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L’alternative, c’est la constitution de la société autonome

 
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 10 Dec 2006 10:38    Post subject: L’alternative, c’est la constitution de la société autonome Reply with quote

L’alternative à la soumission au Travail, c’est la constitution de la société autonome.

Certains pourraient déjà lire les idées contenues dans ce texte en ne les considérant plus qu’avec une sympathie amusée, et ils en resteraient là. C’est peut-être qu’il n’est guère opportun de trop bouleverser notre petit potager des idées reçues.On ne peut plus rester attacher à une classe-sujet quand le capitalisme a très largement transformé le producteur en un consommateur. Cela a été la lucidité de l’Internationale Situationniste d’élargir radicalement la définition du fameux « prolétariat » : sont les prolétaires « tous ceux qui n’ont aucun pouvoir sur leur vie et qui le savent » [25]. Il faut changer de révolution, car en effet « l’autonomie, telle est bien la question centrale, aujourd’hui plus que jamais » [24].

« Il y a une cinquantaine d’années écrit François Partant, existait encore en France ce qu’Ingmar Granstedt [26] à la suite d’Ivan Illich et de son école (dont Gorz), appelle le mode de production autonome. En dehors de la classe ouvrière, de très nombreux travailleurs produisaient à partir de ressources locales, à l’aide d’instruments simples et d’un usage souple, de quoi satisfaire leurs besoins propres et ceux d’un groupe social relativement étroit. A ce mode de production s’est rapidement substitué le mode de production intégré [le mode de production hétéronome], qui met en oeuvre des moyens techniques lourds, des capitaux importants, et qui impliquent des spécialisations poussées, de sorte que toutes les activités productives deviennent interconnectées (donc les travailleurs interdépendants) à une échelle planétaire. Aujourd’hui, si un puits de pétrole s’enflamme en Arabie saoudite, le four de notre boulanger de village s’arrête. Cette évolution du mode de production s’est accompagnée de la transformation en activités marchandes de toutes les activités sociales (culturelles, sportives, etc) qui pouvaient le devenir. Du coup, l’individu se trouve complètement "socialisé", c’est-à-dire pris en charge, de sa naissance à sa mort et à tous les instants de sa vie, par le Capital et l’État. Tandis que l’un ou l’autre de ces deux pouvoirs lui donne un travail (à près de 90% de la population active), le capital lui fournit une baraque préfabriquée, des choux calibrés, un téléviseur pour recevoir chez lui Sheila. Si bien que le travailleur, à ses heures de loisir et en dépensant son salaire, contribue à la prospérité générale autant qu’en travaillant. Quand à l’État, il fournit à l’individu d’innombrables services (depuis le certificat de naissance jusqu’au permis d’inhumer), ainsi qu’un policier pour le protéger, un juge pour le foutre en prison en cas de besoin, un gardien pour éviter qu’il n’en sorte, etc. Tous les goûts étant dans la nature, vous n’aimez peut-être pas Sheila (moi non plus) ni les casques policiers (moi, d’une façon générale, je n’aime pas les uniformes). Mais il n’empêche que n’importe quelle production de biens ou de services, même sans la moindre valeur sociale, même dangereuse ou condamnable (armements, centrales nucléaires, etc) doit être préservé dès lors qu’elle existe. Et cela, non seulement parce qu’elle crée des profits et des emplois, mais parce qu’elle a un effet d’entraînement direct et indirect sur d’autres activités. De ce point de vue, l’économie est un peu comme un tissu. Si vous tirez sur un fil, vous risquez d’entraîner les autres jusqu’à défaire le tissu. Vous déclenchez une crise » [27]. Ainsi, dans le mode de production hétéronome, le travailleur ne se produit pas lui-même, il produit une puissance indépendante. Une méga-machine techno-économique dans laquelle chacun est l’intermédiaire commercial d’un autre, tous interdépendants dans la satisfaction séparée et parcellisée des besoins réels (de plus en plus irréels) de chaque élément humain posté sur un « site » national du camp de travail mondial. Tous simples rouages d’un système (de plus en plus) planétaire.

La question est donc, comme dit F. Partant, de tirer sur le fil jusqu’à défaire tout le tissu de l’économique. Car la décroissance c’est d’abord et surtout la sortie de l’économie. Et la meilleure façon de nier l’économique, c’est bien de se réapproprier ce mode de production autonome au-delà de toute économie alternative. La société autonome notamment telle que la pensent Castoriadis et Illich [28], voilà de quoi permettre aux héritiers des premiers socialismes de dégager, ici et maintenant (et non pas au-delà de la crête de l’horizon), un projet positif et radical. C’est aussi donner une positivité à la critique sans concession du capitalisme. La sortie du système productiviste et travailliste actuel suppose en effet une toute autre organisation dans laquelle le loisir et le jeu soient valorisés à côté du travail non aliéné, c’est -à-dire l’autonomie individuelle et collective. Le travail devenu enfin activité et créativité comme l’est le travail vivant, « deviendra un condiment de plaisir de la paresse, un exercice bienfaisant à l’organisme humain, une passion utile à l’organisme social que lorsqu’il sera sagement réglementé et limité à un maximum de trois heures par jour » [29]. Il s’agit alors de « suggérer une voie autre, commençant à la base, au ras de notre quotidien, et où chacun est convié ici et maintenant à laisser fleurir son imagination, sa gaîté et sa perspicacité naïve » [30]. En un mot, de réapprendre la faculté d’user de ses propres capacités, à la place de toujours plus se laisser manipuler par la production toujours plus accrue de services hétéronomes (le dernier des chantiers ouvert par la méga-machine étant celle des fameux « services à la personne »). Il s’agit alors d’« une manière de produire fondée sur les capacités qu’à chaque personne, homme ou femme, d’agir elle-même, d’utiliser elle-même les possibilités offertes par son environnement naturel, technique et culturel pour prendre soin d’elle-même et de ses proches. Manière qui fait fond sur l’autonomie de chacun, - non pas sur l’autarcie, mais sur l’autonomie d’action -, sur ces actes multiples et variés que chacun est capable de tisser dans son existence, créant et nourrissant par là-même des relations avec ceux au milieu desquels il vit : apprendre, jardiner, cuisiner, se vêtir, faire un meuble, composter des déchets, soigner un malade, égayer une fête, élever un mur, utiliser une fraiseuse, réparer un moteur... Réhabiliter et recouvrer cette manière-là de produire suppose de désindustrialiser très largement l’économie pour réoutiller les gens là où ils vivent, dans leur commune, leur quartier, leur immeuble. Cela suppose de réorienter sciences et techniques vers la création d’outils adaptés à l’action autonome des gens » [31].

Mais dans ce dépassement du développement de l’économie inventée [32] vers la société autonome de la décroissance, « peut-on encore parler de mode autonome de production ? Des activités autonomes, où l’économique se confond avec des formes personnelles ou culturelles de sociabilité, sont-elles une “ production ” au même titre que celle d’une entreprise ou d’un organisme public ? Tuer et saler un cochon à l’aide des voisins, selon les coutumes et des règles de réciprocité qui signifiaient bien plus qu’une simple collaboration technique, etait-ce produire au même titre qu’une usine de charcuterie ? Se relayer entre parents et amis pour veiller un malade, à domicile, est-ce fournir des actes comptabilisables au même titre que ceux du personnel hospitalier ? Il semble bien que non. Ivan Illich propose de parler plutôt d’activités vernaculaires » [33]. La société de décroissance est ainsi une sortie de l’économique, de l’économie inventée, c’est-à-dire une sortie de la société de la valeur et de la valeur d’échange [34].

Comme l’écrit de façon visionnaire Lafargue, « la quantité de travail requise par la société est forcément limitée par la consommation et par l’abondance de la matière première » [35]. Et cela même dans une pseudo économie qui n’aurait d’ « immatérielle » que le nom. Néo-marxisme (altermondialisme) et libéralisme ont pourtant comme point commun de faire de la rareté la malédiction permanente pesant sur les humains, et de la poursuite de l’abondance la condition de leur émancipation. Ils pensent que c’est l’abondance (permise par les bases matérielles de la croissance économique) qui permettra « l’élévation du niveau de vie » c’est-à-dire l’ obtention d’un « minimum vital ». Or la rareté est en réalité totalement fictive, elle est l’illusion naturelle des économistes libéraux et des sociaux-économistes critiques (marxistes ou « atermondialistes »). Car « ces misères individuelles et sociales, pour grandes et innombrables qu’elles soient, pour éternelles qu’elles paraissent, s’évanouiront comme les hyènes et les chacals à l’approche du lion, quand le prolétariat dira : ‘‘ Je le veux ’’ » [36]. L’anthropologue Marshall Salhins est largement venu corroborer ces vues [37] : Nos ancêtres de l’âge de pierre ne travaillaient pas 35 heures par semaine pour satisfaire leurs besoins. Ils ne faisaient que trois ou quatre heures de « travail » par jour pour assurer la satisfaction des besoins du groupe. L’âge de pierre n’était pas un âge de la rareté mais de l’abondance.

Dès 1981, Jacques Ellul fixait comme objectif la réduction drastique du temps de travail. Les 35 heures ? Non, « c’est totalement désuet ». Le but à atteindre : deux heures par jour [38]. Certes, reconnaît-il cela n’est en rien facile ni sans risques : « Je sais très bien ce que l’on peut objecter : l’ennui, le vide, le développement de l’individualisme, l’éclatement des communautés naturelles, l’affaiblissement, la régression économique ou enfin la récupération du temps libre par la société marchande et l’industrie des loisirs qui fera du temps une nouvelles marchandise ». Mais s’il imagine facilement « ceux qui vivront collés à leur écran TV, ceux qui passeront leur vie au bistrot », etc., il se dit convaincu qu’ainsi « nous serons obligés de poser des questions fondamentales : celles du sens de la vie et d’une nouvelle culture, celle d’une organisation qui ne soit pas contraignante ni anarchique, l’ouverture d’un champ de nouvelle créativité... Je ne rêve pas. Cela est possible. (...) L’homme a besoin de s’intéresser à quelque chose et c’est de manque d’intérêt que nous crevons aujourd’hui ». Avec du temps libre [39], et des possibilités d’expression multiples, « je sais que cet homme ‘‘ en général ’’ trouvera sa forme d’expression et la concrétisation de ses désirs. Cela ne sera peut-être pas beau, ce ne sera peut-être pas élevé ni efficace ; ce sera Lui. Ce que nous avons perdu » [40].

Serge Latouche dégage alors quatre facteurs pour la création d’une société autonome débarrassée du travail : « 1) La baisse de la productivité incontestable due à l’abandon du modèle thermo-industriel, 2) La relocalisation des activités et l’arrêt de l’exploitation du Sud, 3) La création d’emplois pour tous ceux qui le désirent, 4) Un changement de mode de vie et la suppression des besoins inutiles. Les deux premiers jouent dans le sens d’un accroissement de la quantité de travail, les deux derniers en sens contraire. Mon sentiment est que la satisfaction des besoins d’un mode de vie convivial pour tous peut être satisfaite en s’orientant vers une diminution sensible des horaires du travail obligatoire » [41]. Nous pourrions ainsi arriver à terme à nous « activer » (et pas travailler) qu’une vingtaine d’heures par semaine (soit deux ou trois heures par jours).

Ces élucubrations sur la sortie du travaillisme ne sont pourtant pas de simples jeux de langage de paresseux. En effet, certains « experts » (nom de code pour « crétin d’Etat »), peut-être un peu moins paresseux que les autres, « affirment que la troisième révolution technologique a multiplié par quatre la productivité dans les pays les plus industrialisés. Ils en tirent la conclusion que le temps de travail salarié, à condition de mieux le distribuer et d’en organiser différemment le partage, pourrait se limiter à une durée de deux heures - moins encore que les trois heures préconisées par Lafargue ! » [42].

Il est bien sûr évident « que le temps gagné n’est pas du temps non aliéné puisque consacré à la télévision et aux loisirs marchands » [43]. Comme le faisait remarquer Charbonneau, « cette société des loisirs est aussi contraignante que celle du Travail. Encore plus directement menacée par l’ennui, elle se lance, jour et nuit, dans une rage d’activité que l’auto permet de déployer toujours plus loin » [44]. Alors il faut certainement réinvestir la paresse, la créativité, la vie ordinaire. Mais également comme « le travail emporte tout le temps et avec lui on n’a nul loisir pour la République et les amis » [45], ce temps libéré doit nous permettre de disposer (enfin) des moyens pour faire de la vie publique une chose véritablement publique. La démocratie participative voire directe pourront dès lors être nos horizons d’attente et de réalisation concrète. Après faut-il défendre l’idée d’un « revenu universel inconditionnel » comme le pensent certains ? Ou encore faut-il revendiquer le passage aux « 32 heures pour tous » ? Il nous faut pourtant garder à l’esprit qu’il peut y avoir là (trop souvent) l’illusion de l’homme politique comme celle du citoyen [46]. Il faut peut-être préférer poser quelques balises et réaliser l’autonomie concrète, que verser dans une planification réglementaire qui glisserait trop rapidement vers une technocratie-écologiste. Certes, le revenu universel inconditionnel est peut-être intéressant pour mettre à bas la première formule de l’idéologie du travail, « Qui ne travaille pas, ne mange pas », mais il nous renvoie immédiatement vers une architecture de celle du type de l’ « ogre philanthropique » selon le mot d’Octavio Paz. Certes, difficile de croire à la génération spontanée, et la sortie de l’idéologie du travail pour tous est un point de mire qui doit être atteint par paliers. On retrouve là nombreux débats du début du Xxe siècle sur le possibilisme.

De toute façon, dans une société autonome ou l’économie serait relocalisée, « du moment que les produits européens consommés sur place ne seront pas transportés au diable, il faudra bien que les marins, les hommes d’équipe, les camionneurs s’assoient et apprennent à se tourner les pouces » [47].

Que la crise s’aggrave ! Que la vie l’emporte !

Notes :

[24] cf. Matthieu Amiech et Julien Mattern, Le Cauchemar de Don Quichotte. Sur l’impuissance de la jeunesse d’aujourd’hui, Climats, 2004.

[25] Union Nationale des Etudiants de France, Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg, De la misère en milieu étudiant. Considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier, 1966.

[26] L’impasse industrielle, par Ingmar Granstedt (Editions du Seuil)

[27] François Partant, « Pour qui travailler ? », 1982.

[28] Voir l’excellente brochure infokiosque de M. Chameau, « Vous avez dit “ autonomie ” ? Regards croisés sur les pensées de Cornélius Castoriadis et Ivan Illich ».

[29] Paul Lafargue, op. cit., p.28.

[30] Ingmar Granstedt, Du chômage à l’autonomie conviviale, co-édition Silence-Utovie-Ligne d’Horizon-MRERS, p. 4

[31] Ingmar Granstedt, op. cit., p. 8-9

[32] S. Latouche, L’invention de l’économie, Albin Michel, 2005.

[33] I. Granstedt, op.cit., p. 9-10.

[34] Anselm Jappe, Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur, Denoël, 2003.

[35] Lafargue, ibidem, p. 42. Certes l’on sait que les besoins d’objets libidinaux se sont largement substitués aux besoins réels. Il faut noter également que Lafargue comme la quasi-totalité des penseurs de Gauche, pensait grâce à l’automation faire disparaître les travaux pénibles, ce vieux rêve déjà présent chez Aristote. « C’est parce que vous travaillez trop que l’outillage industriel se développe lentement », p. 45. Ou encore « Pour forcer les capitalistes à perfectionner leurs machines de bois et de fer, il faut hausser les salaires et diminuer les heures de travail des machines de chair et d’os », pp. 45-46. « La machine est le rédempteur de l’humanité, le Dieu qui rachètera l’homme des sordidae artes et du travail salarié, le Dieu qui donnera des loisirs et la liberté », p.59. La fin du travail comme la pense Lafargue intègre ainsi les gains de productivité rendus possibles par le machinisme. Cette position était encore présente dans l’Ultra-gauche, chez un Asger Jorn ou un Murray Bookchin par exemple, jusqu’à (notamment) l‘aventure des éditions de l’Encyplopédie des Nuisances à partir des années 1990 qui a su engager la critique de l’industrie et de la technique. Il manquait à cette Ultra-Gauche technophile la lecture de Salhins, Clastres, Husserl, Anders, Arendt, Heidegger, Henry, Orwell, Adorno et Marcuse. Ils ne lui manquent plus.

[36] Ibidem. P.28.

[37] Marshall Salhins, Age de pierre, âge d’abondance, Bibliothèque des sciences humaines, Gallimard.

[38] Ellul s’inspire de deux ouvrages d’Adret, Deux heures par jour et du même auteur La Révolution des temps choisis.

[39] Pour une critique correcte du temps libre marchandisé cf. Guy Debord, La Société du Spectacle, Chapitre VI « Le temps spectaculaire ».

[40] Jacques Ellul, Changer de révolution cité par Jean-luc Porquet in J. Ellul L’homme qui avait (presque) tout prévu, Ed. Le Cherche Midi, 2003, pp. 212-213. Repris de Latouche ci-dessous.

[41] Serge Latouche, « Deux heures de travail par jour ? », dans La Décroissance, n°23, septembre 2004, p.7.

[42] Gigi Bergamin, op. cit., p. 72.

[43] P. Ariès, op. cit., p. 106.

[44] Charbonneau, Le Jardin de Babylone, L’Encyclopédie des Nuisances, 2002 (1969), p. 191.

[45] Citation de Xénophon, in Lafargue, op. cit., p. 58.

[46] J. Ellul, L’illusion politique, La Table Ronde, 2004 (1965).

[47] Paul Lafargue, op. cit., pp. 47-48.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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