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Bibliographie sur l'analyse critique de l'économie.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 29 Apr 2010 19:03    Post subject: Reply with quote

L'historien Jacques Le Goff vient de publier Le Moyen Age et l'argent (Perrin, 2010), j'ai juste très rapidement parcouru avant de le lire vraiment, mais il semble rejoindre les idées d'un anthropoloque espagnol qu'il cite beaucoup, Bartolomé Clavero, qui m'était inconnu, et qui a écrit un livre (1991) traduit en français en 1996 (préfacé par Le Goff), La Grâce du don . Anthropologie catholique de l'économie moderne (Albin Michel) qui démontre que " l'économie n'existe pas " au Moyen Age et que " le Moyen Age ne saurait constituer l'époque de démarrage du capitalisme ". Ce Clavero semble à Le Goff très stimulant pour le renouvellement des interprétations et pour revenir sur les anachronismes grossiers qu'ont opéré des générations d'historiens auparavant (les historiens - ou des anthropologues - qui disent que l'économie, le travail, etc n'existaient pas dans l'antiquité sont légions, mais c'est vrai que les débats des médiévistes sur cette question centrale sont plus récents dans l'historiographie).


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Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)


Last edited by Kobayashi on 08 May 2010 16:30; edited 1 time in total
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
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Location: bordeaux

PostPosted: 29 Apr 2010 20:20    Post subject: Reply with quote

Bonsoir .
J'ai ecouté partiellement l'émission qui lui etait consacré sur FR cult .
Passionnant , a rechopper !
Le peu que j'ai retenu , c(est que vers le 10e siecle , a l'écroulement des romains , l'argent n'a pas disparu , mais a peu circuler . Moins de transactions a gd distance et une multiplication e monnaies locales est apparue .
Ca semble rejoindre mes thèses sur la parcellisation. Il faut réécouter mais il semble que les gens ne s'en portaient pas plus mal .
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 30 Apr 2010 17:36    Post subject: Reply with quote



Par Philippe Godard un essayiste, une " critique " subjectiviste du travail (à la Lafargue, Vaneigem...) avec ses limites.
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Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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skum



Joined: 18 Oct 2009
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PostPosted: 03 May 2010 21:40    Post subject: Reply with quote

A. Artous | Jean-Marie Vincent, un penseur obstiné
http://www.marxau21.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=104:a-artous-jean-marie-vincent-un-penseur-obstine&catid=50:vincent-jean-marie&Itemid=69

A. Artous | Le marxisme comme théorie critique
http://www.marxau21.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=116:a-artous--le-marxisme-comme-theorie-critique&catid=50:vincent-jean-marie&Itemid=69

A. Artous | Retour sur le marxisme révolutionnaire
http://www.marxau21.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=127:a-artous-retour-sur-le-marxisme-revolutionnaire&catid=50:vincent-jean-marie&Itemid=69

Robert Kurz | Métamorphose du système-monde et crise de la critique sociale
http://arbeitmachtnichtfrei.skynetblogs.be/post/7850559/metamorphose-du-systememonde-et-crise-de-la-c

Franck Fischbach | Comment le capital capture le temps (extraits)
http://arbeitmachtnichtfrei.skynetblogs.be/post/7850803/comment-le-capital-capture-le-temps-par-franc
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 08 May 2010 16:32    Post subject: Reply with quote



4ème de couv :

Quote:
Adeptes d'une pauvreté rigoureuse et évangélique, les franciscains sont paradoxalement amenés, du fait précisément de ce choix " scandaleux ", à examiner toutes les formes de la vie économique qui se tiennent entre la pauvreté extrême et la richesse excessive en posant la distinction entre propriété, possession temporaire et usage des biens économiques. Selon quelles modalités les chrétiens doivent-ils s'approprier l'usage des biens terrestres ? Pour répondre à cette question, les franciscains furent nombreux, depuis le treizième siècle, à écrire sur la circulation de l'argent, la formation des prix, le contrat et les règles du marché. Dans ce cadre, la figure du marchand actif, qui sait faire fructifier par son travail et son commerce un capital - en soi dépourvu de valeur - s'affirme positivement dans la mesure où elle contribue à la croissance d'un " bonheur citadin ". A l'opposé, la figure du propriétaire foncier, du châtelain, de l'aristocrate qui conserve pour lui-même, thésaurise et ne multiplie pas la richesse apparaît comme stérile et sous un jour négatif. La réflexion franciscaine est donc à l'origine, avant même l'éthique protestante étudiée par Max Weber, d'une grande partie de la théorie économique européenne et, en particulier, de l'économie politique qui considère que les richesses de ceux qui forment la communauté civile sont une prémisse fondamentale du bien-être collectif.


Quote:
Note de lecture

Vif et surprenant, écrit d’une plume allègre rendue légère par l’aisance que donne le gai savoir, ce livre aurait pu s’intituler Le franciscanisme et l’éthique du capitalisme — pour paraphraser malicieusement le titre du célèbre ouvrage de Max Weber. Et de fait, la thèse fameuse du sociologue allemand (qui datait de la Réforme protestante la déculpabilisation de l’Occident vis-à-vis de l’idée de profit) n’en sort pas indemme : historien scrupuleux de la pensée économique au Moyen Âge, Giacomo Todeschini en révèle un pan méconnu, au cœur même du catholicisme. Il rejoint par là de nombreux travaux actuels qui, en histoire comme en philosophie, dévoilent les rapports inattendus entre économie et théologie. Notre marché n’est-il par fondé sur le crédit, notion morale par excellence, qui engage par nécessité l’idée de croyance ?

Mais le titre qu’a finalement choisi Todeschini est, si l’on y réfléchit, également paradoxal : que peuvent être les « richesses franciscaines ? ». Les disciples de saint François d’Assise, ont le sait, ont renoncé à la production des richesses pour vivre de mendicité. Ils sont individuellement pauvres, mais collectivement riches — ce qui, très vite, met à l’épreuve leur idéal de pauvreté volontaire. Celui-ci ne peut se comprendre que dans le contexte général de l’essor économique de l’Occident du XIe au XIIIe siècle. En suscitant le développement d’une « nouvelle richesse » (celle qui résulte du travail de l’argent, et non du labeur de la terre), la grande croissance médiévale met les théologiens aux prises avec une difficulté : comment concilier les pratiques marchandes avec les desseins de Dieu ? En théorisant le renoncement évangélique aux biens terrestres, certains penseurs franciscains inventent une doctrine du marché. On connaissait déjà l’importance des débats théologiques du début du XIVe siècle entre Franciscains et Spirituels pour la définition du concept de juste prix ou de modération (ce que l’on appelle « l’usage pauvre ») : Umberto Eco les avait notamment mis en scène au début de son Nom de la rose. On découvre avec Todeschini une pensée plus originale encore, avec notamment les écrits de Pierre de Jean Olivi chez qui le marché devient « le moyen dont disposent les laïcs de contribuer selon leurs possibilités à l’édification d’une société chrétienne ».

Tel est le paradoxe du livre : en renonçant aux biens matériels, les franciscains ont entrepris une réflexion décisive sur la valeur de l’échange, et élaboré une conception élevée de la richesse, assimilée au bien être collectif de la communauté civile. Dès lors que le marché et le profit œuvrent à cette richesse, ils deviennent non seulement légitimes, mais justifiés par la foi. Ainsi voit-on les prémisses de notre économie politique se fonder sur/ prendre leur source dans la théologie politique. Mais celle-ci est tout sauf le bloc de certitudes que l’on croit d’ordinaire : faillée de contradictions et troublée par d’incessants débats, elle fait un socle inquiet à notre rationalité moderne. C’est du moins ce qu’affirme, lucide et désenchanté, Giacomo Todeschini : « nous continuons de vivre dans cette contradiction, et c’est ce même conflit qui perturbe aujourd’hui le sommeil des citoyens du pays de Cocagne ».

Par Patrick Boucheron


Dans Le Moyen age et l'argent, Le Goff se contente de souligner la fragilité de l'oeuvre de Pierre de Jean Olivi sur laquelle s'appuie Todeschini pour soutenir sa thèse. Un traité marginal qui a eu peu d'influence, et qui représente plutot une pensée hors-norme pour l'époque. (p. 202-205)

C'est pas un livre portant des thèses historiographiques nouvelles. Mais par sa démarche c'est un livre sympathique. Elle consiste à partir de tableaux insérés au milieu du livre du peintre hollandais Vermeer du XVII s, d'utiliser un détail dans le tableau comme d'une clé sur le vaste monde de l'économie qui est en train d'émerger alors. Le chapeau en feutre d'un officier, nous amène sur le commerce du sous-poil de castor au Canada français ; une jatte de porcelaine chinoise nous amène dans les liens que tissent Portugal et Espagne avec la Chine des Ming et des Qing ; une représentation d'un fumeur nous mène sur les circuits de la mondialisation du tabac ; un naufrage au large de la Chine nous montre la dimension internationale des équipages sur laquelle avaient déjà beaucoup appuyé les beaux livres de Marcus Rediker, Pirates de tous les pays ! et L'hydre aux milles têtes. L'histoire cachée de l'Atlantique révolutionnaire au XVIII s, etc. Une quinzaine d'exemples sont traités par Brook, avec pas mal d'histoires croustillantes.

Pour autant, ce livre ne fournit pas de définition de ce qu'il entend par " mondialisation ". On sent le placage de ce concept contemporain sur la société du XVIIe siècle, sans trop s'interroger sur cette anachronisme historique. On peut peut-être penser qu'il y a eu des " mondialisations ", et que chacune possède un fonctionnement interne, c'est-à-dire connait des causes et des formes particulières. Il est clair que ce que nous appelons aujourd'hui " mondialisation ", est surtout le fait de ce qui se passe depuis les années 1970's, dans le cadre de la fuite en avant pour dépasser la crise de la valeur apparue à la fin des 30 Glorieuses, et consistant dans le détour par de nouveaux débouchés et donc l'ouverture des marchés à la concurrence étrangère sous l'effet de politiques superficielles néolibérales, et la fuite des capitaux non-rentables dans la bulle de la financiarisation. Pour autant, est-ce que " mondialisation " au XVIIe et mondialisation de la séquence 1970-2010, connaissent les mêmes ressorts, certainement pas. Le livre de Brook n'échappe pas par ses imprécisions à une confusion naturalisante.

Les ressorts de la " mondialisation " du XVIIe siècle, sont davantage la famine de métaux précieux à la fin du Moyen Age, l'attrait pour la Chine des milles richesses depuis le livre de Marco Polo, le développement du goût, de l'exotisme et du luxe dans la bourgeoisie naissante, le fait d'atteindre un épuisement de la population de castors en Europe, l'avantage de l'arquebuse, la richesse relève aussi souvent de la puissance davantage que de l'argent, etc. Le monde des formes sociales formant les catégories économiques que nous connaissons ne sont ni vraiment en place, et ce ne sont pas elles qui dans leur dynamique contradictoire, alimentent une production particulière de l'espace à une échelle mondiale, ce qui est donc totalement différent de notre époque. Le XVII siècle, connaît encore ce mélange caractéristique d'un encastrement de différentes dimensions modernes qui sont peu à peu distinguables.

- J. Le Goff, Le Moyen âge et l'argent, Perrin, 2010. Un livre à thèse, mais surtout un livre qui reprend les derniers apports de l'historiographie sur la question. Avec une ouverture à l'historiographie étrangère ce qui est très intéressant quand on n'est pas spécialiste du moyen age. Je ne reprend pas la synthèse des matériaux historiques qu'il met en oeuvre dans sa démonstration, je vais de suite à sa thèse (donc je résume ici ses chapitres de conclusion).

Le Goff, distingue clairement l'historiographie française qui se place dans l'interprétation de Polanyi, de l'historiographie anglo-saxonne qui n'arrête pas d'enfiler les anachronismes les uns à la suite des autres, en parlant de " marché de la terre ", de l'existence de " l'argent ", de la naissance du capitalisme au Moyen Age (le titre du livre étant déjà un anachronisme en parlant " d'argent " au MA comme le relève l'auteur, anachronisme sur lequel revient l'auteur dans son livre).

Le Goff montre que l'historiographie s'est maintenant clairement distinguée de la thèse de Braudel affirmant que le capitalisme émergeait dès le XII e italie et à partir du XIII en France : c'est pour lui et une grande majorité des historiens, un anachronisme complet (même le disciple Wallerstein a laissé tombé). Les thèses de Marx et de Weber ayant le mérite à leurs yeux de laisser à l'écart le Moyen Age des origines du capitalisme. Le MA n'est donc pas à l'origine du capitalisme, et l'activité des gens au MA n'a rien non plus du caractère précapitaliste qu'on lui a attribué. Pour Marx comme pour Weber, on sait que le capitalisme s'impose entre le XVI et le XIX.

Le Goff, insiste au MA sur l'importance d'une économie du salut (Weber) et du don, du fait de la domination de la religion (ce qui est contesté par certains historiens quand même) comme le pensait Polanyi. La vertu suprême est donc la " caritas ", c'est aussi une valeur sociale qui englobe l'amitié et l'amour, mais c'est elle aussi et surtout qui constitue le lien social entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. Et c'est une clé fondamentale pour comprendre le MA sans anachronismes.

Pour Le Goff, il y a donc un énorme anachronisme des historiens à vouloir plaquer notre vision moderne de l'argent sur ce que l'on ose appelait " l'argent " au MA. " L'argent " n'est clairement pas au MA une entité économique, sa nature et ses usages relèvent plutôt de conceptions non-économiques. Il n'y a d'ailleurs pas de concept de " l'argent " en tant que forme monétaire de la richesse, les hommes de l'époque ne la distinguent pas car cela n'existe pas pense-t-il. Déjà, l'argent est limité à la monnaie (il n'existe pas de mot " argent " dans les sources, les textes parlent toujours de telle ou telle monnaie particulière, on trouve souvent le mot " denaio " = denier). Le Goff pense donc que l'on ne peut pas parler d' " argent " au MA, mais de monnaies. Les historiens de l'usure médiévale du fait de leur fascination pour le capitalisme, et sa naturalisation, ont tendance à plaquer des catégories modernes qui vont servir de grille de lecture pour interpréter les sources.

En faisant référence à l'historienne Guerreau-Jalabert qui lui semble avoir tout dit, Le Goff lui reprend l'idée que " la diffusion de la monnaie au MA est à replacer dans un élargissement du don ", cet amour de Dieu dans l'homme qui met la charité partout dans les coeurs. Guerreau-Jalabert écrit ainsi qu'il faut toujours englober fermement le commerce et l'industrie matérielle " dans un système de valeurs qui est toujours soumis à la caritas ".

La Goff, dans sa thèse précédente de l'existence d'un " long MA " qui va déborder sur le XVI et XVII siècles, pense en effet que c'est seulement au XVIIIe siècle, que le concept d'économie et ce qui va avec sont inventés. Il s'appuie sur le livre de Bernard Clavero, La grâce du don. Anthropologie catholique de l'économie moderne, pour montrer que ni le droit, ni l'économie, n'existent en tant que tels au MA. Il y a toujours ce noyau fondamental, ce principe de synthèse sociale, qui est toujours la " caritas ". Ainsi, le concept de " bénéfice " au MA, est d'abord canonique, avant de devenir plus tard bancaire. La banque est également " une pratique de frontière ", et d'ailleurs toutes les banques du MA ont fait faillite (souvent du fait de l'encastrement dans lesquelles elles étaient). " Le numéraire est mis au service de la communication des biens qui sont une expression de la caritas " (Clavero).

A l'inverse de Todeschini dans Richesse franciscaine, il pense que c'est un anachronisme de dire qu'il existe une pensée économique virtuelle des franciscains, comme il n'y a pas de pensée économique chez les scolastiques.
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Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

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skum



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PostPosted: 09 May 2010 15:41    Post subject: Reply with quote

Conscience ouvrière, adieu au prolétariat, multitude ?.

Arendt, Touraine, Gorz et Negri critiqués par Alexander Neumann, in Conscience de casse. La sociologie critique de l'Ecole de Francfort (Variations Hors-Série - Hiver 2009/2010), pp. 49-66, télechargeable au format PDF [lien direct - 872 ko] ici.

Un mince livre (62 pages) abordable tant niveau prix (4euro50) que par son "souci de compréhension" : Denis Collin - Les grandes notions philosophiques n°5 : Le travail et la technique (Seuil, 1999, Collection Mémo). On y (re)trouve une critique des thèses de Arendt ; une introduction à la critique de l'économie politique de Marx (quoique traditionnelle) ; une double approche de la critique de la technique : Heidegger/Habermas ; des points de vue de W. Benjamin sur l'Art, etc. Bref, didactique et "véritablement profond".

Quote:
Sommaire :

- Le système des besoins
- Condition de l'homme moderne
- Exploitation et aliénation
- La division du travail
- Qu'est-ce que la technique ?
- Art et technique
- La critique de la technique
- Travail, technique, écologie
- Vers la fin du travail ?


Gouverner par le chaos - Ingénierie et mondialisation

Quote:
Comment devenir les maîtres du monde ? En centralisant l’ordre et le pouvoir autour d’une minorité et en semant le chaos dans le peuple, ramené au niveau de pantins paniqués. La méthode ? L’ingénierie sociale : infiltration des esprits, analyse de nos moindres faits et gestes, contrôle des comportements à distance, marketing de l’intime et autres réjouissances qui font de nous de bons consommateurs.

Ce texte prolonge l’essai politique insurrectionnel signé du Comité Invisible et attribué aux inculpés dans l’affaire de Tarnac. Publié d’abord sur le web et y ayant suscité « enthousiasme débridé ou agacement hystérique » (Le Nouvel Observateur), il a été pour cette édition revu et corrigé par les auteurs. Volontairement anonymes, ceux-ci prônent une résistance constructive : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer. »
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 09 May 2010 21:25    Post subject: Reply with quote

Quote:
Arendt, Touraine, Gorz et Negri critiqués par Alexander Neumann, in Conscience de casse. La sociologie critique de l'Ecole de Francfort (Variations Hors-Série - Hiver 2009/2010), pp. 49-66


Si ça botte quelqu'un d'organiser une rencontre autour de la revue Variations, où que ce soit, je suis partant. J'ai pensé faire un truc avec Alexander à Bourges à l'automne prochain, en lui proposant de venir un week-end, mais il faudrait une ville un peu plus grande et moins excentrée. Si il y a une proposition... on a juste pour l'instant une piste avec des copains de Marseille qui pourraient s'occuper de la logistique.

Il me semble que l'extrait de Conscience de casse sur le trotkysme, alexander l'a publié aussi dans le n°23 de la revue anarchiste Réfractions.

Suite au texte de Jean-marie Vincent « Le trotskisme dans l’histoire », dans Critique Communiste (n° 172), ci-dessous des discussions sur la pensée de Vincent (et relativement à cet article sur le trotskisme) dans Retour sur le marxisme révolutionnaire de Artous (comme souvent, on voit dans ce texte que Artous est toujours en-deçà de Vincent, d'un côté écoutant la force de la critique de Vincent, mais d'un autre côté à chaque fois il construit une position de défense du trotskisme à mesure qu'il voit qu'aller jusqu'au bout entraîne une remise en question trop importante : ainsi de sa défense des positions passées, sur le léninisme, etc). Pour autant, il connait bien les thèses de Vincent (et il a bien raison de dire quelles sont proches de celles de Postone) :

Quote:
Dans son article « Ernest Mandel et le marxisme révolutionnaire », Jean-Marie Vincent reproche à celui-ci sa vision d’une politique révolutionnaire comprise comme relevant de la prise de conscience, la dialectique de la transformation sociale étant alors pensée comme une dialectique de la prise de conscience. La critique peut sembler étonnante, tant le terme de « conscience » est monnaie courante dans le langage politique, marxiste d’ailleurs et pas seulement « trotskiste ». On parle de conscience politique d’un individu, d’articulation nécessaire des niveaux de conscience des masses etc. D’où l’importance du « Programme de transition », acte fondateur de la IV° Internationale consistant à avancer des revendications transitoires qui, justement, auraient pour fonction de faire progresser le niveau de conscience. Au demeurant le marxisme, le programme du parti révolutionnaire ne sont-ils pas « l’expression consciente d’un processus inconscient » ? Ici la chose devient moins évidente à assumer, vu la prétention exorbitante que s’arrogeraient alors le marxiste et le parti. Pourtant la formule a été très souvent répétée ; on ne la trouve pas chez Marx. La théorie marxienne du fétichisme de la marchandise devrait nous apprendre à nous méfier de l’évidence de certaines catégories qui semblent relever du bon sens. En outre, comme le fait remarquer souvent Jean-Marie Vincent, l’illusion de la toute puissance de la conscience de soi, de sa prétention à la maîtrise absolue du monde n’est que l’autre face du fétichisme de la marchandise. L’effet miroir de la chosification des rapports sociaux, c’est la figure de l’individualisme possessif, « le fantasme du démiurge, de la toute puissance qui travaille la subjectivité de l’ère bourgeoise » (Un Autre Marx, p. 50). Ainsi qu’il l’écrit dans Critique du travail ( p. 158), la politique révolutionnaire ne peut « être assimilée à l’accession plus ou moins subite des masses à une conscience historique de leurs tâches présupposées. Elle n’est ni révélation, ni illumination, mais elle est déplacement, à la fois discontinu et irrecevable, des axes de gravité des échanges sociaux entraînant l’établissement de nouveaux réseaux de communications et de nouvelles possibilités d’agir ».


Quote:
Dans ma conclusion de Marx, l’État et la politique (p. 357), je souligne que, concernant le statut de la politique en général, le danger principal issu de cette tradition est de glisser vers une conception instrumentale, techniciste de la lutte politique. C’est une façon de dire autrement la même chose que le bilan tiré par Jean-Marie Vincent lorsqu’il souligne que cette tradition est marquée par une sous-estimation de la nécessairetransformation des rapports sociaux au profit d’une polarisation autour de la seule question du pouvoir politique central.


Quote:
Jean-Marie Vincent ajoute que cette « révolution par le haut » est symptomatique d’un problème plus général rencontré par la tradition marxiste tout au long du « court 20° siècle » : la tendance à réduire les perspectives de transformation à la question de la prise du pouvoir
d’État et la sous-estimation des formes de pouvoir existant au-delà de l’État, dans les rapports sociaux. Ici, pour poursuivre la discussion, il faut faire un détour par l’analyse de l’État capitaliste.


Ce qui est pour moi absolument central, et qui se distingue de la conception classique de la critique transhistorique de l'Etat (sur le schéma maitre/esclave) :

Quote:
L’État capitaliste

Jean-Marie Vincent s’est toujours opposé aux approches faisant de l’Etat capitaliste une simple expression de la « volonté » de la classe dominante ou argumentant le caractère bourgeois de cet État par une analyse sociologique de son personnel dirigeant. Pour lui, l’État fonctionne comme « un capitaliste collectif en idée », selon la formule d’Engels, en reproduisant dans son fonctionnement et son existence les caractéristiques des rapports de production capitalistes : à la séparation entre les travailleurs et les moyens de production possédés par le capital correspond la séparation entre le pouvoir d’État et la grande masse des administrés. L’État se donne alors sous un double aspect. À un premier niveau, l’État fonctionne comme garant des rapports de circulation, comme organisateur de la liberté et de l’égalité des possesseurs de marchandises. Mais cela n’est que l’expression dérivée d’une fonction plus profonde : l’État comme instrument de coercition et de discipline de la force de travail pour les besoins du procès de valorisation capitaliste. L’État capitaliste n’est donc pas un simple « superstructure » politico-répressive surplombant la société, mais participe de façon active à l’organisation des rapports sociaux et à la production/reproduction de la division sociale du travail ; notamment par le biais de la gestion de la force de travail. Jean-Marie Vincent a toujours maintenu ce cadre l’analyse, mais par la suite, il a mis l’accent sur l’articulation de ce pouvoir d’État avec la multiplicité des rapports de pouvoirs au sein même des rapports sociaux ; cela en référence aux analyses de Michel Foucault sur la micro-physique du pouvoir, sur les mécanismes de bio-pouvoir présent
dans l’ensemble de l’espace social. Et en soulignant que la tradition marxiste n’a pas suffisamment pris en compte les mécanismes de pouvoir liés à la soumission réelle du travail au capital qui visent à modeler l’agir des individus pour les soumettre aux besoins du procès de valorisation.

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Critique de la valeur et du travail

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PostPosted: 09 May 2010 22:47    Post subject: Reply with quote

Je précise juste que :

"Gouverner par le chaos - Ingénierie et mondialisation"

N'est pas du tout du Comité Invisible, que c'est un faux, archi faux, et que cela se voit assez rapidement pour ceux qui ont lu leurs autres productions (tiqqun, l'appel etc...).Ce qui n'implique pas que le texte soit mauvais. En tout cas ce sont ni leur références, ni leur style. Le comité invisible ne s'embête pas de citations, il n'en fait aucune, et il ne renvoie pas a des auteurs comme naomi klein ou l'ancien programme de la résistance.

Il est récupérable ici :
http://www.scribd.com/doc/16118451/Ingenierie-sociale-et-mondialisation-
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Pour des communautés libertaires écocentrique et affinitaire

Participer a libérer et cultiver les conditions locales et pérennes d’existences et d’autodéterminations des vivants, sans domination.
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skum



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PostPosted: 15 May 2010 21:48    Post subject: Reply with quote

La critique de la valeur. Fil rouge du Capital par Alain Bihr
http://www.revue-interrogations.org/article.php?article=201

Alain Bihr a récemment publié aux éditions Page Deux : La logique méconnue du "Capital"
http://www.alencontre.org/EdPage2/44-1_EmprBihr.htm

Le travail est un crime par Herman J. Schuurman (suivi de Le groupe "De Moker", la jeunesse rebelle dans le mouvement libertaire hollandais des Années folles par Els van Daele)

Quote:
Paru en décembre 2007

"Travailler c’est collaborer à faire des bénéfices et à exploiter; c’est collaborer à la falsification, à la fourberie, à l’empoisonnement; c’est collaborer aux préparatifs de guerre; c’est collaborer à l’assassinat de toute l’humanité." Cette terrible vérité était énoncée dès 1924 par le jeune libertaire hollandais Herman Schuurman dans son pamphlet Werken is misdaad, dont nous offrons ici la première traduction. Il exprimait ainsi fidèlement les buts et les moyens du Mokergroep, regroupement informel de plusieurs centaines de jeunes rebelles qui scandalisèrent la Hollande travailleuse en faisant l'éloge du sabotage et de la grève sauvage, en appelant à brûler les écoles, en "gagnant leur vie en chantant et en volant", et auxquels Els van Daele consacre une étude inédite.
Aujourd'hui que tant de patrons, bureaucrates syndicaux, politiciens et autres négriers imposent au bétail salarié de "travailler plus", sous peine de misère et d’isolement, il importe de faire vivre le souvenir de ceux qui, en un temps pas si lointain, ont mis toute leur énergie à combattre le même ignoble chantage. L’esclavage ne sera pas la liberté.

http://www.editionsantisociales.com/lteuc.php


Le livre en PDF : http://www.editionsantisociales.com/pdf/letravailestuncrime.pdf
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skum



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PostPosted: 23 May 2010 20:29    Post subject: Reply with quote

Quelques textes de Stephen Bouquin :

Le travail entre aliénation et exploitation
http://www.espaces-marx.net/spip.php?article380

Hier et aujourd’hui, travail et classes en miettes
http://www.espaces-marx.net/spip.php?article375

SÉPARÉS MAIS ENSEMBLE ? LE MOUVEMENT SYNDICAL ET LES TRAVAILLEURS SANS EMPLOI EN BELGIQUE
http://www.marxau21.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=109:s-bouquin--separes-mais-ensemble--le-mouvement-syndical-et-les-travailleurs-sans-emploi-en-belgique&catid=64:sciences-sociales&Itemid=87

Pascal Nicolas-le Strat - Travail et constitution du sens, à propos d’André Gorz
http://multitudes.samizdat.net/Travail-et-constitution-du-sens-a

Michel Freyssenet - L’invention du travail
http://multitudes.samizdat.net/L-invention-du-travail
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skum



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PostPosted: 25 May 2010 19:34    Post subject: Reply with quote

Communication de Michel Husson au colloque Jean-Marie Vincent (2005) :

[PDF] Forme et mesure de la valeur

[PDF] Robert Kurz - Moudjahidine de la valeur. Des bombes pour défendre le fétiche marchandise : la gauche éclairée au dernier stade de la raison bourgeoise

Stavros Tombazos - Fétichisme et mondialisation
http://www.marxau21.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=130:s-tombazos-fetichisme-et-mondialisation&catid=57:fetichisme-de-la-marchandise&Itemid=80

Pierre Salama a écrit en 1979 un article intitulé "Etat et capital, l'Etat comme abstraction réelle ". Impossible de le chopper sur son site. Si quelqu'un le possède... Clin d'oeil
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skum



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PostPosted: 25 May 2010 21:12    Post subject: Reply with quote

En fouinant un peu sur le site de M. Husson...

...des textes de François de Lagausie (Ingénieur agronome et économiste - 1915 - 1983) :

Quote:

1°) Voici les trois principaux textes écrits par François de Lagausie en 1966, 1978 et 1982 :

1966 - Théorie Idéologique de la Valeur - un concept dialectique de la valeur économique (rapport de recherche)

1978 - Les échanges inégaux de temps de travail et l'inflation (extraits du livre)

1982 - Donneurs de temps de tous les pays ... (article de revue)


Quote:
Texte de Pierre Naville commentant la théorie de la valeur : extraits de son livre La maîtrise du salariat (1984)


Quote:
Une synthèse de la théorie de la valeur par Lagausie Jr


Tout cela disponible sur le site de Lagausie Jr : http://mdlwws.pagespro-orange.fr/value/

Billot S. (2007), Une approche dialectique, séquentielle et non substantialiste de la valeur, communication au Congrès Marx International V.
[PDF] http://gesd.free.fr/billot7.pdf

La Théorie des Valeurs par Jacques-Philippe DUPRE
http://jphdupre.chez-alice.fr/livre/theorie.html

Faccarello G. (2000?), Les controverses autour du Capital (I) : les débats autour de la loi de la valeur.
[PDF] http://gesd.free.fr/faccaval.pdf

Pérez M. (1980), "Valeur et prix : un essai de critique des propositions néo-ricardiennes ", Critiques de l’économie politique n°10, 1980
[PDF] http://hussonet.free.fr/perez.pdf

Rosier B. (2004), Réhabiltation d'une prétendue erreur de Marx, Cahiers d'économie politique n°48
[PDF] http://gesd.free.fr/rosier04.pdf
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