forum.decroissance.info » Forum Index forum.decroissance.info »
Lieu d'échanges autour de la décroissance
 
 FAQFAQ   SearchSearch   MemberlistMemberlist   UsergroupsUsergroups   RegisterRegister 
 ProfileProfile   Log in to check your private messagesLog in to check your private messages   Log inLog in 

Bibliographie sur l'analyse critique de l'économie.
Goto page Previous  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Next
 
This forum is locked: you cannot post, reply to, or edit topics.   This topic is locked: you cannot edit posts or make replies.    forum.decroissance.info » Forum Index -> Actualités des publications
View previous topic :: View next topic  
Author Message
Ajhasse



Joined: 15 Jun 2008
Posts: 484
Location: Campagne profonde

PostPosted: 23 Dec 2009 22:14    Post subject: Reply with quote

A lire :

Environnement : l’insoutenable train de vie des riches -
Observatoire des inégalités
http://bit.ly/86E4lV (via @GolumModerne)

Sur le Blog d'Eva: Résistons à l'intolérable:
http://r-sistons.over-blog.com/
_________________
«La survie de la planète et le bien-être de ceux qui la peuplent, hommes et bêtes, passent par des actions courageuses qui ne viendront pas d'en haut, comme on le croit généralement.»Philippe DESBROSSES
Back to top
View user's profile Send private message
Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 28 Dec 2009 17:38    Post subject: Reply with quote

Anselm Jappe a publié un long texte sur la crise dans le dernier numéro de la revue Lignes (n°30) : " Crédit à mort ". (le thème de ce numéro c'est " La crise comme méthode de gouvernement " : thématique aux arrières-pensées unilatéralement conspirationnistes dont se démarque clairement l'auteur - même si bien sûr l'Etat dans la crise se fait plus fort dans son appareil de répression).

C'est pas du tout un résumé que je fais là. Juste quelques broutilles : Si ce texte n'a pas pour vocation de parler du mot-suppositoire " décroissance ", l'auteur en fait cependant une critique comme des autres courants. Toute la première partie fait une très bonne critique de tous les pompiers pyromanes de la gauche, de l'extrême gauche, du keynésianisme, etc (et il mâche pas ses mots...). Son passage me fait tout de suite penser à cette phrase dans le Manifeste contre le travail du groupe Krisis qui est je pense très juste à propos de toutes les critiques du système que l'on entend habituellement (y compris les décroissants, qui ne voient la croissance que sous la forme d'une idéologie et d'un imaginaire...) : « [La gauche] banalise les contraintes du système en une simple idéologie et la logique de la crise en un simple projet politique des ‘‘ dominants’’ » (p. 86). Alors que la Hardt-Negri-Badiou mania sévit encore comme mode intellectuelle, l'auteur montre bien que la crise qui est arrivée n'a rien de la révolte subjectiviste de la " multitude " que ces gens là attendaient comme le dernier messie (quand d'autres attendent exactement la même chose sous la forme du " Tiqqun "...), et qu'au contraire ce l'on appelle en Allemagne la " Wertkritik " (critique de la valeur) s'est vue confirmée par la dernière crise.

Certains remarqueront qu'il cite l'ami Gilbert Rist, ainsi que pour son titre (seulement), le fameux livre de François Partant, Que la crise s'aggrave (F. Partant reste dans un marxisme très traditionnel, le problème reste la catégorie de valeur dans la circulation et il reste sur la planification certes avec de l'auto-gestion, mais dans le fond c'est toujours pareil, cf. la Centrale). L'auteur est bien sûr balancé sur ce point là (vive la crise). A l'inverse des marxistes (pour qui la crise/sortie du capitalisme débouche nécessairement sur l'émancipation), on peut penser que la crise n'apporte que le pire, et certainement pas un travail de réflexion théorique et de solidarité organisée, mais bien plutôt un sauve qui peut généralisé et un renforcement de la violence d'Etat comme d'une reféodalisation par des rapports directs de domination comme en Russie aujourd'hui. La barbarisation des rapports sociaux est probablement la nouvelle figure de la relation aux autres, pour demain. Pourtant, l'auteur dans ce pire des mondes possibles, ne ferme pas la porte à autre chose, même s'il a du mal à y croire véritablement (il donne incidemment son avis sur les AMAP, SEL, etc., c'est " sympathique " d'après lui, mais cela se résume à vouloir vider l'océan avec une petite cuillère). Il développe là toute une réflexion intéressante...

L'auteur après avoir démasqué l'hystérie autour de la vilaine " économie financière ", démontre qu'au contraire c'est la financiarisation de l'économie que l'on devrait remercier depuis 30 ans. Loin d'être la cause de la crise, c'est elle qui prolonge la vie du capitalisme, de ce que certains se sont plu à appeler " l'économie réelle ", supposément bonne, morale et saine, c'est-à-dire en parfaite santé (!), et à opposer à une économie parasitaire, la finance !!! Car ATTAC et le reste gauche contre le " capitalisme de casino " veulent finalement le bon et gentil capitalisme à papa des trente glorieuses, en mythifiant les accords Matignon de 1936 et le programme du CNR de 1945. Au travers de l'exposition de la critique de la valeur, l'auteur va alors montrer que l' " économie réelle " n'est pas la solution, mais qu'au contraire c'est bien elle le problème, et la cause du gonflage et de l'explosion des bulles financières de ces 30 dernières années. La crise financière, n'est que la partie émergée d'une crise structurelle bien plus profonde, la crise du travail abstrait comme crise du capitalisme.

Vraiment percutent, et même ceux qui ne le suivent pas sur le mécanisme de la crise du travail abstrait comme crise au fondement du capitalisme, mais qui lisent cet auteur au travers d'un intérêt critique, y trouveront beaucoup de matière à réfléchir tellement le texte est dense. Un texte franchement important et qui ne peut laisser indifférent.

La revue n'est pas donnée (19 euros), mais elle est généralement consultable dans les bibliothèques municipales, et dans certains lieux militants.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
Back to top
View user's profile Send private message
Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 10 Jan 2010 19:28    Post subject: Reply with quote

J'essaye ces derniers jours neigeux de continuer ma découverte du philosophe français Jean-Marie Vincent (mort en 2004 je crois). Dans l'université il a été pourtant sociologue, notamment en sociologie politique mais c'est vraiment un " égaré ", un " gratte-poil " dans ce milieu auquel il n'a jamais adhéré (il était d'ailleurs à Vincennes). C'était un auteur iconoclaste et très solitaire dans le paysage intellectuel (aussi bien au sein de la sociologie politique que du marxisme), le seul en France qui a développé des interprétations très proches par de nombreux aspects des oeuvres de Postone ou de Kurz. Il a alors navigué dans différentes organisations avec des compromis, a tenté même de faire bouger la LCR sur sa théorie (il a souvent été invité dans la revue théorique de la LCR Contretemps, par P. Corcuff...), mais à quoi bon évidemment... le marxisme reste le marxisme éternellement. André Gorz avant de mourrir a également rendu hommage aussi à Vincent, en disant que c'était lui qui dans les années 1970 l'avait amené à ne pas considérer Marx en chien crevé et à se repencher sérieusement sur les réinterprétations possibles au travers des Grundrisse. A mon sens, parce que je ne suis pas vraiment germanophone, c'est aussi un personnage particulièrement intéressant parce c'est vraiment un " passeur de frontière " car il a toujours eu une grande connaissance de l'univers intellectuel allemand, on apprend toujours le contenu de nombreux débats de l'autre côté de la frontière, et il a été un des principaux introducteur (critique) de l'Ecole de Francfort et de l'oeuvre de Max Weber en France. Avec Gorz, il a été de ces français qui ont entretenu des contacts avec les allemands autour de Kurz. Dans un des derniers numéros, Krisis adressait encore un hommage à Gorz, avec qui pourtant ils n'étaient pas toujours d'accord.

Vincent a publié notamment Critique du travail. Le faire et l'agir, PUF, 1987, son oeuvre maitresse (épuisée) que je peux faire circuler en pdf (m'envoyer un mail à partir du site palim psao), et en 2001 il a publié Un autre Marx, éditions Page Deux (il semble lui aussi épuisé depuis quelques temps) :

Quote:
Faut-il encore se donner la peine de lire Marx ? Pour l'auteur de ce livre, la réponse à cette question est indéniablement positive.
Mais il ne faut surtout pas le lire avec de vieilles lunettes, notamment avec les lunettes du marxisme traditionnel. Marx reste à découvrir derrière les trop nombreux commentaires qu'il a suscités. Ce n'est pas un économiste du XIXème siècle, c'est un critique acéré du monde contemporain, qui se dévoile à toute lecture attentive et non prévenue. La critique marxienne de l'économie politique démonte les mécanismes sociaux qui aveuglent les hommes et leur passent par-dessus la tête.
Le capital, le marché, l'argent sont saisis en général comme des évidences, comme quelque chose de naturel. Marx, au contraire, démontre qu'il s'agit de formes de pensée, d'objets symboliques cristallisés, d'abstractions réelles qui se fondent dans la matérialité qui leur sert de support. Les hommes et leurs activités sociales sont prisonniers de ce qu'ils produisent et reproduisent sans s' en rendre compte. Contre ces enfermements sociaux, Marx déblaie une partie de la route qui conduit à la libération.


Dans un autre ouvrage il a publié cet article stimulant " Marx l'obstiné " qui se trouve ici.

Sinon j'ai retapé un texte bref de Robert Kurz, dans un livre aujourd'hui épuisé Lire Marx (La Balustrade, 2002) : après un premier extrait Ils ne le savent pas mais ils le font : le mode de production capitaliste est une fin en soi irrationnelle

C'est Critique et crise de la société du travail .

Robert Kurz est un des théoriciens majeurs de ces dernières décennies, chef de file de ce qu’en Allemagne on appelle la « wertkritik » (la « critique de la valeur » ou encore la « critique radicale ») apparue autour du groupe et de la revue Krisis (qui se sont faits connaître par le Manifeste contre le Travail), et aujourd’hui au sein de la revue Exit ! L’œuvre de ce théoricien est encore aujourd’hui non traduite en France ce qui est très dommageable, notamment ses œuvres maîtresses, L’Effondrement de la modernité et Le livre noir du capitalisme, qui sont pourtant des best-sellers en Allemagne pour ce genre de littérature critique (et qui plus est, deux gros ouvrages du type du volume de celui de Postone). Même s'ils sont secondaires, on retrouvera toutefois en français de Kurz quelques recueils d’articles de presse ou de revue dans Avis aux naufragés, Lignes 2005 ; Critique de la démocratie balistique. La gauche à l’épreuve des guerres d’ordre mondial, Mille et une nuits, 2006 et avec Anselm Jappe, Les Habits neufs de l’Empire. Remarques sur Negri, Hardt et Rufin, Lignes, 2003.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
Back to top
View user's profile Send private message
Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 21 Jan 2010 11:12    Post subject: Reply with quote

La revue "Les mondes du Travail " , dirigée entre autres par Stephen Bouquin (qui a coordonné un livre inégal mais qui a le mérite d'exister, Résistances au travail, Syllepse, 2008) est pas mal, beaucoup d'infos.

Un interview inédit de Moishe Postone réalisé lors de la rencontre à Lille paraîtra dans cette revue dans le prochain numéro. Un texte intéressant aussi de Bouquin : " Fin du travail " ou crise du salariat ? , qui fait de bonnes critiques aux idéologues français de la fin du travail (Méda, Gorz...) et revient un peu sur le travail.

Sinon, une présentation du concept critique de " spectacle " de Guy Debord

Ainsi qu'un extrait de la critique du travail comme mouvement antipolitique, avec le texte de Robert Kurz " Critique de la nation, de l'Etat, du droit, de la politique et de la démocratie ", ou comment dans la société moderne du travail, on passe du sujet du roi au sujet de droits (abstraits).
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
Back to top
View user's profile Send private message
skum



Joined: 18 Oct 2009
Posts: 81

PostPosted: 27 Feb 2010 0:32    Post subject: Reply with quote

Kobayashi wrote:
Jacques GUIGOU et Jacques WAJNSZTEJN

CRISE FINANCIÈRE ET CAPITAL FICTIF

En téléchargement libre ici

Ambivalence et dialectique du travail
Remarques sur le livre de Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale
par Jean-Marie Harribey
(PDF) http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/valeur/travail-postone.pdf
Back to top
View user's profile Send private message
Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 15 Mar 2010 8:03    Post subject: Reply with quote

- Après de nombreuses péripéties, le livre de Sohn-Rethel, La pensée-marchandise, sortira bien chez les éditions Le croquant en avril dans la collection Altérations que dirige le courant français de la critique du sport et de la valeur (autour de la revue Illusio). La préface est de Jappe.

Quote:
Ce ne sont pas seulement les contenus de la pensée, mais ses formes mêmes qui trouvent leur origine dans l’organisation sociale de la production matérielle. Les débuts de la logique dans le Monde grec antique sont liés à l’apparition des premières pièces de monnaie. L’a priori dont parlait Kant était la forme-marchandise. Telles sont les théories novatrices que Sohn-Rethel a proposées dès les années 1930, à contre-courant de toute la tradition philosophique, mais aussi du marxisme traditionnel. Elles ont influencé profondément les débuts de l’« École de Francfort », mais leur auteur a payé avec une longue marginalisation. Cette première traduction française de trois de ses essais comble non seulement une lacune majeure dans la connaissance de la pensée critique allemande à son âge d’or, mais elle offre également les jalons pour élaborer aujourd’hui une épistémologie basée sur la théorie de Marx, dans le cadre d’une critique radicale de l’abstraction sociale, du marché et de la marchandise qui nous gouvernent.

Alfred Sohn-Rethel (1899-1990), sociologue, économiste et historien allemand inspiré par Marx, a parti¬cipé à l’élaboration de la « Théorie critique » d’Adorno (qui l’admirait), Benjamin et Horkheimer dans les années 1930. Ce n’est que dans les années 1970, après un long exil en Angleterre, que ses écrits furent publiés en Allemagne et qu’il put enseigner à l’Université de Brême, suscitant des débats passionnés dans la gauche allemande.

Anselm Jappe est l’auteur des livres Guy Debord (Denoël 2001), Les Aventures de la marchandise (Denoël 2003) et L’Avant-garde inacceptable (Lignes, 2004). Il enseigne l’esthétique à l’École d’art de Frosinone (Italie). Il participe aux revues Exit ! (Nuremberg, Allemagne) et Illusio (Caen).


- Nicolas Oblin, Sport et capitalisme de l'esprit, Sociologie politique de l'institution sportive, Le Croquant, 2009.

Quote:
Cet ouvrage s'inscrit dans une démarche de compréhension et de dénonciation de la réification de l'existence à travers le prisme de l'analyseur sportif et des grandes catégories qui le caractérisent.
La violence fondamentale de la socialisation sportive, l'esthétisation des rapports de domination, la dimension abstraite de la " valeur performance ", l'événementialité sportive (à travers la volonté des Etats d'organiser les Jeux olympiques) et la collusion de l'idéologie postmoderniste du management avec celle du sport constituent les grandes lignes de ce travail. Plus généralement, c'est bien du désir - régressif - d'accumulation de domination, cette dimension de prédation qui surdétermine tant l'institution sportive que l'économie capitaliste qu'il est question ici, avec en filigrane et en conclusion ce questionnement relatif au potentiel anti-démocratique, fasciste, dont l'institution sportive et la fascination qu'elle exerce sur le public sont un vecteur " autorisé " important.

Ce travail est la synthèse de recherches menées par l'auteur, depuis quatre ans, dans le domaine des sciences humaines, sociales et politiques, en collaboration avec le collectif Illusio. Le cadre théorique mobilisé ici est largement pluridisciplinaire et multiréférentiel. théorie critique, critique de la valeur, phénoménologie, ethnopsychanalyse, analyse institutionnelle et, bien entendu, théorie critique du sport sont autant de courants qui participent de l'élaboration théorique de l'ouvrage et dont la complémentarité permet d'enrichir la compréhension du processus de sportivisation.


- A. Jappe, a fait publier dans la revue Prétentaine une version différente de cette précédente préface, " L'argent nous pense-t-il ? ". C'est une revue copieuse et chère, quoique qu'extrêment intéressante et d'un très bon niveau scientifique. On peut la retrouver dans certaines librairies, mais le mieux http://www.editions-beauchesne.com/default.php?cPath=106

- A. Jappe, " Au sujet de la décroissance " http://palim-psao.over-blog.fr/article-au-sujet-des-decroissants-par-anselm-jappe-45976751.html (d'autres textes paraitront sur la décroissance, c'est-à-dire sur sur points très intéressants au regard de la soupe traditionnelle et ses importantes limites théoriques et pratiques)

- Viren Murthy, " Reconfigurer le temps historique. L'interprétation de Marx par Moishe Postone " http://palim-psao.over-blog.fr/article-reconfigurer-le-temps-historique-l-interpretation-de-marx-par-moishe-postone-par-viren-murthy-46334304.html

- Le numéro 6/7 de la revue Illusio sort en avril, " Mafias et comportements mafieux ".

Quote:
Depuis la récente crise financière qui a fait frémir le système économique mondialisé, on n’en finit plus de vouloir moraliser, réformer le capitalisme pour le faire mieux vivre et le renforcer alors que celui-ci se présente chaque jour sous une lumière mafieuse, criminelle et anti-démocratique. Loin d’être un système vertueux en capacité d’autorégulation, comme l’avaient imaginé les économistes libéraux au travers de la fantasmatique main invisible, le marché s’accommode et organise parfaitement trafics, comportements illicites, paradis fiscaux, sociétés off-shore, corruptions et semble même s’institutionnaliser sur ce mode. Aussi, ce numéro d’Illusio est-il consacré à l’étude des mafias et des comportements mafieux dans le monde contemporain. Plutôt que de restreindre cette réflexion à une description des réseaux ou des groupes mafieux, nous avons choisi de questionner les fondements du système mafieux, ses liens avec la tradition et sa faculté d’adaptation aux évolutions sociétales, son enracinement capitaliste, sa porosité en tant qu’il constitue finalement un véritable caméléon.


http://revueillusio.free.fr/

- N°32 de la revue Lignes est sorti, avec deux textes de Jappe et Briche sur les pensées de Baudrillard, Debord et la critique de la valeur.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
Back to top
View user's profile Send private message
skum



Joined: 18 Oct 2009
Posts: 81

PostPosted: 20 Mar 2010 15:04    Post subject: Reply with quote

Forme valeur, travail abstrait, fétichisme de la marchandise par Antoine Artous
Back to top
View user's profile Send private message
ktche



Joined: 15 Jun 2004
Posts: 1383

PostPosted: 20 Mar 2010 15:50    Post subject: Reply with quote

Est-ce que quelqu'un a Les « Sentiers escarpés » de Karl Marx (Le chapitre I du « Capital » traduit et commenté dans trois rédactions successives) par Paul-Dominique Dognin aux éditions du Cerf (1977) dans sa bibliothèque ?

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=6209

Ou alors, au moins, une version en français de l'appendice "la forme valeur" plus complète que celle qu'on trouve ici : http://pagesperso-orange.fr/dumauvaiscote/commencements.htm
Back to top
View user's profile Send private message
Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 21 Mar 2010 19:39    Post subject: Reply with quote

Le bouquin de Dognin, je connais pas. J'ai suivi le deuxième lien sur l'appendice, il semblerait au vu de la date de cette extrait de traduction, qu'elle date déjà de 2007, le gars semble avoir laissé à l'abandon le site non ? Anselm en a parfois retraduit des morceaux il me semble dans Les ADM.

Paul Jorion dans sa vidéo du 19 mars fait référence au texte " Crédit à mort " d'Anselm, dis donc c'est pas comme décroissance.info, il m'a fait explosé le compteur M. Green c'est une star le type...

Par contre, c'est plat sa théorie qui fleurte toujours avec le complot :

Quote:
Qu'entend-on par le " capitalisme " et pourquoi sa phase finale est-elle amorcée ?

Le capitalisme est un système social caractérisé par l’existence de trois classes principales [Ya ! la loutte des classes !] : celle des « rentiers », détenteurs de capital (= « investisseurs » = « capitalistes »), celle des « entrepreneurs » (= « chefs d’entreprises ») et celle des « travailleurs » (= « salariés »), et par la domination au sein de ce système de la classe des « capitalistes » [niark, niark], d’où son nom [waou, quelle définition !].

Le rapport de force [on nage dans le marxisme ! une simple théorie de l'exploitation] entre rentiers et entrepreneurs détermine le partage entre eux du surplus créé par le travail des travailleurs : les rentiers obtiennent les intérêts et ce qui reste du surplus revient aux entrepreneurs comme profit, à charge pour ces derniers de redistribuer à leur tour ce profit entre eux et les travailleurs dans une proportion que détermine le rapport de force existant entre ces deux classes.

L’introduction des stock options à la fin des années 1970 permit aux rentiers et aux entrepreneurs, dont les intérêts coïncidaient dorénavant, de s’allier contre les salariés, dont la part dans le partage du surplus ne cessa pas de diminuer depuis.

Les banques centrales, dirigées dès leur origine par les rentiers ou capitalistes (officiellement aux États–Unis et officieusement en Europe), ont toujours travaillé à leurs ordres et aujourd’hui plus que jamais. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les nations ont délégué une part toujours grandissante de leurs pouvoirs à leurs banques centrales qui sont devenues soit un État dans l’État (comme aux États–Unis) soit un État par-dessus les États (comme en Europe).

Capitalistes et entrepreneurs, désormais alliés, encouragèrent la création d’un abysse de dettes contractées par les entreprises et par les travailleurs [Machiavelico !!]. Le processus était condamné à s’interrompre aussitôt qu’ils seraient tous insolvables, stade qui fut atteint en 2007. Plutôt que d’enrayer la crise de la seule manière possible, c’est–à–dire en redéfinissant la donne entre rentiers, entrepreneurs et travailleurs, les gouvernements [ben pardi,il suffit pas d'aller voter non plus ou de faire de la politique ?] ont choisi [faut vraiment passer alors à la lutte armée et fermer son blog] d’encourager entreprises et travailleurs à s’endetter encore davantage, produisant ainsi de nouveaux intérêts dont bénéficient les rentiers, tandis que les banques centrales se voient confier parallèlement la tâche de créer de toutes pièces la montagne d’argent qui sera déversée dans l’abysse toujours plus profond de la dette. Captif désormais d’une rétroaction positive, autrement dit auto-renforçante, le capitalisme est entré dans une phase d’autodestruction.

21 mars


Dans le monde décrit par Paul Jorion, il n'y a qu'une logique de domination directe, où l'on projette les catégories des sociétés passées sur une forme historiquement spécifique au mécanisme automate de la valeur, dont la forme de domination est au contraire indirecte, impersonnelle, abstraite. Comme dans le marxisme le capital est pour lui une méchante subjectivité extérieure (l'avidité, etc.) qui vient dominer les gentils travailleurs éternellement présents. Ah !!! si enfin on se donnait tous et toutes la main pour faire une jolie ronde autour du monde...
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
Back to top
View user's profile Send private message
skum



Joined: 18 Oct 2009
Posts: 81

PostPosted: 21 Mar 2010 23:38    Post subject: Reply with quote

Je ne connais pas non plus ce livre de Dognin (ni les autres d'ailleurs), je sais juste que Tran Hai Hac le cite dans Introduction à l'économie de Marx (co-écrit avec Pierre Salama) que je suis en train de... de... de lire.

J'ai vu aussi que Salama a écrit un livre intitulé Sur la valeur. Eléments pour un critique (Maspero, 1re éd. 1975)...

Back to top
View user's profile Send private message
skum



Joined: 18 Oct 2009
Posts: 81

PostPosted: 28 Mar 2010 19:40    Post subject: Reply with quote

Travail abstrait et fétiche par Moishe Postone

[Critique de la critique de la valeur] Travail abstrait et/ou monnaie par Tran Hai Hac
Back to top
View user's profile Send private message
skum



Joined: 18 Oct 2009
Posts: 81

PostPosted: 04 Apr 2010 0:03    Post subject: Reply with quote

Dialectique de la forme valeur par Hans Georg Backhaus

[PDF] Moishe Postone, une lecture de Marx (enfin) débarrassée du productivisme ? par Fabrice Flipo

Sur Gorz : Paradoxes autour du travail par Toni Negri et Jean-Marie Vincent

Sur Google Books, un aperçu (?) de l'article de Jean-Marie Vincent : "Habermas et le travail" in Le travail dans l'histoire de la pensée occidentale (Daniel Mercure, Jan Spurk, Presses de l'université de Laval, 2003).

Quote:
QUAND LA MONTAGNE ACCOUCHE D’UNE SOURIS : LE GROUPE KRISIS À LA RECHERCHE DES LIMITES INDÉPASSABLES DU SYSTÈME

Les écrits du groupe Krisis, constitué autour du sociologue Robert Kurtz et éditeur en Allemagne de la revue du même nom, étaient peu connus en France. Cette lacune est désormais réparée par la publication du Manifeste contre le travail.(1)

La critique de la morale du travail, dans la pensée de gauche, donne un ton et une fraîcheur à un texte où Krisis tente de caractériser la situation actuelle du capitalisme. Il s’agit d’abord pour eux de démonter les recettes réformistes prétendant corriger les méfaits du capitalisme de casino : les nostalgies keynésiennes, les revendications d’un salaire social, ou encore la taxe Tobin-Attac. Pour Kurz et ses amis, la spéculation est la conséquence de la crise de l’investissement et non le contraire(2). « C’est le critère de la rentabilité même, ainsi que ses bases, qui sont celles de la société de travail, qu’il faut attaquer comme obsolètes. » (p.74). Krisis se démarque aussi des projets des divers courants socialistes qui ont cru faire des revendications quantitatives, les luttes économiques et syndicales, le levier de l’émancipation sociale. Ce processus d’intégration est aujourd’hui suivi par l’éclatement du monde ouvrier ; terrain sur lequel « sonne le glas de la gauche classique » (p.86). C’est pourquoi, dans les projets de sa refondation, « la nostalgie social-démocrate et keynésienne se substitue à la rupture avec les catégories du travail » (p.87). Krisis souligne la nature étatique des projets de salaire social et de revenu garanti, recoupant en cela d’autres critiques(3).

Jusqu’ici, rien de nouveau sous le soleil ! Concernant la critique du réformisme moderne, Krisis répète – avec un goût prononcé pour la suffisance -, ce qui a déjà été écrit. Cas d’école très répandu, à les lire il semble que la critique du capitalisme contemporain aurait commencé le jour où ils se sont mis à réfléchir. Mis à part quelques références au « situationnisme » et aux courants du gauchisme italien, quelques formules qui rappellent Le droit à la paresse de Paul Lafargue (jamais cité), on balaye tout sans distinction et on jette, pêle-mêle, le pire comme le meilleur dans les poubelles de l’histoire. Dès lors, on ne s’étonnera pas de voir le mouvement ouvrier réduit au syndicalisme, simple élément « accélérateur de la société du travail ». Fait significatif, on cherchera en vain, dans ce Manifeste la moindre allusion aux ruptures révolutionnaires du XXe siècle ou une seule référence aux courants révolutionnaires du marxisme et de l’anarchisme.

Une idée centrale constitue l’ossature des analyses de Krisis : le capitalisme est un système dont le but est « la société de travail », « L’histoire de la modernité est l’histoire de l’instauration du travail » (p.45), « Le travail est une fin en soi dans la mesure même où il sert de vecteur à la valorisation du capital argent, à l’augmentation infinie de l’argent pour l’argent. Le travail est la forme d’activité de cette fin en soi absurde. » (p.33) Jamais ce vecteur-travail n’est défini comme relation sociale, historique, ni caractérisé spécifiquement comme travail aliéné, salarié (4). Or, c’est la dépossession du travailleur de sa propre activité qui lui enlève le contrôle de sa propre vie. C’est l’activité humaine devenue marchandise, qui fonde les séparations. Chez Krisis, la notion de profit est absente, le concept d’exploitation compte peu puisque « la machine capitaliste n’a d’autre finalité qu’elle même » (p.18 ).
La valorisation bourgeoise du travail est placée au centre du fonctionnement du système dont le but serait de faire travailler les individus ! Ce discours – qui renverse la morale religieuse voyant dans le travail la vocation naturelle de l’homme – foisonne de formules moralisantes : « principe cynique », « système délirant », « loi du sacrifice humain », « croisade au nom de l’idole travail », ou encore « il vaut mieux avoir “n’importe quel” travail plutôt que pas de travail du tout est devenu la profession de foi exigée de tous » (p.14). Or, si le prolétaire s’entête à chercher du travail, n’est-ce pas parce qu’il ne peut pas faire autrement, la vente de sa force de travail étant son seul moyen de survie ?

Qu’est-ce qui caractérise la crise de la « société de travail » selon Krisis ? Voici des éléments de réponse : « Avec la troisième révolution industrielle de la micro-informatique, la société de travail se heurte à sa limite historique absolue. » (p.60). Plus précisément, « pour la première fois, on supprime davantage de travail qu’on ne peut en réabsorber par l’extension des marchés. » (p.62). Il s’en suit que, dans une société qui « n’aura jamais autant été une société de travail (…) le travail est devenu superflu. (…) c’est au moment même où le travail meurt qu’il se révèle une puissance totalitaire. » (p.14) (5). Krisis semble oublier que cette nécessité d’élever constamment la productivité du travail, de remplacer le travail vivant par des machines, est intrinsèque au processus de production de capital. En période de crise, toute la force de travail ne trouve pas preneur sur le marché et l’apparence du travail comme superflu n’en est que la conséquence. En tirer une interprétation de type « catastrophique » représente une mystification, c’est renouer avec l’approche millénariste, présenter les contradictions présentes du capitalisme comme indépassables. Tout au long de son histoire, le capitalisme a pu rétablir, au prix de la barbarie, des nouvelles conditions de production de profit, créer de nouveaux marchés, et se faisant se perpétuer. Le capitalisme va mal, mais il ne s’effondrera pas de lui même, il faudra bien l’intervention de forces sociales décidées à inscrire dans les faits un projet émancipateur. Là est la seule limite « absolue » du système.

La « rupture avec les catégories du travail », Krisis l’associe à un « projet de resolidarisation ». Celui-ci doit se concrétiser dans de « nouvelles formes d’organisations sociales (associations libres, conseils) (qui) contrôlent les conditions de la reproduction à l’échelle de toute la société » (p.95). Après avoir assimilé prolétariat-sujet historique, grève et intégration syndicale au mouvement ouvrier réformiste Krisis a pour ambition de poser les jalons d’une « nouvelle théorie de la transformation sociale ». De celle-ci émerge la proposition d’une auto-organisation autour d’une « lutte pour un fond de temps social autonome ». Sur ce thème, la lecture du Manifeste gagne à être complétée par d’autres textes du groupe(6). Et c’est alors qu’un épais brouillard tombe sur la ville !
Le secteur dit de l’« économie sociale » (ONG et associations) est défini comme « forme embryonnaire d’une reproduction émancipatrice et non-marchande », qu’il s’agit de « radicaliser et unifier dans la perspective d’un dépassement du système producteur de marchandises ». Un autre axe de lutte y est associé : « la paralysie du système nerveux de la reproduction capitaliste », par des grèves de camionneurs et les barrages des écologistes contre le transport de matières radioactives. Enfin, squats crèches autonomes, associations de consommateurs, coopératives, occupations de terres dans les pays pauvres, sont susceptibles d’organiser une « reproduction autonome » et contenir en germe l’exigence d’une production non-capitaliste. Les niches alternatives au sein de la société, les zones autonomes temporaires, refusées en théorie dans le Manifeste, sont repêchées dans la pratique. Toute insubordination est-elle subversive ? Comment ces « embryons » pourront-ils dépasser le système ? Peut-il y avoir dépassement sans rupture ? Voilà autant de questions que Krisis ne pose pas. Ici comme ailleurs, l’abandon des catégories de classe se fait au bénéfice d’une sorte de « front alternatif », proche de l’activisme citoyen.

Corporatisme oblige, Krisis n’oublie pas qu’« il faut créer un nouvel espace intellectuel libre où l’on puisse penser l’impensable. (…) Seule une critique du travail, nettement formulée et accompagnée du débat théorique nécessaire, peut créer un nouveau contre-espace public, condition indispensable pour que se constitue un mouvement social pratique contre le travail. » (p.92). Nous voici revenus au vieux schéma sur le rôle des intellectuels dans l’élaboration de la conscience. Si c’est cela « penser l’impensable », les réponses de Krisis sont tout aussi décevantes et prétentieuses que les projets des néo-réformistes critiqués. Les invectives de « bricoleurs réformistes » et de « théoriciens analphabètes » que les auteurs de Krisis dirigent aux défenseurs du salaire social risquent bien de se retourner contre eux. L’avertissement élogieux des éditeurs français – classant le Manifeste en troisième position au hit-parade de la radicalité, après Le manifeste du Parti communiste et De la misère en milieu étudiant – tombe à plat. La montagne a accouché d’une souris.

Charles REEVE

NOTES :
(1) – Robert Kurz, Ernest Lohoff, Norbert Trenkle, Manifeste contre le travail (édition française établie par Olivier Galtier, Wolfang Kukulies et Luc Mercier), Paris, éditions Léo Scherr, 2002.
(2) – Cf. dans ce numéro 10 de Oiseau-tempête, “Les bulles de l’utopie capitaliste” in « Les forteresses fragiles », p. 21.
(3) – En France, quelques textes posent les jalons de ce débat : L’économie de la misère, Claude Guillon, La Digitale, 1999 ; « La vraie mission de l’État », Charles Reeve, Oiseau-tempête, n° 7, automne 2000 ; « Revenu garanti : quelques interrogations malvenues », Nicole Thé, Les temps Maudits, n°11, octobre 2001 ; « Il faut mater le précariat ! », Laurent Guilloteau, Multitudes, n°8, mars-avril 2002 ; enfin, un ouvrage de synthèse, Garantir le revenu, Laurent Geffroy, La Découverte, 2002.
(4) – Ici comme ailleurs, la confusion entretenue entre les notions de « travail », d’« activité humaine » et de « travail salarié », producteur de marchandises pour autrui (le capitaliste), conforte ceux pour qui l’activité humaine ne pourrait que reproduire le travail aliéné d’aujourd’hui.
(5) – Le Manifeste reprend ici, à sa façon, l’idée de la « fin du travail », répandue depuis des années dans certains milieux dit« radicaux » et dont certains poussent les conclusions jusqu’à affirmer la disparition des classes sociales et donc de la lutte de classes.
(6) – « Antiökonomie und antipolitik », Robert Kurz, revue Krisis, n°19, 1997. Les citations sans référence se reportent à ce texte.
Quand la montagne accouche d’une souris : le groupe Krisis à la recherche des limites indéapassables du système.

http://velhatoupeira.wordpress.com/


[PDF] Division du travail, division de la propriété et valeur par Bruno Astarian

Pour en finir avec la critique du travail [!] (Théorie Communiste)
Back to top
View user's profile Send private message
Display posts from previous:   
This forum is locked: you cannot post, reply to, or edit topics.   This topic is locked: you cannot edit posts or make replies.    forum.decroissance.info » Forum Index -> Actualités des publications All times are GMT + 1 Hour
Goto page Previous  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Next
Page 4 of 7

 
Jump to:  
You cannot post new topics in this forum
You cannot reply to topics in this forum
You cannot edit your posts in this forum
You cannot delete your posts in this forum
You cannot vote in polls in this forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group