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Bibliographie sur l'analyse critique de l'économie.
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
Posts: 4057
Location: prox. Montpellier

PostPosted: 16 Oct 2009 12:22    Post subject: Reply with quote

Deun avait déjà transmis cet article il me semble. Mais il reste intéressant en tant qu'il rejoint la perspective de subsistance, mais je comprend pas pourquoi on embourbe le lecteur une fois de plus dans une analyse historique de l'aliénation etc...
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Pour des communautés libertaires écocentrique et affinitaire

Participer a libérer et cultiver les conditions locales et pérennes d’existences et d’autodéterminations des vivants, sans domination.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 17 Oct 2009 7:04    Post subject: Reply with quote

- Alexander Neumann publie " Conscience de casse : La sociologie critique de l'Ecole de Francfort " dans le dernier numéro de la revue Variations (école française de la théorie critique de la forme sociale de la valeur). Un long dialogue s'installe avec les réinterprétations marxiennes de Jean-Marie Vincent sur le travail abstrait et les abstractions réelles (Critique du travail, PUF, 1987) et sa sociologie. Le texte est librement mis en ligne http://theoriecritique.free.fr/archives.htm

- Republication du livre de J-M Vincent, Max Weber, ou la démocratie inachevé, Le félin, 2009. C'est un ensemble d'articles qui peuvent se lire dans le désordre, ils sont introduits par une préface vigoureuse de la wébérienne Catherine Colliot-Thélène et bonne connaisseuse de l'oeuvre de Vincent. Ce dernier met en lumière contre les interprétations traditionnelles de Weber (et ce qu'en pense la vulgate marxiste en général), les apports importants de ce sociologue, en rapport avec la critique du travail. L'érudition, la clarté et le style de cet auteur font toujours des ouvrages particulièrement stimulants, dans un refus général de toutes les philosophies de la conscience.

- Un article de Moishe Postone " Théorie critique et réflexivité historique " est publié dans le livre coordonné par Franck Fischbach, Marx, Relire Le Capital, PUF, octobre 2009. Présentation de l'ouvrage : " Disons aussitôt ce que ce livre ne fait pas : il na pas la naïveté de prétendre que « tout est dans Marx », que Marx avait raison seul avant tout le monde, que toutes les évolutions des sociétés capitalistes, y compris les phénomènes récents de financiarisation du capital, étaient déjà exactement décrites et en quelque sorte anticipées par Le Capital. Il ne prétend donc pas quil faut revenir purement et simplement à Marx et à la lettre du Capital. Au contraire, on montrera ici que Marx ne peut être actuel quà la condition quon actualise Le Capital, et même quon le corrige et le modifie sur certains points essentiels : dans un contexte de redécouverte du Capital, la tâche est dautant plus urgente et, si lon veut éviter de renouveler certaines erreurs passées, alors il faut cesser de considérer Le Capital comme un monument intouchable, et tenter au contraire de poursuivre une recherche que Marx na pas lui-même achevée, et de mener ainsi à son terme « la logique du Capital ». (Extrait de la présentation) "

- Fabrice Flipo publiera sa recension (achevée !) de TTDS de Moishe Postone, dans le prochain numéro de la revue Mouvements. Voir aussi son texte où il revient sur l'apport de Postone pour les décroissants http://www.journaldumauss.net/spip.php?article557

- Sur Debord, une conférence (fichier audio) de Gérard Briche (Colloque : Debord et la société du spectacle en 2007 à la Sorbonne) : Le spectacle comme illusion et comme réalité. Lien direct http://www.parlement-des-philosophes.org/multimedia/debord_briche.mp3 En recentrant la théorie de Debord sur son rapport à Marx, il est montré que le spectacle ne peut pas être réduit à une logique immanente à « l'image » en elle-même comme le pensent certains interprètes. Debord ne traite donc pas du « Spectacle » de manière transhistorique mais en fait une caractéristique essentielle de la société contemporaine. Le statut du " Spectacle " comme abstraction réelle, et non comme simple voile, manipulation, propagande, croyance partagée, illusion de la conscience, " fausse conscience ", est alors défini.

D'autres conférences de ce colloque http://www.parlement-des-philosophes.org/audio_et_video.html (notamment une mise en perspective entre Debord et Michel Henry, sur laquelle il y aurait des choses à dire sur le statut ontologique du voir)

- Quelques textes du situationniste Jean-Pierre Baudet, qui s'intéresse depuis plusieurs années avec sa singularité critique aux thèses de Krisis/Exit/Postone . Ces textes de 2004 que je n'avais pas vu, reviennent de manière intéressante sur la scission Krisis/Exit (avril 2004) autour de la théorie de la dissociation proposée par Roswitha Scholz. Sa connaissance des textes allemands (toujours non-traduits) éclaire un peu mieux me semble-t-il les raisons de ces divergences entre les deux revues :

(pdf) Krisis est en crise [1] http://www.geocities.com/nemesisite/krisis.crise.pdf
(pdf) Krisis, à propos de la théorie de l’Abspaltung http://www.geocities.com/nemesisite/abspaltung.pdf

- Richard Sobel (qui a fait une bonne présentation de la critique henryenne de l'économie voir le lien sur CAIRN - Henry s'est déjà expliqué et défendu sur le dernier reproche. Mais c'est une discussion intéressante) a aussi réagi en 2004 au texte de Krisis, Manifeste contre le travail : " La fin du travail ", suite, mais pas encore fin ! http://www.cairn.info/revue-l-homme-et-la-societe-2004-2-page-279.htm

Corentin précise une bibliographie sur le terrain des aventures du sujet dans le monde enchanté des marchandises (subjectivisation/capitalisme), avec des philosophes et psychanalystes :

- Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation, de Franck fishbach (2009).

- Peut-on jouir du capitalisme ? Lacan avec Heidegger et Marx, de Luis de Miranda (2009).

- La cité perverse. Libéralisme et pornographie, de Dany-Robert Dufour (2009)

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[1] il y a des universitaires parmi Krisis, il serait toutefois regretable de laisser penser cela pour le principal et le plus prolixe des théoriciens, Robert Kurz, qui a un travail précaire de manutentionnaire de nuit à Nuremberg, pour empaqueter des journaux.
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Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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De passage
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PostPosted: 30 Oct 2009 11:28    Post subject: Reply with quote

Le dernier numéro de la revue du MAUSS est consacré à Marx, voici le sommaire


I / Que faire, que penser de Marx aujourd’hui ?
1. Ouvertures(s) : Marx indépassable, à dépasser
Le progressisme de Marx et la politique athée. Quatre rapports possibles à Marx, par Christian Laval
La décroissance comme projet politique de gauche, par Serge Latouche
Marx, spiritualiste sans le savoir, par François Flahault
De Marx à Mauss, sans passer par de Maistre ni Maurras, par Alain Caillé et S. Dzimira
Le « côté obscur » de la valeur et le don, par Anselme Jappé
@ Crise économique globale ou crise des fondements symboliques du capitalisme ?, par Maxime Ouellet
Les intérêts de classe et les forces morales, par Benoît Malon
@ Au-delà du marxisme ? Le socialisme et l'association, par Eugène Fournière
@ Le dépassement du marxisme, par Carlo Rosselli
2. Variations critiques sur quelques thèmes marxistes : révoltes, capitalisme, classes sociales, aliénation, etc.
Ils avaient un monde à y gagner, par Paul Jorion
Pourquoi se révolte-t-on ? Identité, intérêt, action, par Christian Lazzeri
Quarante-huit thèses sur le capitalisme, par François Fourquet
Le noyau dur de la théorie sociale de Marx : du fétichisme et de ses conséquences, par Jan Spurk
@ Une nouvelle voie pour le matérialisme politique. Remarques sur l'anthropologie négative de Marx et l'anthropologie positive de Proudhon, par Bruno Frère
Crise, économie et politique : le détour par un Marx antinaturaliste, par M. Kail et R. Sobel
@ Quand l’objection de croissance révèle certains des impensés de la gauche, par Fabrice Flipo
@ L’objection de croissance manquerait-elle de conscience ?, par Jean-Marie Harribey
3. Trois égo-histoires de marxisme
Avec Marx, malgré tout, par Gérald Berthoud
Oublier Marx, par Serge Latouche
Une égo-histoire marxiste, par Alain Caillé
4. L’héritage vivant de Marx : Ardendt, Castoriadis, Gorz, Polanyi, etc...
Hannah Arendt et Karl Polanyi : le libéralisme économique, l’effondrement du politique et la société de masse, par Geneviève Azam
Karl Polanyi : une voix du siècle passé, par Michèle Cangiani
André Gorz, un marxiste existentialiste. L’histoire et le sujet de l’histoire, par Françoise Gollain
Espace public et émancipation chez Castoriadis, par Nicolas Poirier
@ Marx et l’imaginaire II. Libre revue, par Jean-Louis Prat
II / Libre revue
Sauvons l’Université : stoppons la recherche de subventions, par Rémi de Villeneuve
Du pouvoir politique et du pouvoir du don : la dialogie fractale de l’Église catholique, par Olivier Bobineau
L’écrivain sacrifié. Vie et mort de l’émission littéraire, par Patrick Tudoret
@ L’équivoque du symbolique, par Vincent Descombes
@ Bibliothèque
Les auteurs de ce numéro
Réunions-débats
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 11 Nov 2009 10:26    Post subject: Reply with quote

J'ai parcouru quelques textes du n° du MAUSS sur Marx. Dans l'ensemble, c'est du déjà lu chez les maussiens et leur utopie inconsistante de l'associationnisme et de l'économie solidaire. Chez les maussiens on trouve toujours cette idée qui verse sur une critique au combien idéalisante et moralisante, que dans notre monde, le don et la valeur peuvent s'opposer.

Caillé qui essaye de faire de Mauss un héritier direct de Marx, note certes avec éloge l'impressionnant travail jamais égalé de Michel Henry sur Marx et sa lecture qui brise tout ce que l'on croit savoir sur Marx, mais la tâche semble tellement difficile de prendre réellement en compte cette oeuvre ce qui nous prendrait plusieurs années (Caillé n'a jamais rien écrit sur lui) à la fois si étrange et si érudite, qu'on semble le signaler simplement aux plus jeunes pour que eux peut-être se penchent plus amplement sur cet auteur. C'est la réaction habituelle chez nombreux philosophes envers l'oeuvre de Henry, on sent bien qu'il y a là quelque chose de très important, mais on sent que c'est le genre d'oeuvre avec laquelle on en a pour trois siècles de lecture et d'études, et on laisse aux générations suivantes le soin de se pencher sur ce terrain, préfèrant alors parler des sujets plus simples et parfois plus futiles, ou carrément de " témoigner " (ce qu'on aime bien faire dans ce numéro, faute d'analyse approfondie de sa thématique). Ce sentiment d'inachevé (et de répétition) qui ressort de nombreux textes de ce numéro, se répète chez d'autres auteurs. Sur Marx, Caillé reconnaît qu'il existe des interprétations radicalement différentes des auteurs fétiches traditionnels des maussiens (Castoriadis, Gorz, Arendt...), qui présentent des Marx anti-objectiviste, anti matérialisme historique, anti-économiciste, etc. (Michel Henry, Postone, etc.) mais les maussiens semblent incapables d'écrire par eux-mêmes quelque chose de consistant sur eux (hormis la référence respectueuse), comme si il y avait des blocages biographiques personnels et à quelques rares exceptions près, Caillé s'est alors senti obligé de faire appel à Jappe ou à Jean Spurk (proche de Jean-Marie Vincent), pour venir leur parler des réinterprétations de ces 20 dernières années de Marx. Il est toutefois dommage qu'aucun texte n'aborde vraiment le Marx de Henry, alors qu'il est une étape majeure dans la reprise de Marx ces 30 dernières années.

Il est vrai que la connaissance pour le public français, de nouvelles interprétations de la théorie critique de Marx, est quelque chose de très récent, on peut même le dater de 2009 : année qui a vu les traductions et rééditions de Postone, Roubine, Henry, ou Sohn-Rethel (qui ont été publié une première fois dans des périodes de désintérêt généralise pour la théorisation critique, suite à l'heureuse déglaciation marxiste dans les années 70, je pense aux livres de Roubine, Henry comme de Vincent : l'heure n'était plus à la critique du capitalisme, mais à la soupe libérale des " nouveaux philosophes ", à la french théory et au post-modernisme). Depuis un an, de plus en plus de papiers circulent sur ces auteurs. La crise de 2008, comme électrochoc y est bien sûr pour beaucoup, dans ce nouvel intérêt pour la critique du capitalisme. Mais le nouveau rapport à Marx de ces dernières années me semble comme obstrué chez quelques-uns de ces auteurs maussiens (par tous quand même il suffit de voir le cas de Fabrice Flipo) par un problème de génération, au regard du propre parcours de leur biographie intellectuelle (très caractéristique dans le petit texte de Latouche par exemple, qui lui s'est construit dans l'idée que Marx c'est le marxisme, car il a été amoureusement marxiste, et a cherché à ce dégager très justement de cette vulgate marxiste en lisant de l'anthropologie) : pour toute une série d'intellectuels qui dans le conformisme marxiste si prégnant et si enfermant des années 50-60-70, on fait comme tous les autres moutons ils ont été marxistes et ont lu Marx au travers du marxisme (Latouche, Caillé, Castoriadis, ont été pétris et construits dans le militantisme marxiste, etc), difficile de " lire Marx pour la première fois " et d'opérer une quadruple réduction méthodologique (Michel Henry). On ne mesurera jamais assez, pour ceux (comme moi) qui ne l'avons pas vécu, ce qu'a été l'enfermement dans le conformisme marxiste forgé après la Seconde guerre mondiale, tous les intellectuels et jeunes intellectuels y ont adhéré comme un seul homme sans broncher, et ont cherché par tous les moyens (linguistique, anthropologie, etc.) de critiquer cette vulgate marxiste. L'histoire intellectuelle fonctionne souvent comme des coups de balancier dans des sens opposés du jour au lendemain, souvent au sein de cette dialectique de l'amour/haine qui traverse les parcours personnels. Ce problème du rapport aux nouvelles interprétations de Marx, qui mélange chez chacun le parcours intime à l'historique, est en quelque sorte le même problème pour les marxistes d'aujourd'hui.

Le texte de Jappe - " Le côté obscur de la valeur et le don " - porte une réflexion intéressante sur les points où peuvent converger le paradigme du don et la critique de la valeur, mais montre aussi les limites précises des Maussiens dans leur idéalisme du don. Il cherche à montrer aux maussiens qui sont donc généralement des ex-marxistes, que finalement la critique de la valeur (une certaine réinterprétation de Marx) rejoint plusieurs de leurs thèses, sans du tout se confondre.


Quelques nouveaux textes

Anselm Jappe, " Avec Marx, contre le travail " paru dans Rili.

- Texte très intéressant de l'allocution de Gérard briche au colloque 2007 sur Guy Debord, " Le spectacle comme illusion et réalité: Guy Debord et la critique de la valeur "

- Toujours sur le rapport de la critique de la valeur à Guy Debord, voir aussi en anglais, l'allocution de M. Prigent le 25 octobre 2009 au Salon du livre anarchiste à Londres : " The difference between Guy Debord and Moishe Postone’s critique of modern capitalism or the limits of Guy Debord "


- Les 2 tomes du magistral Marx de Michel Henry , ont été enfin réédité chez Gallimard en un seul tome ce mois-ci : Marx. Incontournable pour comprendre un Marx anti-objectiviste et anti-économiciste.

- le livre de Sohn-Rethel, La Pensée-marchandise, sera publié fin 2009 chez les éditions Le Croquant. Ce philosophe allemand appartenant à l'Ecole de Francfort a beaucoup théorisé sur les " abstraction réelles " au sein du capitalisme.

- Jappe publie dans le prochain numéro (25-26) de la revue Prétentaine (université Montpellier III) dirigée par Jean-marie Brohm, un texte " L'argent nous pense-t-il ? "

- des traduction 2009 de billets dans la presse allemande de Robert Kurz.

- Le trotkiste Antoine Artous, qui a publié notamment Le fétichisme chez Marx (2006, Syllepse) a fait une recension de Postone au regard des thèses de son livre à lui, influencé plus souvent par Tran Hai Hac que par JM Vincent : L'actualité de la théorie de la valeur de Marx : à propos de Moishe Postone

L'ouvrage de Moishe Postone, Viren Murthy, Yasuo Kobayashi, History and Heteronomy: Critical Essays (UTCP Booklet 12, 2009), publiant les contributions de Postone à des séminaires autour de sa pensée à l'Université de Tokyo, est disponible librement en téléchargement à cette adresse (quatre articles en anglais). Les quatres contributions de Moishe Postone sont : Rethinking Marx's Critical Theory / Critical Theory and the Twentieth Century / The Subject and Social Theory: Marx and Lukács on Hegel / Theorizing the Contemporary World: Robert Brennet, Giovanni Arrighi, David Harvey (intéressant pour connaître les positions de cet auteur David harvey dont les anglo-saxons parlent beaucoup en ce moment). Tandis que Viren Murthy introduit l'ouvrage avec un texte intéressant " Reconfiguring Historical Time: Moishe Postone's Interpretation of Marx ".

Des décroissants sur le livre de Postone :

- Fabrice Flipo dans le dernier n° de la revue Mouvements

- Une critique du Petit traité de décroissance sereine de Serge Latouche, par Romain Felli http://www.objecteursdecroissance.be/documents-liens-infos/autres-articles/Felli-Romain_LaDecroissancePourTous.pdf

- Le texte du québecois Louis Marion sera bientôt disponible : " Moishe Postone et les fondements marxiens de l'objection de croissance " http://forumsocialquebecois.org/en/content/temps-travail-et-domination-sociale-moishe-postone-et-les-fondements-marxiens-de-l%E2%80%99objection
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Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

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skum



Joined: 18 Oct 2009
Posts: 81

PostPosted: 22 Nov 2009 15:51    Post subject: Reply with quote

Critique de la valeur, valeur de la critique par Jean Zin

A paraitre en 2010 aux éditions Van Dieren : Dérives pour Guy Debord par Jacob Rogozinski et Michel Vanni.

Quote:
ll s'agit, avec ce livre, d'amorcer une véritable réflexion collective sur la pensée de Guy Debord, toujours victime du discrédit et de la censure qui continuent de peser sur la «pensée-68» – et de la réappropriation spectaculaire qui a transformé la notion de «société du spectacle» en lieu-commun du prêt-à-penser médiatique. Le moment est venu de s'interroger sur la portée de sa théorie. Qu'en est-il de sa lecture de Marx? Comment ses déclarations sur la "mort de l'art" s'articulent-elle à la pratique politique et artistique de l'Internationale Situationniste et à ses propres films? Qu'en est-il, aujourd'hui, de la critique du spectacle et de la vie quotidienne, alors que s'est dissipé le mythe de la "révolution prolétarienne" qui la sous-tendait? Quel pourrait être l'apport de Debord à l'élaboration d'une nouvelle théorie critique?
Textes de Gérard Briche, Yan Ciret, Jörn Etzold, Helga Finter, Céline Flécheux, Sandrine Israël-Jost, Anselme Jappe, Vincent Kaufmann, Ciprian Mihali, Jean-Philippe Milet, Frédéric Neyrat, Corine Pencenat, Jacob Rogozinski, Jean-Christophe Valtat, David Vivarès et David Zerbib.

http://www.riponne.ch/


Serait-ce la transcription du Colloque Guy Debord et La société du spectacle (Parlement des philosophes) ? Surpris
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 25 Nov 2009 10:33    Post subject: Reply with quote

skum wrote:
Critique de la valeur, valeur de la critique par Jean Zin


J'ai relevé ce sophisme :

Jean Zin wrote:
C'est pareil pour les signes monétaires et, répétons-le, plutôt que de contester l'argent on ferait mieux de créer des monnaies locales. Refuser l'univers des signes, ce serait refuser le langage et les règles de la société à laquelle nous appartenons par la culture ainsi que le poids de la dette.


L'argent est un signe. Le langage utilise des signes. Donc refuser l'argent c'est refuser le langage.
Magnifique !
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SDE dec.info socio. des épreuves
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Djinn



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PostPosted: 26 Nov 2009 17:51    Post subject: Reply with quote

J'aime bien aussi. Très content
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 28 Nov 2009 7:22    Post subject: Reply with quote

skum :

Quote:
Serait-ce la transcription du Colloque Guy Debord et La société du spectacle (Parlement des philosophes) ?


A priori oui, c'est la liste des intervenants. Cf d'ailleurs le texte de Gérard Briche sur le concept de spectacle. C'est une bonne nouvelle. On peut considérer Debord comme celui qui a tenté de dégager les conséquences de l'abstraction au coeur de la formation sociale qu'elle s'est construite, sans l'arme du concept d' " abstraction réelle ", qui permet de mieux saisir le concept a-mi parcours de " spectacle " (du fait du manque de clarté de Debord). Jappe publiera justement dans le prochain numéro de la revue Prétentaine un article " L'argent pense-t-il ? " pour parler justement de la sortie de la traduction française du livre du philosophe Sohn-Rethel, La pensée-marchandise (éditions le Croquant). Sohn-Rethel est aussi un épistémologue notamment des sciences qui à la suite de G. Thomson (faisant un parallèle entre l'émergence de rapports marchands en Grèce antique et l'invention d'une première réflexion scientifique) a réfléchit à l'émergence des catégories des sciences dans le cadre de la société de la valeur. Voir ce compte-rendu en français (2004) de son livre Intellectual and Manual Labour. A critique of epistemology avec des extraits anglais de ce livre. Sohn-Rethel prend pas mal à rebours la philosophie dominante de l'épistémologie au regard de la spécificité historique des formes sociales ou de l'autoréflexivité de l'Ecole de Francfort (dont Sohn-Rethel a fait partie). Sur la page wikipedia de Debord dans la partie " Pensée " au niveau du livre de Jappe, Guy Debord, on a fait un résumé de la signification de l'oeuvre fondamentale pourtant de Debord :

Quote:
Anselm Jappe, dans un essai remarqué sur Guy Debord[27], montre que « la compréhension des théories de Debord nécessite avant tout que l'on fixe sa place parmi les théories marxistes »[28]. En effet, à la suite aussi les influences de Henri Lefebvre, Joseph Gabel ou de Socialisme ou Barbarie, dès le chapitre deux de La Société du spectacle, Debord s'appuie sur les théories de Karl Marx pour construire sa théorie du Spectacle et parmi les penseurs marxistes, Georg Lukács compte parmi ceux qui ont eu une influence décisive sur ses écrits théoriques. Pour Jappe il faut donc rattacher la théorie du Spectacle à la question de l'analyse de la marchandise, de la valeur et du fétichisme de la marchandise, car Debord s'appuie sur celle-ci pour élaborer son concept critique de spectacle. En recentrant la théorie de Debord sur son rapport à Marx, Jappe montre aussi que le spectacle ne peut pas être réduit à une logique immanente à « l'image » en elle-même comme le pensent certains interprètes, car ce dont veut rendre compte le concept critique de spectacle c'est que « le capital n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social médiatisé par des images » (thèse 4 de La Société du spectacle). Debord ne traite donc pas du « Spectacle » de manière transhistorique mais en fait une caractéristique essentielle de la société contemporaine. Il ne s'inscrit donc pas dans la continuité des « philosophies de l'image » précédentes et il n'y a aucune haine de l'image chez Debord, comme le montre son oeuvre cinématographique. « Le problème », comme le rappelle opportunément Anselm Jappe, « n'est pas uniquement l'infidèlité de l'image par rapport à ce qu'elle représente, mais l'état même de la réalité qui doit être représentée », Jappe reconnaissant dans le premier cas « une conception superficelle du fétichisme de la marchandise qui n'y voit qu'une fausse représentation de la réalité »[29]. « Ce que Debord critique n'est donc pas l'image en tant que telle, mais la forme image en tant que développement de la forme-valeur »[30], cette forme-valeur, étant elle-même issue de la victoire de la valeur d'échange sur la valeur d'usage. Le terme générique de spectacle choisi par Debord désigne ainsi le phénomène totalisant par lequel cette forme-valeur et cette forme image impriment leur marque sur l'ensemble de la société, la « distorsion intervenant de la part de l'homme dans la production même de son monde »[31], phénomène qu'Alfred Sohn-Rethel avait désigné, dans ces prémisses, sous le vocable d'« abstraction réelle » mais dont on pouvait trouver déjà le concept chez Marx en ces termes : « ceux qui considèrent l'autonomisation de la valeur comme simple abstraction oublient que le mouvement du capital industriel est cette abstraction en actes »[32]. Debord peut ainsi écrire : « Les faits idéologiques n'ont jamais été de simples chimères, mais la conscience déformée des réalités, et en tant que tels des facteurs réels exerçant en retour une réelle action déformante ; d'autant plus la matérialisation de l'idéologie qu'entraîne la réussite concrète de la production autonomisée, dans la forme du spectacle, confond pratiquement avec la réalité sociale une idéologie qui a pu retailler tout le réel sur son modèle. »[33] Pourtant Anselm Jappe comme Gérard Briche et plus largement les théoriciens de la critique de la valeur (Krisis), considèrent que Debord n'est pas allé au bout du chemin. Pour ces auteurs, on peut ainsi lui reprocher qu'il reste encore dans le marxisme traditionnel quand il ne se déprend pas de la solidarité prolétarienne avec la classe ouvrière (éloge du conseillisme notamment), ou encore que l'ambiguïté du statut de réalité du concept de spectacle, permet la possibilité d'une compréhension idéalisante du fétichisme (mais le concept de spectacle ne théorise pas quelque chose qui serait comme une manipulation mentale, car ce concept n'informe pas une théorie de la communication moderne ou une théorie du dévoiement publicitaire de la politique). Sur le premier point, comme le remarque le philosophe Gérard Briche à la suite de Jappe, à l'inverse de ce que pensait Debord, l'analyse de la marchandise débouche plutôt sur l'idée que « bourgeois et prolétaires ne sont que des agents de fonction du cycle de la valorisation. Et on touche là à l’équivoque de la critique situationniste de la marchandise et de la notion de spectacle. Une équivoque que l’Internationale partage d’ailleurs avec l’ensemble du marxisme traditionnel, y compris dans ses courants hétérodoxes » [34]. Le slogan situationniste « Ne travaillez jamais ! » écrit par Debord en 1953 sur un mur rue de la Seine à Paris, a aussi seulement été développé dans une vision romantique (et certains textes de l'IS adhèrent en même temps à l'utopie libératrice de l'automatisme technologique), en sous-estimant la critique radicale du travail abstrait qu'il y a dans la théorie. C'est à ce débat sur les limites de Debord au regard de la critique de la valeur, que renvoie le dernier chapitre du livre de Jappe, " Passé et présent d'une théorie ". Debord a été aussi fortement influencé par les théories sur Le Soulèvement de la Jeunesse (1949) d'Isidore Isou qu'il a fréquenté au début des années 1950. Dans L'Avant-garde inacceptable. Réflexions sur Guy Debord, Anselm Jappe revient de manière critique sur l'idée que la pensée de Debord serait en cours de « récupération » et de « dissolution » – via la vulgarisation du concept de « spectacle » dans les médias –, en montrant les mésinterprétations courantes du concept de « spectacle » (comme dénaturation de la politique, essor de la publicité, etc.). Restée encore largement incomprise malgré sa relative médiatisation, la pensée de Debord en resterait d'après lui d'autant plus subversive.


Je signale sinon la traduction du texte de Norbert Trenkle (Groupe Krisis) à l'attention des altermondialistes et de l'extrême-gauche qui ne cessent d'opposer la politique (la régulation) à l'économique, comme à ceux qui pourraient penser que le capitalisme se sort toujours de ses crises qui ne seraient que passagères : " Le retour de l'Etat comme administrateur de la crise " (août 2009). L'Etat n'est pas une sphère autonome au-dessus du sujet automate qu'est le rapport social dynamisé que forme le capital, mais l'Etat dans sa forme spécifique moderne, n'en est que son pli immanent. La critique du capitalisme en son coeur social (le travail abstrait) doit être aussi radicalement antipolitique.

Le texte de Robert Kurz " Le vilain spéculateur " , extrait de Avis aux naufragés, Lignes 2005, qui dénonce les critiques moralisantes et superficielles traditionnelles de gauche comme de droite, de Besancenot à Angela Merkel en passant par Nicolas Sarkozy. Notamment cette critique du capitalsme financier qui ne sait que dénoncer que les grands méchants spéculateurs, les vilains patrons et leurs bonus, les immondes traders et banquiers qui nous auraient plongé dans la crise (" leur " crise), en passant par les paradis fiscaux, l'horrible titrisation, etc. Dès le début de la crise en effet, il y a eu un consensus général matraqué médiatiquement sur les « raisons » de la crise : la faute aurait été le fait d’ « excès » dans le système financier, eux-mêmes conditionnés par une dérégulation néolibérale trop forcée et une politique de l'argent bon marché par les banques d'émission. On aurait dans le rôle du « responsable de la crise », un secteur financier simplement mal géré, hyper dominant, irresponsable, fortement concentré, sous-capitalisé et miné par des conflits d’intérêts. La crise serait donc un simple incident de parcours, un simple accident de « l’industrie financière » au sein du ronron régulier et confortable de l’éternel capitalisme. On a ainsi vilipender sur toutes les estrades et sur tous les plateaux, en prenant la défense implicite ou explicite de la bonne, saine et supposée « économie réelle », l’ignominieuse « économie de casino », parasitaire et dominatrice de la première.

Quelques citations de l'oeuvre du philosophe français Jean-Marie Vincent sur la compréhension des rapports sociaux que nous entretenons et qui sans que nous le sachions nous font leurs simples appendices et supports pour s'autonomiser radicalement de nous est circuler dans notre dos d'individus. Autonomisation de ses rapports sociaux abstraits dont nous sommes les porteurs à l'intérieur de l'interdépandance sociale formée par la médiation du travail abstrait que nous exerçons (que se soit en tant que " auto-entrepreneur ", patrons, salarié, ou les 3 millions de " salariés-pauvres " en France : tout cela étant la même chose au regard de la nature du fonctionnement des rapports sociaux capitalistes).
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Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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PostPosted: 30 Nov 2009 13:40    Post subject: Reply with quote

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Caillé (...) note certes avec éloge l'impressionnant travail jamais égalé de Michel Henry sur Marx et sa lecture qui brise tout ce que l'on croit savoir sur Marx, mais la tâche semble tellement difficile de prendre réellement en compte cette oeuvre ce qui nous prendrait plusieurs années (...) à la fois si étrange et si érudite, qu'on semble le signaler simplement aux plus jeunes pour que eux peut-être se penchent plus amplement sur cet auteur. C'est la réaction habituelle chez nombreux philosophes envers l'oeuvre de Henry, on sent bien qu'il y a là quelque chose de très important, mais on sent que c'est le genre d'oeuvre avec laquelle on en a pour trois siècles de lecture et d'études, et on laisse aux générations suivantes le soin de se pencher sur ce terrain, préférant alors parler des sujets plus simples et parfois plus futiles, ou carrément de " témoigner "


Il semblerait que vous n'ayez peut-être pas compris, n'étant vraisemblablement pas un universitaire, que vouloir embrasser toute la culture d'un seul regard (l'oeuvre d'un Michel Henry mais aussi, pourquoi non, celle de tous les auteurs, si possible philosophes, de tous les temps, comme vous semblez vouloir qu'il soit fait, est un mythe qui vous est propre.

Les "grands récits" n'existent plus. L'idée d'un savoir universel qui vous hante (comme votre acharnement à écrire des bibliographies interminables le prouve) et qui viendrait cautionner un récit auquel vous pourriez adhérer est un tantinet puéril. Peut-être celle d'un autodidacte ?

Qu'est-ce qui vous empêche, plutôt que de faire ces commentaires intelligents mais stériles sur ce forum, pour proposer un texte à la rédaction de la revue du MAUSS ?

Un autre lecteur de la revue du Mauss.
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skum



Joined: 18 Oct 2009
Posts: 81

PostPosted: 03 Dec 2009 0:08    Post subject: Reply with quote

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Anselm JAPPE Les aventures de la marchandise, Pour une nouvelle critique de la valeur, Denoël, 2003.

Ce livre est supposé nous révéler le marxisme authentique, celui qu’a recyclé, depuis quatre décennies, la « théorie critique » de Francfort. Tout le reste, confondu sous l’étiquette de « marxisme traditionnel », se voit refoulé hors du récit. Il y a pourtant fort à parier que les théoriciens concernés, de HG. Backhaus, H. Reichelt à J.-M. Vincent, ne se retrouveront pas vraiment dans cet ouvrage qui pousse à l’extrême, jusqu’à la retourner, une orientation qui avait montré sa fécondité. S’il vaut la peine d’en rendre compte, c’est en raison de son caractère significatif d’un certain usage du marxisme aujourd’hui.
L’ouvrage présente plusieurs traits plus ou moins liés entre eux. Il cherche la vérité du Capital dans les écrits préparatoires, et plus particulièrement dans les passages, formulations et concepts que Marx a finalement écartés de son texte final, en les corrigeant par d’autres. Il concentre toute la critique du capitalisme sur la marchandise, faisant du rapport capital / travail une « forme empirique et dérivée », p. 100. Il oppose la théorie travail de la valeur présentée au début du Capital, qu’il comprend comme une reprise des classiques, à celle de la « forme valeur », qui vient ensuite (et qui en est en réalité le complément indissociable). Il développe une singulière théorie de la production marchande, où « la richesse consiste dans le temps de travail socialement dépensé » (sic), p. 127, et dont le but serait « de produire la quantité la plus grande possible de valeur, donc de transformer la plus grande quantité possible de travail vivant en travail mort » (sic), p. 60. Et il assimile le marché à un « système du travail abstrait », p. 102, gouverné par son automouvement. Autant de propositions incompatibles avec la théorie marxienne, et qui découlent de la confusion permanente entre le marché et le capital, que Le Capital prend tant de soin à distinguer l’un de l’autre. A l’objectif de la destruction du capitalisme se substitue finalement celui de l’abolition du marché.
Ces analyses théoriques sont corrélées par des considérations historiques sur le mouvement ouvrier, lequel n’a rien fait d’autre qu’intégrer les ouvriers dans la société bourgeoise, p. 109. A celle-ci il manquait le droit de grève et le syndicat : « il s’agissait d’une inconséquence du système encore en voie de formation », p. 109. Le marxisme traditionnel s’est borné à développer une argumentation, proche de « la rhétorique du fascisme », que l’on retrouve « chez Lénine comme chez Keynes, chez les antisémites comme dans l’association Attac » : « l’exaltation du travail, accompagnée de l’accusation, adressée à une couche de non-travailleurs, appartenant à la circulation et localisés de préférence dans le monde financier, de dérober aux travailleurs le fruit de leurs efforts » (p. 113). Le conflit entre le mouvement ouvrier et la classe capitaliste n’était au fond qu’une « querelle de famille », p. 113. On comprend pourquoi, aux yeux de l’auteur, p. 256, Bourdieu, Attac et José Bové figurent aujourd’hui au premier rang des « faux amis » à éviter.

Jacques Bidet

http://www.cairn.info/revue-actuel-marx-2004-1-page-193.htm#section2_s2n5
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annedoe
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PostPosted: 23 Dec 2009 14:23    Post subject: casino Reply with quote

en prenant la défense implicite ou explicite de la bonne, saine et supposée « économie réelle », l’ignominieuse « économie de casino », parasitaire et dominatrice de la première.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 23 Dec 2009 15:27    Post subject: Reply with quote

Je signale ce texte de l'historien de l'antiquité Jean-Pierre Vernant, qui je trouve est très stimulant. " Aspects psychologiques du travail dans la Grèce ancienne " (il rejoint bien sûr les thèses de l'historien Moses Finley - et d'autres -, sur la supposée " économie " antique, et l'inexistence du travail tel que nous le connaissons aujourd'hui...)

Dans son livre Mythe et Pensée chez les Grecs d'où ce texte est tiré, il y a aussi un autre texte intéressant qui montre bien la spécificité du travail grec, par rapport à la domination du travail abstrait comme médiation sociale dans les sociétés modernes, dans " Travail et nature dans la Grèce antique ". Celui là je ne l'ai pas repris, mais il est aussi très suggestif.

En 2004 un livre a été consacré à Vernant et ses thèses sur le travail des grecs anciens : Travail et la pensée technique dans l'antiquité classique, éditions eres.

Sinon, Le principe de l'économie est-il de " donner du travail "?

et de Robert Kurz, Ils ne le savent pas mais ils le font : le mode de production capitaliste est une fin en soi irrationnelle

Sur fond de regain des théories conspirationnistes remises au goût du jour par la crise chez de nombreux militants aujourd'hui (cela a été par exemple un des points de discussion du dernier débat du café-décroissance de bourges), les évènements antisémites en Allemagne de ces dernières semaines (notamment à gauche) ont fait réagir également Postone :

Quote:
Moishe Postone: Hamburg, 2009 – another German Autumn

I think it is politically important that so many on the Left are taking seriously the expressions of anti-Semitism that have become widespread among groups that regard themselves as anti-imperialist. Perhaps it can also lead to some long overdue theoretical clarification. At issue is not whether or not Israeli policies can be criticized. Israeli policies should be criticized, especially those aimed at undermining any possibility of a viable Palestinian state in the West Bank and Gaza. However, the critique of “Zionism” prevalent in many anti-imperialist circles goes beyond a critique of Israeli policies. It attributes to Israel and the “Zionists” a unique malevolence and global conspiratorial power. Israel is not criticized as other countries are criticized – but as the embodiment of that which is deeply and fundamentally evil. In short, the representation of Israel and the “Zionists” in this form of “anti-imperialist” “anti-Zionism” is essentially the same as that of the Jews in the virulent anti-Semitism that found its purest expression in Nazism. In both cases, the “solution” is the same – elimination in the name of emancipation.

The conventional Stalinist and Social Democratic representation of Nazism and fascism as simply tools of the capitalist class, used to crush working class organizations, always omitted one of their central dimensions: These movements, in terms of their own self-understanding and their mass appeal, were revolts. Nazism presented itself as a struggle for liberation (and supported “anti-imperialist” movements in the Arab world and India). The basis for this self-understanding was a fetishized understanding of capitalism: the abstract, intangible, global domination of capital was understood as the abstract, intangible global domination of the Jews. Far from simply being an attack on a minority, Nazis anti-Semitism understood itself as anti-hegemonic. Its aim was to free humanity from the ruthless ubiquitous domination of the Jews. It is because of its anti-hegemonic character that anti-Semitism poses a particular problem for the Left. It is the reason why, a century ago, anti-Semitism could be characterized as the “socialism of fools.” Today it can be characterized as the “anti-imperialism of fools.”

This anti-Semitic form of “anti-Zionism” is, unfortunately, not new. It was at the center of the Stalinist show trials of the early 1950s, especially in Czechoslovakia, when internationalist Communists, many of whom were Jews, were accused of being “Zionist agents” and shot. This coded form of anti-Semitism, whose origins had nothing to do with struggles in the Middle East, was then transported there by the Soviet Union and its allies during the Cold War – especially by the intelligence services of the DDR working with their Western and Middle Eastern clients (e.g. the RAF and various “radical” Palestinian groups).

This form of “leftist” anti-Zionism has converged with radical Arab nationalism and radical Islamism – which are no more progressive than any other form of radical nationalism, such as radical Albanian or Croatian nationalism, and for whom the eliminationist impulse towards Jews in Israel is justified as being directed against “European” colonizers. Whenever the eliminationist impulse towards Jews in Israel is strongest, the legitimacy of Israel is called into question most – with arguments ranging from the claim that most European Jews are not biologically Middle Eastern (a claim made in 1947 by the Arab Higher Committee and now recycled as a “new discovery” by Shlomo Sand) to the idea that they are simply European colonizers who, like the pied noir, should be sent home. It is unfortunate, if not surprising, that radical nationalists in the Middle East view the situation in these terms. It becomes perverse, however, when Europeans – especially Germans – identify the Jews, the group most persecuted and massacred by Europeans for a millennium, with those very Europeans. By identifying the Jews with their own murderous past, those Europeans can slip out of dealing with that burdensome legacy. The result is a mode that purports to fight the past, but actually continues and extends it.

This form of anti-Zionism is part of a campaign, gathering strength since the beginning of the second Intifada, to eliminate Israel. Its focus on the weakness of the Palestinians veils that ultimate intent. This form of anti-Zionism is part of the problem, not a part of the solution. Far from being progressive, it allies itself with radical Arab nationalists and Islamists, that is, with the radical Right in the Middle East, and, in so doing, strengthens the Israeli Right. It is constitutive of a war increasingly defined in zero-sum terms, which undermines any possible political solution, a recipe for an endless war. The hatred expressed by this anti-Zionism explodes the limits of politics, for it is as boundless as its imagined object. Such boundlessness points to the dream of elimination. The Germans, along with many other Europeans, know this eliminationist dream only too well. It is time finally to wake up.

(Adress to the Demonstration against Antisemitism 13/12/09)

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