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Synthèse : travailler moins pour vivre mieux
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jolia
Guest





PostPosted: 19 Dec 2007 17:04    Post subject: Synthèse : travailler moins pour vivre mieux Reply with quote

Débat du 18 decembre : Le travail, demain, j'arrête! Comment travailler moins pour vivre mieux?


Qu'est-ce qui est gênant dans le travail?

Le mot travail viens de tripalium qui est un objet de torture, ce n'est pas pour rien! Le travail est vécu comme une obligation pour survivre. Le salariat est basé sur la subordination employeur/employé. Le but du travail est de gagner de l'argent pour finalement consommer, acheter ce qu'on n'a plus le temps de faire nous même parce qu'on travaille. Mais comment tout faire? Et on n'as pas forcement envie de tout faire soi même. Travailler pour vivre c'est pas la même logique que vivre pour travailler. Le travail passe par une répétition des mêmes tâches, ce qui est ennuyeux et stressant. Le travail est un non sens, il n'a pas de sens. Quelle est l'utilité réelle du travail? Impression de perdre sa vie à la gagner. Les conditions de travail ne placent pas la valeur du respect en priorité. Manque de créativité, de prise d'initiative, d'autonomie, manque de sens du travail par rapport à la collectivité. Il faut distinguer travail et activité. Le travail c'est une oppression de l'obligation, de la contrainte qui empêche le plaisir, la motivation, la joie éprouvée dans une activité. Problème de la liberté de l'activité : dans le travail, on ne choisit pas soi même les tâches qu'on effectue. Problème de l'emprise de l'informatique sur le travail: environ 70% du travail brasse du fictif, du virtuel. Problème du sens à donner à sa vie, du plaisir, de l'utilité du travail. Problème des intermédiaires : les patrons,les impôts, l'Etat. Le travail c'est la création d'activité artificielle (administration, brassage d'information...).

Comment lutter contre le "travail, famille, patrie" dans le cadre du travail ou face aux ami-s fatalistes? On se sent isoler dans le monde du travail. Malgré cela, il s'agit de transmettre, ne pas se laisser gagner par l'inertie. Le problème c'est que si les dissidents se taisent, l'information alternative ne se diffuse pas.


L'Etat empêche les alternatives d'émerger par les lois et la propagande.

Les impôts sont-ils nécessaires? Les impôts sont un garde fou qui permet une répartition monétaire, par exemple ils évitent l'isolement des personnes handicapées qui reçoivent des aides... Car le bénévolat ne suffit pas, la culture de la solidarité n'existe plus vraiment aujourd'hui. Mais être solidaire en offrant son temps, c'est mieux. Il vaut mieux négocier les services en temps, pas en argent.

L'Etat c'est la délégation. La répartition de l'argent est gérée par l'état. Il impose le RMI comme une muselière. Il faut se positionner contre la délégation, contre l'état. L'état paternalise, endors, crée des besoins qu'on n’a jamais eu. On nous force a avoir une banque, des assurances... La solution de facilité c'est s'en remettre à ceux qui savent.

Les alternatives, c'est penser autrement Dans les alternatives, la question de l'échelle est importante : seul réfléchir localement fonctionne. L'arnaque c'est que l'état justifie son utilité parce que de fait, l'échelle globale est trop large pour s'organiser sans lui. C'est l'Etat qui place des frontières larges délibérément. Dès qu'on sort du salariat, dans l'artisanat et les petits entreprenariats, on est assommé de charges. Et c'est encore être dans le système que d'être organisé en coopérative ou artisan. Il faut repenser en terme de besoin : les besoins sont limités et non pas illimités, contrairement à ce qu'on nous fait croire.

Comment fonctionne une société sans état? Dans le manifeste contre le travail ils proposent une fédération mondiale d’individus librement associés.

Danger du totalitarisme idéologique. Qui va décider? Ex de mesures écolo : tarif de l'eau différent en fonction de l'utilisation (quotidienne ou piscine). Fausses mesures : 4x4 payant les places de parking plus chère. Or ces conducteurs en ont les moyens et surtout on continue de produire des 4x4!


La question du revenu

Est-ce mieux de travailler ou d'être au RMI pour lutter contre le capital? La stigmatisation des RMiste vient de la propagande capitaliste. Certains affirment qu'ils travaillent, payent des impôts et que les RMIstes profitent d'eux. Le RMI est taxé d'assistanat or c'est tout un art de ne rien faire, ou plutôt de ne pas avoir d'obligation. Le RMIste rend service à la société car il n'alimente pas le système capitaliste (c'est mieux que de travailler dans l'industrie militaire par exemple). Le RMI n'utilise que 0,5% du PIB. Bien souvent, les RMistes ont une vie actives et utiles à la société dans le bénévolat, le volontariat, l'associatif, le social... Ce sont les milliardaires qui ne font rien et qui profitent des salariés.

Pour des mesures alternatives? Pour qu'un revenu minimum d'existence soit possible, il faut un salaire maximum imposé. Economiquement parlant, est-ce gérable? Ca tue l'économie du luxe. 345 familles possèdent le PIB des 40 pays les plus pauvres. Le capitalisme peut perdurer si on met en place des reformes pour qu'il y ait une meilleures répartition de l'argent. Donc on ne milite pas pour ça. Le capitalisme récupère et s'adapte à tout : écologie-marketing...


Quelles sont les valeurs et les limites du SEL Système d'Echange Local?

Est-ce possible de vivre seulement avec les échanges locaux? C'est une partie de la solution seulement. Les Systèmes d'Echanges Locaux permettent par un troc indirect et différé d'échanger hors du travail. Question de l'isolement quand on sort du monde du travail. Le SEL se base sur des valeurs d'entraide et de partage. Le SEL recrée du lien social. C'est valorisant car rendre service est toujours possible. La valeur c'est le temps et pas l'argent. L'unité de temps (bouchon) est non spéculative. Autorégulation. Le SEL gabare comprend 240 personnes divisées en secteur pour localiser le plus possible. Pour se mettre en lien il y a le catalogue, les permanences, des moments de rencontres mensuels sous forme d'un repas suivie d'une bourse d'échange locale.

Les limites du SEL: Les SEL urbains échangent très peu de nourriture. Et on parvient difficilement à payer son logement avec des unités de temps, c'est-à-dire à échanger son logement contre des services. La route des SEL permet l'hébergement: 1 nuit = 1 heure. Le WOOF : Organisation mondiale des fermes bios. On y travaille dans la journée pour ce qu'on mange et dors sur place. Les tontines sont des alternatives a expérimenter.

Où vivre? Les besoins vitaux principaux sont se nourrir et se loger. La ville est le lieu où on se retrouve pour travailler mais aussi pour le lien social. La campagne est le lieu où on trouve la nourriture le plus directement.
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sable
Guest





PostPosted: 01 Jan 2008 16:01    Post subject: Reply with quote

vous dites :

"Pour des mesures alternatives? Pour qu'un revenu minimum d'existence soit possible, il faut un salaire maximum imposé. Economiquement parlant, est-ce gérable? Ca tue l'économie du luxe. 345 familles possèdent le PIB des 40 pays les plus pauvres. Le capitalisme peut perdurer si on met en place des reformes pour qu'il y ait une meilleures répartition de l'argent. Donc on ne milite pas pour ça. Le capitalisme récupère et s'adapte à tout : écologie-marketing... "

on n'abattra pas le capitalisme d'un seul coup . et la gratuité intégrale est très suspecte . en donnant souvent on inféode et on culpabilise . l'argent sert aussi à casser la dette , ce qui pacifie les rapports humains dans une certaine mesure .

sur le revenu garanti , qui ne tue en rien l'économie de luxe , on serait en droit d'attendre un peu plus de précision. dès lors qu'une gratuité étendu au delà du numérique , et dès lors qu'on a plus à faire à des petits groupes on est bien obliger de ce poser la question de l'argent , et de sa répartition . ce qu'il y a de plus necessaire ce n'est pas qu'on soit tous au même niveau de revenu , mais bien que personne ne manque de l'essentiel. c'est uniquement dans le cas contraire qu'une inégalité est véccue douloureusement comme une injustice .

on aurait donc tout interet à étudier sérieusement cette question de continuité d'un revenu suffisant et inconditionnelle .

c'est bien à considérer les mutations actuelles dans la production et le travail , à l'heure de notre entrée dans l'ère de l'information ,qu'un revenu garanti s'impose . face à l'automation et l'informatisation de la production qui demande de moins en moins de force et de quantité de travail pour un coût énergétique de plus en plus réduit , et face à l'émergence du travail autonome plus colaboratif que compétitif , , intermitant et exigeant autonomie et création , la nécéssité de garantir la continuité de revenu alors que le travail est discontinu ( à l'image des créatifs culturels ) s'impose effectivement .

je soulignerai au passage qu'un revenu garanti suffisant et inconditionel , c'est une subvention au activités créatives et autonome , ce qui doit rendre ce travail là ( où le producteur se produit lui même et y trouve de plaisir ) plus avantageux que le travail salarié et donc amorce progressivement le déclin et la fin du salariat , pillié du capitalisme industriel .

envi un rsg suffisant , c'est aussi une façon de repeupler le desert des campagnes et des villes moyenns et donc , en enrichissant les réalités locale , doit pouvour rendre la relocalisation de l'économie et la mise en place d'une intelligence collective plus facil à mettre en place et à initier . ça favorise bien la relocalisation bien au delà des grandes villes , où la plus part des biens et services ( sauf la nourriture ) sont déjà localisés .

Cool
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sable
Guest





PostPosted: 01 Jan 2008 16:12    Post subject: Reply with quote

pour les sels , l'enjeu de l'époque est bien de les généraliser et de les expérimenter à plus large échelle dans un cadre municipale et plus dans une simple association . on parlera alors de monnaies locales ( comme le sol) qui sont un outil très précieux pour retrouver au niveau local une politique monétaire , à l'heure où le pouvoir politique dans la zone euro est incapable de mettre en place une telle politique qui est fondamentale dans le pilotage des société ( indépendance de la BCE ). c'est aussi un outil indispensable pour la relocalisation de l'économie , car il dynamise les échanges locaux ( et amorce un semblant de refondation du lien social) et c'est un moyen de faire de l'écologie un truc aussi pour les pauvres , à l'instar de la droite actuelle ( une politique sociale au niveau locale pouvant être financée par la simple création monétaire , sans que ça ne coute un seul euro )

un lieu important , où on entend jean zin parler des monnaies locale et du projet sol : c'est le deuxieème enregistrement ;

http://lesverts.fr/article.php3?id_article=3612

bonne écoute .
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Guest






PostPosted: 01 Jan 2008 19:58    Post subject: Reply with quote

Pour moi le Rsg ne met nullement en cause le "système" technico-capitaliste centralisé que nous subissons.
La localisation de l'économie et de la politique, l'entraide, la solidarité peuvent se vivre au quotidien et s'étendre par mimétisme sans s'épuiser à trouver des solutions par le haut qui seront forcément récupérées par le "système".
Une autre manière ( que celle de Jean Zin qui est encore bien impregné de l'utopie marxiste ) pour accéder à l'abondance : changer notre imaginaire en
se persuadant entre autres que nos besoins sont limités et donc aisément assouvis.
Quel ère de l'information ? Plus rien à attendre d'internet.
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sable
Guest





PostPosted: 02 Jan 2008 19:40    Post subject: Reply with quote

le rsg est bien anticapitaliste : c'est ce que j'ai écrit plus haut , il faut lire :

"revenu garanti suffisant et inconditionel , c'est une subvention au activités créatives et autonome , ce qui doit rendre ce travail là ( où le producteur se produit lui même et y trouve de plaisir ) plus avantageux que le travail salarié et donc amorce progressivement le déclin et la fin du salariat , pillié du capitalisme industriel ".

c'est une revendication révolutionnaire à en faire un revenu suffisant , sinon c'est comme avec le rmi on est condamné au petits boulots et sa tire l'ensemble des salaires vers le bas , et un revenu inconditionel , très déconnecté de l'obligation de travailler ( et en particulier dans le salariat ou le précariat ) de façon à se qu'il fonctionne non comme un revenu d'assitance avec en arrière font la camisole des asistantes sociale et de leur insertion professionnelle ( le travail n'a plus le monopole du lien social) mais comme un revenu d'autonomie ( qui donne la capacité de choisir sa vie et son activité) et d'investissement dans la personne et dans l'avenir .

il est clair que ni la gauche actuel , ni la droite ne mettrons en place une telle réforme . tout au plus il y manquera l'essentiel : l'inconditionalité et / ou le caractère suffisant . c'est pour cela qu'il faut ce battre sur cette question dès lors qu'on à choisit un parti pris émancipateur et anticapitaliste .

quant au système technico capitaliste , il finira tout ou tard par être renversé , certainement pas sans heurs ) mais seulement à partir du moment où un système de production alternatif et relocalisé , fait notamment de rsg suffisant et inconditionnele , de monnaies locales et de centre de coopération ( ou coopératives municipale ) sera en mesure de prendre la relève .

quant à "l'utopie marxiste " il faudrait que tu déroule le fil de ta pensée car je ne vois pas très bien de quoi tu parle . jean zin n'est pas marxiste , mais situationniste , ce qui est bien autre chose .

enfin pour l'alternative que tu dégages:

"changer notre imaginaire en
se persuadant entre autres que nos besoins sont limités et donc aisément assouvis."

je ne vois pas très bien en quoi c'est une altrenative . si tu parle de décroissance materielle , nous sommes d'accord , mais ça ne suffira pas , en plus de faire moins , il faudra faire mieux .

l'explosion d'internet , qui en devenant un médias de masse à effectivement perdu en pertinance , mais rien n'est desespéré non plus , est bien entendu une conséquence de notre entrée dans l'ère de l'information , mais c'est loin d'être la seule : que l'on parle du brevetage du vivant( semance , pharmacopée , génome ) , de la gratuité des médicaments et des soins de base pour toute la planète , des logiciels libres , de la free culture , on ne parle finalement que l'information et on se demande si ce doit être une marchandise comme les autres ( capitalisme cognitif ) ou si c'est un bien commun ( gratuit ) à l'heure où cette gratuité de reproduction de l'information est un fait technique , plus qu'une question de communisme ( comme le pensait bill gates lors de son procès) .

j'espère avoir un peu répondu à ton commentaire . mais il faudrait préciser d'avantage .
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sable
Guest





PostPosted: 02 Jan 2008 20:12    Post subject: Reply with quote

sur "l'utopie marxiste" , je partage néanmoins 2 ou 3 idées , qui restent encore aujourd'hui très éclairante :

- la détermination du monde de la production sur l'ensemble de la vie social (et privé ). ce qui implique que pour faire cette révolution de la vie quotidienne il faut changer le travail pour changer la vie . et en particulier passer du travail forcé à l'activité choisie ( passionnante et plaisante ). ce qui est comparable à l'abolition de l'esclavage.

-une revolution se produit lorsque les rapports de productions sont inadapté au mode de production pour développer les forces productives : le mode de production informationnel en tout point opposé au mode production industriel ( coopération au lieu de la concurrence , autonomie et créativité en lieu est place des rapport hiérachiques et du travail à la chaine qui ne réclamait que de la force de travail , discontinuité de l'activité contre la continuité du temps de subordination , crise de la valeur , où la productivité n'est plus individualisable , mais largement glogale et ne dépend plus du temps de travail ( valeur travail) ,...) or les rapports de productions hérité du capitalisme industriel sont inadapté ( salariat , précariat, ...) et il en faut d'autres ( revenu garanti , coopératives municipale , monnaies locale ) plus adapté à l'émergence de nouvelles forces productives ( les créatif culturelle , les intellos précaire ( informaticiens , journaliste , ...), ...) à l'ère de l'information .

cela dit , c'est une donnée nouvelle , du fait de la crise ecologique que nous travesons ( climat surtout , mais aussi dépression et suicide , et racisme et exclusion ) , il nous faut bien dépasser le communisme , mais pour le réaliser , par l'écologie politique .
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Guest






PostPosted: 03 Jan 2008 12:09    Post subject: Reply with quote

Yvan, pas envie de faire des phrases et développer.
Marre de brasser du vent.
Si tous les intellos décroissants, libertaires, écolos etc. se mettaient à agir et essayaient d'être le moins possible dans le "faites ce que je dis mais pas ce que je fait" peut être que le monde se porterait mieux.
Paris en bouteille ...

Tu as complètement zappé mon : "La localisation de l'économie et de la politique, l'entraide, la solidarité peuvent se vivre au quotidien et s'étendre par mimétisme sans s'épuiser à trouver des solutions par le haut qui seront forcément récupérées par le "système". "
Pour ce qui est de Jean Zin que tu connais mieux que moi, j'ai pas accroché.
Il est venu faire une petite conférence pour Chiche! près d'Agen.
Pour ce qui est du situationnisme, qui au passage reprend pas mal d'élements du marxisme, je connais pas bien. Survolé Michel Bounan "sans valeur marchande", bien aimé dans l'ensemble. Arrété Guy Debord au bout de la 40ème page, fond OK. Mais forme ? Trop sophistiquée pour le peu qu'il apporte. Bien digéré la trilogie d'Ellul sur la technique, dépasse Debord, élargit et actualise le modèle élaboré par Marx.
Raoul Vaneigem, "Avis aux civilisés relativement à l’autogestion généralisée", trop marxiste dans le sens où : "le changement ne peut venir que des travailleurs et utilisons les moyens techniques du capitalisme pour nous organiser" + un peu trop collectiviste.
Pour Marx, OK pour "passer du travail forcé à l'activité choisie ( passionnante et plaisante ). ce qui est comparable à l'abolition de l'esclavage."
OK dans l'ensemble pour ce que j'ai pu entendre à propos de ses écrits de jeunesse.
Par contre, pièges du marxisme :
-Foi en la technique.
-Confusion entre désirs et besoins.
-Rentre dans l'imaginaire capitaliste en considérant que l'économie
gouverne et doit gouverner la société.
-Marx ecolo ?
-Il est dans la logique de "la fin justifie les moyens", du détour, de prendre le pouvoir pour mieux pouvoir le détruire. A t'on une chance de gagner aux échecs contre le techno-capitalisme ?
-Mépris envers le sous-prolétariat
-Quelle révolution ?

Pour le RMI, tu vis comme un roi si tes besoins sont limités ( Hormis à Paris ). J'en parle en connaissance de causes.
Si tu veux changer les choses par le haut, et t'épuiser dans la stratégie du détour et des réformes, essaye peut être d'abord d'obtenir le RMI aux 18-25 ans ! C'est sans fin ...

Excuse-moi pour cette réponse à l'arrache, mais je suis fatigué des grands discours. Après réflexions, lectures etc. , j'ai trouvé ce qui me convient le mieux pour faire bouger les choses : être le plus possible dans la logique de "la fin est entièrement contenu dans les moyens", vivre le changement ici et maintenant et non plus simplement le théoriser.
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sable
Guest





PostPosted: 03 Jan 2008 14:35    Post subject: Reply with quote

bonjour invité encore inconnu , mais qui semble me connaitre .

je ne suis pas un théoricien , encore moins un petit bourgeois . il se trouve que je viens de passer 3 ans au RMI est que je vivait pas du tout comme un roi mais comme un exclu d'à peu près tout ( et à la campagne et sans voitures ) . la situation du RMI est devenu intenable , il n'y a qu'à lire les nouvelles du reseaux et du site web d'AC! , où de plus en plus de gens au rmi se retrouvent contraint de d'accepter n'importe quoi dans leur contrat d'insertion , où il n'y a plus que l'insertion par le travail qui compte , hélas ( rma , contrat d'avenir , et cie) , et ceux qui ne sont pas en état de travailler se retrouvent exclu de tout droit ( si ça ce n'est pas une exécution sociale en bonne et du forme !) sauf pour le plus chanceux à pouvoir rentrer dans le dispositif de l'AHH , dont le nombre de bénéficière explose , mais qui reste le seule dispositif où on est un peu à l'abris du racisme anti pauvre ( pour combien de temps encore ? ) qui lui est bien réel .

je suis surtout un squatteur , et voilà une persepective politique concrète et immédiate , je cherche toujour à squatter sur bordeaux , ce sera pour moi d'ailleur peu être la seule façon d'y revenir ( j'en ai été expulsé ) . donc si il y a des gens motivés parmis les décroissants et le pas de côté on se fait une réunions quand vous voulez .

ensuite , si le rsg est une proposition pas pour l'instant réalisable ( on à pas le rapport de force ) pour les monnaies locales et les ccopératives municipales, ou régie de quartier ( qui peut très bien commencer par un squat sauvage mais de grande ampleur) on peut commencer tout de suite et sans attendre , même si cela demande un peu de réflechir avant de se lancer tout azimut dans l'expérimentation . la perspéctive des municipales en mars prochain , pourrait être un bon moment pour s'exprimer et sensibiliser sur ces 2 propositions qui concernent le local .

squat ( à défaut une bonne grosse colocation qui déborde un peu sur la voie publique) et monnaies locales , voilà deux perspectives d'action concrêtes , où je suis prêt à m'investir , mais cela n'empêche pas d'essayer de chercher sa cohérence par les biais un peu détournés de la reflexion . de se saisir de son énigme . Cool

bien cordialement .
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 23 Jan 2008 14:57    Post subject: Reply with quote

Quote:
sur le revenu garanti , qui ne tue en rien l'économie de luxe , on serait en droit d'attendre un peu plus de précision. dès lors qu'une gratuité étendu au delà du numérique , et dès lors qu'on a plus à faire à des petits groupes on est bien obliger de ce poser la question de l'argent , et de sa répartition . ce qu'il y a de plus necessaire ce n'est pas qu'on soit tous au même niveau de revenu , mais bien que personne ne manque de l'essentiel. c'est uniquement dans le cas contraire qu'une inégalité est véccue douloureusement comme une injustice .

on aurait donc tout interet à étudier sérieusement cette question de continuité d'un revenu suffisant et inconditionnelle .

c'est bien à considérer les mutations actuelles dans la production et le travail , à l'heure de notre entrée dans l'ère de l'information ,qu'un revenu garanti s'impose . face à l'automation et l'informatisation de la production qui demande de moins en moins de force et de quantité de travail pour un coût énergétique de plus en plus réduit , et face à l'émergence du travail autonome plus colaboratif que compétitif , , intermitant et exigeant autonomie et création , la nécéssité de garantir la continuité de revenu alors que le travail est discontinu ( à l'image des créatifs culturels ) s'impose effectivement .


Drôle d'idée, pour des " décroissants " supposés mettre en cause la place immense du système technicien, de l'économie et de sa croissance dans nos vies, que finalement réclamer de pouvoir tous (également comme un droit naturel ou d'eixtence) téter aux Mamelles-du-Destin-Economique de la modernisation marchande de la vie. Et en plus, comble de la feinte dissidence : faire passer cette volonté d'intégration totale de la machinerie techno-économique, au point de prendre acte de ses mutations techno-scientifiques (AAhh l'économie informationelle et immatérielle !!!) afin de s'y aménager un bon petit nid douillet pour tous, pour un acte révolutionnaire contre le capitalisme. Chapeau bas messieurs, c'est complètement Jean ZinZin ! Vive l'existence économique, vive AC, le DAL, le AIRE et les autres contre-révolutionnaires merci à eux de réclamer à notre place (Ahh les saintes " forces politiques " nous manquent encore, mais peut-être dans 3000 ans... quand les écologistes auront des dents pour mordre : Jean ZinZin président !!!) nous faire téter au biberon économique à l'état de foetus. Le mythe de l'abondance économique et l'utopie de l'automatisme technicien, comme fondements de l'analyse des Gorz, Zinzin, Moulier-Boutang, Negri et cie et de leur proposition de revenu-garanti-à-se-faire-coloniser-par-l'économie, tout cela est-il très " décroissant " ? Et après tout, au mieux, après la " démocratie participative ", cela fera plaisir à Ségolène Royal (merci encore alain Caillé).

Sur les origines historiques de l'idée de " revenu garanti " nées chez M. Duboin (quel grand révolutionnaire !!!!!) puis dans les cercles de la Collaboration à Vichy et dans les groupes nazis pendant la 2GM , jusqu'aux lambertistes, négristes, zinzinistes, le-lait-est-déjà-Alain-Caillé *, et autre André-Gorz-fait-moi-mourrir-de-rire, on lira l'excellent livre de Claude Guillon, Economie de la misère (éditions Digitales), qui comporte plusieurs chapitres (très documentés et très détaillés) sur la critique du " duboinisme " et du " garantisme " que l'auteur a mis désormais sur son site : Le chapitre (découpé) sur le revenu garanti : http://claudeguillon.internetdown.org/rubrique.php3?id_rubrique=12

" Garantistes " de tous les pays, du DAL, d'AC, d'Ecorev, de Multitudes, unissez-vous pour parachever notre dépendance à la Méga-machinique économique et à ses mutations ! Vive la mutation !

Quote:
Économie de la misère. Misère de l’économie - Droit au travail - Précarité - Loi du marché - Production immatérielle - Revenu garanti - Aliénation - Fouriérisme - Paresse - Plaisir - Révolution

La Digitale, septembre 1999, 106 p. Disponible. Édition espagnole, deuxième semestre 2001, Alikornio ediciones, Barcelone.

Après le succès considérable d’une critique pasteurisée et sans perspective de « l’horreur économique », il était bon de rappeler que l’idéologie économiste, comme la sacralisation du travail, ont été l’objets de débats passionnés dans le mouvement révolutionnaire. Si les piques d’un Lafargue ou d’un Kropotkine contre le « Droit au travail » gardent toute leur pertinence, un courant anarcho-syndicaliste d’inspiration proudhonienne reste attaché à la valeur morale du labeur. Dans sa seconde partie, l’ouvrage dresse la généalogie, jusqu’ici négligée, du courant « garantiste », depuis Thomas Paine jusqu’aux autonomes des années 70, modernes partisans d’un « revenu garanti » ou d’un « salaire social », en passant par les sympathisants de Jacques Duboin constituant, sous l’Occupation, la section économique du groupe Collaboration. Qu’il s’agisse d’humaniser le système capitaliste (Yoland Bresson), de réaliser ses potentialités les plus prometteuses (Negri), ou - plus prosaïquement - de proposer à la social-démocratie au pouvoir un « nouveau new deal » (Yann Moulier Boutang), tous les partisans du garantisme retrouvent la préoccupation de Paine : réaliser la réforme pour éviter (conjurer) la révolution.

À l’encontre de cet évolutionnisme, je tiens qu’il est impossible de faire l’économie d’une révolution pour en finir avec un monde où l’horreur, la misère et l’ennui sont monnaie courante.


Pour continuer à se marrer avec les " garantistes ", les plus grands apotres de la soumission actuelle à notre domestication économique (même Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et le MEDEF réunis ne font pas mieux), juste un extrait du livre de Guillon dénonçant les réflexions fumeuses des garantistes :

Quote:
Peut-être eut-il fallu indiquer dans ce titre de chapitre l’adjectif « économiques » entre guillemets, tant il est parfois difficile de démêler la distance et le premier degré dans l’emploi qui en est fait. Faut-il prendre à la lettre, par exemple, l’argument de M. Yoland Bresson, selon lequel « un bébé, la première année de sa vie, fait tourner l’économie en consommant des couches-culottes et des consultations médicales. Par sa seule existence, il a une valeur économique [6] » ? Sans doute puisque Jacques Berthillier, autre militant de l’AIRE, affirme de son côté que « tout individu, de par son existence, crée un potentiel d’échange, indépendamment de son action propre. [...] Si on ne lui donne pas l’équivalent monétaire de son potentiel d’échange, on le tue socialement [7] ». D’une pertinence factuelle incontestable, ce raisonnement pourrait figurer le summum de l’esprit marchand, d’autant qu’il n’y a pas de raison sérieuse de ne pas l’étendre au foetus (à naître ou avorté), qui lui aussi « consomme » des examens médicaux et des actes chirurgicaux. Dans cet esprit, le revenu d’existence pourrait être versé, dès la conception, sur un compte bloqué (la question se pose de savoir à qui seraient versées les sommes théoriquement dues à des ex-foetus non viables ou avortés). En allant plus loin, on pourrait considérer que les spermatozoïdes et les ovules, dont l’interdiction de la rencontre suppose le plus souvent la consommation de consultations spécialisées et de produits et objets contraceptifs, ont en eux-mêmes une valeur, et pourquoi pas une existence économique ? On atteindrait de la sorte au comble du « garantisme naturel ».


Pour une critique du "revenu garanti " avant l'heure, voir aussi une sacrée critique de toutes les formes de salaires/revenus, que ce soit le salaire soviétique, de subsistance, de bien être et de consommation, ou le " salaire anarchiste " (sic !), dans Gaston Bridel, La foire aux ânes ou de l'abolition du salariat, Editions Coquelicot, Toulouse, 2007 (ils ont un site si vous voulez commander). Monnaie fondante, critique du syndicalisme, " le film du minimum vital ", " la foire aux ânes " de l'augmentation des salaires (pouvoir d'achat), etc. tout y passe et c'est rondement mené, le salaire reste toujours une technique de distribution de la Machinerie Economique. " La seule solution au salaire est dans sa suppression ". Bravo aux éditions Coquelicot d'avoir sorti ce texte d'une valise d'un anarchiste émigré espagnol, et aussi de faire des clins d'oeil au Volem Rien Foutre al Pais de Carles, pour relier les luttes pour notre sortie du travail.

---------

* Pour une critique des positions citoyennistes, garantistes, économie solidaire-à-visage-humain d'alain Caillé, on lira dans la revue duMAUSS, 1er semestre, 2007 (numéro sur l'anniversaire de l'anti-utilitarisme), le texte de Onofrio Romano, " Pour une critique anti-utilitariste de l'anti-utilitarisme ". Qui critique lui aussi comme Guillon la pente réactionnaire du "revenu ganati ", "revenu inconditionnel" et autres,. Aussi de Serge Latouche, son ouvrage Justice sans limites qui aborde la question.

Sur son site, Guillon a aussi réécrit la version authentique du texte finalement de fond sur ce qu'ont été finalement lambert, Moulier-Boutang, Negri etc, aujourd'hui et comme dans leurs jeunesses : " Le militantisme, stade suprême de l'aliénation " http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=202
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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sable
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PostPosted: 25 Jan 2008 15:49    Post subject: Reply with quote

c'est un peu affligeant , ce que tu dis clément , et les blagues sont vraiment nuls . comme a ton habitude tu multiplie les amalgames ( quoi de commun entre le les vichistes , ou yolande bresson et celle des gens du grit comme jean zin ou gorz ? ) , et finalement je me rends bien compte de ta vision très contre révolutionnaire ( à donner de très faciles arguments à sarkozy) à trop t'éprendre d'un pureté illusoire . sache que même pour gorz , qui revait d'une gratuité intégrale , la sortie de l'économie passe par les monnaies locales et le revenu garanti . car envisager cette sortie sans phase de transition est une escroquerie , qui ne tiens pas compte de l'atomisation de la société et des limites ( faut il encore les reconnaitre ) de l'auto-organisation . la position que tu défend est très en dehors de l'histoire et n'a pour ainsi dire aucune chance d'être réaliser . il faudrait en penser les moyens , et élever le niveau de ton argumentation .

par ailleur une révolution , si c'est bien cela que tu vise , n'est jamais faite de purs révolutionnaires ni de philosophes honorables , mais de gens trait différents , dont l'intelligence est bien de se réunir , de 'entendre , par delà leurs petites différences .

j'imagine que je perds mon temps à écrire tout ça , car tu ne le lira pas , et tu n'y répondra pas , comble de la malhonnèteté, comme la plus part des commentaires que j'ai laissé sur deux ou trois de tes misérables écritures . qui manquent considérablement de dialectique .
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 26 Jan 2008 22:06    Post subject: Reply with quote

Salut sable,

Cela ne me rassure qu'à moitié, vraiment, que Gorz puisse revassait d'une " gratuité intégrale ", on a là à mon sens, dans cette revendication de la gratuité - des transports communs, etc. cf. les campagnes sur ce thème de certaines organisations libertaires... - qu'une horreur sur-organisationnelle de plus, qui est en droite ligne avec le mythe de l'automato-abondance, imaginant finalement que dans cette supposée société post-industrielle de l'immatériel, désormais notre Maman-l'économie peut désormais se passer de la construction inégalitaire de ses techniques distributives de l'abondance. Mieux que le " revenu garanti ", allez ! : l'abondance gratuite c'est tellement le pays de la belle au bois dormant.

La gratuité de toujours les mêmes marchandises, c'est un peu le summun de l'invention de l'économie dans nos vies depuis 3 siècles, quand la machine tourne enfin à son rythme de croisière, c'est-à-dire quand le Titanic planétaire fonce tout droit à plein régime ! Car si c'est pour rendre gratuit ce que produit la Méga-machine planétaire, non merci ! Cette solution est bien pire que le capitalisme. Et je me méfie de toutes personnes la main sur le coeur qui a pour idéal " un monde libéré de la pauvreté " où il faudrait en réalité comprendre là, un monde complètement assujeti à l'économie par de nouvelles techniques distributives. La gratuité comme revendication applicable en termes de politiques publiques d'Etat, non !, par contre les " reductiones ", c'est-à-dire les " récupérations " comme l'ont fait les Diggers dans les années 70 en Californie, ou comme l'ont proné les situs et le pratiquent encore certains collectifs, c'est tout autre chose, on est là dans le vol, la " récupération" (" libérez les marchandises", c'est-à-dire libérer les objets de leur forme-marchandise) comme ils disent, et cela ne demande en rien de planifier un Léviathan de l'abondance gratuite, avec toute la machinerie technobureaucratique qui irait avec.

De plus Gorz, Zin, Negri, etc, parce qu'ils ont la même idée que des groupes collaborateurs ou nazis, ne sont pas aussi des nazis. Ce n'est pas du tout ce que j'ai dit, je sais pas où tu as trouvé çela dans ce que je disais. Cependant, que finalement l'idée d'un revenu garanti puisse avoir été défendue et voulue, par à la fois des personnes aussi disparates que des Collaborateurs, des nazis, des Gorz, Negri, Zin, ne m'empêchera pas de m'étonner du caractère supposément " révolutionnaire " de ce revenu garanti. Il y a là un effet de sens gigantesque dont beaucoup n'ont pas encore mesuré la portée. Encore une fois, tu pourras lire la " dialectique " que tu recherches, dans l'ouvrage de Claude Guillon, qui te démontrera sur le fond, avec les arguments que tu recherches.

De plus quelle est donc cette " illusion puriste " que tu me prêtes ici parce que - si je comprends bien - je ne partage pas la voie unique que tu soutiens d'une planification étatique des " alternatives " au capitalisme, en créant une sorte de " tiers secteur non-marchand ". Tu y crois sincèrement ? Tu penses que à l'échelle de ta vie, de ma vie, on vivra sérieusement une application de politiques publiques " alternatives " au méchant capitalisme ? Quand ? dans 3000 ans, quand les écologistes auront des dents pour mordre ? Avec le super-parti de l'ami Besancenot auxquels ne cessent de faire des clins d'oeil Ecorev et le journal La Décroissanche ? N'est-ce pas justement aujourd'hui un purisme illusoire et une utopie complète de croire à l'incarnation d'une " politique publique alternative ", après 30 ans d'échecs répétés et de récupération renouvelées de toute les tentatives de l'écologie politique ? C'est pas cette croyance citoyenniste/électoraliste qui est l'utopie ? Où êtes-vous dit moi ? Quelles forces sociales peut vous suivre ? Il n'y a pas de " réforme " possible, toute réforme ne fait que parfaire la machinerie qui nous dépossedèra toujours plus au fur et à mesure de son auto-accroissement : la possibilité du "revenu garanti " nécessite de l'argent à redistribuer, non ? Des sommes d'argent à imposer (les "riches" pardi !), non ? Or cela n'est possible qu'avec une bonne croissance économique ! Si l'économie ne marche pas, il n'y a rien à redistribuer. La " politique ", cela te rendra peut-être triste si tu penses qu'il n'y a que ça désormais de possible, mais elle ne s'oppose pas à l'économie, elle ne s'y est même jamais opposé.

On a reparle si tu veux dans 50 ans... quand tes amis et toi vous aurez changer le monde par la prise organisée du POUVOIR-de-la-machine-sur-nos-vies.

On pourrait aussi développer une critique du " revenu garanti " à l'aune de la critique que l'on pourrait faire de la revendication légendaire de la " hausse des salaires " (le pouvoir d'achat).

L'économie offre cette contradiction que plus elle parfait son appareillage et développe son machinisme puis son automatisme, et plus elle favorise les conditions techniques amenant à la baisse des prix (réduisant le prix de revient). L'orientation naturelle de l'économie quand le système technicien devient sa loi et sa règle, et que celui-ci le réaménage entièrement, est la baisse des prix. C'est là la crise de la valeur qui fait que le capitalisme se condamne lui-même et ne vit plus que de sa belle mort lente. Cependant, ce processus on le sait, aboutit à un chomage structurel et à l'ouvertude de nouveaux champs de valeur qui tombent dans le chaudron de la valorisation économique (service à la personne, biens immatériels, nouveaux procédés marchands découlant des recherches techno-industrielles, nouveaux marchés émergents à conquérir, etc.). Certains ont même parlé de fin du travail vivant du fait de l'automatisation complète de la Machine Travail planétaire (encore très loin d'être achevée). Cependant, l'économie lutte contre la propre mort qu'elle s'inflige, et l'Etat est un moyen capital pour retarder cette mort qui pousse à une baisse des prix jusqu'à leur disparation dans la gratuité de l'abondance automatisée. On organise alors scientifiquement la rareté (on fausse la libre concurrence), on augmente les masses démographiques de cibles solvables (aide au développement), ou on fait la course aux armements pour faire la guerre destructrice qui décongestionnera la Machinerie et fera tout repartir de plus belle. Car la hausse des prix ou du moins leur maintien est une des conditions essentielles des entreprises capitalistes. Or on sait que la hausse des prix est mise en échec par la fabrication du chomage qui résulte de la mécanisation/automatisation progressive et inévitable de la production. La revendication du mouvement ouvrier, d'une hausse des salaires, est donc en rien révolutionnaire, elle est la condition dialectique du rééquilibrage de la machinerie. Comme dit Anselm JAppe, " la lutte des classes n'est que le mouvement immanent au déploiement du capitalisme ". Sans la lutte entre les classes de rouages dépossédés qu'il a inventé, il ne pourrait pas se reproduire. La mécanisation entrainant le chomage et la réduction du temps de travail, ainsi que la diminution des prix, alors que le capitalisme organise la rareté, l'extension des masses démographiques pouvant faire office de demande ou la guerre, la hausse régulière des salaires, est dans cette configuration vitale pour le système. Et Sarkozy est le président du pouvoir d'achat, que réclame désormais sa supposée opposition de manière de plus en plus hystérique. Et tout le monde doit avoir un salaire, un revenu minimum, un revenu garanti, est ceci pour une seule raison : les gens qui ne sont pas solvables, parce que l'économie est là pour exploiter les besoins solvables et non satisfaire les besoins réels, sont les ennemis mais surtout les obstacles de l'approfondissement de l'économie. Mais pourquoi s'ennuyer à faire des rattrapages en escaliers sur les salaires, pourquoi attendre que des gens fassent grèves, pourquoi donner sous conditions d'insertion professionnelle, sous conditions sociales et de précarité, des " minima sociaux ", des hausses de salaires, etc ? M. Ford n'a -t-il pas donné des salaires afin que ses ouvriers puissent consommer ses voitures ? Ne sommes nous pas les enfants de la Matrice, notre dépendance à tous n'est elle pas désormais totale, notre vie n'est-elle pas réduite à une "vie économique" ? Autant carrément créer pour la MAchine un revenu garanti qu'elle redistribuerait automatiquement, cela serait beaucoup plus simple, inscrire dans les Tables de la Loi, le droit de chaque personne, dès son état de foetus, à une existence entièrement économique. Le droit de vivre à genoux dès sa naissance. La Machine économique a besoin de nous, elle a besoin de notre solvabilité pour vivre et se reproduire toujours plus. Et l'administration des vivants que nous sommes quelque part encore, ne sera alors vraiment que celle des choses. Ohé hue ! les foetus et les travailleurs du monde industriel moderne ! Et ils nous jetteront à la face notre ration d'entretien, notre " minimum vital ", notre botte de foin économique ! Merci les ânes de la transmigration et de la réincarnation syndicaliste. Rassemblez-nous sur le foirail ! On distribue le revenu garanti !

Mais vous ? Vous les femmes, les hommes encore vivants livrés au caprice des maîtres, à la sottise et à l'ambition de vos meneurs, n'allez-vous pas comprendre que les vallées de la vie nous sont encore grandes ouvertes ? Notre vie M. Besancenot, vaut certes plus que leurs profits iniques, mais elle vaut aussi et surtout bien plus que notre propre salaire, c'est-à-dire que notre propre servitude à la foire au travail où notre force vivante est à vendre comme une simple marchandise ! Le monde n'est certes pas une marchandise, mais nous le sommes, NOUS, à chaque instant de nos vies, nous les "hommes-marchandises", que certains achètent avec de l'argent, comme l'on achete un service sexuel à une prostituée, signification réelle de la puissance perforatrice de toutes les monnaies du monde, locales ou pas. Esclaves du revenu garanti et des salaires, cassons nos licols ! On est pas à vendre ! Etouffons le verbe menteur de la feinte-dissidence, auto-réduisons notre dépendance à notre équivalence en argent, Auto-réduisons notre temps de travail, pour l'autonomie, pour l'auto-production, pour la sortie collective de l'économie par la densité des liens que nous récréons entre nous, dans les 6 milliards de mondes encore possibles.


Quote:
« Tous les meneurs du prolétariat vivent, jouissent, espèrent de la condition prolétarienne. Ils sont ces crétins anonymes qui ont inventé le ‘‘ minimum vital ’’, le ‘‘ salaire minimum ’’, ‘‘ l’échelle mobile ’’. Ils ne sont pas préoccupés par le problème de la solution du ‘‘ Droit de consommation ’’ : Non ! Ils sont intégrés dans des régimes économiques dont ils combattent la voracité, mais dont ils acceptent la permanence. »



Gaston Bridel, La foire aux ânes ou de l’abolition du salariat, Editions Le Coquelicot, 2007.

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Critique de la valeur et du travail

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zarf



Joined: 23 Aug 2006
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PostPosted: 27 Jan 2008 14:38    Post subject: Reply with quote

Clément a écrit:
Quote:
La gratuité comme revendication applicable en termes de politiques publiques d'Etat, non !, par contre les " reductiones ", c'est-à-dire les " récupérations " comme l'ont fait les Diggers dans les années 70 en Californie, ou comme l'ont proné les situs et le pratiquent encore certains collectifs, c'est tout autre chose, on est là dans le vol, la " récupération" (" libérez les marchandises", c'est-à-dire libérer les objets de leur forme-marchandise) comme ils disent, et cela ne demande en rien de planifier un Léviathan de l'abondance gratuite, avec toute la machinerie technobureaucratique qui irait avec.


Mon désaccord avec Clément vient en partie de ce qui précède. Une partie (mais pas tous) des collectifs que j'ai cotoyés dans les années 90 à Paris (ceux que C. Guillon appelle les mouvementistes) et qui pratiquaient ces formes multiples d'autoréductions (réquisitions de marchandises dans les commerces, réquisitions de thunes dans les CAF, autoréduction des transports, ...) défendaient par là même et en même temps la nécessité d'un revenu garanti inconditionnel, comme moyen immédiat de libérer les objets de leur forme-marchandise, comme lutte à la fois concrète et politique, comme moyen non de se soumettre encore plus à l'État et la mégamachine mais de poser ici et maintenant les prémisses d'une possibilité de libération: une lutte non pas pour l'État, mais contre l'État, au double sens du mot "contre" ("opposition" et "collé à", "pas loin de", puisque l'État est là, partout ou presque, comme patron collectif et gestionnaire du territoire et des espèces qui y vivent).

Revendiquer un revenu garanti n'avait donc là strictement rien à voir avec une vision pacifique ou social-démocrate, mais tout au contraire partait du postulat que ne pas attaquer sur ce terrain laisserait de toute évidence le champ libre à l'État patron collectif et à ses serviteurs zélés pour imposer le contraire en l'affublant éventuellement du même nom: le workfare, le retour du travail obligatoire, la déconnexion emploi/salaire au profit du capital, la totale reprise en main du contrôle de la mobilité (qui décide quand, où, pour qui, pourquoi et comment je vais m'employer: moi ou le patron?).

Les mouvements de chômeurs des années 90 se sont donc construits et ont existé en partie sur ces positions conflictuelles, et aussi réels aient été et sont encore les désaccords persistants sur l'intérêt de revendiquer politiquement et publiquement un revenu garanti, en l'articulant à des pratiques concrètes elles plus largement partagées, parler de formes d'actions contre-révolutionnaires est du pur non-sens.
La contre-révolution c'est aujourd'hui, c'est le workfare et l'extension incessante du contrôle social, les dispositifs de redistribution de miettes en échange de toujours plus de soumission et à la tête du client, la radiation du chômeur qui vit sans bagnole et sans portable ("mais monsieur, vous ne pouvez pas être employable si vous ne pouvez pas vous déplacer partout et être joint tout le temps!), la réduction de l'espace possible pour le refus du travail et le renforcement de l'idéologie du travail.

"Critiquer le travail en actes", dit A. Jappe, certes mais comment? à combien? La Picharlerie contre l'État, qui sort vainqueur?
"Libérer la marchandise"? sans construction d'un rapport de force, chacun est renvoyé à des petites pratiques de survie, pratiques anonymes, clandestines, qui risquent si peu de faire tâche d'huile à l'heure du flicage tous azimuts.
"L'insurrection qui vient"? un titre plus lucide aurait pu être "L'insurrection qui ne vient pas", justement.

Sinon, les Diggers se sont plutôt illustrés dans les années 60 que 70.
On trouve sur le Net un site en anglais:
http://www.diggers.org/
et il y a le chouette bouquin d'Emmet Groggan, "Ringolevio", qui y consacre quelques dizaines de pages effectivement très intéressantes.
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