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Sabotage. Pour une histoire de la résistance au travail

 
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 12 Nov 2007 19:30    Post subject: Sabotage. Pour une histoire de la résistance au travail Reply with quote

Pour une étude sur la résistance non pas au travail comme le dit l'auteur du texte, mais surtout à la productivité en fait, voir Pour une histoire de la résistance ouvrière au travail à Barcelone et à Paris en 1936 de l'historien Michael Seidman.

http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique84

Extrait :

Quote:
L’étude de la résistance ouvrière au travail - l’absentéisme, les retards, les simulations de maladie, les vols, le sabotage, les ralentissements du travail, l’indiscipline et l’indifférence - permet de mieux comprendre deux événements politiques contemporains : la révolution espagnole et le Front populaire français. Un examen attentif de la résistance au travail dans les usines de Paris et de Barcelone sous les gouvernements de Front populaire en France et tout au long de la révolution en Espagne fait apparaître dans la vie de la classe ouvrière des constantes essentielles. L’absentéisme, l’indiscipline, et autres manifestations d’une aversion pour le travail préexistaient à la victoire du Front populaire en France et à l’éclatement de la guerre et de la révolution en Espagne, mais il est intéressant de noter que cette résistance persista après la prise du pouvoir politique et, à des niveaux différents, du pouvoir économique, dans ces deux pays, par les partis et les syndicats qui prétendaient représenter la classe ouvrière. En effet, tant dans la situation révolutionnaire que dans la situation réformiste, les partis et syndicats de gauche furent contraints de faire face à d’innombrables refus des ouvriers à travailler.

_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 04 May 2008 8:26    Post subject: Reply with quote

Parce que le " travail " tel que nous le connaissons n'est ni évident, ni naturel, ni transhistorique, etc, mais parce que sa nature d'abord est un travail pour un salaire, un travail dont les résultats (le tableau de statistiques que tu as mis en forme à la fin de la journée, les caisses que tu as paletté, etc.) de ton activité sont extérieurs à toi, ne t'appartiennent pas, et sont posés comme face à toi et te déterminant désormais (délais, normes, gestes, etc, toute la production de ce que tu fais te détermine au travers de dispositifs) ; Parce que ce travail rompt la possible unité de la production et la consommation (qui existait encore il y a deux siècles), par le détour du salaire et de l'échangisme marchand, et invente dès lors le producteur séparé de ses produits, et le consommateur séparé des produits par les capacités de son salaire à se transubstantuer dans ces marchandises : Le " travail-marchandise " sans être opposé du tout à la paresse, parce que sa surprésence quotidienne nous fait oublier sa non-évidence, doit être critiqué dans sa nature et ses formes contemporaines.

- Nouvelle brochure infokiosque Manifeste du sabotage en entreprise Avril 2008. http://infokiosques.net/spip.php?article479

Quote:
Cette brochure a été réalisée dans le seul but d’en finir avec le travail obligatoire, et avec le capitalisme de manière plus générale...

Au sommaire :
- Le sens des maux
- Contre la bêtise du travail au bureau, vive le mauvais esprit !
- Sabotage dans les entreprises américaines
- Guide de survie au boulot
- La France d’en bas contre-attaque
- Comment virer son patron
- L’informatique dans l’entreprise
- Quelques exemples de sabotage en entreprise
- Bibliographie


- La brochure de Bruno Astarian, Aux origines de l' " antitravail " décembre 2005. (longue et plus facile à lire en version papier), est aussi très intéressante par ces développements historiques fouillés comme par ces conclusions à débattre quant au sabotage, au ralentissement de la productivité, etc : http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique76

Quote:
Sommaire :

- L’introduction de l’OST aux Etats-Unis.
- Aux origines de l’antitravail
- Le développement de l’OST en France
- Echec du taylorisme ?
- Le développement du fordisme en France entre les deux guerres
- La révolte des OS américains au tournant des années 1970
- Fiat ou la défaite de l’antitravail
- Conclusion. Les luttes antitravail des OS modernes ont été brisées...


Quelques extraits de la conclusion :

Quote:
Elles [les luttes contre la productivité au travail] ont été au contraire associées à des formes d’affirmation politique ou syndicale de la dignité du travail et de sa place centrale dans la société future, et ont débouché sur des réorganisations politiques et surtout syndicales qui ont en effet porté un programme d’affirmation de la place de la classe ouvrière dans la société présente et/ou future.

Certains commentateurs ont qualifié les mouvements " antitravail " liés à la crise du fordisme de luddites ou néo-luddites [1]. C’est à mon avis plus trompeur qu’autre chose. Premièrement parce que, si tant est que les luddites du début du xixe siècle s’opposaient à l’introduction de nouvelles machines créatrices de chômage (et ce n’est que très partiellement le cas), les OS de l’automobile de la fin du XXe siècle ne s’opposent pas à de nouvelles machines, mais à l’utilisation d’anciennes machines à une vitesse accélérée et/ou dans des conditions d’hygiène, de sécurité, etc. insuffisantes. Deuxièmement parce que les luddites proprement dit participaient à un mouvement beaucoup plus large où, pour résister aux patrons, des réseaux et des organisations se sont développés de façon importante, formant des mouvements de masse ayant suffisamment d’influence pour devenir des forces de proposition et de négociation.

[...]

Dans les conditions fordistes classiques, le ralentissement devient donc très vite sabotage, le refus de travailler, raisonné et encadré par la règle ou la coutume syndicale, devient impossibilité d’exécuter dans les temps les gestes dictés par la machinerie et, de là, rejet par nécessité de la discipline, indifférence pour le résultat, la qualité, le consommateur. Ainsi qu’on l’a vu à propos de Fiat, ce sera la tâche du post-fordisme que de pallier cette rigidité par le fractionnement des chaînes, l’automatisation de certaines tâches et l’informatisation de la gestion des enchaînements et des stocks. Simultanément, les cercles de qualité tenteront d’instiller le souci du consommateur dans la tête des OS.

[...]

Pour ce dernier [Emile Pouget, auteur de Le sabotage] cependant, le sabotage répond à la fameuse maxime " à mauvaise paie, mauvais travail ", tandis que les OS modernes des Etats-Unis étaient relativement bien payés, compte non tenu de leurs conditions de travail et des cadences. Chez Pouget, il s’agit bien plus d’un sabotage antipatron que d’une manifestation antitravail. Notamment, le respect du consommateur est toujours souligné dans les exemples qu’il donne. Et il montre des ouvriers mécontents de leur salaire, mais pas spécialement poussés à la limite par des cadences ou des conditions de travail exténuantes et dangereuses.

[...]

Dans les années 1960-1970, les modalités de la résistance à l’exploitation sur le lieu de travail ont été dénommées antitravail parce qu’elles n’étaient associées à aucune proposition alternative de développement du travail dans une société libérée de l’exploitation. [...] ils n’ont à opposer à la dégradation de leurs conditions de travail rien d’autre que le retour au statu quo ante. Et ce dernier n’est qu’un fordisme moins destructeur, et non pas une forme de travail qui soit la base de l’affirmation d’un prolétariat libéré de l’exploitation. Les ouvriers de métier avaient toutes les qualifications pour produire ce qui est nécessaire à la société ; ils avaient donc la capacité de la gérer [note personnelle : là évidemment il faut prendre en compte que Bruno Astarian est de tendance conseilliste - la brochure vient du réseau Echange et Mouvement - et il n'a donc aucune réflexion critique sur le système technicien, la société industrielle, etc. Pour lui une bonne production industrielle autogérée par les gentils ouvriers, c'est génial]. [...] Le capital a besoin d’OS pour ses chaînes. Si le marché du travail leur est favorable, les OS peuvent marchander sur la base de ce besoin. Mais ils n’ont rien d’autre à opposer au capital : ils n’ont pas un usage ouvrier de la chaîne qui leur permettrait de lui dire qu’on peut se passer de lui et qu’on va construire une société où le travail à la chaîne en soit libéré [on retrouve là dans la brochure l'autogestion de la production industrielle, avec tout le mythe de la techno-abondance qui va avec].

[...]

Le programme que Coriat, Revelli, Watson et consorts [ils pensent qu'une " pensée ouvrière " sur la nouvelle usine à naitre, un véritable programme ouvrier de proposition alternative, se dégage de cet antitravail] veulent plaquer sur les luttes d’OS de cette époque n’est en fait qu’une idéologie, qui répond à celle des Friedmann et autres sociologues dans l’organisation d’un discours sur le dépassement de l’OST. Historiquement, la révolte des OS n’a rien produit de cet ordre. Alors que les travailleurs d’avant l’OST se fiaient à leur savoir-faire pour affirmer leur capacité à gérer la production et la société tout entière sans les capitalistes, les OS de la crise du fordisme savent que tout le savoir-faire est du côté du capital fixe. Ils ne revendiquent pas de prendre en charge une société reposant sur ce modèle de production. Leurs révoltes disent simplement qu’ils veulent participer le moins possible à la production actuelle, et pour le salaire le plus élevé possible. La brève période du gauchisme des usines ne s’est pas développée en un mouvement de masse parce que toute perspective de réforme des syndicats et/ou de révolution politique était étrangère à la révolte des OS du fait même de ce désintérêt pour la production, lui-même résultant de la perte de la qualification du travail vivant au profit du machinisme. C’est ainsi que, au terme de deux générations de fordisme, la révolte des OS a produit la preuve que le travail n’est plus la base d’affirmation du prolétariat contre le capital.


La fin de l'opposition du travail au capital (que continuent à opposer encore le gauchisme de la LCR, LO, de l'altermondialisme, etc), puisque de toute façon les salariés comme les consommateurs que nous sommes ne peuvent reproduire dans leurs luttes de défense, que la rationalité capitaliste qui nous constitue précisément comme salarié et consommateur, est là comme le note l'auteur, involontairement affirmé, mais dans la résignation nostalgique d'un fordisme moins destructeur. Les altermondialistes s'est également la même chose, ils sont incapables de dépasser le monde d'aujourd'hui, ils veulent simplement revenir nostalgiquement à Papa l'Etat-Providence et ne font que développer l'idée que le " bon capital utile, productif et pourvoyeur du bon plein emploi " serait martyrisé par le " méchant capital financier, son mésusage et ses licenciements ".

C'est bien aujourd'hui par la réappropriation, d'une subversion de la séparation du rôle de salarié et du rôle de consommateur par l'échangisme marchand généralisé, qu'il s'agit d'opérer dans la pratique.
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Deun



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PostPosted: 05 May 2008 10:22    Post subject: Reply with quote

Le désintérêt pour la production ne va-t-il pas logiquement conduire à défendre un revenu garanti, une assurance chômage, ou plus généralement tout dispositif déconnectant le revenu de la participation à la production ?
Le débat au FRAP sur le travail vendredi dernier a tourné autour de cette question, quoique de manière confuse.

La résistance sur le lieu de travail est déjà une façon de subvertir le lien revenu-effort, mais elle est clandestine. Tandis que l'idée d'un revenu garanti s'appuiera officiellement sur des études justifiant la nécessité (économique) de déconnecter le revenu de l'effort.

Officieusement cependant et dans le quotidien, on cherche des deux côtés les moyens de refuser le travail, en prenant tout ce qui est à portée de main. Surfacturations, failles dans le contrôle et l'organisation officielle du travail, Assedic, etc. Les pratiques sont les mêmes, cependant il est évident qu'il va y avoir une opposition frontale entre le tenants du revenu garanti et les tenants d'une réappropriation / désindustrialisation /sortie de l'économie.

Donner un revenu garanti me paraît dans la logique du rapport de force actuel : calmer la critique sociale chez nous avant qu'elle ne s'organiser véritablement, mieux contrôler les migrations économiques. Assez ironiquement, on a besoin de logiciels libres pour avoir plus de fiabilité dans les infrastructures de sécurité (en ville et dans les lieux de transit) et plus de spectacles pour oublier notre impuissance de riche.

Cependant il me semble que l'on ne peut pas se contenter de dire cela, et simplement refuser en bloc l'idée d'un revenu garanti, alors que nous-mêmes avons besoin à la fois d'un temps hors-travail et d'un revenu pour sortir de l'économie par petits bouts.
Simplement, il faudrait argumenter que l'on peut obtenir le même résultat sans passer par un revenu garanti par les bureaucraties publiques (auquel cas nous ne maîtriserons mal la contre-partie, parce qu'il y aura toujours une contre-partie il ne faut pas rêver), mais en passant par des formes de solidarité beaucoup décentralisée et dépassant l'échelle domestique/de maisonnée actuelle (où l'on partage déjà les revenus).
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