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L'éco-tartufferie: le revenu minimum garanti de decroissance
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 19 Jun 2007 22:13    Post subject: L'éco-tartufferie: le revenu minimum garanti de decroissance Reply with quote

Tout à fait d'accord deun avec ce que tu écris dans un autre topic sur notre ami André Gorz. Cela m'a rapidement donné l'envie de mettre quelques trucs au point sur ce personnage et sur le troupeau de ses suiveurs.


Quote:
L'éco-tartufferie du mois : le " revenu minimum garanti de décroissance ".


Quote:
« Rien de l’activité volée dans le travail
ne peut se retrouver dans la soumission à son résultat »

Guy Debord, La Société du Spectacle, thèse 27.


A la suite des thèses d’André Gorz dont certains piètres objecteurs de croissance, après les écologistes, ont fait leur gourou (cf. le numéro 2 de la revue de l’écologisme cybernétique, Entropia), et de tous les discours qui viennent avec sur « la fin du travail » ou sur la fameuse « économie immatérielle », Paul Ariès et certains objecteurs de croissance après lui, soutiennent l’idée d’une « allocation universelle inconditionnelle » , d’un « revenu minimum garanti » ou encore carrément comme le comique journaliste au nez vert, Hervé Kempf (cf. son article dans le numéro de L’Ecologiste, printemps 2007), l’idée d’un « revenu maximum » que certains vont immédiatement s’empresser de qualifier de « revenu maximum de décroissance » (journal La Décroissance ) : Allez ! la formule brillante est suffisamment ronflante pour être chalandisée en temps réel sur les rayons des supermarchés de la révolte à consommer sur place. Toutes ces propositions plus politiciennes les unes que les autres, sont bien entendues confortées par le silence assourdissant de S. Latouche sur le sujet, auteur qui n’aura jamais cessé d’entretenir la confusion générale au sujet de l’a-croissance, défendant le principe de « l’internalisation des coûts écologiques » , acceptant la marchandisation et ne critiquant comme les altermondialistes que l’ « omnimarchandisation », tout en faisant du pied au malthusianisme démographique chers aux écologistes, au biorégionalisme organo-déterministe, aux élucubrations de l’holisme gaïesque, ou à une écologie technocratique d’Etat chère à son ami du parti des Verts, Bernard Guibert.

Sur cette idée d’un « revenu minimum garanti » (toujours complémentaire dans l’esprit de nos décroissants, à une autre éco-tartufferie, le « revenu maximum de décroissance »), c’est-à-dire un principe de salaire garanti et administré par l’Etat ou par le post-néo-Etat européen, à supposer qu’il soit dans le prochain millénaire arraché aux administrateurs des sociétés de croissance par un mouvement de renaissance politique, ne ferait-il pas simplement entrer un revenu supplémentaire dans le circuit de la valeur ? Car finalement, le « revenu garanti de décroissance » ne serait-il pas rien d’autre qu’un revenu-garantissant-de-se-faire-coloniser-par-l’imaginaire-économique ? Et ne présuppose-t-il pas nécessairement comme condition de sa possiblité même, l’éternisation des sociétés de croissance de la valeur, et de l’accélération illimité de cette dernière ?


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Revenu minimum de décroissance =
« Revenu garanti à se faire coloniser par l’économie » ?



Considéré carrément comme simple titre de contrat de ré-insertion dans l’économie ou plus encore (et plus grave) comme simple « droit universel », le « revenu d’existence » ne serait en réalité qu’un revenu de simple existence économique, puisque l’existence dans sa conception est réduite à notre capacité de toucher comme un droit universel, un salaire garanti par l’Etat qui redistribue la croissance de la valeur. Dans ce « revenu d’existence », il n’y a donc de Vie que sous les formes de la vie économique : c’est-à-dire que l’équivalent de la vie réelle devient un salaire, du fric et des pépettes. Et l’existence comme l’a toujours fait l’économisme de manière toute générale, est réduit à de simples représentations économiques : voilà ce que nous proposent donc les plus branchouilles de nos rebelles des sociétés de consommation ! L’intégration du « Spectaculaire intégré », comme disait Debord, sera désormais achevée par ce salaire qui aura permis à la Méga-machine de reconnaître un droit universel de ses petits piou-piou que nous sommes tous, à téter à ses puissantes mamelles de l’abondance illimitée, par lesquels on le sait, nous sommes nourris et constitués. Et du bon lait garanti par le label « Mamelle Universelle », il y en aura nous le garantissent nos décroissants en culotte courte : Pour TOUT LE MONDE !

Mais quelle est la signification réelle de ce « revenu minimum garanti de décroissance » ? Comme l’écrit le groupe Tiqqun, ce salaire minimum garanti « représenterait l’équivalent formel d’un investissement du système dans son ‘‘ capital humain ’’, d’un crédit ; il anticiperait une production à venir. Dans le cadre de la restructuration présente du capitalisme, sa revendication pourrait être comparée à une proposition néo-keynésienne de relance de la ‘‘ demande effective ’’ qui puisse servir de filet de sécurité au développement souhaité de la ‘‘ Nouvelle économie ’’ [néo-technologique, écologiste ou version « décroissance » par exemple] » . Dans cette optique d’utiliser un revenu d’existence pour relancer la croissance économique, on comprend donc que, comme certains idéologues de la décroissance ou de l’écologie, certains économistes adhèrent à l’idée d’un « revenu universel » ou « revenu de citoyenneté » et sont prêts à signer des trois mains ! Les imaginaires de nos belles âmes de l’alternative et celui des économistes se ressemblent en effet comme deux gouttes d’eau. Car comme le dit Onofrio Romano à l’encontre d’Alain Caillé qui soutient lui aussi le salaire social, « le revenu de citoyenneté ‘‘ radicalement inconditionnel ’’ (Caillé) est un mécanisme désincarné, selon lequel la possibilité de créer du sens est étroitement lié à une quantité de l’équivalent général (l’argent). Le promouvoir signifie reconnaître implicitement une pleine légitimité historique à l’utilitarisme et à l’économisme qui fonctionnent de manière tout à fait homologue en posant le fétichisme quantitatif comme garantie de la neutralité qui habilite les projets existentiels subjectifs » .

Puisque l’imaginaire des « alternatifs » et des économistes ont toujours un marteau économique dans la tête, il n’est donc guère étonnant de voir la revue négriste Multitudes, qui représente aujourd’hui l’avant-garde de la cybernétique écologiste radicale, justifier un tel « revenu d’existence » par une dette sociale contractée par le capitalisme envers la multitude. L’écologiste Jean Zin proche de Multitudes, et fervent adepte de « l’économie immatérielle » et donc du revenu garanti, n’a jamais caché sa volonté de composer avec le système. Et en 2000, Yann Moulier Boutang le chien le plus fidèle de Negri, avouait enfin tout la logique profonde des propositions politiciennes que soutiennent aujourd’hui les écologistes et les décroissants : « Le capitalisme dans sa nouvelle phase, ou sa dernière frontière, a besoin du communisme des multitudes ». De Paul Ariès à Toni Négri en passant par Alain Caillé, H. Kempf et le parti des Verts, « l’économie comme disait le philosophe Vincent Cheynet, est très importante ».


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Le Papa caché du « revenu minimum garanti » cher à l’anti-libéral Paul Ariès : le grand théoricien du néo-libéralisme, Milton Friedman.


Il faut d’abord savoir qui, avant nos écologistes-de-survie, a le premier émis cette idée de la nécessité d’un « salaire social ». Et on ne sera pas étonné de voir que ce « salaire social garanti » a été pour la première fois proposé par Milton Friedman, un des économistes fondateurs attitré du néolibéralisme contemporain . En effet, selon lui, l’octroi d’une aide existentielle de survie à chaque nécessiteux devrait permettre de faire l’économie de toutes les autres aides publiques, telles que l’indemnité de chômage. Les écologistes comme Gorz, ont simplement pompé cette thèse aux néolibéraux, en faisant jouer à ce salaire social garanti un tout autre rôle en le rapportant à un autre contexte : le catastrophisme écologiste. Dans le contexte de réflexion politique qui depuis les années 70 est marqué chez les écologistes par le dégagement d’une pensée autour de « l’organisation progressive d’une économie planétaire de survie » comme disait René Dumont , l’idée d’un salaire socialement garanti par l’Etat, a pour objectif dans le projet des écologistes d’organiser la préparation d’une véritable économie permettant de survivre aux catastrophes écologiques qu’ils appréhendent, de permettre de dégager comme le pensait Gorz, à côté de la sphère totalement marchande, une sphère basée sur la coopération libre et dégagée de la forme-valeur. Ce revenu garanti permettrait aux gens, et notamment les « marginaux », les « naufragés », les « chômeurs », de s’auto-organiser leur survie dans une sphère à part. Voici le projet politique qu’il y a derrière, c’est-à-dire la finalité avouée de ce revenu garanti par l’Etat, et ceci dans l’imaginaire politique des écologistes de Gorz à Negri en passant par les décroissants politiciens.


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André Gorz
et la baudruche du néo-capitalisme écologiste des décroissants.



Anselm Jappe est certainement celui qui a le plus magnifiquement déconstruit toute l’œuvre de A. Gorz, et pas seulement sur ce point propositionnel, puisque que cette énième fausse-bonne proposition de « revenu garanti », exprime une mécompréhension profonde chez Gorz (et plus encore chez Negri) de ce qu’est la catégorie du « travail abstrait » au sein de l’invention de l’économie. En effet remarque Jappe, cette sphère que cherchent à promouvoir les écologistes au travers de ce revenu garanti, n’a évidemment rien d’autonome, elle ne peut exister par elle-même, elle devrait être soutenue économiquement en permanence par l’Etat, notamment au travers de la distribution du revenu social garanti. « Gorz, écrit Jappe, sait qu’une quantité réduite de travail signifie en même temps une quantité réduite de valeur. Mais il ne voit pas que cela implique nécessairement une quantité réduite d’argent. A la production accrue de biens d’usage ne correspond pas une augmentation de la valeur, mais sa diminution ; il y a donc bien peu à ‘‘ redistribuer ’’ en termes monétaires. Pour croire qu’il y a des quantités énormes d’argent à ‘‘ redistribuer ’’, il faut prendre pour ‘‘ argent comptant ’’ les sommes fictives créées par la spéculation. L’Etat ne peut aidé [notamment à l’aide du salaire social garanti] le secteur du non-travail - même s’il le voulait - que dans la mesure où il y a encore des procès de valorisation réussis qui produisent de l’argent ‘‘ valable ’’. Ceci n’est possible que lorsque l’économie nationale en question - qui doit créer la ‘‘ base imposable ’’ qui permet à l’Etat de financer ses interventions - résiste à la concurrence toujours plus acharnée sur les marchés mondiaux. Autrement dit, toutes les propositions faites dans les pays les plus riches pour une redistribution monétaire en faveur des secteurs non ‘‘ rentables ’’ - donc à nourrir des ‘‘ bouches inutiles ’’ - présupposent toujours tacitement que ces économies maintiennent leur position de gagnants au détriment du reste du monde. Enfin cette perspective de ‘‘ no-profit ’’ n’est pas très différente de celle des néokeynésiens altermondialistes : oui à la marchandise, à condition pourtant qu’elle reste dans ses bornes et renonce à dévorer la société entière. Ce qui n’est rien d’autre qu’un vœu pieux. Mais même ici existe que ces théories bien intentionnées de Gorz et d’autres écologistes servent finalement à gérer la nouvelle pauvreté causée par le rétrécissement du travail : on invite les marginalisés à organiser eux-mêmes leur survie en s’aidant l’un l’autre et en échangeant directement des services - mais toujours à un niveau matériel très bas, parce que naturellement les ressources resteront réservées en priorité aux circuits mercantiles, même quand seulement une minorité infime pourra s’en servir. Et rien ne changerait si l’on réalisait la proposition, commune aux différentes âmes de la nouvelle contestation, d’instaurer un ‘‘ revenu de base ’’ ou ‘‘ salaire social ’’ à attribuer à chaque citoyen, indépendamment de son travail. Ce n’est pas par hasard si le salaire social a été proposé il y a bien des années précisément par Milton Friedman, un des fondateurs du néolibéralisme. Selon lui l’octroi d’une aide survie à chaque nécessiteux devrait permettre de faire l’économie de toutes les autres aides publiques, telles que l’indemnité de chômage. Auparavant déjà, pour les théoriciens du libéralisme comme Quesnay, le soin des pauvres était un des rares devoirs auxquels l’Etat devait se limiter. Et si le salaire social sera vraiment introduit, ce sera sous cette forme. Dans une situation de précarisation généralisée, où les embauches temporaires, le temps partiel, les stages de formation, etc., alternent avec le chômage et le travail au noir, une telle aide minimale n’a rien d’émancipateur, mais faciliterait l’extension ultérieure de ces pratiques. Il faudrait combattre le travail en tant que tel, même là où il existe encore, au lieu de proposer des solutions pour faire survivre les nouveaux pauvres sans qu’ils demandent l’accès aux ressources » .

Ainsi la pensée d’André Gorz tourne sur elle-même et finit par se mordre la queue. Gorz espère dégagé à côté et de manière complémentaire à la sphère mercantile, une autre sphère. Il pense réaliser cela avec le revenu minimum garanti. Cependant pour que l’Etat obtiennent des salaires à redistribuer à tous comme un droit universel, il faut fiscaliser les valorisations qui se produisent dans la sphère mercantile marchandile. En fiscalisant (avec les éco-taxes chères aux écologistes, par exemple ; ou encore la fiscalité sur les riches hyper-consommateurs comme le pensent H. Kempf et le journal La Décroissance), on prend sur le processus de valorisation capitaliste. Donc on présuppose le maintien du capitalisme, et forcément la croissance (comment fiscaliser des valorisations sans croissance de la valeur ?), puisque les solutions que l’on propose ne peuvent pas se passer du capitalisme et de sa croissance de la valeur. Donc, nos comiques du mouvement de la décroissance, en proposant un « revenu minimum garanti », ont besoin obligatoirement d’une bonne croissance économique. Car sans croissance économique, la source de la valorisation se tarit progressivement, et il n’y aura donc plus à redistribuer, des salaires, des augmentations de salaires, des allocations, des remboursements de sécurité sociale, des pensions de retraite et des « revenus minimum garanti ».

Alors décroissance... ou croissance économique ? Faudrait savoir ! Les écologistes veulent-ils réellement sortir de la société de croissance ? Ne préfèrent-ils pas « écologiciser l’économie » et les sciences économiques comme le pensait l’économiste cybernéticien Georgescu-Roegen ? Après cette démonstration, la question ne se pose même plus.


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Le développement illimité de la techno-abondance :
condition de possibilité du « revenu minimum garanti de décroissance ».


Mais Milton Friedman n’a pas été le seul a penser la possibilité de ce « salaire social » garanti, puisque c’est en 1934 dans Le socialisme distributiste, que Jacques Dubouin préfigurait un revenu garanti pour sortir de la crise mondiale post-1929. Mais encore une fois, l’imaginaire de l’abondance illimitée était le principe de ce revenu garanti distributiste : dans la réflexion de J. Duboin, on allait déjà vers ce qu’allait appeler Gorz comme « économie immatérielle ». En effet deux ans auparavant en 1932, Dubouin avait écrit son ouvrage, La grande relève de l'homme par la machine. On baignait là dans l’utopie de l’automotisation, de l’automation, préfigurant déjà les utopies néo-technologiques d’André Gorz. Ainsi J. Dubouin a été amené à définir un salaire social garanti, comme il suit : puisque demain les machines, les robots et les procédés technologiques travailleront à la place des humains, l’appareil de production sera une simple machine sans humains. Dans ce cadre là, comme plus personne ne travaillera, un salaire social garanti, d’existence, sera distribué à chacun par la grande mansuétude de la Machinerie qui nous aime tous, et dont chacun d’entre nous est en droit de réclamer son amour maternel à nous entretenir dans la « survie augmentée » . Un développement technologique illimité et une cybernétisation totale de l’appareil de production, reste donc la condition de possibilité de toutes les rêveries tournant autour du revenu minimum garanti. C’est très clair chez A. Gorz, mais et cela l’été dès le début, dans les écrits de J. Dubouin.

Et c’est justement sur ce point là, que Jean-Claude Michéa a poussé carrément le bouchon plus loin dans la critique des thèses d’André Gorz, et ainsi de tous les discours sur « la fin du travail » et la fameuse « économie immatérielle », qui poussent nos écologistes à partir de ces thèses, à proposer l’« allocation universelle inconditionnelle ». Ces idées remarque-t-il, viennent en réalité comme nous l’avons dit, de l’idée selon laquelle le développement technologique permet (et permettra toujours plus) de réaliser le vieux rêve humain présent dans tous les mythes religieux comme dans toutes les téléologies progressistes (libérales ou totalitaires), d’une abondance matérielle illimitée. Cette utopie de techno-abondance illimité est donc tenace, y compris donc chez les décroissants. Et ceci il le dit de façon très pertinente, puisque nous avons déjà vu avec A. Jappe, que l’idée de Gorz de création d’une sphère non-marchande à côté de la sphère mercantile, nécessitait pour exister, que cette dernière dégage le plus de valorisation possible (notamment sur le dos de « l’économie immatérielle » permise par un développement technologique intégré et illimitée), et que la plus forte croissance économique immatérielle soit donc possible. On l’a vu, avec cette idée gorzienne, on reste donc bien malgré lui et bien malgré les décroissants qui se targuent de lutter contre l’illimitation de la croissance de la valorisation, dans la nécessité d’une croissance infinie. En cherchant seulement à complémentariser la sphère mercantile par une sphère « no-profit », on reste donc nécessairement dans l’imaginaire économique qui prétexte qu’un jour la rareté n’existera plus par le biais d’un développement néo-technologique total. L’effet paradoxal de la quête de l’abondance matérielle illimitée et de sa redistribution comme « droit universel » pour tous, est alors d’éliminer le problème de la justice pour lui préférer la société juste elle-même. Comme le note alors Jean-Claude Michéa, « à quoi bon, en effet, disputer de ce qui est dû à chacun [...] dès lors que la rareté sera un jour devenue chose du passé ? [grâce au développement néo-technologique] » Et alors en effet, « bien des discours sur la ‘‘ fin du travail ’’, le ‘‘ capitalisme cognitif ’’, ou l’idée d’une ‘‘ allocation universelle de citoyenneté ’’ suffisante pour tous les habitants de la planète, tirent de ce postulat une partie de leur curieuse ambiguïté » .

Mais le plus cocasse dans cette histoire est de voir par exemple l’inconséquence intellectuelle du journal La Décroissance, qui par un tour de magie dont les animateurs de ce journal gardent le secret, a su en un seul mouvement, à la fois refuser la thèse d’André Gorz sur « l’économie immatérielle » et défendre l’idée d’un « revenu minimum garanti », alors que celui-ci découle intellectuellement comme simple proposition politique directe, de ces réflexions sur « l’économie immatérielle ». L’opportunisme politicien de l’informationnisme de positionnement à propos de la récupération de tout et du grand n’importe quoi, est bien comme disait Simone Weil au sujet des partis politiques et des politiciens, le gage de leur « absence totale de pensée » . Le désert ne peut plus croître dans leur réflexion, c’est bien qu’il est désormais partout.


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En finir réellement avec la croissance économique :
Sortir de l’écologisme pour de bon !



Comme le disait déjà Jappe, « il n’y a plus de place pour les oppositions et les solutions immanentes au système. Ce n’est pas pour un parti pris en faveur du radicalisme ou de l’ ‘‘ utopie ’’, mais par réalisme qu’il faut maintenant envisager des issues radicalement anticapitalistes. Il faut abandonner l’illusion que les problèmes posés par le marché puissent encore trouver des solutions sur le terrain de l’économie de marché » .

Ecologistes de tous les pays finissons-en : sabordez-vous !

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A suivre au cinéma dans la Rubrique du « bêtisier de la décroissance » :

- « L’écotartufferie du mois : Le microcrédit à mourrir de rire ! »

- « L’éco-tartufferie du mois : travailler moins, pour travailler toujours ! »

- « L’écotartufferie du mois : l’internalisation des coûts écologiques et sociaux ! »

Et n’oubliez pas de participer vous aussi au Grand jeu-concours : « Amis décroissants faîtes nous rire ! », en adressant simplement vos idées à l’adresse suivante : Amisdecroissantsfaîtesnousrire.Grandjeu-concours@laposte.net

Notre jury sélectionné vous décernera ou pas, la palme d’or 2007 du « Meilleur comique de la décroissance ».

A gagner :

- Des peluches sympas de l’Escargot Décroissant, des porte-clés « PPLD » qui clignotent la nuit, et des numéros de La Décroissance, S !lence et L’Ecologiste.

- 1er prix : un an d’abonnement à la revue Entropia (avec une dédicace au pastel de Jean-Claude Besson-Girard).

Bonne chance à tou(te)s !

Notes :

[1] P. Ariès, Décroissance ou barbarie, Golias, 2005.

[2] Tiqqun, « L’hypothèse cybernétique », Organe de liaison au sein du parti imaginaire, ZOO, 2001, p. 64.

[3] René Dumont, chapitre 4 « Mobilisation générale de survie, en pays riches égoïstes », in L’utopie ou la mort, Seuil, 1973, où l’on apprend les projets politiques de notre « ex-technocrate » comme aimait l’appeler B. Charbonneau : création d’un « Ministère du blocus », rationnement économique, etc.

[4] A. Jappe, Les Aventures de la marchandise, p. 269-270.

[5] J.-C. Michéa, Orwell éducateur, Climats, 2003, p. 91-92.

[6] A. Jappe, Les Aventures de la marchandise, p. 255.

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http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 20 Jun 2007 10:54    Post subject: Reply with quote

version revue après les commentaires que m'ont faites certaines personnes.
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sable
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PostPosted: 24 Jun 2007 21:03    Post subject: Reply with quote

le revenu garanti se n'est pas la fin du capitalisme mais seulement la fin du capitalisme industriel . ce n'est peut être pas la fin de la croissance mais la fin d'une croissance energétivore et uniquement indexée sur le PIB ( prise en compte du qualitatif), par ces 4 institutions nouvelles:

1) le revenu garanti ( suffisant et qui contrairement aux propositions libérales ne nous condamne pas au petit boulot , et inconditionel, en tout cas très déconecté de l'obligation de travailler de façon salarié ) qui est effectivement une subvention au travail autonome et immatériel ( très peu energétivore et où le travail pour letravailleur entre dans un système plaisant , ça fait sens et le producteur ne produit pas une puissance indépendente , mais lui même )

2)les institutions de la relocalisation : ( en fait le revenu garanti en fait aussi partie ) les monnaies locales , pour dynamiser les échanges locaux , et les coopératives municipales ( bookchin) qui sert à crer une socité plus conviviale ( communisme de cloché et de quartier ) et à valoriser les compétence dispanible par le développement humain 5 (FORMATION AIDE ET ASSISTANCE). enfin il y a la création d'une démocratie cognitive qui ne tombe pas dans le piège du démocratisme radicale ( de courte vue, aucune société ne tien sur le longue période face à une révolution permanente ) mais entend élargir la participation des minorité concernées au délibérations et à la prise de décisions .

cela dit c'est une partie de la vérité . cette alternative comme toutes les autres , comporte des risques ( notemment le clientèlisme ) et sous evolue le fait qu'une société ne tient pas sans philia . il faut jouer les lien du sol contre les lien affinitaire et les lien affinitaire ( communautaire ) contre les liens du sol. car si tu y réfléchit bien l'absolutisation de la communauté que l'on sent dans tes biellets n'augure rien de bon non plus : n'estce pas se préparer des lendemeains de catastrophes sanitaires que de penser résoudre la question de la satisfaction des besoins élémentaires par l'auto organisation .ce communisme là peu aussi puer la pisse et la famine . nous ne revioendrons pas à l'époque des indiens métropolitains .quand je dis nous c'est tout une génération .

. je ne pense pas être très clair mais la réponse n'est pas facile . il y a un contre sens par phrase dans ton commentaire . comme il y en a tant chez jappe , qui se prend pour debord 40 ans après et fait comme si le monde n'avait pas changé , parfois .
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sable
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PostPosted: 24 Jun 2007 21:12    Post subject: Reply with quote

une dernière question pour vivre comment fait tu , tu peux compter sur tes parents ou alors de livre tu à quelques escroqueries ( caf assédic), à moins que tu soit peu être pique assiette envers tes potes . car sans revenu garanti , je ne vois pas par où passer ses 5 ou 6 prochaines années .
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 25 Jun 2007 11:15    Post subject: Reply with quote

sable wrote:
cette alternative comme toutes les autres , comporte des risques


C'est peu dire, étant donnés les présupposés de ceux qui les défendent, concernant les technologies (voir ici chez Gorz la blague des périphériques d'ordinateurs miraculeux), ou même tout simplement l'argent qu'il suffirait de donner, mais surtout pas autre chose de directement utile, bien entendu, car cela "sentirait la chaude pisse" selon cette expression que tu aimes beaucoup employer ici.
Tout cela en parlant un langage qui en dit long sur le genre de gugus qui contrôleront la distribution de tels revenus "inconditionnels" ("vivifer les échanges", "développement humain", "démocratie cognitive", etc.).
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sable
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PostPosted: 25 Jun 2007 19:44    Post subject: Reply with quote

tu m'insulte . ce n'est pas très constructif. pourquoi pour toi le développement c'est forcément le péché ? ne confondrais tu pas développement et croissance ? deplus avec la position d'un sarkozy sur la valeur travail , c'est toutes ces positions anti travailleurs qui s'écroulent , toutes ces histoires qui ne sont bonnes que pour les enfants sur la paresse . le repos oui , le désoeuvrement non . car un bon travail plaisant c'est bien le secret de la santé , n'en déplaisent à ceux qui ont du mal à se sortir les doigt du cul et qui se prennent pour des plantes . il ne s'agit pas de faire un monde idéal , seulement de proposer mieux . mieux que de rester dans l'idéalisation , tantot de la nature , tantot de l'enfance , tantôt des nomades du paléolithique . le mieux est l'ennemi du bien .
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pm86



Joined: 15 Nov 2005
Posts: 116

PostPosted: 26 Jun 2007 13:23    Post subject: Reply with quote

Le concept de "revenu inconditionnel"est un oxymore car si on peut être "revenu de tout" on ne peut "revenir de rien" Clin d'oeil

Toute allocation d'une part de la richesse disponible est la contrepartie d'une fonction socialement reconnue :
- le travail est récompensé par un salaire ;
- le risque financier justifie le profit ;
- les titres de propriété génèrent une rente ;
- l'engendrement de la génération suivante ouvre droit aux allocations ;
- ...

Certains revenus relève de la logique de l'épargne (retraites) ou de celle de l'assurance (maladie, chômage). Dans les deux cas, il s'agit d'un revenu lié à des droits acquis, différé dans le temps, avec une plus ou moins grande mutualisation.

Or, dans le processus capitaliste (A-M-A') si le "capital" à besoin des "travailleurs" pour produire des biens et services (A-M) ... il a aussi besoin des "consommateurs" pour que ces biens et services redeviennent du bon argent (M-A'). Avec l'idée du "revenu garanti", c'est cette fonction de "consommateur" que l'on valorise.

Quant à l'idée d'une "production sans travailleurs", elle recoupe le discours "néo-conservateur" sur le "capital" en tant que seul "facteur de production de valeur". Or plus on déconnecte "revenu" et "travail" et plus on renforce cette idée absurde !

De plus, on peut, d'un côté, continuer à sur-exploiter certains en les dévalorisants au maximum et, de l'autre, acheter la paix social en jetant des miettes aux "inactifs".

Voila quelques bonnes raisons pour les tenants du système capitaliste de promouvoir une "allocation générale et inconditionnelle"...

Quant à considérer ce "revenu garanti" comme un moyen de "suventionner le travail autonome", c'est faire bien peu de cas de la richesse (pas seulement monétaire, certes) que peuvent apporter les activités "autonomes" !

Plutôt que l'allocation d'un revenu monétaire inconditionnel, et si on réfléchissait à l'allocation de moyen d'assurer son autonomie en contrepartie d'un service solidaire ?
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 27 Jun 2007 14:50    Post subject: Reply with quote

Pour moi, il ne devrait pas y avoir de contrepartie. Le problème dans le revenu inconditionnel, ce n'est pas le "inconditionnel" mais le "revenu" (monétaire).

Si on participe à des activités d'intérêt collectif et que l'on appartient soit-même à ce "collectif", alors on bénéficie de façon inconditionnelle des produits de ces activités (à la hauteur de ses besoins). Si ce n'est pas le cas, c'est que ce collectif n'en est pas un, mais une machine.
La répartition de l'effort dans le temps et entre les membres de ce collectif, son intensité, tout cela devrait se négocier selon un accord particulier au collectif et son organisation, lequel n'a pas à faire intervenir un équivalent général (l'argent). Si on introduit de l'argent dans ce processus de coopération, alors on "achète" éventuellement le silence et la frustration en produisant un ersatz d'accord, mais on ne produit pas d'autonomie.

L'argent devient alors la contrepartie d'un dissolution future du collectif, maintenant temporairement un fonctionnement injuste, frustrant, destructeur, polluant... mais fonctionnel, productif, efficace. Il met donc en valeur une efficacité pure (et pour cause), érigée en totem autour duquel s'aggrège notre "société" industrielle...
Et ce même argent ira fatalement acheter un plus loin d'autres ersatz de coopération en produisant les mêmes effets sur les collectifs qui en feront usage. La croissance et le développement, c'est cela, c'est-à-dire un fonctionnement qui n'est pas durable par construction.

Qu'est-ce que que nous pourrions considérer comme inconditionnel ? Prenons l'exemple du logement. Les partisans du revenu inconditionnel donneront de l'argent, pour payer un loyer ou des traites, qui iront chez les propriétaires et les banques. Autrement dit la "collectivité", c'est-à-dire la machine, se voit injectée le lubrifiant-argent dans quelque partie délicate de sa mécanique, ce qu'il lui permet de poursuivre sa course suivant le même régime.
Les partisans de l'autonomisation donneront la propriété d'usage des habitations actuellement occupées, en supprimant les flux d'argents motivés par l'appropriation privée de ces lieux (loyers, emprunts). Il n'y a qu'une contrepartie, mais elle négative : l'entretien de ces lieux se passera des services des anciens propriétaires et banques.
Cette proposition est évidemment irréaliste, mais elle montre en creux que le revenu inconditionnel fait circuler l'argent là il faudrait le stopper net.
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sable
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PostPosted: 27 Jun 2007 20:03    Post subject: Reply with quote

ces enchènement pseudo logique me font frémir d'angoisse . vous êtes complètement en dehors de l'histoire . revenez en à l'actualité et se vers quoi on veut nous faire allez , ce vers quoi l'ecrasante majorité semble vouloir aller . nous sommes tenu de faire des propositions crédibles , un peu de dignité .

on peut très bien se contenter de ne vouloir que transformer sa vie , à défaut de pour transformer le monde . mais il y a un minimum d'autonomie financère à aracher pour passer entre les gouttes , sans quoi ça va vite devenir impratiquable . quant à l'argument que le revenu garanti inconditionel serait à rejeter car il assurerait la stabilité du capitalisme , personne n'a interet à la crise et au chaos . et qui vous dit que ce fameux revenu ne serait pas une condition décisive pour l'emergeance d'un nouveau mouvement autonome ?

après il y a des contraintes écologiques à ne pas négliger . la disparition de l'espèce humaine est probable pour la fin de se siècle , mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi . la crise du logement n'est pas seulement imputable à l'existance de l'argent et on peut très bien monétariser sans marchandiser . après évidement que la propriété d'usage et séduisante , mais croyez vous qu'elle a une chose de se réaliser dans une avenir pas très lointin , alors que les français dans leur grande majorité attendent "une france de propriétaires"

plutoôt que de demander l'impossible , demandons le maximum du possible : créer une alternative au système de production dominant ( viser la totalité) et au salariat et réaliser cette relocalisation de l'économie et cette si difficle construction d'une intelligence collective . la question du revenu garanti sans être la seule réponse possible est un élément décisif . notre rationalité est très limité et le changement , toujours risqué et finalement toujours très relatif . ne vaut il pas mieux se limiter à des réalisation possible que de vouloir s'illusionner dans des positions intenable .


sinon vous personellement que feriez vous si on vous donnait 90% du smig , sans contre partie ( c'est à dire pas de prise de tête avec les conseillés ANPE et autres assitantes sociales ) de vos seize ans jusqu'a la mort , et cumulatble , dans une certaine mesure avec une activité professionnelle sans que celle ci soit obligatoire . que croyez vous que deviendrait la société dans de telle ciconstances . de quoi nourrir ses petites passion et peu être arriver à en vivre dignement .....
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ivani



Joined: 15 May 2006
Posts: 414

PostPosted: 28 Jun 2007 6:13    Post subject: Reply with quote

sable wrote:
sinon vous personnellement que feriez vous si on vous donnait 90% du smig , sans contre partie ( c'est à dire pas de prise de tête avec les conseillés ANPE et autres assitantes sociales ) de vos seize ans jusqu'a la mort , et cumulatble , dans une certaine mesure avec une activité professionnelle sans que celle ci soit obligatoire . que croyez vous que deviendrait la société dans de telle ciconstances . de quoi nourrir ses petites passion et peu être arriver à en vivre dignement .....

Belle question, mais il n'est pas nécessaire d'y répondre : cela ne se produira pas. C'est seulement une utopie, qui peut ou non faire envie (d'où le débat de ce fil Clin d'oeil ). Mais en tant que proposition, il faut le dire clairement : ce ne sera jamais réalisé, aucune force sociale, aucun courant politique ni aucun gouvernement ne fera le moindre pas en direction d'un tel revenu minimum.

Je suis bien d'accord sur le besoin de faire des propositions crédibles et dignes. Celle-là est d'une grande dignité, mais parfaitement irréaliste.


Last edited by ivani on 28 Jun 2007 18:24; edited 1 time in total
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 28 Jun 2007 9:56    Post subject: Reply with quote

sable wrote:
un peu de dignité


Tu promets alors de ne plus dire "ça sent la chaude pisse" sur ce forum pour parler des expériences de sortie de l'économie ? Ce serait digne de ta part.


sable wrote:
on peut très bien se contenter de ne vouloir que transformer sa vie , à défaut de pour transformer le monde . mais il y a un minimum d'autonomie financère à aracher pour passer entre les gouttes , sans quoi ça va vite devenir impratiquable .


Tu parles d'autonomie individuelle, laquelle n'est justement possible qu'avec l'argent, le capitalisme. Donc déjà ça part mal, on ne parle pas, on ne désire pas la même autonomie.
L'autonomie financière existe déjà, et je suis bien d'accord qu'elle est indispensable pour démarrer, mais elle n'est pas individuelle. Si on donne de l'argent à chaque personne, on ne crée pas d'autonomie, on ne crée pas de liens, on s'engage plus avant dans la séparation et l'isolement. Alors que l'objectif est de créer des liens (et de toutes sortes) sans lesquels on ne fera rien du tout sans participer à un processus par ailleurs mortifère, on envoie mentalement un signal contraire en distribuant de l'argent à chaque personne.



sable wrote:
et qui vous dit que ce fameux revenu ne serait pas une condition décisive pour l'emergeance d'un nouveau mouvement autonome ?


Parce que cette autonomie n'est tout simplement pas désirée, actuellement, ou alors c'est vraiment très rare. Elle n'est pas légitime, il faut dire, elle ne s'exprime pas publiquement.
Le revenu inconditionnel ne l'exprime pas plus, et loin de là, en prenant le détour de l'argent pour parler de ce qui ne pas s'échanger ni s'acheter. Son discours n'est pas seulement ambigu, il tire carrément vers le bas le débat en écartant les perspectives et catégories qui permettrait de formuler des projets politiques concrets d'autonomisation : c'est-à-dire se donner collectivement, lentement mais sûrement, les moyens pour entretenir nous-mêmes ce dont nous estimons dépendre, sans déléguer cette activité.


sable wrote:
quant à l'argument que le revenu garanti inconditionel serait à rejeter car il assurerait la stabilité du capitalisme , personne n'a interet à la crise et au chaos .


On peut le minimiser ce chaos économique, en sortant de l'économie par étape, par domaine d'activité, à petite échelle etc. Mais pas en suivant la ligne de plus grande pente sociale qu'on appelle "croissance" ou "développement".

Personnellement si je suis capable d'entretenir directement ce que j'estime nécessaire parmi mes conditions de vies, sans échange d'argent et solidairement avec plusieurs collectifs, alors je suis même prêt à accepter que d'autres, ailleurs, puissent continuer à jouer aux marchands. C'est mon côté réformateur Sourire


sable wrote:
on peut très bien monétariser sans marchandiser


Comment ? Quelle est la différence entre monétariser et marchandiser ?


sable wrote:
sinon vous personellement que feriez vous si on vous donnait 90% du smig , sans contre partie


La même chose que maintenant (et pas par choix), étant donné que les prix auront augmenté d'autant plus que l'on aura injecté l'argent du revenu inconditionnel (inflation).


sable wrote:
(...) de quoi nourrir ses petites passion et peu être arriver à en vivre dignement .....


Je crois que cette phrase résume bien ce qu'exprime le projet d'un revenu inconditionnel.
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sable
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PostPosted: 29 Jun 2007 12:26    Post subject: Reply with quote

je ne parirai pas sur le fait que le revenu garanti est complètement irréaliste . en fait il existe déjà sous une forme insuffisante par les inombrables minimas sociaux . jusque il n'y a pas si longtemps le rmi fonctionnait comme un revenu garanti ( certes très insuffisant mais très déconnecter de l'obligation de travailler ) ce qui permettant à une certaine catégorie de rmiste de se lancer dans des projets très exaltants que ce soit dans le domaine de la gratuité ( musique , concert , livres , revues , art plastique , journalisme, ...) ou autres . il y a actuellement l'AAH qui fonctionne aujourd'hui comme un revenu garanti ( entre 620 et 800 euros avec une dispense de recherche d'emploi et attribué en général pour 5 ans ) et puis la retraite elle aussi est déconnecté du monde du travail ( même si cela peut changer). il conviendrait de réaffirmer ses différents droits et d'llouer une somme plus conséquente .

quant à savoir si le revenu garanti serait manger par une possible inflation qu'il engendrerait . tout dépend comment on le finance . si c'est par la création monétaire ( nous n'en avons actuellement pas les moyens du fait de l'indépendance quasi totale de la banque centrale européenne) , il est possible que ça créer de l'inflation , mais ça m'étonnerais que ce soit au point d'annuler l'effet d'une augmentatioon de revenu par l'augmentation des prix . ensuite le revenu garanti peu être payé en partie en monaies locale , argent qui peut servir à consommer des produits et services locaux , ou de l'économie solidaire ( voir par exemple le projet sol). yves cochet dans le numéro 27 de la revu multitudes esquisse un scénario de financement : en faite c'est tout à fait faisable .

quant à l'argument qu'avec un tel revenu on se retrouverai avec une armée de gens ne voulant plus rien faire , ce qui produirait la faillite du système social , : il faut voir déjà que beaucoup de gens sont malgré tout satisfait de leur travail et ne souhaite pas en changer et que les gens voulant abolir le travail au sens large sont très minoritaire ( il n'y a guerre que dans nos petit milieu que l'on peu avoir l'impression que cette position n'est pas négligeable . enfin la valeur travail est ( et pas seulement pour le salarit qui a tendance à ce dégrader fortement ces derniers temps ) solidement encrée : les gens préférant un bon travail ( plaisant et valorisant) à l'assitanat .

mais ici le mot assitanat est peut être périmé , puisqu'il s'agit plus d'une logique d'investissement dans la pêrsonne et dans l'avenir , donnant envie d'avoir envie , que d'un sytème d'assitance à proprement parler . c'est d'ailleurs toute la difficulté pour faire accèpter un tel revenu puisque toute ce calle sur des resultat à cours terme , alors que les effets bénéfiques du revenu garanti ne se feront pas sentir immédiatement .

enfin dans les luttes ( étudiantes , de précaires et chomeurs ) on voit de plus en plus poindre la revendication du revenu . même si ce n'est envisagé la plus part du temps que par le petit bout de la lorgnette , alors que la solution est globale . ce qui peut laisser penser que le revenu garnti plus servir de convergence dans les luttes .


à suivre bernard maris , dans son anti manuelle d'économie , il semble acquis que c'est la gratuité et la solidarité qui fait la croissance , notemment pour la nouvelle économie ( très immatérielle avec un travail très collaboratif ou la force de travail est remplacées par la capacité de résolution de problème et la créativité du travailleur ) . aussi le revenu garanti en plus d'être un revenu de citoyenneté pourrait servir de subvention à la gratuité .



cela commence à être une idéologie sutructuré qui concurrence la logique syndicale et salariale de la RTT en s'oppuyant sur la horde des chômeurs des intéléllos précaire des artistes et autre travailleur à l'ère de l'information .
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