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Le débat Caillé-Latouche sur la sortie de l'économie

 
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 27 Nov 2006 17:50    Post subject: Le débat Caillé-Latouche sur la sortie de l'économie Reply with quote

Depuis maintenant quelques années, Caillé et Latouche sont sur des positions opposées en ce qui concerne la sortie de l'économie. Je reviendrais sur l'article de Ofrano dans le dernier nuémro du MAUSS, mais voici un peu ce qui est la position de Caillé :

Quote:
L’ordre marchand est-il indépassable ?


Alain Caillé développe une critique suggestive de l’« homo oeconomicus » et souligne les limites politiques de la notion de marché.

Dé-penser l’économique. Contre le fatalisme, par Alain Caillé.

Éditions La Découverte et Mauss, 2005, 23 euros.

Recueil actualisé de conférences et articles écrits depuis vingt-cinq ans, l’ouvrage d’Alain Caillé, professeur de sociologie à l’université Paris-X, est une excellente introduction aux différentes thèses théoriques et politiques du Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales (MAUSS) qu’il anime depuis ses origines ; ce mouvement intellectuel, articulé à une revue et à une collection d’ouvrages, s’est concentré avec ténacité sur la déconstruction des concepts fondateurs de l’économisme - l’homo oeconomicus et le marché -, en s’appuyant notamment sur les acquis de l’anthropologie, de la sociologie et de l’histoire et sur les notions de réciprocité et de don, dans la perspective inaugurée par Marcel Mauss et Karl Polanyi.

Une première partie du livre revient sur les sociétés traditionnelles et historiques, dont le rapport à l’argent, à la rareté et au don, structuré par un ordre symbolique contraignant, révèle a contrario le caractère très particulier de la quête de richesse indéfinie qui définit la société contemporaine. Une critique à la fois vigoureuse et érudite des présupposés théoriques et des travaux de Braudel conduit au contraire l’auteur à insister sur le caractère à de nombreux égards contingent, localisé et récent de la notion de marché. Au-delà de Braudel, c’est en fait toute une tradition d’évolutionnisme économique, issue de Marx, qu’il s’agit de contester, parce qu’elle accorde finalement naturalité et universalité à un marché que le capitalisme moderne aurait en quelque sorte libéré de ses entraves.

La deuxième partie du livre introduit à la discussion des travaux de la nouvelle sociologie économique, qui tendraient à vouloir dépasser purement et simplement l’opposition entre l’ordre marchand et l’ordre du don. La position d’Alain Caillé sur ce sujet est relativement nuancée : s’il rejette un partage schématique entre monde du don et monde du calcul, il n’entend pas renoncer à en distinguer les parts relatives et à en hiérarchiser les effets. Sa conception le conduit à donner au politique un rôle essentiel dans cette distinction-hiérarchisation.

C’est en se centrant sur la notion de démocratie que l’auteur entend contribuer à la construction d’une alternative à l’économie capitaliste, qu’il développe dans une troisième partie. Refusant la distinction entre capitalisme et marché, il insiste sur l’hétérogénéité de l’économie solidaire qui entend limiter l’extension des sphères marchandes et étatiques et il assigne à ce mouvement critique une place décisive mais non exclusive. Il s’agit en fait de sortir radicalement de l’économique et de la croyance qui le sous-tend, donc de renoncer au projet d’une autre science économique et même d’une autre économie. Il s’agit plutôt de privilégier de nouvelles manières d’instituer socialement l’économique, en renouvelant les fondements éthiques et politiques des choix sociaux et en s’appuyant sur une conception élargie de la démocratie (« associationniste »). La mise en oeuvre de cette dernière est discutée au sujet du développement durable et des débats sur une autre mondialisation.

C’est donc dans la construction démocratique des choix de société, et du poids relatif donné aux logiques marchandes, publiques et désintéressées, que l’auteur croit possible la réalisation d’une alternative à l’économique, d’un dépassement de la nécessité économique. Sur ce plan, le programme proposé reste au final un peu abstrait. Or, la politique néolibérale est aussi portée par des agents sociaux concrets et repose sur diverses formes de domination socialement reproduites : face à eux, quels acteurs politiques, associatifs et syndicaux seront en mesure de mettre en place une politique alternative réellement démocratique, qui fasse reculer l’emprise marchande, et selon quelles modalités d’organisation ?

Frédéric Lebaron, sociologue

_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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ermite



Joined: 01 Sep 2007
Posts: 445

PostPosted: 25 Nov 2007 12:54    Post subject: Reply with quote

Sur le débat Caillé/Latouche, MAUSS/Décroissance, on peut lire ceci :
http://www.journaldumauss.net/spip.php?article160
Et pour ceux qui s'intéressent aux différentes formes et aux différentes motivations du "militantisme" décroissant, un petit tour d'horizon :
http://journaldumauss.net/spip.php?article75
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Kleio



Joined: 15 Nov 2007
Posts: 61

PostPosted: 27 Nov 2007 17:37    Post subject: Reply with quote

Si le recueil des textes de Caillé ne propose pas de vraie solution, la conclusion du Baron, elle, n'est pas abstraite: il parle des formes de domination et suggère que les réponses proposées par les uns ou les autres ne sont pas politiques (soit parce qu'elles ne doivent pas l'être, soit parce qu'elles ne peuvent pas l'être). Ce n'est évidemment pas le rôle d'Alain Caillé (ou de Serge Latouche) de trouver la riposte, elle ne se situe pas dans l'électoralisme (encore qu'elle puisse y féconder et y diffuser), mais elle est nécessairement dans la cité, donc, elle a à faire avec le/la politique. Caillé, de ce point de vue, est plus politique que Latouche, mais pas assez pour Lebaron: j'ai compris ? Au reste, dans ce résumé, je ne vois pas de façon éclatante la divergence le pape et l'antipape.
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