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A quoi ressemblerait un syndicat décroissant ?
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Deun jamais logué
Guest





PostPosted: 01 Feb 2007 19:38    Post subject: Reply with quote

Clement Homs wrote:
Quote:
le terme « économie » désigne ici l’économie marchande, c’est-à-dire l’ensemble des activités motivées par des flux d’argent et, comme telles, objectivables.


c'est très ambigue tes définitions. A des moments tu parles de sortie du marché, d'autres fois tu parles de sortie de l'échange marchand, comme si l'échange marchand était le propre du marché...


Je ne parle pas de marché, mais bon on peut en parler. Il se trouve que j'essaie de comprendre depuis plusieurs mois ce que c'est qu'un marché concrètement, alors...

Clement Homs wrote:
Le marché c'est la propriété privée des moyens de production et de circulation des produits qui vont être échangés sous la forme-marchandise.


La propriété privée, c'est la propriété privée. Le marché c'est conconcrètement : un lieu où s'échange des choses objectivées par leur caractériques, et spécialement par leur prix.
A ne pas confondre avec le marché comme idéal économique -et j'ajouterais, moral : fluidité, atomicité, etc

Clement Homs wrote:
Le communisme, c'est la propriété sociale des même moyens et de cette même circulation des produits qui vont être échangés sous la forme-marchandise (c'est-à-dire l'égalité comparative).


Non ça c'est le capitalisme d'Etat. Le communisme, c'est autre chose, un idéal aussi (cf... tous ceux qui en parlent).

Clement Homs wrote:
Sortir de l'échange marchand, va donc bien plus loin que sortir du marché, que sortir de l'accumulation de l'argent, que sortir de la logique de la productivité, qu'un " partage au moins égal du travail " abstrait (!), qu'une volonté de faire diminuer le temps horaire mathématisé de travail devenu ainsi abstrait.
(...)


Là tu confonds deux chose :
- la porte de sortie
- l'action d'ouvrir la porte et de sortir de la pièce

La sortie de l'économie, j'en parle comme un processus. J'ai compris ce que c'était qu'être hors de l'économie (en théorie), mais merci de le rappeler encore aux autres lecteurs.

Quote:
Quote:
le syndicat soutient les reconversions professionnelles entre professions et secteurs économiques.


pas vraiment d'ac.


Tu penses que tous les métiers se valent ? Pas moi. En dehors du fait que je n'aime pas ce que je fais comme boulot, je sais aussi que c'est inutile dans un futur qui sait-on jamais sera hors économie. Ou alors ce sera vraiment pas bon signe Sourire




Quote:
Quote:
Les emplois doivent être partagés le plus largement possible. Cela consiste non seulement à appuyer les demandes de temps partiel des adhérents, mais à veiller à ce qu'une telle diminution du temps de travail ne conduise pas à une augmentation de productivité. Il en résulte la possibilité de fournir de nouveaux emplois aux adhérents, pour un volume identique d’activité économique.


Ce principe très intéressant est mis en place par ambiance-bois m'a expliqué michel. Il a écrit tout cela qui j'imagine t'interessera dans Scions, travaillons (éditions réseau rEPA) (que j'ai pas encore lu car il doit me l'envoyer)

par contre je suis pas d'accord avec l'idée de " consommacteur ", il me semble qu'il faut se méfier de cette nouvelle trouvaille...

Si l'idée générale est bonne je crois que ce genre de syndicat d'entreprise doit avoir 1 objectif :

- mettre en place un temps minimum (pas seulement " partiel ") dans les entreprises qui resteront dans le cadre de l'échange marchand : Pour certains produits dont la production ne pourra pas ni être relocalisée ni être autonomisée (auto-produit), ni être démarchandisé (dans l'immédiat). Certains produits dans le cadre de ces entreprises seront ainsi toujours échangés et les travaux vivants qui les produisent seront toujours mis en abstraction. L'économie n'aura qu'un rôle minable.

Après on peut penser à des collectifs d'entraide et de coopération en vue d'une autonomie collective pour tous :

- Donner les moyens concrets aux individus de quitter l'économie de l'échange, en allant vers l'auto-production, l'auto-consommation, l'auto-construction. Ici si dans un premier temps l'agrégation des volontés peut se faire dans le cadre de la centrale économique dont a parlé f. Partant (et dont la Ligne d'Horizon ne s'est même pas se faire le porteur de ce projet véritablement alternatif), il faudra (peut-être...) penser à l'élaboration de politiques publiques qui puissent donner à l'ensemble des individus (mécanismes de redistribution, etc) les moyens de sortir de cette relation d'interdépendance qu'est l'échange des objets et des travaux réifiés.

C'est alors l'Etat qui par une politique interventionniste non plus de soutien de l'économie mais de dépérissement de l'économie. A travers certaines politiques publiques transitoires l'Etat distribuerait de la terre cultivable, éclaterait les villes, inciteraient fortement toutes les pratiques autonomes.

L'Etat dans son intervention finale contre l'économie de l'interdépendance, disparaitrait lui-même du fait de la dissolution de l'interdépendance elle-même.

Bon c'est un peu n'importe quoi parce que j'ai pas trop le temps là.


Apparemment quelqu'un t'a piqué ton mot de passe et a écrit ce paragraphe en se faisant pour Clément Homs... Choqué

Clement Homs wrote:
Mais bon, je pense que quand même il faut que tu poses plus clairement les objectifs finaux de ton esquisse de syndicat (d'entreprise c'est bien ça


Ce n'est trop à moi de faire ça, un syndicat ça veut dire qu'on est plusieurs !
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zarf



Joined: 23 Aug 2006
Posts: 49

PostPosted: 01 Feb 2007 19:57    Post subject: Reply with quote

Effectivement, le travail à temps partiel est aujourd'hui le plus souvent subi, il est même devenu une façon d'imposer des heures sup' dans la flexibilité la plus totale (je t'embauche à 20h hebdo, avec les 60% du misérable salaire de base que tu vas toucher, tu vas ramper devant moi pour toutes les heures sup que je voudrais, mais quand je voudrais et j'ai le droit de te prévenir 5 mn avant: voir grande distribution, commerces discount et autres magasins des zones marchandes péri-urbaines).
Si on est à temps plein en cdi avec un salaire de base pas trop pourri, il y a par contre des trucs potentiellement intéressants, du moment qu'on garde la maîtrise de son temps de travail.
Par exemple, dans un service public, j'ai bossé pendant cinq ans en temps partiel annualisé à mi-temps: 6 mois de boulot à temps plein, 6 mois de temps libre, avec le salaire lissé sur l'année (demi salaire tous les mois).
Comme les périodes de travail et de non travail sont mentionnées dans un contrat, impossible pour l'employeur de pouvoir imposer quoi que ce soit d'autre.
On voit donc bien que ce qui apparait comme un cauchemar dans telle situation se révèle très différent dans telle autre, suivant qu'on a beaucoup ou pas le contrôle sur sa mobilité et son employabilité, c'est à dire suivant qu'on peut ou pas refuser du (un) travail. Et la nécessaire critique du salariat ne pourra se développer massivement en actes que sur cette base du refus de la soumission, par la fuite, l'élaboration de moyens alternatifs de subsistance, et/ou l'utilisation de dispositifs sociaux de redistribution (rmi, allocs chômages...)
Pour en revenir aux cas particuliers, pendant mes périodes non travaillées, j'étais musicien, militant, bulleur dans le hamac, promeneur de chien en forêt, homme au foyer......et c'est sûr que le passage des 6 mois de "temps libre" au 6 mois de boulot était souvent plus difficile que l'inverse!
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Jeuf



Joined: 14 Nov 2004
Posts: 1506
Location: 63 et 75

PostPosted: 12 Mar 2007 13:34    Post subject: Reply with quote

Alros du Deun, nouveau pour ta réduction de temps de travail?

moi j'ai eu une réponse négative Pleure ou Très triste
transmise par la déléguée du personnel. Pour le patron, c'est trop compliqué administrativement, vis à vis des demandes de convention, blablabla
mais je vois mon patron mercredi, je vais insister
On crée en urgence le syndicat pour faire une force de frappe..?
bon sinon je sais pas trop comment je vais m'organiser pour à partir du mois de mai...
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bolsse



Joined: 01 Dec 2005
Posts: 27

PostPosted: 18 Mar 2007 1:27    Post subject: Reply with quote

Sur le fonds, entièrement d'accord avec Deun quand il écrit :

"Je pense qu'il faut arrêter de théoriser sans parler de nos situations particulières : il apparaîtra alors mieux que les solutions pratiques que nous imaginons ne sont pas généralisables, bien que syntaxiquement les phrases que nous écrivons aient une portée générale.
Ou pour le dire autrement : il n'y a certainement pas qu'une seule façon de sortir de l'économie."

Les théories ne sont faites que pour mourrir de viellesse. Ce sont des unités plus ou moins résistantes, plus ou moins fortes, plus ou moins préparées qu'il faut engager au bon moment dans le combat et, quelque soit leur avantages, leurs mérites, leurs défauts, leurs insuffisances, on ne peut que employer celles qui sont présentes en temps utile.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 18 Mar 2007 14:29    Post subject: Reply with quote

@ bolsse : je suis bien d'accord avec toi, on ne fonde pas un changement civilisationnel sur des référentiels théoriques qui de toute façon ont été définitivement liquidés (et tant mieux). Le reflux des idéologies, ouvre aujourd'hui sous nos yeux à une militance post-moderne très proche de ce que Lyotard a appelé les " petits récits de légitimation " (opposés aux grands récits de légitimation comme le discours des Lumières, le marxisme, etc). La condition post-moderne est aujourd'hui la condition de chaque rouage dont nous sommes : la moindre velléité d'action sociale générale et concertée est suspecte. La critique de la Méga-machine à l'âge de son intégration totale en tant que mégamachinisation générale de chacune de nos vies, n'est plus possible qu'au travers d'innombrables pseudo-critiques séparées et alignées comme des platanes le long des routes. Dans la forme post-moderne de ce qui flotte comme " contestation " à la surface du Spectacle, il n'existe ainsi plus qu'un espace de protestation légitimé par l'Etat (exemple les Déboulonneurs ne veulent qu'une et seule chose : s'assoir à la table des négociations pour discuter 50x70 cm et petites culottes, etc, et retourner ensuite dans leur habitat-bulle où tel les Robinsons-particules que nous sommes, ils pourront encore vivre de la dignité d'objet d'une mathématique appliquée : la " statistique morale " de l'économie).

Dans le dépassement du classique processus de disciplinarisation, au travers de ce que Foucault a appelé la " capillarité du pouvoir " qui passe désormais dans les individus comme autant de micro-pouvoirs, la bio-politique oriente ainsi la Méga-machine vers des formes de " gestion " des conflits, qui tranchent, sans les supplanter, avec les pratiques anciennes, exclusivement répressive. La Méga-machine demande désormais de la contestation citoyenniste qui ne peut que la nourrir et la renforcer, en en gérant les contradictions dialectisées citoyennement. (Aaah les " débats participatifs " , les " panels citoyens " ou les " conférences citoyennes " planifiés pour la mise en acceptabilité de sa propre dépossession. C'est bien un comble d'en venir aujourd'hui après 2 siècles de supposée " démocratie, à parler de " démocratie participative ", formidable tautologie...) C'est cela l'impuissance politique que nous vivons concrètement dans la critique sans repères et séparée (cf. Amiech et Mattern). A part des cortèges de manifestants ou de vélorutionnaires qui un jour arriveront bien eux aussi à s'assoir à la table des négociations sans poser les vrais problèmes (l'étalement urbain, etc), cette révolte à consommer n'amène en rien à la transvaluation nietzschéenne des valeurs qu'appelle S. Latouche au travers de la " décolonisation de l'imaginaire ".

J'aime beaucoup Charbonneau et le personnalisme gascon. Toute sa vie il s'est battu pour que les écologistes passent du sentiment culturel de la nature à l'âge de la maturité. Ce qu'il appelle " mettre en raison sociale " l'écologisme, ce qu'il essayera de faire dans de petits groupes jusqu'en 1994. Ainsi si je pense comme toi que tout commence par le jeu, le conflit et le voyage, je pense qu'on ne peu en rester là. Charbonneau dans Le Jardin de Babylone a très bien montré l'échec de ce sentiment de la nature qui a été rapidement récupéré par la société industrielle.

Il ne faut pas croire, ce qui se passe aujourd'hui autour de la décroissance, en termes d'aspiration, n'est pas nouveau. Charbonneau prend l'exemple des mouvements écologistes allemands dans les années 1910, puis 1920. Et il a vu ces mêmes mouvements qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à ce qu'il se passe dans la décroissance, être rapidement récupéré par la société industrielle quand ce n'est pas par l'écologisme hitlériste (cf. aussi là dessus L. Ferry, Le nouvel ordre écologique). Le " sentiment de la nature " est un phénomène d'urbains (combien d'entre nous ici vivons en milieu urbain ou péri-urbain ?), et d'ailleurs l'électorat des Verts par exemple dans sa géographie éclectorale est un vote urbain. Charbonneau a, à mon sens, bien montré l'échec du sentiment urbain de la nature (voir tous les chapitres qu'il y consacre dans l'ouvrage cité). Si l'on ne met pas en " raison sociale " comme il dit le mouvement écologiste, alors il poursuivra dans son échec qui lui est consubtantiel.

Donc à mon sens, le voyage, le jeu, la sensiblerie écologiste, ne suffisent pas, au pire ils ne sont que le produit de la société industrielle et ne font que la renforcer (pour B.C. " les passionnés de la nature sont à l'avant garde de sa destruction "). Il faut donc passer par la mise en réflexion plutot que par le sentiment vague. La " théorie " je sais personnellement pas ce que c'est, ni la " pratique " d'ailleurs, car tout deux sont des formes de la conscience, et je pense que nous ne sommes pas que des êtres conscients (inconscient individuel, inconscient social, etc). J'ai donc plutot tendance à considérer le langage de cette vision de ce que nous sommes, comme une abstraction (toute théorique ? Clin d'oeil ). " On ne conteste jamais réellement une organisation de l'existence sans contester toutes les formes de langage qui appartiennent à cette organisation " (G. Debord)


@ Deun :

Quote:
"Je pense qu'il faut arrêter de théoriser sans parler de nos situations particulières : il apparaîtra alors mieux que les solutions pratiques que nous imaginons ne sont pas généralisables, bien que syntaxiquement les phrases que nous écrivons aient une portée générale.
Ou pour le dire autrement : il n'y a certainement pas qu'une seule façon de sortir de l'économie."


Je suis bien d'accord avec toi, mais pourquoi commencer à parler de la généralisation ? S'il faut réfléchir sur des pratiques en vue de leur généralisation, alors je pense que c'est pas dans une mouvance minoritaire qu'il faut réfléchir. J'essaye déjà de penser à partir de là où j'en suis, avant de penser pour les autres à une généralisation. De plus comment parler de " situations particulières " et ensuite parler de généralisation ? Par exemple, il est évident que les solutions pratiques et les compromis(sions) que nous nous sommes trouvés avec mon amie, mon frère et un couple, dépendent de nos situations particulières, et en cela ce faisceau de solutions pratiques n'est pas généralisable. Pourquoi vouloir partir de la généralisation comme condition de la définition de pratiques alternatives ?

Je pense mais je crois que tu es d'accord, que nous n'avons pas besoin d'attendre de sortir de ce monde-là pour commencer à le critiquer en un sens radical, c'est-à-dire dérouler les bobines jusqu'à l'épuisement des mises en réflexion sur nos pratiques quotidiennes et particulières. Le but est de trouver comment cesser le désastre, et non simplement comment s'en prémunir.

Sinon ta définition du marché est la mienne. Par contre à mon sens, oui, le communisme c'est un capitalisme d'Etat, rien de moins. Les objets ne circulent plus sous la forme de l'équivalent général argent, mais sous le forme de l'équivalent général " bon de travail ", c'est-à-dire qu'on a accès à la redistribution des produits de la production communisée, que par la mise en équivalence des travaux communusés. Quelle est la différence entre l'argent et les " bons de travail " ? aucune (cette question est longuement discuté par Henry dans le tome 2 de son Marx. Marx lui-même émettra des doutes sur ses propres théories dans la critique du programme du Gotha)

Quote:
Tu penses que tous les métiers se valent ?


Je suis bien d'accord avec toi, tous les métiers ne se valent évidemment pas. Mais c'est pas là où porte la mise en cause des rôles. C'est pas l'idée que tel métier est effectivement plus pourri qu'un autre. C'est n'est pas le métier en tant que savoir-faire brut qui est je pense critiquable, c'est le métier en tant que rôle productif dans l'équivalence générale des produits de la production des métiers divisés. L'argent n'est créé que par l'existence des métiers. Sans métiers, il n'y aurait rien à échangé. La polyactivité limitant l'échange. C'est le métier qui organise la dépendance, car un métier en tant que rôle ne peut évidemment pas permettre sa survie personnelle, il faut un recours à l'échange, donc à l'équivalence, donc à la science économique, donc à la croissance économique.

Je m'etais peut-être mal exprimé.

Quote:
Apparemment quelqu'un t'a piqué ton mot de passe et a écrit ce paragraphe en se faisant pour Clément Homs...


Il est certain que la société de décroissance idéalisée depuis 2 siècles par les milieux libertaires (une mosaique de communautés locales et micro-politiques s'auto-déterminant et s'auto-organisant dans une transparence amenant au " libre développement des individualités "), est souhaitable pour certaines personnes et qu'elle peut certes susciter un élan et une envie chez une part minoritaire de la société. Mais aujourd'hui l'essentiel des luttes libertaires sont des luttes urbaines inutiles. On réclame, on casse, on ne vit pas à la construction concrète des situations que l'on voudrait vivre. On milite toute une vie en attendant le Grand Soir. Le militant de la FA est devenu un maitre es-antiSarkozy plus qu'un porteur de ses propres idéaux à matérialiser.

F. Partant imaginait (dans un bouquin La Ligne D'Horizon qui va être réédité à la fin du mois de mars) dans une utopie un milliardaire fouriériste qui donnerait aux libertaires les moyens de vivre concrètement leurs idéaux en constituant une " contre-société ".

Cependant on peut aussi penser que cette société relocalisée dans nos vies, est soutenable écologiquement au vu du désastre qui s'annonce. Et c'est alors peut-être l'enjeu de ce que j'ai appelé de façon amusée, " l'auto-dissolution affirmative des Etats-nations ", c'est-à-dire la promotion de politiques d'Etat organisant le démantèlement des Etats. Une sorte d'Hara-Kiri étatique qui entre dans le cadre d'une dé-globalisation générale conduisant à la déconstruction de l'interdépendance machinique de nos vies pour les relocaliser dans les liens sociaux vécus directement, ici et maintenant. C'est de l'ironie bien entendu, car je crois pas un seul instant bien évidemment qu'une telle chose possible. Mais certains veulent à tout prix poser la décroissance en termes de politiques publiques en venant sur le terrain des altermondialistes, et bien ok, jouons nous aussi puisque tout ce qui brille en ces temps d'urgence écologique, ne se conçoit que dans la posture du volontarisme politique : demandons très sérieusement ce qu'on ne pourra jamais nous donner. Réclamons tout simplement ce qui est irréclamable !. Rien que pour faire réfléchir... Rien que pour faire réagir, créer le scandale et la polémique (car le mot-obus décroissance n'a pas suffit, on peut carrément parler de décroissance de la politique). Et faire monter le baromètres des insultes afin de créer et déplacer des nouvelles lignes de tension dans un imaginaire à décoloniser. Cela permettrait de se donner les moyens d'une révolution culturelle.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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Jeuf



Joined: 14 Nov 2004
Posts: 1506
Location: 63 et 75

PostPosted: 22 Apr 2007 13:56    Post subject: Reply with quote

Il paraît que ma lettre (enfin, courriel, envoyé il y a un mois) de demande de travailler moins pour gagner moins était assez pertinente. Ci-dessous, de large extraits de ce texte, en copyleft à l'usage de qui voudrait demander à travailler moins..

avec modifications à posteriori entre crochets, comme il est d'usage


sinon j'aurai finalement peut-être un mi-temps, mais par biais détourné...


Quote:

Suite à ce qui a été dit sur le sujet, j'aimerai préciser par écrit ce qui
motive une diminution de temps de travail correspondant à un mi-temps [mensualisé].C'est une
revendication peu commune dans l'économie, je le conçois. Mais dans le cadre de
la mission qui nous est impartie, elle me semble tout à fait en concordance
avec nos objectifs. C'est-à-dire que les Espace Info Energie ont été créés
suite au Protocole de Kyoto, et avec en ligne de mire le Facteur 4 (diminution
des émissions de gaz à effet serre). A mon sens, un emploi à plein temps n'est
pas compatible avec les exigences écologiques actuelles. Sans diminution du
temps de travail, il n'est ni possible de consommer moins (volontairement, et
non de la façon brutale qu'imposerait une crise à venir), ni possible de
s'occuper soi-même de ce que l'économie a détruit.

Par ailleurs, comment maintenir cet objectif de 500kg de Carbone émis, au niveau
individuel, connaissant l'intensité carbonique de l'économie : 0,12 kgC/euro ,
et avec un revenu annuel de 13000 euros? Un usage d’argent « moyen en pollution
émise » donne des émissions de carbone de 0,12*13 000 = 1500kg de Carbone par an
émis, et il n’est au final pas facile de trouver des activités fondamentalement
plus « décarbonnées » que d’autres (d’intensité carbonique inférieur à
0,10kgC/euro , par exemple).

Mes dépenses ayant été réduites dans cet objectif (sans avoir attendu 2050), je
souhaite que mes revenus soient en adéquation. Le flux d'argent, passé un
certain seuil, ou dont l’accroissement est devenu fin en soi, me semble toxique
pour la santé (avec par exemple possibilité achats de plats d'aliments toujours
plus dénaturés, ou de prothèses techniques remplaçant l'effort humain et au
final sclérosant le corps, etc...) et pour l'environnement (achats de produits
et services dont la production a forcément eu un impact sur l'environnement).


Même si [l'association]offre un nombre de jours de congé relativement important par
rapport à d'autres employeurs, jours que j'utilise déjà tous à regagner la campagne, je ne pense
pas qu'une astreinte de plus de 250 jours par an en ville permette une vie
équilibrée. Ni pour moi (qui suis peut-être plus sensible à la pollution, au
stress du danger permanent et du bruit auquel on ne peut se soustraire en
ville), ni pour personne. Bien sûr, certains trouvent des compensations
(vacances lointaines, week-end à la campagne, consommation de compléments
alimentaires, etc…). Mais aucun palliatif ne protège fondamentalement des
dommages créés par ce milieu artificiel. C'est ainsi qu'une durée raisonnable
de temps passé en ville (ville qui garde quand même tout son intérêt, de même
que mon travail à[l'association] ) me semble la meilleure façon de se prémunir de ces
risques.

J'ai ainsi pour idée, et je ne suis pas le seul, de faire un compromis (et ce
n'est une compromission à mon sens) entre vie en ville "hors-sol" certes
confortable, mais coupé de la nature et même de tous les processus de
production qui permettent d'obtenir les produits que l'on promeut en EIE (bois
énergie, capteurs solaires, isolants écologiques, puits de carbone,...), et
temps libre permettant de (re)découvrir ces moyens de production, et être en
contact avec cette réalité. J’ai pour idée de faire un compromis entre activité
hétéronome salariée, et activités autonomes fondamentale (produire une
nourriture saine, auto-construction, auto-production d'énergie..)...sans que la
première n'écrase les secondes par sa demande de temps (trois quarts des jours
de l'année), parce que l'homme devrait se mettre au service d'une nécessité
économique (quelqu' elle soit) et consacrer la majorité de son temps à une
entreprise. Je pense aussi que ce compromis serait aussi souhaitable pour un
plus grand nombre de personnes afin de pouvoir mieux appréhender
l'environnement et donc sa destruction, mais promouvoir cela est un projet à
plus long terme [ici allusion au syndicat décroissant dont nous parlons ici].



J'ai donc effectué cette demande de temps partiel pour mon équilibre personnel.
Mais bien entendu, il importe que l'impact sur l'activité de [association] ne soit
pas problématique. J'y ai réfléchis tout autant qu'à mes propres projets.
[...]

Tout ceci pourrait peut-être être testé sur une période de deux ou trois mois
avant une "officialisation" de temps réduit.


Je peux concevoir que le projet de vie que sous-tend cette demande puisse
paraître flou, mais cela n'est pas aussi flou, contradictoire que les projets
de sociétés des institutions publiques qui nous chapeautent qui visent le
Facteur 4 tout en développant les infrastructures de transports polluants,
contradictions que je déplore tous les jours en tant qu'énergéticien dans les
informations qui me parviennent. Informations dans lesquelles je ne vois pas du
tout la prise de chemin vers une solution à la crise écologique.

Je peux aussi concevoir que cette demande est difficile à mettre en place
administrativement (domaine que j'ignore), et si cela s'avère impossible,
j'envisagerai d'autres solutions.

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Jeuf



Joined: 14 Nov 2004
Posts: 1506
Location: 63 et 75

PostPosted: 11 May 2007 13:28    Post subject: Reply with quote

On apprend dans une brève dans le journal "la décroissance" de mai que des ouvriers dans une usine ont rejeté à 498 voix sur 977 une augmentation de 2,6% de leur salaire pour leur racheter 10 jours de congés payé en 2007...l'article conclut : "un petit pas vers un "syndicalisme de décroissance"?
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 11 May 2007 13:55    Post subject: Reply with quote

Ca me dit quelque chose. Mais je pense plutôt qu'il s'agissait d'un refus de céder au chantage de leur direction menaçant de délocaliser leurs emplois. Cf. 2,6% d'augmentation salaire, pour 10 jours... soit à temps plein plus 4% d'augmentation du temps de travail !
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thorgaal



Joined: 09 May 2007
Posts: 110
Location: Doubs

PostPosted: 12 May 2007 21:11    Post subject: Reply with quote

Un syndicat décroissant? Ca ferait pas parti de ce qu'on appelle "groupe d'anarchistes" dans les médias?
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