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A quoi ressemblerait un syndicat décroissant ?
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 26 Jan 2007 17:25    Post subject: A quoi ressemblerait un syndicat décroissant ? Reply with quote

Il s'agit d'une ébauche rédigée sur un coin d'écran, dans un état de fièvre hivernale.

Il n'en reste pas moins qu'une transition hors de l'économie devrait faire l'objet d'une entraide organisée, et donc d'un syndicat, dont on définit ici l'objet et quelques idées de stratégies pour y parvenir.


Quote:
A. PREAMBULE

Précisons que le terme « économie » désigne ici l’économie marchande, c’est-à-dire l’ensemble des activités motivées par des flux d’argent et, comme telles, objectivables. L’expression « sortie de l’économie » désigne la diminution de ces activités, et donc le remplacement des liens marchands (entre acheteurs et vendeurs) par d’autres types de liens dont il n’est pas question ici.

Le terme de « syndicat » désigne de façon classique une organisation d’entraide entre travailleurs. Nous verrons qu’un syndicat décroissant ne saurait pour autant s’en tenir à cette seule vision.


B. OBJECTIF

L'objectif du syndicat est l'organisation d'une sortie collective de l'économie.

Il soutient ses membres dans ce but, et avec les moyens suivants.


C. MOYENS

1. Partager l'accès aux emplois aujourd'hui disponibles.

Les emplois doivent être partagés le plus largement possible. Cela consiste non seulement à appuyer les demandes de temps partiel des adhérents, mais à veiller à ce qu'une telle diminution du temps de travail ne conduise pas à une augmentation de productivité. Il en résulte la possibilité de fournir de nouveaux emplois aux adhérents, pour un volume identique d’activité économique.

Le syndicat est apte à argumenter face au refus du partage du travail, en particulier d'après la nécessité d'une sobriété des pays industrialisés en termes de consommation d'énergie et de matières premières. Il fournit donc un appui juridique pour défendre publiquement la décroissance de la consommation et la sortie collective de l'économie.

Le syndicat s'oppose aussi aux dispositifs déconnectant travail et revenu. La raison en est qu’un tel principe ne permet pas de mettre en œuvre les moyens, exposés ici, d’une sortie de l’économie.


2. Rendre public les contenus et les finalités des professions.

Les contenus du travail doivent être discutés et critiqués, au delà des critères de rentabilité et de création d'emplois. En conséquence, le syndicat soutient les reconversions professionnelles entre professions et secteurs économiques. Une attention particulière est portée sur le secteur agricole, dont on vise en priorité, à l’instar des autres secteurs, la déprofessionalisation et la désindustrialisation.


3. Organiser et motiver des refus de gains de productivité

On vise à favoriser une conscience collective des limites à imposer aux volumes et aux vitesses de production et de travail. A cette fin, l'organisation du travail fait l'objet d'une attention au moins égale aux conditions de travail. L'objectif de l'organisation de travail doit être le partage du travail, et non la productivité (que ce soit par unité de main-d'oeuvre, ou par unité de temps).

Les changements technologiques font donc l'objet d'une évaluation sociale qui conduit à les accepter ou à les refuser pour les motifs défendus par le syndicat.


4. Se lier, par secteur professionnel, à des organisations de consommacteurs

Ce point est essentiel, si ce n’est le plus important de tous : le syndicat est lié de très près à un réseau de consommateurs.

Les travailleurs du syndicat adhèrent à différentes associations de consommacteurs, chacune relative à ce que les travailleurs achètent et utilisent actuellement avec leur salaire. Le consommateur n'est donc plus roi, car il souhaite ne plus exploiter les autres travailleurs.

L'alliance entre le syndicat et les associations de consommateurs a pour objectif le décapitalisme, c'est-à-dire la réalisation des mêmes services et productions avec des flux d'argent en diminution. Cela signifie concrètement que la diminution du temps de travail du travailleur coïncide avec la participation de celui-ci à la production des biens qu'il utilise. Cette participation n’est pas chiffrable ni objectivable. Elle fait l’objet d’un accord au sein de chaque association de consommacteur.


5. Fermer les marchés du travail, organiser une solidarité internationale avec les travailleurs migrants.

La fermeture des marchés du travail pour chaque profession vise à éviter la constitution d'une armée industrielle de réserve, et non pas à laisser telle quelle la situation des travailleurs migrants, clandestins ou saisonniers, aujourd’hui appelée à s’aggraver avec le mouvement plus général de dérégulation du marché du travail (flexibilité).

La situation des travailleurs migrants est donc mise au jour par le syndicat, qui aide à l'organisation collective des travailleurs migrants sur place et dans leur pays d'origine.

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korrotx.
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PostPosted: 29 Jan 2007 15:31    Post subject: Reply with quote

J'ai pas bien saisi comment marcherait le point 5, à part ça je trouve que c'est plutôt vivifiant comme syndicat, par rapport aux trucs qu'on voit régulièrement sur les tracts syndicalistes habituels.
En même temps une telle application des idées décroissantes permet de mieux se rendre compte à quel point c'est en décalage avec l'hypnose économiste ambiante...
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Deun pas loggué
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PostPosted: 29 Jan 2007 20:46    Post subject: Reply with quote

Oui, korrotx. Le point 5, c'est à creuser. Le lien avec le reste n'est pas forcément évident... c'est juste qu'il faut tenir compte du contexte, à savoir que déjà un certain nombre de profession vont faire l'objet d'un marché du travail de taille européenne (dont agriculture, informatique), et que d'une manière ou d'une autre la survie ou la transition hors marché suppose que le marché soit un minium maîtrisé par les travailleurs le temps qu'ils s'en extraient.

Reste la justification d'un syndicat pour la sortie de l'économie.
Si l'on prend au sérieux la faillite actuelle du système, injuste, et l'impuissance de ceux qui pourtant en bénéficient, pense-t-on véritablement s'en sortir seul avec quelques amis, à base de retour à la terre ?

Ca peut marcher pour certains, qui ont le capital pour (culturel mais aussi économique), quoique cela suppose de s'épuiser contre un système qui n'autorise pas de juste milieu, ou de se trouver des niches protégées et très compliquées, et où les places sont comptées. Et les autres ?
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korrotx



Joined: 16 Oct 2004
Posts: 327
Location: Euskal Herria

PostPosted: 30 Jan 2007 9:25    Post subject: Reply with quote

Quote:
Si l'on prend au sérieux la faillite actuelle du système, injuste, et l'impuissance de ceux qui pourtant en bénéficient, pense-t-on véritablement s'en sortir seul avec quelques amis, à base de retour à la terre ?

Ca peut marcher pour certains, qui ont le capital pour (culturel mais aussi économique), quoique cela suppose de s'épuiser contre un système qui n'autorise pas de juste milieu, ou de se trouver des niches protégées et très compliquées, et où les places sont comptées. Et les autres ?
Je me pose pas mal ce genre de questions depuis quelque-temps, autonomie pour une élite bien avisée qui a des sous, de la terre, ou des amis qui en ont, ou sortie collective du système économique? En ce sens l'idée d'un syndicat est bien vue, en même temps quand je lis ces propositions ça me fait réaliser de façon assez criante combien les gens susceptibles d'en faire partie seraient peu nombreux et combien les choses mettraient du temps à se concrétiser, comparées au temps que mettrait le système à faire faillite (ou dumoins à exclure ceux d'entre nous qu'il n'a plus intérêt à maintenir "inclus"). Du coup ça motive moins. Ce qui bien sûr n'altère en rien la valeur d'une telle initiative, mais fait plutôt lorgner sur des solutions en petits comités pour ce qui est de s'extraire effectivement du système, à défaut de pouvoir rassembler assez de gens suffisamment tôt.
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Deun pas loggué
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PostPosted: 30 Jan 2007 12:51    Post subject: Reply with quote

Il n'est pas impossible, au contraire, que beaucoup de personnes soient intéressées spécialement en France.

D'abord parce que les syndicats eux-même sont moribonds et spécialement en France, avec très très peu d'adhérents (les chiffres du secteur privé sont particulièrement ridicules, genre 3 ou 5%). Et cela bien que le marché du travail se durcisse, et que la situation exigerait plus de solidarité et d'organisation. Il y a là plus qu'un paradoxe et une spécificité française : tout simplement une place laissée vide.

Ensuite parce qu'au contraire, une visibilité syndicale ferait gagner du temps, en permettant sur le temps et le lieu de travail de se reconnaître très vite entre aliés potentiels. Là où ça prend parfois des mois avant qu'un salairé ose, ne serait-ce qu'un peu, afficher sa non adhésion au système, et le manque de professionnalisme qui peut directement être déduit d'opinion anti-productivites. En l'absence d'institution vers laquelle aller, la seule solution disponible est la défection et l'instabilité professionnelle choisie (merci les Assedic), l'investissement dans les associations (qui font un travail partiel, spécialisé) hors le temps de travail et le temps disponible qui reste en dehors de la vie domestique... ce qui est incroyablement lent et peu efficace pour la plupart des personnes qui ne sont ou ni jeunes, ou ni célibataires, ou ni sans enfant.

L'organisation en "petit comité", c'est bien, ainsi que l'autonomie collective et la capacité d'auto-défense. Mais c'est sans doute davantage un objectif, qu'une réalité que l'on peut postuler dès le départ.
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korrotx.
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PostPosted: 30 Jan 2007 16:26    Post subject: Reply with quote

Quote:
Il y a là plus qu'un paradoxe et une spécificité française : tout simplement une place laissée vide.
Pourquoi cette place est-elle vide, et en quoi un syndicat "post-économiste" pourrait l'occuper?
Quote:
En l'absence d'institution vers laquelle aller, la seule solution disponible est la défection et l'instabilité professionnelle choisie (merci les Assedic), l'investissement dans les associations (qui font un travail partiel, spécialisé) hors le temps de travail et le temps disponible qui reste en dehors de la vie domestique... ce qui est incroyablement lent et peu efficace pour la plupart des personnes qui ne sont ou ni jeunes, ou ni célibataires, ou ni sans enfant.
Vu comme ça c'est effectivement intéressant. Je n'avais pas pensé la chose dans le sens "comment le même système perdurera(it) sans ce genre de syndicat".
En fait l'inquiétude que j'ai par rapport à ça concerne la sortie du système en tant qu'expérience souhaitable mais aussi et surtout en tant qu'expérience nécessaire et relativement urgente par rapport à une situation de crise (notamment alimentaire, pétrolière ou financière) à court ou moyen terme. Autrement dit je vois mal le système perdurer longtemps comme actuellement, et si on se paupérise fortement alors qu'on n'a pas commencé à construire son autonomie, ça risque d'être amer. Et je ne sais pas si on peut parier qu'on pourra, à travers ce syndicat, sortir de l'économie sans trop de heurts avant qu'on se retrouve sans ressources.
C'est David Holmgren qui dit que la capacité à s'engager politiquement dans la société a beaucoup à voir avec la position d'autonomie matérielle où on se tient. Et si pour bouffer on reste totalement dependant d'une méga-machine agro-alimentaire, aliénante et fragile, on n'a pas de réelle capacité d'engagement politique (voir ici). Je partage assez ce point de vue. Donc c'est vrai qu'un tel syndicat peut être une aide pour une plus grande participation à la production de ce qu'on utilise, et en même temps une autonomie matérielle pour les choses les plus basiques (eau, bouffe) permet d'avoir moins la pression par rapport à l'emploi, et plus de poids quand il s'agit de négocier. Un anti cercle vicieux en quelque-sorte, le tout étant de trouver par où y entrer.
Quote:
L'organisation en "petit comité", c'est bien, ainsi que l'autonomie collective et la capacité d'auto-défense. Mais c'est sans doute davantage un objectif, qu'une réalité que l'on peut postuler dès le départ.
Tout à fait, et c'est justement parce-qu'on n'y est pas qu'on peut considérer nécessaire et urgent de gagner cette autonomie.
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zarf



Joined: 23 Aug 2006
Posts: 49

PostPosted: 30 Jan 2007 22:11    Post subject: Reply with quote

Deun a écrit:
"L'alliance entre le syndicat et les associations de consommateurs a pour objectif le décapitalisme, c'est-à-dire la réalisation des mêmes services et productions avec des flux d'argent en diminution. Cela signifie concrètement que la diminution du temps de travail du travailleur coïncide avec la participation de celui-ci à la production des biens qu'il utilise."


Ça me fait penser un peu à la préface de Bolo Bolo, sur cette idée d'un développement de l'articulation de différents modes de production/consomma(c)tion:
http://www.lyber-eclat.net/lyber/bolo/mort_economie.html
_____________________________________________________________
Quelles sont les possibilités immédiates d’une intervention politique pouvant réaliser l’alternative au Capital? Concernant les bolos, un renouveau du mouvement coopératif du logement, avec un développement des services internes, combiné à un lien direct avec la campagne, est réalisable. En effet, il y a de multiples initiatives dans ce domaine, aussi bien dans les pays pauvres du sud (par exemple la lutte des Zapatistes pour les ejidos, des initiatives dans des barrios mexicains, etc.) que dans les villes du nord. Une possibilité de construire des bolos expérimentaux est offerte par la présence d’un grand nombre de terrains industriels abandonnés dans et autour des grandes villes. Pourquoi ne pas créer des coopératives de pionniers urbains pour développer ces espaces? De plus, on ne devrait pas hésiter à mobiliser les forces politiques pour demander des subventions à l’État afin de faire démarrer de telles entreprises. Sur le plan politique, on peut lancer un programme d’investissement dans des structures d’auto-suffisance locale. Ce genre de subventions donnerait beaucoup plus de pouvoir réel au prolétariat que les paiements individuels de l’assistance sociale actuelle. Pourtant une combinaison entre subsistance, travail normal rémunéré, salaire garanti, services publics gratuits est parfaitement imaginable. Ainsi, une semaine de travail typique de la période de transition pourrait se présenter comme suit:

travail (à temps partiel) rémunéré 20 heures
travail interne mutuel 10 heures
travail communautaire 4 heures
travail ménager 6 heures

Tandis que le travail interne mutuel est comptabilisé (points, dollars, euros, dinars) et donne droit à des prestations internes de la même valeur, il n’est pas monétarisé. Le travail communautaire est forfaitaire et garantit une gamme de services gratuits. Le travail ménager reste gratuit, mais est largement réduit du fait desdits ’services’. Au fur et à mesure que la sphère strictement économique se rétrécit et que celle de la subsistance s’élargit, le travail salarié peut être réduit aux dépens des autres formes.

La proposition du revenu garanti payé par l’État pour chaque citoyen, qui est actuellement en discussion pour résoudre «le problème de la distribution», remonte aux années 50. À l’origine c’était une proposition des néo-libéraux comme Milton Friedman ayant pour but de simplifier la bureaucratie welfare et de faire des économies dans les dépenses sociales. Ce salaire garanti a besoin d’un cadre étatique solide, qui soit capable de le contrôler, d’en assurer le financement et surtout d’en exclure 90% de la population mondiale qui n’y aurait pas ’droit’. Il est évident que cette proposition ne sera jamais généralisable au plan planétaire, encore moins qu’un développement capitaliste homogène (ne serait-ce que pour les raisons écologiques mentionnées). Si on distribuait le revenu mondial (ca. 30 billions de dollars) à tous les habitants (six milliards) de la planète, on arriverait à 5000 dollars, ce qui serait 5 fois moins pour nous, mais 5 fois plus pour un Mozambiquais. Avec un marché mondial réduit à 25%, et en utilisant la moitié du revenu restant (impôts!), on pourrait payer une espèce d’argent de poche planétaire, environ 500 dollars (ou: globos) pour chacun. Ce salaire planétaire (organisé par les grandes banques, la Banque Mondiale, le FMI, Visa, EC, Mastercard, sous forme électronique?) pourrait servir de base égalitaire minimale dans la sphère d’un capitalisme résiduel.

Pour l’individu le revenu pourrait être composé de la manière suivante:

salaire individuel ca. 20 % «capitalisme»
revenu garanti (en GLOBOs) ca. 10 % «socialisme»
services publics gratuits ca. 10 % «communisme»
base de subsistance ca. 60 % «éco-féminisme»

Ce schéma peut garantir un emploi (à temps partiel) pour chacun, cédant légèrement sur le salaire, mais impliquant des investissements dans la base de subsistance, et augmentant ainsi l’indépendance vis-à-vis du Capital. En effet, le caractère non capitaliste est uniquement garanti par les proportions des autres formes de survie, notamment une prédominance de la base de subsistance. Si on ne peut pas abolir le capitalisme, c’est-à-dire l’économie, il faut le rendre superflu.
______________________________________________________________

Deun a écrit;
"Cette participation n’est pas chiffrable ni objectivable. Elle fait l’objet d’un accord au sein de chaque association de consommacteur."
Et plus haut:
"Le syndicat s'oppose aussi aux dispositifs déconnectant travail et revenu. La raison en est qu’un tel principe ne permet pas de mettre en œuvre les moyens, exposés ici, d’une sortie de l’économie."

Le principe de déconnexion entre travail et fruit du travail s'appliquerait donc dans le premier cas (participation à des travaux communautaires/consommation du produit de ces travaux) et pas dans le second (activité salariée/salaire).
Je crois en percevoir les intentions: limiter les échanges monétaires, puisque le but visé est de tendre vers un fonctionnement sans ou avec le moins possible d'argent; favoriser la consommaction et non la consommation passive.
Mais à buter sans cesse sur le même obstacle, qui semblerait être une propension naturelle de l'être humain à prendre et recevoir sans jamais donner ni rendre, propension qu'il conviendrait donc de combattre culturellement, on tourne toujours en rond: qui décide quand, où, à quelles cadences, pour combien d'argent et pour quoi faire, aura lieu cette part résiduelle de travail salarié? Un patron? Le syndicat? le travailleur lui-même?
Ne pas tenter de creuser ces questions, c'est à mon avis toujours renvoyer l'individu dans la sphère de l'économie de la concurrence, dans la soumission aux aléas des rapports de force entre offre de travail et recherche de revenu. Que cela, contrairement à aujourd'hui, ne constitue plus la base unique de subsistance pour l'écrasante majorité serait évidemment un pas en avant (oserais-je dire "un progrès"?)....
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Laurent



Joined: 22 Dec 2003
Posts: 908
Location: Région parisienne

PostPosted: 31 Jan 2007 11:36    Post subject: Reply with quote

zarf wrote:
Deun a écrit;
"Cette participation n’est pas chiffrable ni objectivable. Elle fait l’objet d’un accord au sein de chaque association de consommacteur."
Et plus haut:
"Le syndicat s'oppose aussi aux dispositifs déconnectant travail et revenu. La raison en est qu’un tel principe ne permet pas de mettre en œuvre les moyens, exposés ici, d’une sortie de l’économie."

Le principe de déconnexion entre travail et fruit du travail s'appliquerait donc dans le premier cas (participation à des travaux communautaires/consommation du produit de ces travaux) et pas dans le second (activité salariée/salaire).

Pour moi la "déconnexion entre travail et revenus" caractérise plus la rente et la spéculation que le salariat proprement dit. Je ne sais pas si c'est ce que Deun entendait par là, peut-être voudra-t-il nous le préciser. Mais si c'est bien le cas, ça ne s'oppose pas à ta première citation.

Quote:
Mais à buter sans cesse sur le même obstacle, qui semblerait être une propension naturelle de l'être humain à prendre et recevoir sans jamais donner ni rendre, propension qu'il conviendrait donc de combattre culturellement, on tourne toujours en rond: qui décide quand, où, à quelles cadences, pour combien d'argent et pour quoi faire, aura lieu cette part résiduelle de travail salarié? Un patron? Le syndicat? le travailleur lui-même?
Ne pas tenter de creuser ces questions, c'est à mon avis toujours renvoyer l'individu dans la sphère de l'économie de la concurrence, dans la soumission aux aléas des rapports de force entre offre de travail et recherche de revenu. Que cela, contrairement à aujourd'hui, ne constitue plus la base unique de subsistance pour l'écrasante majorité serait évidemment un pas en avant (oserais-je dire "un progrès"?)....

Je pense que cette part résiduelle de travail salarié dépend à la fois de la situation de chacun (contraintes non-aménageables sous forme de dettes, pensions, impôts, etc.), de ses aspirations et des organisations qu'il a pu créer ou dans lesquelles il s'est inséré. À mon avis ce n'est pas au syndicat de fixer une telle limite. Par contre le rôle du syndicat serait d'aider les personnes à faire baisser cette part quand elles le désirent, car la tendance actuelle dans la société est plutôt de la faire grimper.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 01 Feb 2007 13:47    Post subject: Reply with quote

Je comprends pas trop deun, l'objectif d'un tel syndicat.

Quote:
le terme « économie » désigne ici l’économie marchande, c’est-à-dire l’ensemble des activités motivées par des flux d’argent et, comme telles, objectivables.


c'est très ambigue tes définitions. A des moments tu parles de sortie du marché, d'autres fois tu parles de sortie de l'échange marchand, comme si l'échange marchand était le propre du marché...

Le marché c'est la propriété privée des moyens de production et de circulation des produits qui vont être échangés sous la forme-marchandise.

Le communisme, c'est la propriété sociale des même moyens et de cette même circulation des produits qui vont être échangés sous la forme-marchandise (c'est-à-dire l'égalité comparative).

Sortir de l'échange marchand, va donc bien plus loin que sortir du marché, que sortir de l'accumulation de l'argent, que sortir de la logique de la productivité, qu'un " partage au moins égal du travail " abstrait (!), qu'une volonté de faire diminuer le temps horaire mathématisé de travail devenu ainsi abstrait.

De plus tu parles de " déprofessionnalisation ", donc tu viens sur le terrain de la critique des rôles, des fonctions, des spécialités, mais tu demandes toujours un meilleur " partage " du " travail " en s'organisant toujours plus. Partage, division, séparation... ça me semble kif-kif un peu, ou alors qu'entends tu par " partage " ? Michel Lulek d'ambiance-bois que j'ai rencontré récemment, me dit qu'ils ne jouent que des rôles tournants, aucun n'est spécialisé. Certes, la menuiserie reste une spécialité en-soi, et ces produits devront bien pour être échangés, être mis en équivalence avec les autres marchandises dans ce rapport mystique que marx a appelé le fétichisme où les produits valent ce qu'ils valent qu'au travers d'une relation d'interdépendance mystique, que l'on appelle tout simplement l'économie.

Certes tu dis que les activités ne doivent pas être objectivables sous la forme de leur mise en équivalence avec leurs doubles, mais concrètement, comment mettre en pratique cela ?... Si ce n'est en déconstruisant le " travail " lui-même... ce que je ne vois pas vraiment apparaitre...

Quote:
le syndicat soutient les reconversions professionnelles entre professions et secteurs économiques.


pas vraiment d'ac. On va pas encore plus salariser les agriculteurs, si ? Cela me semble pas aller vers une sortie de l'économie, simplement une reconversion de la division des spécialistes du travail...

Quote:
Les emplois doivent être partagés le plus largement possible. Cela consiste non seulement à appuyer les demandes de temps partiel des adhérents, mais à veiller à ce qu'une telle diminution du temps de travail ne conduise pas à une augmentation de productivité. Il en résulte la possibilité de fournir de nouveaux emplois aux adhérents, pour un volume identique d’activité économique.


Ce principe très intéressant est mis en place par ambiance-bois m'a expliqué michel. Il a écrit tout cela qui j'imagine t'interessera dans Scions, travaillons (éditions réseau rEPA) (que j'ai pas encore lu car il doit me l'envoyer)

par contre je suis pas d'accord avec l'idée de " consommacteur ", il me semble qu'il faut se méfier de cette nouvelle trouvaille...

Si l'idée générale est bonne je crois que ce genre de syndicat d'entreprise doit avoir 1 objectif :

- mettre en place un temps minimum (pas seulement " partiel ") dans les entreprises qui resteront dans le cadre de l'échange marchand : Pour certains produits dont la production ne pourra pas ni être relocalisée ni être autonomisée (auto-produit), ni être démarchandisé (dans l'immédiat). Certains produits dans le cadre de ces entreprises seront ainsi toujours échangés et les travaux vivants qui les produisent seront toujours mis en abstraction. L'économie n'aura qu'un rôle minable.

Après on peut penser à des collectifs d'entraide et de coopération en vue d'une autonomie collective pour tous :

- Donner les moyens concrets aux individus de quitter l'économie de l'échange, en allant vers l'auto-production, l'auto-consommation, l'auto-construction. Ici si dans un premier temps l'agrégation des volontés peut se faire dans le cadre de la centrale économique dont a parlé f. Partant (et dont la Ligne d'Horizon ne s'est même pas se faire le porteur de ce projet véritablement alternatif), il faudra (peut-être...) penser à l'élaboration de politiques publiques qui puissent donner à l'ensemble des individus (mécanismes de redistribution, etc) les moyens de sortir de cette relation d'interdépendance qu'est l'échange des objets et des travaux réifiés.

C'est alors l'Etat qui par une politique interventionniste non plus de soutien de l'économie mais de dépérissement de l'économie. A travers certaines politiques publiques transitoires l'Etat distribuerait de la terre cultivable, éclaterait les villes, inciteraient fortement toutes les pratiques autonomes.

L'Etat dans son intervention finale contre l'économie de l'interdépendance, disparaitrait lui-même du fait de la dissolution de l'interdépendance elle-même.

Bon c'est un peu n'importe quoi parce que j'ai pas trop le temps là. Mais bon, je pense que quand même il faut que tu poses plus clairement les objectifs finaux de ton esquisse de syndicat (d'entreprise c'est bien ça ?).
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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Deun pas logué
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PostPosted: 01 Feb 2007 18:31    Post subject: Reply with quote

zarf wrote:
Ça me fait penser un peu à la préface de Bolo Bolo, sur cette idée d'un développement de l'articulation de différents modes de production/consomma(c)tion:
http://www.lyber-eclat.net/lyber/bolo/mort_economie.html


Je connaissais pas du tout... Un tord. J'ai tellement apprécié la clarté du propos que j'en ai fait une brochure en prenant 2 extraits :

http://sansmelodie2.site.voila.fr/textes/brochure_polo.pdf
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Deun pas logué
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PostPosted: 01 Feb 2007 18:32    Post subject: Reply with quote

Deun pas logué wrote:
zarf wrote:
Ça me fait penser un peu à la préface de Bolo Bolo, sur cette idée d'un développement de l'articulation de différents modes de production/consomma(c)tion:
http://www.lyber-eclat.net/lyber/bolo/mort_economie.html


Je connaissais pas du tout... Un tord. J'ai tellement apprécié la clarté du propos que j'en ai fait une brochure en prenant 2 extraits :

http://sansmelodie2.site.voila.fr/textes/brochure_polo.pdf


(à imprimer en recto verso)
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Deun pas logué
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PostPosted: 01 Feb 2007 19:04    Post subject: Reply with quote

à zarf et Clément :

Attention à ne pas se placer sur un terrain exclusivement théorique. Il y a plein de présupposés à ce que je dis-là.
A savoir ma situation personnelle de salarié et de la plupart de mes amis.
Et plus particulièrement, le dernier texte de Jeuf paru sur decroissance.info, très intéressant à tout point de vue, et entre autre parce qu'il se met en avant... chose qui coule de source dès que l'on passe à la pratique.

Dans notre situation, deux options s'offrent à nous :

- Démissionner et s'en aller dans quelque communauté ou ailleurs à la campagne, acheter alors le nécessaire en puisant dans un capital économisé (ou bien, une variante : se faire virer, toucher les assedic pendant 2 ans).
C'est la solution individuelle, à laquelle on pense tous.
En dehors de l'aspect financier, cela implique surtout de casser les liens créés là où nous vivons actuellement (et y compris professionnels d'ailleurs). Pour ma part, c'est tout simplement hors de question.

- Ne pas démissionner, mais diminuer son temps de travail (et ses revenus). Dans bien des cas, c'est plutôt difficile à faire accepter par l'employeur qui a une certaine tendance à vouloir faire travailler plus pour gagner plus... ou alors, à imposer un temps partiel hyper flexible avec de très bas revenus, comme pour les caissières de supermarché (merci l'informatique).

C'est là qu'intervient le besoin d'un "syndicat", c'est-à-dire tout simplement un soutien dans tous les sens de ce terme.

On peut ainsi donner beaucoup d'autres rôles supplémentaires à un tel syndicat. Ca peut aller assez loin sur le papier. Sur pas mal d'aspects cela revient à organiser un ou des "bolos" (voir lien donné par zarf), c'est-à-dire des foyers d'appropriation des valeurs d'usage.

C'est une proposition qui laissera froids tous ceux qui peuvent/veulent intégrer ou former une communauté dès maintenent à la campagne. Chose que je trouve excellente, mais qui ne me motive pas pour le moment.

Je pense qu'il faut arrêter de théoriser sans parler de nos situations particulières : il apparaîtra alors mieux que les solutions pratiques que nous imaginons ne sont pas généralisables, bien que syntaxiquement les phrases que nous écrivons aient une portée générale.
Ou pour le dire autrement : il n'y a certainement pas qu'une seule façon de sortir de l'économie.
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