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réunion ouverte 'décroissance à Paris' 25/03

 
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Deun pas logué
Guest





PostPosted: 21 Mar 2007 20:15    Post subject: réunion ouverte 'décroissance à Paris' 25/03 Reply with quote

Lieu : M.D.S., 161 rue Saint Maur (11ème arrondissement, métro
Goncourt ligne 11)

Date : Le 25/03/07, de 16h00 à 19h00.

Les sujets de discussion proposés sont les suivants :

- Le co-habitat de nouveau

- L’organisation du stand « décroissance » pour le 31 mars

- Identifier des convergences avec différents mouvements

- Moyen d’autonomisation pour résister et repasser à l’offensive

- Discussion théorique sur la critique de la valeur
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 05 Apr 2007 17:27    Post subject: Reply with quote

Compte rendu de la Réunion ouverte du groupe "Décroissance à Paris"
25 mars 2007


Etaient présents à cette réunion : Eric, Denis, Irène, François, Alain, Vincent, Brigitte, Damien, Marie, Christophe, Antonin, Gérard, Laurent, Monique, Véronique, Agathe (rédactrice de ce compte-rendu).

Sujets de discussion à l’ordre du jour :
- Le co-habitat
- Organisation du stand décroissance pour le 31 mars
- Identifier les convergences avec les différents mouvements
- Moyens d’autonomisation pour résister
- Discussion théorique sur la critique de la valeur

La discussion s’est partagée en deux temps :
1/ l’organisation pratique du stand pour la décroissance à l’éco-village de la Mairie du XIVème organisé autour du thème du développement durable, samedi 31 mars, au Parc Montsouris.
2/ Débat Décroissance versus Développement durable

I/ Le stand du 31 mars


Antonin présente le projet de la mairie du XIVème. Il a été bien précisé que la notion de décroissance s’opposait au développement durable et avait le mérite d’apporter un peu de diversité à l’initiative. C’est l’occasion de partager des expériences pratiques ou théoriques et de créer un moment convivial, avec un pique-nique par exemple, où chacun apporterait quelque chose. Il n’est pas forcément favorable à la distribution de supports, de tracts… La question du matériel pour le stand (table, décor…) reste en suspend pour l’instant. Ce serait une façon de se démarquer de ne pas avoir un stand conventionnel.

Damien est d’accord sur le fait qu’il n’est pas nécessaire d’imprimer et de distribuer beaucoup de chose. Il est plus intéressant d’avoir un contact. Mais, l’avantage de la table et quelques papiers à présenter c’est que cela engage les gens à venir discuter.

Eric rappelle que Jeff souhaitait un stand a minima, mais il souligne qu’il est important qu’il y ait des gens pour répondre aux questions sur le stand et orienter les gens vers le groupe du pique-nique. Le stand est visible, ouvert mais est une porte d’entrée à un dispositif moins formel. Cela comporte le double avantage de laisser venir les gens et de ne pas se contenter d’être un distributeur de prospectus.

Agathe propose qu’il y ait tout de même des livres sur la table pour montrer qu’il a des choses sérieuses écrites sur le sujet, que le thème n’est pas farfelu.

Eric dit que cette occasion doit être une opportunité pour continuer la discussion des réunions, il ne s’agit pas d’arriver avec un discours tout fait.

Damien propose de faire circuler une liste où les gens peuvent s’inscrire s’ils sont intéressés et de leur donner deux ou trois événements importants. Ils repartent non seulement avec des idées, mais aussi avec des dates. Il rappelle qu’il y aura sûrement les Verts, peut-être EDF… Notre stand aura l’air cheap, il y aura sûrement un décalage.

Denis voudrait faire circuler un texte sur un projet de Syndicat décroissance. C’est une base pour discuter.

Marie rappelle qu’elle travaille à la Passerelle, où il y a beaucoup de passages, elle pourra contacter des gens (des clowns) pour être présents sur le stand. Elle peut aussi organiser un atelier brico (banderoles, nappes).

Antonin propose que l’on fasse une sorte de fresque où les gens qui passent peuvent dessiner, les enfants pourraient la compléter. Il ajoute qu’il n’est pas pour le texte sur le syndicat qui pourrait être interprété comme un manifeste… On n’est pas une association.

Réponse de Denis
Il y a des salariés qui veulent diminuer leur temps de travail. Cela ne représente pas spécifiquement la décroissance. Cette idée représente un besoin dans un contexte particulier.

Antonin considère que dans la décroissance, il n’y a plus de travail salarial.

Eric prend l’exemple de Jeff qui a fait une demande à son employeur d’un temps de travail diminué. Le syndicat décroissance serait une structure d’apporter un support et un moyen de pression pour ce genre de salarié qui se planifie un projet de sortie graduelle du salariat.

Damien dit qu’il a été dans cette situation, il a réduit son temps de travail. Il avait fait des recherches sur les moyens légaux, mais il a dû débrouiller par lui-même. Si on regarde les syndicats conventionnels (CGT, FO), leur mot d’ordre est la défense du pouvoir d’achat et de plus gros salaires. On peut revenir à l’origine du mot syndicat : ce sont des travailleurs qui s’unissent. Il y a une vision dévaluée du mot « syndicat » désormais.

Alain souligne que tous les syndicats ne fonctionnent pas de la même façon. Il serait intéressant de rencontrer des gens de SUD par exemple pour partager et profiter de leur expérience. Il trouve l’idée pertinente. Pour le 31 mars, on pourrait organiser un débat qui tournerait autour de cette idée. Ce serait bien de créer un moment qui créerait l’événement. Comment mettre en image cette idée de réduction du temps de travail ?

Denis fait la lecture du texte présentant le projet du Syndicat Décroissance. Appel pour la création d'un syndicat décroissant

Agathe demande qui est à l’origine de ce texte, qui le signe, pour identifier les initiateurs…
Alain rappelle que l’idée du syndicat est une initiative parmi d’autres.

Eric estime qu’un document matérialisant les discussions peut être une bonne chose. Le texte ne doit pas forcément être signé, car il est signé implicitement par celui qui tend le texte en est le porteur.

Christophe pensait que quelques personnes se seraient relayées sur le stand pour discuter, accueillir les gens et les inviter au pique-nique.

Antonin pense qu’il n’y a pas besoin de papier associatif, mais des livres comme « Objectif Décroissance », ou les livres de Serge Latouche peuvent être mis à disposition. La décroissance doit se vivre. On sera en représentation, on sera dans la symbolique. Les tracts (des arbres coupés) et les sites Internet sont en contradiction avec les principes de la décroissance.

Eric précise que les associations listées par Jeff ont obtenu leur propre stand. La logistique est appelée à changer.

Damien revient sur l’idée « pas de papier » qu’il trouve un peut trop radical. Il est intéressant de se poser la question des outils. Il faut s’interroger sur leur nécessité et sur leur utilisation. Mais la décroissance n’est pas l’annulation de tous les moyens de communication. Rester juste sur de l’oral est trop extrême. Ce serait mieux de laisser une table ouverte où chacun apporte son matériel, une « table patchwork »…

Alain pense que l’idée du stand « pas de papier » pourrait susciter la curiosité et qu’il y ait quelqu’un qui fasse des lectures à haute voix pour ensuite engager les discussions. Pas de papier ou autres choses : fleurs, tricots, objets recyclés ; une espèce de bric-à-brac

Christophe estime que le papier est important, comme un fenêtre vers ce qu’il y a derrière (coordonnées, idées, mots déclencheurs…)

François suggère de laisser des bloc notes où chacun peut noter, écrire des références, des idées, des messages…

Brigitte propose de rédiger des textes par thématiques (logement, nourriture..) qui seraient affichés sur un panneau, où chacun pourrait laisser des suggestions.

Antonin rappelle que c’est bientôt, qu’il n’ y a pas trop de temps pour élaborer beaucoup de choses… Il faut se mettre d’accord en un temps restreint.

Denis est d’accord pour laisser la pluralité de la décroissance. Cela le gêne qu’il n’y ait pas de papier. Pour lui, la décroissance c’est le temps de l’écriture, l’écriture est un mode de vie. Un travail à temps plein ne lui permet pas d’être décroissant.

Damien répond à Denis. Il est d’accord que l’on ne peut rien changer si l’on ne change pas son rapport au travail. Mais aborder le sujet de la décroissance en commençant directement par la remise en cause du travail est peut-être trop brutal. Le travail a une place centrale dans la vie des personnes. Il est plus simple d’aborder la question par des thématiques périphériques. Sur le matériel, on peut utiliser le texte « La décroissance en 10 points » écrit par les Casseurs de pub. Cela met du concret, de la pratique en avant. Il y a aussi la Foire aux Questions du site décroissance.info. Il rappelle que le stand « décroissance » sera déjà en marge au milieu d’un événement sur le développement durable. Autant être vraiment alternatif, et aller jusqu’au bout de ce décalage. On ferait mieux de forcer les gens à sortir et faire un jeu de piste avec un jeu de piste, des flèches, un panneau « les décroissants sont ailleurs ». Les personnes auront fait l’effort de sortir du parcours standard, elles seront plus motivées.

Christophe ne veut pas que l’on réduise l’événement au dispositif. Il est important de laisser une trace, de solliciter un souvenir.

Alain est d’accord pour mettre en place deux espaces insolites : un stand vide mais animé et un « ailleurs ». L’idée de sortir du salon lui semble très bonne.

Sarah revient sur l’idée du travail. C’est une notion centrale dans la vie des personnes, mais elles n’en sont majoritairement pas satisfaites. C’est un sujet porteur.

Christophe souligne qu’il faudra faire attention à bien accueillir les gens, ne pas faire croire aux visiteurs que nous nous sommes éloignés pour éviter le contact.

II/ Décroissance versus Développement durable

Christophe estime que la question des similitudes et différences entre décroissance et développement durable est importante car elle va être souvent posée lors du salon

Damien rappelle que le mot « décroissance » a été construit en réaction aux mots « développement durable ». Le mot décroissance (initié par Latouche et les Casseurs de pub lyonnais) a été conçu pour ne pas être récupérable. Les entreprises se sont emparées du terme « développement durable » pour s’habiller d’une conscience éthique et pour faire en sorte que l’on ne remette pas en cause leur logique de profit.

Antonin estime que la décroissance existe depuis avant Georgescu-Roegen. Il évoque la phrase de Gandhi « vivre simplement pour que simplement les autres puissent vivre ». Il apprécie l’analyse de François Schneider à propos de « l’effet-rebond ». C’est un bon angle d’attaque pour montrer les faiblesses du développement durable.

Florent dit que le développement durable n’est pas en rupture avec la situation antérieure. Le capitalisme a besoin de geler la question environnementale. Ce concept a vouloir « ingénieurer » la planète entière. La qualité de l’environnement n’a plus rien à voir avec la Nature. Cela devient un produit industriel, mesuré, que l’on pourra labelliser. Tous les plus gros pollueurs sont favorables au développement durable. Le développement est en fait un choix politique qui a été fait à un moment précis. On peut revenir dessus…

Eric rappelle que le terme « développement durable » est la traduction de l’expression anglaise « sostainable developpment ». Le développement en soi n’est pas soutenable ; c’est un processus d’inflation permanente, fondée sur le taux de croissance notamment. Le terme « développement » n’est que le terme « croissance » et croissance servait de masque pour un terme employé dans les années 70 : « l’expansion ». Le sens de l’économie était de s’étendre. Le mot « décroissance » est là pour aire voler le masque. « Développement durable » est un oxymore, un emballage pour faire passer la pilule. La décroissance veut promouvoir un mouvement autre, différent d’un processus mécanique.

Denis ajoute que le développement durable ne concerne pas que l’écologie. Cela peut renvoyer à des modes de gestion, comme la parité hommes/femmes. Par le biais de la croissance, on est obligés de déléguer nos responsabilités. On est segmenté : salarié, usager des transports en commun, consommateurs, électeurs. On est partitionné selon de certaines fonctions que l’on a dans un système. La décroissance, c’est plus que la critique du profit. Même les gens qui ont le profit, n’ont pas la puissance de changer le système. On peut profiter d’un système sans avoir d’impact dessus. Le développement durable est contradictoire : il demande des gestes quotidiens, alors qu’au quotidien, on ne peut pas être responsables. Avec le simple acte de consommer, il est impossible d’être responsable. On est obligés de faire confiance.

Christophe évoque un livre d’Hervé Kempf « Comment les riches détruisent la planète » qui présente bien ces problématiques. L’idée de décroissance était déjà évoquée lors de la conférence de Rio avec la mise en place de l’Agenda 21, elle-même déclenchée par le rapport Meadows en 1972 qui s’intitule « Halte à la croissance ». Aujourd’hui le développement durable est dévoyé par rapport à la démarche des Agenda 21, qui présentaient des indicateurs à utiliser dans les politiques des entreprises. Ils ont du mal à se développer : mais ils étaient l’objectif initial. Paris est en train de mettre en place son Agenda 21.
Pour lui, la décroissance ne s’oppose pas au développement. C’est la croissance matérielle qui doit être remise en cause. La société a mis une équivalence entre croissance, développement et accès aux richesses pour les pauvres. Aujourd’hui, la machine permettant de créer de la richesse ne permet plus de réduire les inégalités. Jusque dans les années 70, il y avait un raccourcissement des inégalités. Depuis cette époque, les écarts entre richesse et pauvreté se creusent à nouveau. Actuellement, le cap fixé, c’est la croissance.
L’effet-rebond donne le message de faire des économies d’argent grâce aux économies d’énergie pour pouvoir consommer plus de biens matériels. Selon lui, il ne faut pas s’opposer de front à tout ce qu’il y avait derrière l’idée de développement et de croissance. Il faut démontrer qu’en pratique, le développement et la croissance n’apportent pas ce qu’ils promettaient en théorie. Il faut montrer que la décroissance propose des alternatives : diminuer l’impact sur l’environnement. Avec le mot « décroissance » on choque, on provoque pour susciter la réflexion.

Monique se demande quoi répondre aux gens quand ils disent que la décroissance est une idée de riches et que l’on ne peut pas demander aux pauvres de l’appliquer.

Damien précise que le développement durable est un modèle alors que la décroissance est plutôt une phase de rétablissement pour retrouver un équilibre. Il ne faut pas opposer à la croissance infinie, une décroissance infinie. C’est selon lui, quelque chose de transitoire. On peut aussi réfléchir au terme « après-développement ». A un moment dans l’Histoire, le développement a atteint son but, à peu près les années 70 en France. La décroissance revient à réduire la voilure, si l’on prend l’image d’un bateau, mais cela ne dit pas ce qu’il y a après.

Eric dit qu’il emploie le terme de « décroissance » contre le développement. Il n’y a rien de naturel à dire que le développement ait apporté quelque chose. La société du développement est issue d’une Europe conquérante qui démarre à la fin du XVème siècle. On peut adopter d’autres modèles, d’autres moteurs à l’édification d’une société qui ne soient pas ceux du développement, y compris ceux du confort matériel. Il ne se considère pas capable d’adopter à un abandon des conditions de confort dont nous bénéficions actuellement. Ces choses ne valident pas la pertinence du modèle. Pour lui « décroissance » sert à dire que le processus de développement a besoin d’être interrogé. On a trop naturalisé des conceptions de ce que devraient être certains choix de civilisation. Le problème n’est pas de proposer simplement de proposer une décroissance matérielle. Réduire les volumes sans remettre en question les moyens de production et d’échanges est absurde. Il risque d’y avoir un resserrement et une saisie violente de nos sociétés. Le danger de penser la décroissance uniquement en termes économiques comporte le risque de créer plus de liens, pas dans le sens de liens autonomisant, mais des liens aliénants. Il prend l’analogie de l’engrenage, du rouage, du lien de la machine.

Florent est d’accord avec Eric. Le mot « développement » fait référence à l’économie ; cela désigne l’industrialisation de nos modes de vie. Cela peut prendre des formes très variées. On passe par de plus en plus d’intermédiaires. Ce processus a commencé avec l’arrivée des Européens en 1492 aux Amériques ; c’est le début de l’invasion du mode de vie occidentale qui continue encore aujourd’hui. La critique du développement est liée à la mise en système de nos modes de vie.

Agathe revient sur la question de Monique qui se demandait quoi rétorquer aux gens qui critiquent la décroissance en disant que c’est une solution de riches inapplicables aux populations les plus défavorisés. L’idée de décroissance est préconisée pour les sociétés en état de surconsommation comme les nôtres.

Vincent voulait poser la question du seuil. Jusqu’où s’arrête-t-on dans le processus de décroissance ? A-t-on réfléchi au résultat auquel on veut arriver ?

Christophe revient sur l’évocation de Christophe Colomb et de l’imposition du mode vie occidental. Cette période de la Renaissance renvoie à ce qu’Egard Morin appelle « le paradigme occidental », casser les liens, isoler l’objet et jouer sur des paramètres. Au bout d’un moment, on ne sait plus comment cela fonctionne dans l’environnement naturel, c’est le cas avec les OGM par exemple. La Renaissance a séparé le religieux et le rationnel, la subjectivité et l’objectivité. On sépare le système des personnes. Les gens ne sont plus des personnes à part entière : ce sont des capitalistes, des producteurs, des actionnaires, des consommateurs. La dimension humaine est laissée de côté. Le désaccord avec Eric vient de ce que l’on met derrière le mot « développement ». Eric voit le développement comme le capitalisme. Il voit le développement comme une notion qui développe un système, un enfant qui grandit et apprend, un arbre qui pousse, des liens qui se créent. Aujourd’hui, on consomme trop par rapport à ce que la Terre est capable de nous fournir, c’est pourquoi il se concentre sur la consommation matérielle. Il est d’accord pour critiquer le capitalisme, il faut proposer un autre modèle. Depuis, la chute du bloc soviétique, il n’y a plus d’alternative au capitalisme. Il faut trouver d’autres indicateurs, les aspects objectifs et subjectifs. Il faut réfléchir à donner les moyens à tout le monde de définir leurs propres besoins et contrer la coercition des puissants. Pour les pays pauvres, il faut arrêter de leur imposer notre vision. On les laisse trouver leur propre solution : on arrête de venir chez eux avec des armes et des médicaments.

Damien dit que l’on ne peut pas chiffrer à quel niveau on veut décroître. Il faut tout d’abord revenir à une empreinte écologique acceptable. Il faut casser le mot « développement », cela revient aussi à casser « pays en voie de développement » et « pays sous-développés ». C’est libérateur de chercher à casser cette flèche qui va vers le haut. Enfermer les gens, les pays et la nature dans un schéma unique d’un seul et même développement est nocif. Il n’est pas d’accord avec Hervé Kempf. Il ne faut pas faire d’angélisme en considérant les pauvres comme des exploités. Chacun a une part de responsabilité, il ne faut pas revenir au mythe du bon sauvage et rester dans une logique de Bien et de Mal simpliste.

Sarah répond également à la question de Monique. Si l’on se place strictement au niveau de la question de l’argent. La décroissance n’est pas strictement une histoire de riches. C’est un problème de qualité de vie et de relations.

Denis pense que la décroissance peut tout de même s’appliquer aux gens défavorisés. François Partant travaillait sur les politiques de développement en Afrique et a montré que ce système d’aide ne fonctionnait pas. Le développement revenait à décloisonner une région et l’ouvrir à un marché. La première étape est d’instaurer une langue nationale pour créer des marchés. La décroissance s’adresse aussi à ces pays pour leur dire « Ne tentez pas votre chance sur ce terrain. Nous en tant que gagnants, nous ne sommes pas très heureux ». La décroissance, c’est la décroissance de tout, d’un ensemble. Cela revient à sortir de la logique de marché.

Damien revient sur cette idée de la décroissance en tant qu’ « idée de riches ». Une mesure décroissante, réformiste, serait l’interdiction de posséder un logement, de le louer ou de le vendre. On pourrait aussi interdire la possibilité d’avoir deux logements. Cela relâcherait la pression sur les gens qui ont du mal à se loger.

Florent évoque le livre de Serge Latouche, la Pari de la décroissance, qui comporte beaucoup de chiffres. Il souligne que la décroissance serait un moyen de cesser à chercher le bon indicateur. La fixation d’un indicateur trop rigide risquerait d’amener des dérives autoritaires.

Damien répond à cette intervention en évoquant le documentaire d’Al Gore dont le message s’est transformé en message électoral. Il perçoit des signes d’une dictature écologique se mettre en place avec l’instauration de mesures, de quotas, des tickets de rationnements (évoqués par Yves Cochet notamment). Le système politique n’est pas adapté à la crise écologique qui arrive

Christophe continue cette remarque avec l’idée de la critique du système. Il convient de mettre en évidence que le capitalisme a réuni les conditions pour permettre les abus constatés actuellement. La critique de l’indicateur n’est qu’une parcelle d’un système plus grand qui se justifie par cet indicateur. Changer l’indicateur ne changera pas le système dans son ensemble.

Laurent revient sur le terme « développement ». Dans « développement durable », on évoque un contexte particuliers d’après-guerre. Le développement désigne l’intégration des pays défavorisés dans l’économie mondiale.

Prochaine réunion :
Le dimanche 15 avril 2007 au même endroit, 16h, Maison du développement solidaire, 161 rue Saint Maur
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