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Autour de Krisis, Exit, critique de la valeur
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
Posts: 4057
Location: prox. Montpellier

PostPosted: 20 Aug 2010 19:45    Post subject: Reply with quote

effectivement Kercoz, j'espère juste que le travail de Koba, ne lui bouffe pas trop le cerveau :s
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
Posts: 967
Location: bordeaux

PostPosted: 20 Aug 2010 20:47    Post subject: Reply with quote

bug-in wrote:
effectivement Kercoz, j'espère juste que le travail de Koba, ne lui bouffe pas trop le cerveau :s

Le boulot que fait Koba , en terme d'analyse est remarquable.
Perso , je ne me sens pas le courage de m'envoyer ttes les references et les critiques d'icelles.Mes a-prioris me sauvent la mise puisque (voir l'article en tete et mon commentaire) je pars du principe que les contradicteurs du modèle capitalo-liberal ne conteste pas le modèle productiviste.
Ma thèse serait que ds un modèle parcellisé (et il le redeviendra , contraint par le manque d'energie), les caractères pervers de l'humain (égoisme , capitalisation , accaparation , exploitation des faibles ...) ne sont pas supprimés (parce que inaliénables) , mais contraints par la structure parcellisé et la proximité des individus.
L'aspect structurel n'est jamais pris en compte ds ces thèses , Koba . Cet aspect , est pourtant , a mon sens essentiel.
Je reste persuadé que la sous traitance de nos fonctions originelles (sous pretexte de gain de productivité) donne un bilan négatif qui oblige a exploiter un ou plusieurs sous traintant . Je ne suis pas clair . Je m'explique :
Prenons un système qui ne produit que des biens essentiels . Je produits ma nourriture et un surplus de nourriture pour rétribuer mes besoins essentiels sous traités : chauffage , toiture , habits , educations entretient ...etc . Ces structures sous traitées on des structures de gestion qu'il faut aussi nourrir chauffer , habiller eduquer etc ....
Je prétends que le Bilan economique est négatif ou a peine a l'equilibre .
Si un gain de productivité se pointe Melon a 30c chez le producteur (s'ily a des jardiniers ds la salle !) on envisage des productions non essentielles (velo , ecran plat , voyage aux Balléares , petit con oisif a 30 ans ....
Je puis vous assurer qu'aucune equation ne s'equilibrera sans exploiter certains maillons .
La délocalisation essaie de pallier 'energie gratos qui a , un temps donné l'illusion de la pertinence du modèle ....mais c'est fini ...aucun système , aucune ideologie n'evitera une déplétion induite par la dépletion energetique .
Le système en place fera croire le contraire pour conserver a une minorité de plus en plus restreinte le modèle moderniste , ...mais c'est un leurre qu'il faut refuser et deja ..... retourner aux circuits courts : ....Petits producteurs en demi autarcie , petits commerçants , individus multiservices ...peut etre trouvera t on une binette et un ecran pour KOBA (s'il a de l'humour)
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
Posts: 4057
Location: prox. Montpellier

PostPosted: 20 Aug 2010 21:29    Post subject: Reply with quote

en fait je parlais de son travail de prof d'histoire, mais bon Très content
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ktche



Joined: 15 Jun 2004
Posts: 1383

PostPosted: 20 Aug 2010 22:58    Post subject: Reply with quote

Kercoz wrote:
ds un modèle parcellisé (et il le redeviendra , contraint par le manque d'energie), les caractères pervers de l'humain (égoisme , capitalisation , accaparation , exploitation des faibles ...) ne sont pas supprimés (parce que inaliénables) , mais contraints par la structure parcellisé et la proximité des individus.


same old story : http://forum.decroissance.info/viewtopic.php?t=8065
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
Posts: 967
Location: bordeaux

PostPosted: 21 Aug 2010 7:51    Post subject: Reply with quote

Ktche ecrit (entre autres):
/////Pour la cybernétique, il y a complète analogie entre les systèmes vivants (biologiques et sociaux) et non-vivants (machines) qui sont tous vus comme des automates traitant et échangeant de l'information.

La cybernétique fait un usage fondamental des concepts de boite noire, d'analogie formelle, de modélisation (qu'elle prétend être à une phénoménologie de l'information). Elle a évidemment une approche totalement fonctionnaliste de ses objets d'étude. Elle suscite par ailleurs un appareillage mathématique conséquent. /////

Il te faudrait retourner a tes chères etudes . La cybernétique est dépassée depuis pas mal de temps . L'approche complexité et Chaos par l'acceptation des equa differentielles fait justement difference (donc opposition et non analogie) entre les systèmes "naturels complexes et les système humains linéarisés .
"""Ds les systèmes naturels , les "bruits " sont constituants du signal ; Ds les systèmes humains (techno ou economiques), les bruits perturbebnt puis détruisent le signal """
Je ne prétends a aucune "découverte" mathématique ou sociologique . Je constate simplement que la nature confirme cette approche theorique :
Aucun système naturel n'est hypertrophié et centralisé . La règle c'est l'autorégulation et la gestion parcellisée , fractale des groupes . C'est la seule qui accepte un environnement variable et qui induit une stabilité ds le temps et ds l'espace d'une population .
De ce constat , il est facile de déduire que nos pitoyables essais de "gestion" rigoureuses et "logiques" , cartesiennes , en vue d'économie d'echelle et de gain de productivité .....sont mathematiquement inédits . Cette innovation doit succiter questions et doutes quant a sa pertinence . Si aucun système naturel n'augmente sa population sans utiliser la scissiparité et le conflit/rejet du nouveau groupe , ce n'est pas sans raison imperieuse.
Continuer a vouloir améliorer un tel modèle en pensant qu'une meilleur gestion ou une autre "morale" ou idéologie le rendrait vertueux est , a mon sens utopique .
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ktche



Joined: 15 Jun 2004
Posts: 1383

PostPosted: 21 Aug 2010 10:12    Post subject: Reply with quote

Rengaine déjà exposée ici : http://forum.decroissance.info/viewtopic.php?p=53354#53354

Déjà répondu ici : http://forum.decroissance.info/viewtopic.php?p=53356#53356
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
Posts: 967
Location: bordeaux

PostPosted: 21 Aug 2010 10:35    Post subject: Reply with quote

tu ne lis meme pas mes posts , puisque tu aimes les rengaines :
http://www.youtube.com/watch?v=n6pJ4PriGzQ
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anonyme XXI



Joined: 18 Oct 2005
Posts: 1177
Location: Lyon

PostPosted: 21 Aug 2010 12:37    Post subject: Reply with quote

Salut,

Je passe avec mes petits bras, je ne suis pas marxiste, je n'y bite pas grand chose, et je lance mes questions...

Kobayashi, qu'est-ce que tu pense du film "La mise à mort du travail" ?

La valeur produite par des entreprises pressées comme des citrons par des fonds d'investissement comme KKR permet de produire autant avec moins de salariés, qu'on s'empresse de jeter. Et pour ceux qui restent, le travail devient aussi monotone qu'une tâche robotique (qu'on a pas encore pu robotiser). Les gars ont de quoi craquer nerveusement. Surtout pour ceux qui sont bien formatés à la religion-travail (qui y croient encore).

La question me semble donc, non pas de savoir s'il faut des petits boulots merdiques relocalisés, ou des gros boulots merdiques dans des grosses boites inscrites en bourse.

Relocaliser l'économie, est-ce que ça passe forcément par interdire des grosses structures internationales ? Est-ce que des multinationales sont forcément vouées à devenir une mafia ignoble qui tyranise les salariés, magouille financièrement à tout va, et vomit un tas de saloperies chimiques indestructibles tous azimuts ? On peut peut-être imaginer des grosses boites n'ayant pas forcément besoin d'utiliser l'avion, et faisant leurs business localement, mais qui mettraient leur gestion, et leur savoir-faire en commun. Question peut-être un peu naïve, mais qui vaut qu'on s'y attarde...

Ne perdons pas de vue l'objectif : nous cherchons le bien-être des individus, et le respect de la planète. Qu'importe les moyens, non ?

Ensuite, la bigue kouéchtieune : est-ce que la question n'est pas plutôt comment empêcher la pression financière de peser autant sur les entreprises, qui reportent la pression sur l'environnement (en multipliant à outrance les sites de production, les méthodes d'extraction dégueu, des transports dans tous les sens, etc...)

Je vais sans doute passer pour un affreux capitaliste qui a pris goût aux open space et aux petites minettes en tailleur, au lieu de lorgner sur les potagers collectifs et les jolies baba-cool en taftas orange.
:O)

Olivier / xxi
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 29 Aug 2010 18:13    Post subject: Reply with quote

La critique de la croissance par Serge Latouche, est à peu près nulle voire simplette car très contestable (il l'a réduit à une idéologie, une religion, un imaginaire, etc.). Serge Latouche ne critique pas vraiment la croissance. De cela certains s'en aperçoivent, et c'est le cas de Romain Felli, ce jeune universitaire (géographe je crois), proche du mouvement belge de la décroissance.

http://www.espacestemps.net/document4713.html

Quote:
Du point de vue des sciences sociales, la question qui reste entière à la lecture de Latouche ― comme d’autres auteurs se revendiquant du projet de décroissance ― porte sur les causes de la croissance perpétuelle. À cet égard Latouche est singulièrement furtif. Il attribue ces causes au fait que « notre société a lié son destin à une organisation fondée sur une accumulation illimitée » (p. 32), ce qui est à la fois tautologique et insuffisant. Pourquoi cette « liaison dangereuse » à une accumulation illimitée ? Quelques pages plus loin, le coupable apparaît comme « le profit, moteur de l’économie de marché et du capitalisme » (p. 36 ; voir aussi pp. 20-21). L’analyse néanmoins n’est pas approfondie. Ce qui est regrettable car, par exemple, Latouche affirme par ailleurs que tous les régimes politiques modernes ont été productivistes et ont érigé la croissance en dogme (p. 54). Si donc tous les régimes politiques ont mis la croissance au cœur de leur projet, l’analyse de ses causes en terme de « recherche de profit » semble pour le moins limitée (à moins de montrer que tous les régimes politiques modernes ont été capitalistes, c’est-à-dire fondés sur le crédit et la recherche de profit).

À vrai dire, une réflexion plus approfondie sur la croissance risquerait de ramener les « décroissants » à leurs frères ennemis dont ils tentent absolument de se démarquer : les marxistes. Pas à tous les marxistes, bien sûr, dont l’immense majorité ont été des productivistes acharnés, mais à ces courants hétérodoxes, notamment autour de l’école de Francfort, qui ont fait de la « valeur » le centre de leurs critiques. Latouche les évoque furtivement (p. 141) mais se garde bien de détailler leurs analyses, qui seraient pourtant en forte congruence avec le projet de décroissance.

La lecture du Marx des Grundrisse (2007, pp. 175-359), les analyses de André Gorz (autres que celles que Latouche cite ; notamment Gorz 1983), de Herbert Marcuse (1968), ou, plus récemment les travaux de Moishe Postone (2006, notamment pp. 307-384), fourniraient pourtant aux partisans de la décroissance des armes intellectuelles importantes. Elle permettrait de mieux mettre en relief la spécificité historique de la « croissance » qui pourrait être repensée comme conséquence du processus de valorisation à l’œuvre dans le capitalisme. Ce type de reconceptualisation pourrait permettre une explication plus historicisante des causes de la « croissance infinie », et aussi fournir une analyse des bases sociales qui pourraient permettre une transition vers une société de décroissance. En l’absence de cette réflexion, le projet de décroissance semble condamné à demeurer une utopie, fort peu « concrète ».


Fabrice Flipo, qui a raison de n'avoir jamais accroché à l compréhension de l'économie chez Latouche, recidive en juin, en conclusion de son texte http://www.sens-public.org/spip.php?article754 :

Quote:
J.-M. Harribey reconnaît que le paradigme marxien ne permet pas de désigner les forces sociales susceptibles d'œuvrer pour une société plus écologique59. Une lecture approfondie de Foster confirme cela. Rien ne prouve, à partir des écrits de Foster - ni de ceux de J.-M. Harribey -, que l'enjeu écologique puisse être absorbé par l'analyse marxiste. Ceux qui, comme Alain Lipietz, pensent que l'écologisme est un nouveau paradigme, semblent avoir raison.

Pourtant une autre lecture de Marx est possible, en particulier celle de Moishe Postone. Dans Temps, travail et domination sociale, un livre important qui vient d'être publié en français aux Éditions des Mille et Une Nuits, Moishe Postone défend une lecture antiproductiviste de Marx60. Et celle-ci est convaincante, cette fois. Pour résumer sa thèse à l'extrême, Postone affirme que la lutte entre le travail et le capital se situe à l'intérieur le capitalisme, il ne cherche pas à l'abolir. C'est une lutte pour la redistribution de la valeur, le fruit du capitalisme - qui reste préservée de la critique. Marx a soutenu cette thèse tout au long de sa vie. Ce que Postone apporte de nouveau est que Marx, vers la fin de sa vie, a changé d'orientation [Non là Fabrice F. raconte n'importe quoi, Postone ne dit pas cela du tout, en fait Fabrice va un peu vite dans sa compréhension, Postone n'est pas un livre facile, c'est vrai, il faut relire], il a voulu abolir la valeur, et non plus la redistribuer - cela car cette valeur ne peut être créée qu'en détruisant la nature et l'être humain. Pour Postone, la seule manière de sortir du capitalisme, c'est de détruire le capital. Voilà une piste qui semble plus prometteuse et devrait être davantage creusée.


Le philosophe Denis Collin, qui publie dès fois dans le Sarkophage, a lu cet été Postone, il a très bien vu aussi le problème de la décroissance et ses limites : http://palim-psao.over-blog.fr/article-temps-travail-et-domination-sociale-un-livre-important-de-moishe-postone-par-denis-collin-56014649.html (le texte est très bien fait - même s'il parle peu de l'essentiel, de la double nature du travail, etc - et pour une fois il relate honnêtement la pensée de Postone, alors que beaucoup même en l'ayant lu, l'on involontairement parfois mal compris)

J'ai vu ce film " La mise à mort du travail ", mais enfin le titre même du film trahi la vision traditionnelle (et nulle) de la critique du capitalisme, donc le film ne permet pas du tout de comprendre le capitalisme. Car qui met à mort le travail ? Le capital bien sûr qui capte extérieurement le travail (principe social en soi non capitaliste), on est là dans le vieux schéma marxiste-anarchiste, qui oppose les forces productives (travail et technique) aux rapports sociaux capitalistes (marché, propriété privée, exploitation), la lutte entre le travail et le capital, qui devient lutte des classes. ici on réduit la nature et la dynamique du capitalisme à la seule exploitaton de la plus-value. Pour cette pensée là, la nature, le noyau du capitalisme n'est que l'exploitation de la survaleur, on ex-ploite comme on ex-teriorise anormalement quelque chose à partir de quelque chose de normal. C'est-à-dire que à partir de la production de valeur par le travail, le capitalisme tire de ce processus normal , quelque chose d'anormal, on exploite anormalement la normalité. Le capitalisme est donc compris comme une sorte de dérèglement de la production qu'opère le travail, celle ci tournerait simplement anormalement au profit de quelques uns, une classe, grâce à des dispositifs fallacieux et mystifiants (voilà à quoi on réduit le fétichisme de la valeur, une manipulation mentale) de distribution de la richesse produite par le travail et le surtravail. Il faudrait enfin que tout le monde puisse en profiter (c'est à dire pas que les gros capitalises,mais aussi les petits producteurs, les salariés, etc) ! Faire tourner le système pour tout le monde ! Cette critique qui est immanente à la forme sociale capitaliste, va alors dénoncer les injustices sociales et économiques (c'est le Grand discours de la gauche partidaire social-démocrate comme d'extreme-gauche), les écarts grandissants des revenus (les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres), les " parachutes dorées ", les mégabanques (responsables de tout ! car bien spur c'est " leur " crise, puisque qu'on critique le capitalisme du point de vue du travail naturel), les salaires éhontés des patrons, de ceux qui s'en mettent plein les poches, et vont pour seul anticapitalisme poposer un " revenu minimun vital " ou faire de l'idée d'un " revenu maximim de décroissance " un summum supposé de l'anticapitalisme. Cette critique se réduit à cela : " Le socialisme c'est le luxe pour tous " (Roland Barthes).

Pour cette critique, il faut alors se réapproprier le travail créateur de valeur (pour les décroissants c'est le petit travail local) et abolir les dispositifs de distribution mystifiants (la valeur étant comprise comme une catégorie de la distribution par le marxisme traditionnel), c'est-à-dire qui cachent que la véritable essence de la société humaine c'est le travail. Cette critique critiquera donc les intérêts égoistes des capitalistes, à partir du point de vue de la prétendue essence de la société humaine, le travail et sa classe universelle le prolétariat. Cette critique se réduit à opposer le général a particulier. Et comme cette critique critique l'artificiel (capital) au nom du supposé naturel (travail), elle naturalise complètement la forme sociale capitaliste en pensant le travail tel que nous le connaissons (c'est-à-dire comme une activité socialement auto-médiatisante) comme la forme normale du métabolisme avec la nature.

Mais il me semble que pour comprendre la forme de domination - particulièrement abstraite - que sont le travail et le temps (voir sur l temps le livre d'Harmut Rosa, Accélérations - il y a un interview dans Le Monde 2 cette semaine), il faut lire et relire Moishe Postone, au lieu d'opposer les vilaines méthodes de gestion et de management à l'autogestion ouvrière, d'opposer le vilain et méchant capital financier (fonds d'investissements...) au bon et sain capital productif (l' " économie réelle ") qui donne du travail, ou d'opposer les petites entreprises capitalistes contre les grosses, ou d'opposer les forces productives (travail et technique) aux rapports sociaux capitalistes (que le marxisme réduit aux rapports de distribution par le marché et la propriétéprivée), etc. Il faut changer complètement de vision pour comprendre vraiment de manière critique le capitalisme : l'économie que nous connaissons n'est pas naturelle et transhistorique, le capitalisme n'est pas une sorte de parasite qui vivrait sur le dos d'une société naturelle et normale, c'est le capitalisme qui est une forme de vie sociale particulière. Et pour la critique de la valeur, sortir de la forme de vie sociale capitaliste, a peu à voir avec le fait de consommer local, de rouler en vélo ou de prôner une décroissance économique du PIB, des revenus garantis, minimum ou maximun, ou de proner le tripole néo-polanyien (don, économie de marché, redistribution par l'Etat)., etc.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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ktche



Joined: 15 Jun 2004
Posts: 1383

PostPosted: 29 Aug 2010 22:16    Post subject: Reply with quote

Kobayashi wrote:
Harmut Rosa, [...] - il y a un interview dans Le Monde 2 cette semaine


A lire ici : http://www.lemonde.fr/societe/article_interactif/2010/08/29/le-monde-magazine-au-secours-tout-va-trop-vite_1403234_3224.html#ens_id=1404161
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
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Location: prox. Montpellier

PostPosted: 30 Aug 2010 0:47    Post subject: Reply with quote

Le Monde a la facheuse politique de rendre payant passé un certain délai ses articles... donc, copie de sureté :

"Le Monde Magazine" : Au secours ! Tout va trop vite !
LE MONDE MAGAZINE | 29.08.10 | 19h48 • Mis à jour le 29.08.10 | 20h58

Quote:
L'homme contemporain remonte désespérément une pente qui s'éboule. Nous fonçons pour rester à la même place, dans un présent qui fuit sans cesse. Car si nous arrêtons une seconde de courir – après le travail, nos courriels, nos rendez-vous, nos obligations, notre argent, après le temps qui file – nous tombons. Dans le chômage, la pauvreté, l'oubli, la désocialisation.

Voilà le portrait du moderne, selon le sociologue allemand Hartmut Rosa. Le temps désormais s'accélère et nous dévore, comme hier Cronos ses enfants. L'accélération technique, au travail, sur les écrans, dans les transports, la consommation, a mené à l'accélération effrénée de notre rythme de vie. Puis a précipité le changement social. Rien n'y résiste.

Les métiers changent en quelques années, les machines en quelques mois, aucun emploi n'est assuré, les traditions et les savoir-faire disparaissent, les couples ne durent pas, les familles se recomposent, l'ascenseur social descend, le court terme règne, les événements glissent.

L'impression de ne plus avoir de temps, que tout va trop vite, que notre vie file, l'impression d'être impuissant à ralentir nous angoisse et nous stresse. Ainsi Hartmut Rosa, 45 ans, professeur à l'université Friedrich- Schiller d'Iéna, développe sa "critique sociale du temps" de la "modernité tardive" dans sa magistrale étude, Accélération (La Découverte).

Après les études inquiètes de Paul Virilio sur la vitesse, Hartmut Rosa examine la dissolution de la démocratie, des valeurs, de la réflexion, de notre identité, emportées par la vague de l'accélération. Entretien de rentrée, alors que déjà, tous, congés derrière nous, on se magne.

C'est la rentrée, le moment où on ressent avec le plus d'acuité la façon dont nos vies s'accélèrent. Nous avons même souvent le sentiment que les vacances se sont passées à toute allure. Comment expliquer ce sentiment d'urgence permanent ?

Hartmut Rosa : Aujourd'hui, le temps a anéanti l'espace. Avec l'accélération des transports, la consommation, la communication, je veux dire "l'accélération technique", la planète semble se rétrécir tant sur le plan spatial que matériel.

Des études ont montré que la Terre nous apparaît soixante fois plus petite qu'avant la révolution des transports. Le monde est à portée de main. Non seulement on peut voyager dans tous les coins, rapidement, à moindres frais et sans faire beaucoup d'efforts, mais on peut aussi, avec l'accélération des communications, la simultanéité qu'elle apporte, télécharger ou commander presque chaque musique, livre ou film de n'importe quel pays, en quelques clics, au moment même où il est produit.

Cette rapidité et cette proximité nous semblent extraordinaires, mais au même moment chaque décision prise dans le sens de l'accélération implique la réduction des options permettant la jouissance du voyage et du pays traversé, ou de ce que nous consommons. Ainsi les autoroutes font que les automobilistes ne visitent plus le pays, celui-ci étant réduit à quelques symboles abstraits et à des restoroutes standardisés.

Les voyageurs en avion survolent le paysage à haute altitude, voient à peine la grande ville où ils atterrissent et sont bien souvent transportés dans des camps de vacances, qui n'ont pas grand-chose à voir avec le pays véritable, où on leur proposera de multiples "visites guidées". En ce sens, l'accélération technique s'accompagne très concrètement d'un anéantissement de l'espace en même temps que d'une accélération du rythme de vie.

Car, même en vacances, nous devons tout faire très vite, de la gymnastique, un régime, des loisirs, que nous lisions un livre, écoutions un disque, ou visitions un site. Voilà pourquoi on entend dire à la rentrée : "Cet été, j'ai fait la Thaïlande en quatre jours." Cette accélération des rythmes de vie génère beaucoup de stress et de frustration. Car nous sommes malgré tout confrontés à l'incapacité de trop accélérer la consommation elle-même.

S'il est vrai qu'on peut visiter un pays en quatre jours, acheter une bibliothèque entière d'un clic de souris, ou télécharger des centaines de morceaux de musique en quelques minutes, il nous faudra toujours beaucoup de temps pour rencontrer les habitants, lire un roman ou savourer un air aimé. Mais nous ne l'avons pas. Il nous est toujours compté, il faut se dépêcher. C'est là un des stress majeurs liés à l'accélération du rythme de vie : le monde entier nous est offert en une seconde ou à quelques heures d'avion, et nous n'avons jamais le temps d'en jouir.

Selon vous, l'accélération de la vie se traduit par l'augmentation de plus en plus rapide du nombre d'actions à faire par unité de temps. C'est-à-dire ?

Ces jours-ci, les gens rentrent de congés et déjà tous, vous comme moi, se demandent comment ils vont réussir à venir à bout de leur liste de choses "à faire". La boîte mail est pleine, des factures nouvelles se présentent, les enfants réclament les dernières fournitures scolaires, il faudrait s'inscrire à ce cursus professionnel, ce cours de langue qui me donnerait un avantage professionnel, je dois m'occuper de mon plan de retraite, d'une assurance santé offrant des garanties optimales, je suis insatisfait de mon opérateur téléphonique, et cet été j'ai constaté que je négligeais mon corps, ne faisais pas assez d'exercice, risquais de perdre ma jeunesse d'allure, si concurrentielle.

Nous éprouvons un réel sentiment de culpabilité à la fin de la journée, ressentant confusément que nous devrions trouver du temps pour réorganiser tout cela. Mais nous ne l'avons pas. Car les ressources temporelles se réduisent inexorablement.

Nous éprouvons l'impression angoissante que si nous perdons ces heures maintenant, cela serait un handicap en cette rentrée sur les chapeaux de roue, alors que la concurrence entre les personnes, le cœur de la machine à accélération, s'aiguise.

Et même si nous trouvions un peu de temps, nous nous sentirions coupables parce qu'alors nous ne trouverions plus un moment pour nous relaxer, passer un moment détendu avec notre conjoint et nos enfants ou encore aller au spectacle en famille, bref profiter un peu de cette vie. Au bout du compte, vous voyez bien, c'est l'augmentation du nombre d'actions par unité du temps, l'accélération du rythme de vie qui nous bouscule tous.

En même temps, chaque épisode de vie se réduit…

En effet, la plupart des épisodes de nos journées raccourcissent ou se densifient, au travail pour commencer, où les rythmes s'accélèrent, se "rationalisent". Mais aussi en dehors. On assiste à une réduction de la durée des repas, du déjeuner, des moments de pause, du temps passé en famille ou pour se rendre à un anniversaire, un enterrement, faire une promenade, jusqu'au sommeil.

Alors, pour tout faire, nous devons densifier ces moments. On mange plus vite, on prie plus vite, on réduit les distances, accélère les déplacements, on s'essaie au multitasking, l'exécution simultanée de plusieurs activités. Hélas, comme nos ressources temporelles se réduisent, cet accroissement et cette densification du volume d'actions deviennent vite supérieurs à la vitesse d'exécution des tâches.

Cela se traduit de façon subjective par une recrudescence du sentiment d'urgence, de culpabilité, de stress, l'angoisse des horaires, la nécessité d'accélérer encore, la peur de "ne plus pouvoir suivre". A cela s'ajoute le sentiment que nous ne voyons pas passer nos vies, qu'elles nous échappent.

Nous assistons, dites-vous, à une "compression du présent", qui devient de plus en plus fuyant. Pouvez-vous nous l'expliquer ?

Si nous définissons notre présent, c'est-à-dire le réel proche, comme une période présentant une certaine stabilité, un caractère assez durable pour que nous y menions des expériences permettant de construire l'aujourd'hui et l'avenir proche, un temps assez conséquent pour que nos apprentissages nous servent et soient transmis et que nous puissions en attendre des résultats à peu près fiables, alors on constate une formidable compression du présent.

A l'âge de l'accélération, le présent tout entier devient instable, se raccourcit, nous assistons à l'usure et à l'obsolescence rapide des métiers, des technologies, des objets courants, des mariages, des familles, des programmes politiques, des personnes, de l'expérience, des savoir-faire, de la consommation.

Dans la société pré-moderne, avant la grande industrie, le présent reliait au moins trois générations car le monde ne changeait guère entre celui du grand-père et celui du petit-fils, et le premier pouvait encore transmettre son savoir-vivre et ses valeurs au second.

Dans la haute modernité, la première moitié du xxe siècle, il s'est contracté à une seule génération : le grand-père savait que le présent de ses petits-enfants serait différent du sien, il n'avait plus grand-chose à leur apprendre, les nouvelles générations devenaient les vecteurs de l'innovation, c'était leur tâche de créer un nouveau monde, comme en Mai 68 par exemple.

Cependant, dans notre modernité tardive, de nos jours, le monde change plusieurs fois en une seule génération. Le père n'a plus grand-chose à apprendre à ses enfants sur la vie familiale, qui se recompose sans cesse, sur les métiers d'avenir, les nouvelles technologies, mais vous pouvez même entendre des jeunes de 18 ans parler d'"avant" pour évoquer leurs 10 ans, un jeune spécialiste en remontrer à un expert à peine plus âgé que lui sur le "up to date". Le présent raccourcit, s'enfuit, et notre sentiment de réalité, d'identité, s'amenuise dans un même mouvement.


Propos recueillis par Frédéric Joignot

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PostPosted: 30 Aug 2010 13:59    Post subject: Reply with quote

anonyme XXI wrote:
Kobayashi, qu'est-ce que tu pense du film "La mise à mort du travail" ?

La valeur produite par des entreprises pressées comme des citrons par des fonds d'investissement comme KKR permet de produire autant avec moins de salariés, qu'on s'empresse de jeter. Et pour ceux qui restent, le travail devient aussi monotone qu'une tâche robotique (qu'on a pas encore pu robotiser). Les gars ont de quoi craquer nerveusement. Surtout pour ceux qui sont bien formatés à la religion-travail (qui y croient encore).


Paradoxalement, ce genre de film risque de vieillir assez rapidement, car quand ce ne sera pas le vilain fond d'investissement, il y aura autre chose à la place.

Je dis paradoxalement, parce que le film base sa critique sur une vision du "travail en général", travail qui aurait toujours existé, sans apercevoir ce qui fait sa spécificité historique.

Le film se place nettement dans une défense du travail qui serait méprisé et détruit par la finance et les méthodes de management mettant en compétition les salariés. Comme si on pouvait séparer dans le travail la tâche pure et noble, de sa mise en forme abstraite qui donne prise à la mesure objectivante, aux gains de productivité, au profit.

Et encore, le film n'ira pas critiquer cette abstraction machinique qu'il n'aperçoit pas trop, mais juste l'emballement visible de la machine,.

Si on suit le raisonnement du film tout va vraiment mal dans le "monde du travail" depuis 30 ans, avant c'était super.

Le caractère dérisoire de ce que font les entreprises présentées dans le film, en tant que collectifs gigantesques (et pas seulement ce que font les individus), devrait pourtant mettre la puce à l'oreille...

Deun
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