail (et la consommation) à sa place, voilà qui est urgent: si on peut assouvir nos besoins vitaux en deux heures par jours, vingt fois oui! Cependant, l'équation temps libéré = temps pour des activités plus hautes est une illusion. Pour l'instant, ce qui se passe plutôt, c'est que le temps libre est utilisé à étendre le processus de consommation, notamment via les loisirs, le sport, ect, pour dépenser l'énergie gagnée en consommation. Ainsi, le processus vital, loin de laissé de la place à d'autres activités, tends à envahir de plus en plus notre temps.
Surtout, je crains que celui qui est libéré de tout travail oublie même l'existence de ce processus vital, de cette nécessité et s'en croit libéré. Pour moi, prendre conscience que ce qui entrave le plus ma liberté ce sont ces nécessités vitales qu'il faut maîtriser, c'est un premier pas vers une libération. Tous ces gens qui philosophe sur la libération et qui le soir s'assoie à table sans se rendre compte que ce qui va assouvir leur faim est le résultat d'un travail, ça me déprime un peu...
C'est aussi pour cela que je suis sceptique vis à vis du revenu minimum garanti universel, car il tend à nier cette réalité de notre existence: que nous sommes des animaux vivants et que nous avons besoin de participer au cycle biologique de production-consommation pour alimenter le métabolisme naturel.
Par contre, redonner à chacun (et reprendre!) les outils d'une libération matérielle réelle, ça oui: réforme agraire, eau et semences comme patrimoine commun de l'humanité, ect selon le principe de l'usage gratuit et du renchérissement du mésusage si nécessaire, réactivation des savoirs-faire indispensable à notre autonomisation, ect...
Donc plutôt que l'Etat verse à chaque personne un revenu garanti chaque mois (et les paysans continueront à trimer pour production la nourriture), je préfèrerais que chacun ait droit à un ou deux hectares de terre, une formation en maraîchage bio, un bêche et une paire de bottes!
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 21 Mar 2007 10:17    Post subject: Nous ne travaillerons plus, nous aurons beaucoup d'activités Reply with quote

Bonjour nadia et bulan (et bienvenue à vous !),

Je pense qu'Illich n'a pas voulu mettre en évidence le " travail fantôme " afin de l'intégrer à l'économie, c'est-à-dire à payer les femmes pour ce qu'elles font ou faisaient. Je crois que c'est un contre-sens. De plus (ou alors j'ai pas du bien comprendre) je pense pas que " l'activité politique, philosophique, artistique, bref toutes ses activités intellectuelles et spéculatives " [sont] dégagées des pures nécessités de la vie ". Quelle vie ? La vie biologique de l'idéologie réductionniste développementiste du " minimun vital " ? Je crois qu'on s'est pas compris. Je dis pas que nous n'auront plus d'activités (je crois que je partage avec toi l'idée que dans la lecture superficielle de la critique du travail, on ne voit plus que la paresse, ce qui est ridicule), mais que nous ne travailleront plus. Dans notre nature profonde nous ne sommes pas des producteurs objectifs qui devons penser constamment à notre survie. La " rareté " est un mythe, le mythe qui nous fait accepter la société des camps de Travail (sur la déconstruction de la rareté voir les auteurs de l'après-développement mais aussi Salhins). Et aujourd'hui c'est la peur du chomage (figure moderne de " rareté ", de la mal-vie, etc) qui nous pousse à travailler. Nous sommes des êtres de rêve, d'amour, d'affection, de vie, de sentiments, d'amitié, de songe, de réflexion, de regard, d'extrapolation... et puis à la limite, faire quelque chose pour sa subsistance 2 ou 3 heures par jour (même si je pense que quand même pour travailler que 2 heures par jour, il faut vraiment être bien organisé). Mais le travail est devenu trop important dans notre vie, il n'est pas notre raison d'être : on perd notre vie à la gagner. Et finalement tout ce tient : travailler-plus-pour-gagner-plus-en-votant-plus-pour-consommer-plus-afin-de-polluer-plus. Sous-entendu : on vivra mieux toujours demain, et demain, après-demain ! Trop c'est trop. On a lâché il y a deux siècle notre autonomie au profit de l'inter-dépendance économique. On pensait qu'on vivrait mieux. Or on est obligé de sacrifier toute notre vie à participer par notre " travail " à cette interdépendance des rôles que nous jouons (l'informaticien, l'enseignant, le maçon, l'agriculteur, etc). Et les conditions de cette participation nous font chier (objectivation économique introduisant des inégalités socio-économiques par différenciation des salaires - comme si déjà auparavant il n'y avait pas suffisament d'inégalités pour en rajouter ! - ; travail asbtrait et sans finalité valorisante ; rapports hiérarchiques ; maladies et accidents professionnels, etc, etc). On a tout à perdre, dans notre participation à cette interdépendance désormais planétaire (le chinois construit mon photocopieur, tandis que mes pneus firestone sont produits par des esclaves, tandis que mes légumes " bio " sont produits par des organisations transfrontalières hallucinantes où les rapports économiques de hiérarchie se portent à merveille, etc). Et cette interdépendance planétaire si elle est pas humainement souhaitable (dans la relation sociale produite par cette interdépendance nous sommes tous les spectateurs impuissants de notre propre vie), elle est aujourd'hui insoutenable pour la planète. C'est donc bien l'organisation de notre existence sous la forme du Travail séparé qu'il faut mettre en cause. Non ?

Je pense qu'un certain féminisme marchand a fait l'éloge de la libération des femmes par leur accès au salariat, c'est-à-dire la mise en marchandise du travail fantome.Bien loin d'être une émancipation, ce féminisme marchand n'a été que le suppléant de la marchandisation du monde, toujours plus poussée. Tout ce qui n'appartient pas encore (dans nos sociétés occidentales plus grand chose - l'amour ? même si on peut maintenant rencontrer des " partenaires " - comme dit le langage du Spectacle - sous la forme d'entretiens d'embauche - je sais plus comment ça s'appelle ce truc..? ; les futurs procès de valorisation dans les " services à la personne ", vont là-aussi détruire les liens sociaux directs pour les marchandiser) à l'économie, va être économiciser. Finalement l' " émancipation " des femmes par l'intégration des femmes n'a été que le fait de copier ce que faisait déjà les hommes. Et cette " émancipation " là, a été finalement bien plus le fait de la poursuite de la domination des hommes en voulant faire comme eux (le modèle du salariat masculin a dominé les femmes), que de la libération des femmes de la sphère domestique dans laquelle la séparation introduite par le Salariat des hommes, les avait enfermé. Car ce que tu décris nadia comme étant une division sexuelle du travail, n'existe pas de tout temps et en tout lieu il me semble. Lasch explique très bien (mais voir aussi l'anthropologie) que c'est récemment que la " place des femmes " a été définie de façon à les exclure de la participation à la vie courante marchandisée en dehors du ménage. Et cela correspond à l'apparition du salariat et donc du Travail au XIXe siècle. C'est récent. C'est la propagation du salariat dans le corps social, qui va toucher essentiellement les hommes, qui va entrainer une sur-domination des femmes. Car la marchandise présuppose dans le foyer moderne apparu au XIXe siècle, la séparation nette entre la vie domestique et le monde du travail. Séparation qui n'existait pas avant l'économicisation du monde.

Lasch écrit :

Quote:
Le déclin de la production du ménage [l'auto-production, l'auto-consommation disons ! c'est-à-dire ce qu'Illich appelle les activités vernaculaires], allié à l'essor du travail salarié, rendit possible - voire nécessaire - de concevoir la famille comme une retraite personnelle d'un univers public de plus en plus dominé par les mécanisme impersonnels du marché. L'image de la famille [dans ce cadre de la mise à l'écart des femmes du salariat] comme refuge dans un monde cruel aida les Américains à gérer les émotions ambivalentes suscitées par le nouvel ordre industriel. D'une part, ils voulaient le confort et les commodités fournis par le progrès industriel ; d'autre part, l'organisme du progrès - le marché capitaliste - semblait générer un individualisme teinté de soif de possession qui ne laissait aucune place aux belles choses de la vie : bonté, affection spontanée, ce que John Stuart Mill appelait la " culture des sentiments ". En confiant la garde des " sentiments " à la famille, les gens tentaient de s'assurer que ces valeurs ainsi placées conservaient encore leur statut, même au sein des sociétés gouvernées par les principes de la réussite compétitive. Le culte de la domesticité , au 19è siècle, comme les historiens en vinrent à l'appeler, tournait autour d'une nouvelle glorification de la maternité.


le processus historiques :

- XVII-XVIII s : les activités vernaculaires.
- XIX s. : Naissance couplée car complémentaire du Travail salairé et du Travail fantôme : invention de la famille et de la division sexuelle du travail.
- A partir 1950 : Intégration des femmes au Salariat.

Pour décloisonner beaucoup d'idées reçues sur le travail fantome des femmes à l'époque où le ménage cesse d'être une unité d'auto-production relative (ce que Polanyi appelle la " Grande Transformation "), C. Lash a écrit dans Les femmes et la vie ordinaire (Climats, 2006) un chapitre très suggestif et qui recoupe largement ce qu'a pu dire déjà Illich : " Division sexuelle du travail, déclin de la culture civique et essor des banlieues ". Si l'on veut aussi une réflexion autre que celle d'un certain féminisme marchand qui pense l'émancipation par l'accès au salariat puis par l'aménagement des conditions de cette salarisation (le stade actuel : égalité des salaires hommes-femmes pour au moins partager équitablement le gateau de l'aliénation), il faut voir aussi chez Jappe ou Kurz et plus largement le Groupe allemand Krisis, le nouveau féminisme qui s'est élaboré autour de ce groupe qui est très intéressant.


- Bien entendu, pour répondre à bulan, que l'on continuera à avoir beaucoup d'activités pour répondre à la satisfaction des soit-disant " besoins " (mais 2 heures de travail collectif par jour suffisent pour répondre à ce genre de " besoin "). J'ai du mal m'exprimer. Le " Travail " quand j'écrit ce mot, c'est le Salariat. Qui n'est pas aujourd'hui le salarié de quelqu'un ? Mais que je dis salariat, c'est pas le salariat seulement en tant que principe juridique de subordination du patron sur son employé (et là on peut penser comme alternative à l'auto-gestion. Voir l'ouvrage de l'entreprise autogérée Ambiance-bois sur le plateau des mille vache, Et scions travaillait autrement, éditions Repas, préfacé par Latouche), mais plus encore le salariat comme le fait de toucher un salaire, de l'argent, des pépettes sonnantes et trébuchantes. Et là le Travail, n'est plus une activité libre, vivante, spontanée, elle est rationalisé, biffé, épluché, représentée, calculée (temps horaire mathématisé : tu travaille tant tu as tant, etc), elle ne nous appartiens plus, on vit pour le compte de son insertion dans l'interdépance générale qui forme les sociétés de production-consommation dirigées. Le Travail en tant que salariat, devient une activité dont on voit notre pouvoir-capacité être dépossédé. On ne maitrise plus ce qu'on fait et comment on le fait et comment on le vit. On est dépossédé car on ne maitrise plus la façon dont va être pris en compte notre activité. On vend notre force de vie contre une rétribution en argent.

Depuis Lafargue la critique du travail a souvent été assimilé à la paresse, rien foutre. Alors qu'il en est de tout autre chose. Sortir du " travail ", c'est sortir des représentation économiques qui enserrent les activités aliénées par ces représentations, pour libérer des activités vivantes aujourd'hui aliénées que nous aurons toujours.

Mais bien avant Lafargue, un des grands mérites de Fourier avait été de présenter le jeu comme le paradigme du travail qui n'est plus aliéné par les représentations de la science économique (ou bio-économique) qui l'enserre. L'activité du jeu n'est pas objectivable par un dispositifs de représentations. Ainsi pour reprendre une phrase de Paul Ariès : dans une société de décroissance " nous ne travaillerons plus, mais nous aurons beaucoup d'activités ". Donc au fond bulan je crois qu'on est bien d'accord.

Je sais pas si c'est plus clair ?

Pour aller plus loin on peut voir aussi dans L'invention de l'économie de LAtouche son chapitre consacré à " L'invention du travail ".

Extrait d'un entretien récent de Latouche (voir l'entretien sur le site du groupe decroissance de Bourges http://bourges.decroissance.info/ ) :

Quote:
Vous plaidez une réduction drastique du temps de travail. Et le reste du temps, on fait quoi ?

S.L. : On redécouvre la vie. Le travail est un mot emprunté à un instrument de torture. Et le travail, aujourd’hui, c’est encore la contrainte, ce n’est pas l’oeuvre au sens artisanal ou artistique du terme. Non, le travail c’est la galère. Il faut s’embaucher chez un patron parce que nous avons été expropriés de nos moyens de production [déclin de l'auto-production du ménage]. Et la vraie vie commence souvent en dehors du boulot. Dans l’Antiquité, on discutait des affaires de la cité. Pour nous, retrouver du temps, cela consisterait à savoir si cela vaut mieux d’utiliser des technologies qui rendent la vie plus humaine. Il y avait trois dimensions de l’activité éveillée de l’homme : l’animal qui travaille, l’oeuvre et l’activité politique. Et en dehors de cela, la vie contemplative, le rêve, la méditation ou le plaisir de ne rien faire occupaient une grande place. On ne serait plus capable, aujourd’hui, de jouir du plaisir de ne rien faire et d’écouter pousser le riz comme on dit au Laos. Il convient de reprendre possession de la vie et du temps : redécouvrir la lenteur, les autres dimensions de l’activité humaine. De ce point de vue, les 35 heures ont été catastrophiques, parce que cela a amené un grand nombre de personnes à consommer plus de loisirs marchandisés plutôt que de retrouver du temps pour eux et s’investir dans la vie sociale.

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Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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