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rendez-vous Education et Decroissance

 
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 23 May 2006 10:11    Post subject: rendez-vous Education et Decroissance Reply with quote

Le dimanche 2 juillet à 15h, alors qu'étudiants, écoliers, collégiens, lycéens, instituteurs et profs seront en vacances, les décroissants prendront la place ainsi laissée vacante pour mettre sur la table les alternatives non-marchandes à la scolarisation de masse et à la spécialisation sans fin pour l'appareil tertiaro-industriel.

L'occasion de se rencontrer pour un débat informel sur le sujet. De faire le point sur nos reproches faits à l'école et sur les alternatives passées et actuelles.

Rendez-vous en banlieue chez nous à Colombes.
Me transmettre un message privé par le forum pour l'adresse.

A bientôt !
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 04 Jul 2006 17:22    Post subject: compte-rendu Reply with quote

Réunion Education & Décroissance, 2 juillet 2006 à Colombes
participants : Xavier, Christel, Delphine, Marion, Elisa, Deun



prochain rendez-vous à définir.

Deun : Intérêt pour le thème de l’éducation à partir de lectures et d’observation concernant le monde du travail (salarié). Notamment, la fréquentation longue de l’école rend naturelle aux travailleurs l’évaluation individuelle, chiffrée. La critique faite dans l’article de decroissance.info (« Scolarisation à l’ordre marchand ») n’offre cependant pas d’alternatives concrètes à l’école. D’où l’idée de cette réunion.

Marion : « Guide annuaire 2007 des écoles différentes » de Roger Auffrand, bonne synthèse des différents courants pédagogiques et des établissements éducatif « alternatifs » qui existent actuellement. Les écoles type Steiner paraissent élitistes dans leur recrutement (frais de scolarité plus de 400€/mois). Il existe aussi des « écoles expérimentales » (une dizaine) à l’intérieur de l’Education Nationale où des projets sont testés.

Delphine : Rôle de l’école quand aux inégalités sociales. Exemple d’un enfant que j'ai gardé de 3 à 4 an et demi, et qui a un environnement familial très stimulant (lectures, musique), à l’inverse de l’école. Selon Changeux (« L’homme neuronal »), le cerveau apprend tout. L’école devrait stimuler les enfants plus qu’elle ne le fait, surtout en maternelle où je pense que tout se joue.

Deun : L’école a une logique historique précise liée à la création des Etats-nation, à savoir la formation de marchés de main d’œuvre par l’homogénéisation linguistique, culturelle, des populations. C’est vraiment différent de celle de diminuer les inégalités sociales.

Christel : Distinguons éducation (pour tous) et école (pour tous). Notamment dans les pays du Sud (Afrique) où l’école ne marche pas et peut être rejetée.
Le but de l’éducation peut être défini comme étant le développement de l’individu dans son milieu (là où il vit). Le problème des inégalités ne se pose alors pas vraiment.

Elisa, Deun : Emission radio belge sur l’ « école mutuelle » disponible sur decroissance.info, apparue par accident pendant la Restauration, et qui semble avoir bien marché. Pour faire des économie, un seul maître présent avec jusqu’au 500 élèves qui s’apprennent mutuellement les savoirs enseignés. Marche particulièrement pour les maths, qui est une savoir « transformateur » (d’après Isabelle Stengers). Ce qui fournit une méthode d’évaluation : le savoir est considéré comme acquis si l’élève peut l’enseigner à un autre. Voilà qui remet en cause la didactique (apprendre à apprendre).

Marion : La marge de manœuvre des profs dans les écoles est limitée par l’obligation de regrouper les enfants par tranches d’âge. Les différences de niveaux apparaissent vite, et le redoublement est vécu comme une humiliation.
De plus, la posture d’un savoir surplombant est aussi un obstacle. Il faudrait que l’enfant fasse le chemin lui-même.

Xavier : C’est cependant ce qui est demandé dans les IUFM. Mais ça reste surplombant, en fait.

Christel : Est-ce que le traitement des inégalités par l’école est vraiment prioritaire ? L’école ne peut pas résoudre tous les problèmes.

Elisa : La question des rôles genrés (différents selon le sexe) transmis dans les modèles éducatifs est aussi importante.

Xavier : L’école semble participer moins qu’ailleurs à la transmission de ces rôles genrés. Attention au point de vue sociologique qui ne tient pas assez compte des variations entre individus (en l’occurrence dans le collège où j’enseigne, tous les élèves viennent de la même cité).

Christel : Ce problème homme/femme est typiquement occidental ; il n’est pas vu comme tel ailleurs.

Deun : Illich dans un texte « le genre vernaculaire » dit au contraire qu’il existe une spécificité amenée par la révolution industrielle. La division sexuelle du travail se transforme en un cloisonnement radical, où les hommes travaillent à l’extérieur et les femmes confinées au foyer. Elles sont alors vouées à un autre type de travail, le « travail fantôme », qui correspond à tous ce que l’on fait au quotidien via la consommation pour organiser le lieu de vie, le foyer.
Quant aux inégalités, on les observe d’abord dans un marché, lieu où l’on peut comparer les individus.

Delphine : Les inégalités sont néanmoins importantes à considérer parce qu’elle débouchent sur des situations de pouvoirs.

Xavier : Jusqu’ici dans la discussion, seul le sujet d’une sorte d’école « idéale » est abordé. La question intéressante est plutôt de savoir quoi faire avec l’école telle qu’elle est aujourd’hui.

Deun : C’est sûr qu’avec ma vision, je pourrais pas faire prof. Solide contentieux avec l’école qui provient de l’injonction à réussir pesant sur les enfants (et sur moi à l’époque), l’école devant nous sauver du chômage.

Christel : Dans un livre intéressant « L’école victime des cinq pièges » (référence à trouver sur le site d’Attac), on retrouve cette idée des attentes vis-à-vis de l’école. Elle tend à former des « ressources humaines ».

Delphine : L’école m’a au contraire permise de découvrir ma passion, le théâtre. Mais elle n’a pas été assez loin. Aujourd’hui ma soif de savoir me le fait regretter.

Marion, Deun : Attention cette soif de savoir peut se faire en référence à des normes (dominantes sur le marché scolaire). Ca peut être oppressant.

Xavier : En histoire-géo au collège, il est possible de transmettre des préoccupations environnementales. Projet en cours d’un club, différents des cours magistraux [Xavier a apporté une disquette contenant les détails de ce projet], pouvant accueillir les élèves intéressés.

Marion : J’ai justement le même type de projet, quoique les autres profs ne sont pas vraiment moteurs.

Christel : Un film intéressant à montrer aux enfants est « 2013 fin du pétrole », montrant une fiction spectaculaire sur les conséquences que l’on peut imaginer du pic pétrolier.

(PAUSE)

Christel : Autre thème à aborder, la libéralisation des services (AGCS) dans le cadre de l’OMC. Cela concerne l’éducation, la santé. Le droit est donné aux entreprises de toute nationalité de créer des écoles, et de fonctionner avec du personnel également étranger (typiquement, des écoles US).

Elisa : Une loi en Angleterre donne ce droit. En France, les centres de loisirs, les crèches, les garderies sont aussi concernés : regroupement d’enfant de 0 à 5 ans dans une même structure, devenant privée et payante, alors qu’aujourd’hui c’est les municipalités ou des associations qui en sont responsables (avec des financements publics).

Christel : Dans cette évolution, on trouvera des grosses entreprises qui apporteront des financements pour former leurs propres travailleurs. Les petites entreprises auront donc d’autant plus de mal pour trouver des travailleurs qualifiés.

Deun, Elisa : Que ces structures soient privées n’est pas un problème en soi. Au contraire cela peut donner un pouvoir spécifique aux travailleurs face à leurs employeurs. C’était le cas en Angleterre dans certaines spécialités ouvrières, où les syndicats contrôlaient des formations à leur métier. Jusqu’à ce que Tatcher vienne casser tout ça.

Christel : Effectivement, c’est le fait que les multinationales prendront le contrôle sur l’éducation qui est préoccupant.

Deun : Concernant, les alternatives pratiques, le livre « Vers une pédagogie instutionnelle » de Vasquez et Oury donne beaucoup de détails sur l’utilisation de la correspondance entre classes vivant dans des milieux différent (milieu urbain, milieu rural). Pourrait être intéressant de faire ça avec les pays du Sud, sur les questions de l’environnement.

Christel : Dans ces correspondances, attention à ne pas prendre pitié du Sud.

Marion : Il faut que ce soit un échange des richesses respectives.

Christel : La difficulté concernant l’Afrique (notamment le Sénégal) est qu’ils nous idéalisent, que nous sommes pour eux un modèle. Ce serait plus facile peut-être de le faire avec d’autres régions (Amérique du Sud, Asie) où les populations ont plus de distance avec le modèle occidental.
En Afrique, l’école est parfois rejetée, la populations s’organisant elle-même pour assurer l’éducation. Seuls quelques enfants sont envoyés en ville à l’école, mais ils sont considérés par le groupe comme « perdus » car ils vont acquérir d’autres valeurs. C’est d’ailleurs une observation que l’on peut faire chez nous.

Marion : A propos de l’école à la maison, la crainte fréquente est le manque de socialisation des enfants qui resteraient confinés à la maison, mais ce n’est pas justifié (cas d’une connaissance qui s’organise pour que l’enfant côtoie du monde au quotidien).

Christel : On devrait avoir plus de libertés pour créer des lieux éducatifs.

Marion : Le regroupement de familles est aussi intéressant, en organisant des tours de rôle entre les parents (exemple des crèches parentales).

Delphine : Ca semble néanmoins assez irréaliste pour beaucoup de familles modestes.

Elisa : Ce seront les femmes à la maison qui prendront en charge cette éducation. Cette activité reste fondamentalement dévalorisée.

Deun : La relation de soin à autrui (à l’enfant pas encore autonome, aux vieilles personnes qui ne le sont plus) est massivement prise en charge par les femmes actuellement. Cela fait réfléchir car ce travail est peu visible. C’est au contraire l’individu autonome qui fait ses choix seuls qui est le modèle explicite. Mais sans aide, le choix, l’autonomie n’est pas vraiment possible.

Marion, Xavier, Christel : Restent les différences de nature entre hommes et femmes.

Elisa : Actuellement, aux Etats-Unis ou chez nous, des femmes blanches ont l’apparence féminine qui convient quant à leur rôle de maîtresse de maison. Alors que derrière, la grosse partie du travail de soin est confiée à d’autres femmes, migrantes (une façon d’extorquer de la plus-value féminine, en quelque sorte).

Christel : Cette expression « d’égalité homme-femme » n’est pas satisfaisante : il vaudrait mieux parler d’équité. Car sinon, c’est compris comme un souhait d’arriver à des êtres féminins et masculins identiques. Alors évidemment, ça ne passe pas.
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nonchalance555



Joined: 15 Jan 2006
Posts: 10

PostPosted: 25 Jul 2006 15:20    Post subject: Reply with quote

Dommage que je n'avais pas vu ce message plus tôt, Roger A. aurait peut-être aussi pu vous parler de son guide. Pour répondre à Marion, cette idée de non socialisation des enfants non scolarisés nous fait tous dresser les cheveux sur la tête, nos enfants vont bien, sont sociables, voient toutes sortes de gens, de toutes les conditions sociales, de tous les âges..., je ne crois pas que la mixité sociale de l'école soit une réalité et que ceux de Bobigny fréquentent ceux de Neuilly, quand à l'autre remarque, je ne sais plus de qui, sur le fait que ce serait les femmes qui s'occuperaient des enfants, chez les familles non sco, beaucoup de couples ont volontairement réduit leur temps de travail, donc les 2 s'occupent des enfants, il y a aussi beaucoup de pères au foyer et ce n'est pas un mode de vie réservés à ceux qui en ont les moyens, car beaucoup sont rmistes, voilà, quelques petites précisions, Nonchalance 555
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