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sortie de l’économie : Pistes et stratégies existantes
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 08 Jul 2008 13:52    Post subject: sortie de l’économie : Pistes et stratégies existantes Reply with quote

sortie de l’économie : Pistes et stratégies existantes

Si être objecteur de croissance, ce n’est pas seulement remettre en cause la croissance économique dans ses conséquences négatives (que maintenant même les non-objecteurs de croissance ne contestent plus !!), mais déployer une vie quotidienne matériellement plus indépendante de l’économie, plusieurs stratégies semblent possibles :

1) Pluri-activité artisanale et rurale, autogérée/coopérative

Ce sont par exemple Ambiance Bois ou d’Oxalis (1), où la volonté de « vivre et travailler autrement » ou d’inventer un « autre système économique » se rapprochent nettement d’une réappropriation et d’une autonomisation du fait de la dimension rurale de ces projets. On est là au croisement du militantisme (éducation populaire) et de l’entreprenariat, avec la volonté de mettre la personne au centre des activités, de faire tourner les tâches, de décider ensemble, de casser la frontière entre vie privée/familiale et vie professionnelle, etc.

La sortie de l’économie gagnerait à y être théorisée, du fait de poids très important de la dimension économique de ces initiatives, sur laquelle s’aligne à l’évidence la vie professionnelle dans ses structures, même si on peut considérer que les activités professionnelles y sont d’avantage choisies qu’ailleurs, puisque créées.
Et inversement ces projets très originaux (en comparaison de n’importe quelle entreprise où la plupart d’entre-nous travaillent) sont autant d’expérience où des personnes redéfinissent leur rapport à l’économie en se rendant solidaires les unes des autres : c’est là d’ailleurs un aspect trop peu développé dans les livres qui sont parues sur ces expériences (2).

En effet, c’est au sein et à partir de cette vie solidaire communautaire que toutes ces initiatives se déploient. A la limite les activités économiques concrètes déployées sont beaucoup moins intéressantes que cette vie communautaire qui, très concrètement, permet que les personnes s’activent au quotidien, sans comptabilité ni de temps, ni d’argent, ni d’échange d’aucune sorte. Les activités bénévoles se mêlent aux activités rémunérées/rentables, un peu comme au sein de n’importe quelle entreprise familiale, sauf qu’ici la grande originalité est que le groupe dépasse cette frontières familiales.

On peut d’ailleurs penser que cette situation où se mêlent activités non comptabilisées et activités économiques rentables est très banales dans beaucoup de petites entreprises, et mêmes les plus grandes, où il n’y a jamais un recouvrement exacte entre le temps comptabilisé et la rémunération, entre le temps d’activité et le chiffre d’affaire qui peut en découler. Et c’est bien pour cette raison qu’il y a à mon sens un gros travail de réflexion à mener sur ces entreprises collectives/solidaires…

2) Activités d’autoconsommation et autoproduction complétant une activité rémunérée

C’est ce que l’on appelle le « travail à côté » (Florence Weber) très présent chez les ouvriers jusqu’à récemment avant la vague désindustrialisation des années 1980, mais bien-sûr très présent ailleurs sans toutefois être théorisé. Car on peut distinguer, justement, les cas où le « travail à côté » n’est volontairement pas comptabilisé, et celui où il résulte d’un arbitrage économique classique du style « ça me revient moins cher de poser mon carrelage moi-même dans ma salle de bain ».
Globalement, l’autoconsommation dans la plupart des cas ne dépasse pas la limite familiale, tandis que le « travail à côté » des ouvriers allait au delà.
Quand les ouvriers sont tombés au chômage, leur autoproduction s’est monétarisée en devenant travail au noir (3). La faute à qui/quoi ? A creuser.

3) Bénévolat associatif, prosommation

Là encore, le domaine est très large, riche en expériences qui ne sont pas suffisamment théorisées en tant que « substruction » (4) face à l’économie.

Je distingue le bénévolat, où l’activité non rémunérée cible un autre public que les bénévoles, de la prosommation, qui recouvre des activités également non rémunérées mais dont les destinataires sont les personnes qui s’activent. La prosommation est à distinguer de l’autoproduction car elle se déroule dans un cadre économique marchand : c’est l’exemple des Amap qui recouvrent tout ce que font les amapiens, et que le producteur ferait hors Amap et donc devrait rémunérer. A noter que cela pourrait être considéré comme du travail au noir (le cas s’est produit en Amap dans le sud-est semble-t-il).

Cette articulation bénévolat associatif et activité économique est un domaine de réflexion à part entière (gros d’ennuis fiscaux potentiel aussi, on peut le supposer).

On le retrouve dans le cas de la pluri-activité artisanale décrit plus haut, sauf que dans ces situations les destinataires ne sont pas les travailleurs de cette pluri-activité (clairement : on produit pour vendre et la recherche de rentabilité guide cette pluri-activité). Ceci dit la démarche associant bénévoles et travailleurs rémunérés est très intéressante dans la logique de sortie du salariat et de création de sa propre activité profesionnelle... Elle est beaucoup moins évidente du point de vue d’une sortie de l’économie : en effet, la synergie recherchée entre bénévolat et activité rémunéré fait que le bénévolat est dépendant de l’activité économique en question. A creuser, là encore.

4) Squat, perruquage

On entre là plus dans l’illégalité (mais l’illégalité pend aussi au nez des solutions précédentes, pour peu qu’elles se développent en atteignant un certain seuil…). Cela concerne donc les lieux de vies, d’habitation ou de terre. Mais aussi le matériel utilisé dans un cadre professionnel (perruquage).

5) Etre nourri blanchi, bolo

C’est sans doute la voie la moins explorée, mais la plus logique et celle proposée dans Bolo’bolo.
Des personnes, au lieu de recevoir de l’argent pour leur subsistance, jouissent directement d’un « socle de subsistance » minimale, à la production de la laquelle elles participent et à petite échelle (Bolo cite 300 personnes), mais de façon non comptabilisée (à la hauteur de leur capacité).
C’est aussi une voie pertinente dans une optique décroissance/écologique car la question subsistance touche la culture matérielle et notre capacité à reproduire localement et durablement des conditions de survie minimales (de façon à ne dépendre économiquement de l’extérieur que pour le « luxe », disons).

On peut trouver à l’état non théorisé de telles pratiques, chaque fois qu’un membre de la famille ou un ami est hébergé, pendant un certain temps et le temps de (re)devenir « productif ». Ou encore chaque fois qu’un travailleur rémunéré reçoit un « avantage » en nature, qui peut être ou non chiffrable en argent. C’est aussi le cas d’ouvriers agricoles parfois (logé chez leur patron) ou du Wwoof (5)/

Conclusion :

Une réflexion à mener pour éclaircir le rôle possible de différents critères et stratégie, qui sont autant d’ingrédients pour cuisiner la recette de sortie de l’économie. Sachons y goûter… mais comme tout goût, ça s’apprend, ça n’a rien de naturel.
Donc il faut bien également avoir en tête l’analyse anti-économie de base : séparation producteur/consommateur, impossibilité de l’échange et critique de la valeur-travail.

Entrées pour un tableau récapitulatif des stratégie de sortie de l’économie

- théorisé/non théorisé
- Pluri-activité/collectif autogéré
- Articulation bénévolat/activité économique
- Prosommation
- Séparation producteurs/destinaires-consommateurs
- Squat
- Nourri/blanchi (bolo)
- …


__

(1) http://www.oxalis-bauges.org/
(2) Lulek, « Ambiance Bois, Scions travaillait autrement ? »
Béatrice Poncin, « Trajectoires Indicibles, Oxalis, la pluriactivité solidaire »
(3) Florence Weber, « Le travail au noir : une fraude parfois vitale ? »
(4) Construction et subversion, selon le néologisme de Bolo’bolo.
(5) http://www.wwoof.fr/
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Imago



Joined: 15 May 2007
Posts: 96
Location: Valais (CH)

PostPosted: 08 Jul 2008 16:20    Post subject: Reply with quote

La question que je me pose est de savoir s'il est possible de sortir de l'économie sans vivre comme un marginal, vivre dans l'illégalité ou même finir en prison.

Quelle que soit la stratégie utilisée, il se trouve souvent bien des obstacles: pour vivre, il faut acquérir ou jouir d'une parcelle, il faut avoir le droit d'y vivre, d'y construire une maison ou d'y planter une tente, d'y cultiver des choses. On peut être forcé d'être raccordé à l'égout ou à l'eau courante. Si on a des enfants on peut être obligés de les amener à l'école, de les vêtir et les équiper selon la norme si on ne veut pas que les services sociaux s'en mêlent. Dès qu'on commence à posséder des choses il faut payer un impôt. L'auto-construction est taxée, considérée comme revenu, donc imposable dans certains pays.

etc.

Sortir de l'économie, c'est quasiment sortir de la civilisation, c'est tenter d'échapper aux maitres, qui, aidés par nos coreligionnaires horrifiés par notre défection, font tout pour nous en empêcher.
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 08 Jul 2008 16:45    Post subject: Reply with quote

On voit bien d'après les exemples que je donne qu'il y a toute une graduation, et surtout un entremêlement entre l'économie et le non-économique.
Donc il n'y pas de marginalité à strictement parlé, surtout si on la crie pas sur tous les toits d'ailleurs, et de même la frontière entre le légal et l'illégal n'est pas si nette.

Songeons à n'importe quelle entreprise familiale, ou à toutes les heures supplémentaires non payés : à partir de quand c'est du travail au noir ?

Il me semble que, comme un contrôle exhaustif est impossible, le travail au noir est d'abord "défini" par la délation locale, de voisins ou commerçants jaloux, et non par le pouvoir administratif !



Le problème que je vois est de discerner parmi cet entremêlement ce qui représente un levier pour sortir de l'économie, ou au contraire quand le non-économique permet à l'économie de se déployer.
Par exemple, le temps libre non payé peut-être consacré à l'autoproduction ou au contraire à l'autoformation pour un travail rémunéré.
Il y a quantité d'exemples, qui montrent simplement qu'on reste maîtres de laisser l'économie se développer ou pas, pour autant qu'on sache ce que l'on veut.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 17 Dec 2008 15:24    Post subject: Reply with quote

Question d'usage des mots : Les mots " prosommation ", " coproduction ", voire " auto-production " (mot depuis longtemps utilisé dans la musique) sont de plus en plus utilisés dans les nouvelles organisations de la production. Parce que les mots ont aussi leur importance, ils peuvent être des pièges sans que l'on ai le temps d'expliquer ce que l'on met derrière eux, on pourrait aussi y réfléchir.

J'ai parcouru un livre intéressant par ses thèses : Marie-Anne Dujarier, [b]Le Travail du consommateur. De McDo à eBay : comment nous coproduisons ce que nous achetons,[/b] La découverte, 2008, 248 p.

L'auteur identifie ce que serait une nouvelle stratégie de " mise au travail " du consommateur. Après avoir théorisé l'OST du travail dans les années 1910-1940, le discours managérial se tournerait désormais depuis plusieurs années sur la mise en forme du métier de consommateur, en appelant à sa participation active, faisant de lui un partenaire, un " prosumer " (producteur-consommateur) ou encore un " consomm'acteur ". Voilà ce qui semble être écrit dans les manuels des organisateurs au dire de l'auteure.

Ils parlent par exemple " d'autoproduction dirigée ", pour tout ce qui est d'externaliser des tâches vers le consommateur. Fini le " service à la personne ", le " client roi ", car la logique de l'accroissement de la valeur, fait que désormais le profit sera plus important si le consommateur paye non plus seulement en monnaie mais de sa personne. Son travail : finir le produit. Ainsi faire la queue au supermarché, c'est du temps perdu, et ce temps, c'est de l'argent que le commerçant gagne en organisant au plus juste son service des caisses.

L'autre méthode de la mise au travail serait faire le produit, la " coproduction ", soit tous les moments où le client collabore à profiler le bien ou le service qui sera ultérieurement exploité par le producteur. C'est une collaboration gratuite évidemment c'est ça l'intérêt (réduction couts), où le consommateur peut être incité à tester, donner son avis, parler de ses gouts, apprécier une pub (la multinationale Facebook disposant de fichiers de renseignement gigantesque à rendre minables les concepteurs d'Edvige). Rien de mieux que les " communautés d'amis " sur internet pour faire ce travail. Exemple donné de coproduction, quand La Poste organise un concours de dessin de La marianne pour les timbres. Ici triple avantage dans cette externalisation, informer le producteur, assurer un buzz, remplacer à l'occasion le service après vente en laissant un forum où s'exprimer les utilisateurs qui autoorganisent les correctifs sur les produits et s'échangent des astuces.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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Jeuf



Joined: 14 Nov 2004
Posts: 1506
Location: 63 et 75

PostPosted: 18 Dec 2008 11:22    Post subject: Reply with quote

Quote:
Son travail : finir le produit. Ainsi faire la queue au supermarché, c'est du temps perdu, et ce temps, c'est de l'argent que le commerçant gagne en organisant au plus juste son service des caisses.


Allons plus loin et rendons-nous compte de ceci : il n'y a pas d'acte de consommation où le consommateur n'a pas à fournir lui-même un minimum de production.

Le cas limite, pour illustrer ceci, est celui d'une personne allongée dans un lit d'hopital, consommant des services hospitaliers : perfusion, respiration artificielle, éventuellement pompe pour le sang à la place du coeur. Là seulement on pourrait dire que le consommateur n'a pas de fonction de production,
mais encore doit-il encore animer inconsciemment ses poumons et ses cellulles et quelques autres trucs.

Dans nos vie "normales" (je veux dire hors de l'hopital où nous finirons tous) sans affect qui constitue le lot des êtres un peu vivant que nous sommes encore dans le ventre de la baleine économique qui nous a tous engloutis (Copirate SDE), cette part de production des consommateurs tend à être réduit à zéro, précisément pour créer des nouveaux marchés et donner du Travail Salarié à tous afin que chacun puisse prouver sa faculté à s'insérer comme rouage dans la méga-machine de l'échangisme économique global. La tendance inverse que tu illustres quelque peu Kobayshi, où on voit que des as du marketing invitent le consommateur à produire un peu, ne sont que des palliatifs temporaires à des situations que ne sait pas encore gérer le système de manière rentable, les consommateur sont donc invité à produire un peu afin d'optimiser le système, mais ça ne saurait durer éternellement et il se trouvera bien un moyen un jour pour déposséder un coup de plus les consommateurs.

Ainsi concernant la fonction vitale de l'alimentation et l'approvisionnement en nourriture, avant d'en arriver au point où l'on est concrètement sous perfusion, et alors que cela fait bien longtemps qu'a été majoritairement abandonné la production par le jardinnage, beaucoup de nos contemporains acceptent de se laisser déposséder de leur faculter de cuisiner ( ils mangent alors des plats préparés pour lesquels il faut encore effectuer la tâche de la mettre au micro-onde), ou encore de transport de la commande (avec les services de livraison à domicile par les supermarché). On pourrait trouver encore d'autres exemples de dépossession, et observer leur grignotage de nos activités jusqu'au bout...
On y est pas encore, mais la vie sous perfusion pour tous (les riches) est l'horizon de la société de consommation.
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
Posts: 967
Location: bordeaux

PostPosted: 19 Dec 2008 17:27    Post subject: Reply with quote

Tout a fait d'accord .
le système tend a déstructurer chaque "fonction" de l'individu afin de réorganiser chaque fonction séparément en les regroupant .
C'est SA logique : un système de gestion linéaire afin de faire des économies d'echelle et de controler les flux . Apres l'autonomie alimentaire de production , apres l'éducation , il s'attaque a la cuisine . Ce phagocitage de ses participants lui permet , outre des "entrées" économiques , une aliénation chaque fois renforcée , une dépendance accrue de l'individu au système .
L'état original d'un groupe de type "archaique" est l'autonomie optimisé a son environnement .et son relationnel restreint mais complexe . Dans un échange ou une cuisson , ou une culture , il y a aussi de l'affect et de l'art ; Dans une economie centralisée linéaire , l'art , c'est la 3e porte au fond a droite! .
La seule façon de combattre cette dynamique , c'est la multiplicité des solutions individuelle de refus . Pas le regroupement . Juste le REFUS .
La greve du zèle : ne produire que pour soi et etre en règle (impots , vetements ...)
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Guest






PostPosted: 23 Dec 2008 11:54    Post subject: Reply with quote

Kobayashi wrote:
Question d'usage des mots : Les mots " prosommation ", " coproduction ", voire " auto-production " (mot depuis longtemps utilisé dans la musique) sont de plus en plus utilisés dans les nouvelles organisations de la production. Parce que les mots ont aussi leur importance, ils peuvent être des pièges sans que l'on ai le temps d'expliquer ce que l'on met derrière eux, on pourrait aussi y réfléchir.

J'ai parcouru un livre intéressant par ses thèses : Marie-Anne Dujarier, Le Travail du consommateur. De McDo à eBay : comment nous coproduisons ce que nous achetons, La découverte, 2008, 248 p.

L'auteur identifie ce que serait une nouvelle stratégie de " mise au travail " du consommateur.


... Mais en travaillant à tout autre chose, on paie taxes et impôts, ce qui finance des tas de choses que ces entreprises utilisent pour leur fonctionnement.

Une différence avec la prosommmation c'est qu'une telle participation est "en nature" et directe : nos efforts ne sont pas détournés pour alimenter autre chose que leur objet. Si je ne vais pas au MacDo, je n'aide pas cette entreprise, en tout cas pas par la prosommation. Si j'aide mon maraîcher Amap, je n'aide pas MacDo. etc, etc
Ce n'est pas le cas avec l'argent des taxes qui alimentent tout et n'importe quoi derrière mon dos.

La perspective de Dujarier est quel que peu inconséquente : certains ne veulent pas participer à la production des services, qu'ils achètent mais pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas ? Ou bien parce que le calcul économique qu'il font leur indique qu'ils ne doivent pas le vouloir ?
Cela me rappelle cette personne qui continue à utiliser un gobelet plastique au distributeur de café (plutôt qu'une tasse) tant que l'entreprise du distributeur ne diminue pas d'autant le prix du café. C'est rationnel économiquement, mais révèle finalement la folie sous-jacente au calcul économique.

Deun.
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kazh ar c'hoad



Joined: 23 Dec 2008
Posts: 131
Location: Pays de St Brieuc (22)

PostPosted: 07 Feb 2009 13:20    Post subject: Reply with quote

Petit exemple concret : je tire sur photocopieurs (je suis présentement payé pour réparer ces "machins") des brochures des Renseignements généreux et "Sortir de l'économie" pour les diffuser gratos dans certains lieux (coop bio, etc....)
Evidemment, ces copieurs sont ceux de ma taule ou des clients.....mais chuuuutttt !!!
Roulement des yeux


Les jardins partagés sont aussi des exemples intéressants ; j'aimerais d'ailleurs lancer un tel projet dans le pays de St Brieuc. Je projette aussi de me remettre à produire quelques légumes et fruits en me tirant de l'appart où je vis et en allant plutôt en loc dans une maison avec un p'tit jardin.

Enfin, tout ça pour dire qu'il existe aussi des actes quotidiens que l'on peut faire afin de commencer à mettre en pratique (pour quelqu'un comme ma petite personne qui voit sa conscience d'objecteur de croissance........croitre !) une volonté et des idées liées à la sortie de l'économie.
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Imago



Joined: 15 May 2007
Posts: 96
Location: Valais (CH)

PostPosted: 08 Feb 2009 21:49    Post subject: Reply with quote

Après quelques réflexions ultérieures, la sortie de l'économie me parait de plus en plus illusoire. Je n'ai pas la capacité de formuler une démonstration mais voici quelques exemples:

1) je connais des gens qui ont fait de l'autoconstruction, partielle ou complète. Ils ont été taxés, ce qu'ils ont économisé leur a été compté comme revenu.

2) les impôts pourraient bien être payés en monnaie locale

3) le simple fait de posséder de la terre ou de jouir d'une ressource est déjà taxé

Ces quelques exemples pour dire qu'à mon avis le "système" est capable de réguler et d'intégrer des comportements de l'économie parallèle ou de l'auto-suffisance.

On constate également que tous les peuples humains premiers sont intégrés de force dans le monde économique. Donc, si ces gens n'ont pas réussi à rester en dehors de l'économie, comment nous, pauvres occidentaux ignares des savoirs essentiels, pourrions-nous en sortir ?
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kazh ar c'hoad



Joined: 23 Dec 2008
Posts: 131
Location: Pays de St Brieuc (22)

PostPosted: 09 Feb 2009 19:10    Post subject: Reply with quote

Ce que tu dis est intéressant et juste Imago !

Mais ceci dit, s'il est vrai qu'il n'est pratiquement pas possible de sortir réellement, ici et maintenant de l'économie, tellement elle fait parti de nous, ou plutôt qu'elle nous a intégré dans son procèssus désintégrateur, je pense qu'outre mettre en place des actions, des actes, des gestes, des comportements "alternatifs", il est nécessaire aussi de refuser plus avant de porter caution à ce système par une prise de conscience tout d'abord, puis par des actes de désobéissance ensuite, des actes de sabotage (freinage, perruquage.....) et autres (semences, plantations sur des terres dont on ne paye rien parce que l'on en est pas proprio, etc....). Il me parait aussi nécessaire bien sur d'étendre la prise de conscience et de faire alors l'apologie (si je puis dire, si ce terme n'est pas trop fort) de la désobéissance, du refus de servir aveuglement de rouage à cette Mega-machinerie qu'est l'économie (ou économisme ?).
_________________
"Le travail est une pollution qui crée toutes les autres"
Un anonyme sur un mur de Brest en 1980

http://www.libertat22.lautre.net

http://ecologie-et-emancipation.over-blog.com
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 10 Feb 2009 10:37    Post subject: Reply with quote

Imago wrote:
1) je connais des gens qui ont fait de l'autoconstruction, partielle ou complète. Ils ont été taxés, ce qu'ils ont économisé leur a été compté comme revenu.


Cette dernière phrase me paraît douteuse !
_________________
SDE dec.info socio. des épreuves
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madeinearth



Joined: 29 Nov 2006
Posts: 216

PostPosted: 10 Feb 2009 11:13    Post subject: Reply with quote

Imago wrote:
On constate également que tous les peuples humains premiers sont intégrés de force dans le monde économique. Donc, si ces gens n'ont pas réussi à rester en dehors de l'économie, comment nous, pauvres occidentaux ignares des savoirs essentiels, pourrions-nous en sortir ?


Souvent dans les histoires, le monstre gigantesque est térassé de l'intérieur, après avoir avalé les héros. Le danger, c'est de se faire digérer par la culture dominante.
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