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L’argent comme seul Guide

 
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 30 Sep 2008 9:36    Post subject: L’argent comme seul Guide Reply with quote

En ces temps de panique financière et bancaire, on parle plus que jamais d’ « économie réelle » par opposition à l’économie spéculative, comme si la spéculation était le seul fait des banques, des marchés financiers et des services financiers des entreprises.

Un climat de panique morale jette la suspicion sur certaines activités économiques (la finance) et conduit à naturaliser l’économie comme production et comme travail, par opposition à l’économie qui se borne à acheter pour vendre, et qui n’aurait aucune utilité.

Cette opposition est fallacieuse car le principe de base de l’économie reste d’acheter pour vendre, qu’il s’agisse de titres financiers ou de la force de travail des humains. L’argent reste le seul guide des activités économiques dans tous les cas. L’humain que l’on achète comme marchandise (salarié) ou l’humain dont on achète les produits (être à son compte), s’activent tous les deux en réglant leur pas sur celui de l’économie. Les produits du travail sont des marchandises, ils n’ont de valeur que vendus.

Décider de travailler ou de faire travailler résulte d’une anticipation sur la vente future des produits du travail, c’est-à-dire fondamentalement sur la spéculation. Il n’y a pas de différence de nature entre l’activité financière et les autres activités économiques. La valeur d’usage des produits financier et de l’activité bancaire n’est pas contestable, en premier lieu du fait de l’imbrication de leurs activités avec le reste de l’économie. Puisque le travail s’achète et se vend, l’argent représente la capacité de leur détenteur à mobiliser les humains-marchandises. La circulation d’argent est structurellement plus importante que le contenu de l’activité achetée et vendue avec l’argent (c’est-à-dire le travail).

Un blocage de la circulation d’argent empêche l’entreprise de fonctionner, empêche l’humain-marchandise de manger. Quand l’entreprise n’a plus d’argent, même si elle a des clients et une capacité de production performante, elle ferme. Quand l’humain-marchandise n’a plus d’argent, même si il sait tout faire et même si il est dans la forme de l’âge, il meurt.
Or c'est la finance et la banque qui assurent cette circulation d'argent sans quoi l'économie s'arrête net. Si on refuse cela, il faut refuser l’équivalence des activités avec l’argent, donc sortir de l’économie.

La décision de se vendre sur le marché du travail emporte le même mécanisme de confiance que celui au principe de la finance : il faut la certitude que la marchandise (force de travail ou titre financier) puisse être transformée en argent, à la fin du mois pour le salarié, lors d’une vente pour le financier ou la banque. L’humain-marchandise possède sa force de travail : combien vaut-elle ? Rien quand elle ne peut plus s’équivaloir en argent. La banque possède des titres financiers : combien vaut-elle ? Rien quand ces titres sont invendables.

Quand cette confiance disparaît, l’argent ne peut plus être médiateur des produits de la division du travail, parce que l’argent ne permet plus d’anticiper la conversion des marchandises en argent. Cette incapacité à anticiper empêche alors mécaniquement l’activité économique : les entreprises ferment, les humains-marchandises sont à la rue, parce que leur raison d’être étaient de vendre et la vente n’est plus possible.
_________________
SDE dec.info socio. des épreuves
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florentinoo
Guest





PostPosted: 30 Sep 2008 13:01    Post subject: Reply with quote

De ce point de vue, la crise financiere est necessairement economique. Il s'agit donc d'une perte radicale de confiance dans la monnaie, la valeur d'echange universelle.

Il est néanmoins difficile d'imaginer une pedagogie de la crise. D'une part, parceque je ne vois pas d'exemple historique pouvant être prometteur et d'autre part parce que la société séparée dont l'économie n'est qu'un aspect est très profondément ancrée dans nos tetes, dans notre urbanisme.

Un tel creusement au combien nécessaire, qui vise finalement à rendre visible ce que l'on a jamais su voir, a rendre hallucinant les comportement les plus évidents d'hier prendra encore du temps.

Florentino
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Djinn



Joined: 23 Aug 2007
Posts: 214
Location: St-Denis

PostPosted: 03 Oct 2008 14:00    Post subject: Reply with quote

Tout à fait d'accord que l'économie "réelle" est aussi une affaire spéculative.

"La valeur d’usage des produits financier et de l’activité bancaire n’est pas contestable, en premier lieu du fait de l’imbrication de leurs activités avec le reste de l’économie."

Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu entends par imbrication. On peut dire que le pognon a une valeur d'usage, que l'argent qui entre en Bourse ne sert pas à consommer, et réciproquement.

Mais le lien entre la Bourse et l'économie réelle est moindre que ce qui est dit généralement. On dit qu'il y a "spéculation" quand les évolutions des cours en Bourse ne reflètent pas la situation de l'économie marchande, c'est-à-dire la plupart du temps.

"Un blocage de la circulation d’argent empêche l’entreprise de fonctionner, empêche l’humain-marchandise de manger. Quand l’entreprise n’a plus d’argent, même si elle a des clients et une capacité de production performante, elle ferme."

C'est marrant. C'est l'objet de mon dernier papier.
_________________
http://www.ecotheurgie.com
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greuuh



Joined: 05 Oct 2008
Posts: 7

PostPosted: 06 Oct 2008 22:42    Post subject: Reply with quote

L'imbrication d'une économie réèle et d'une économie de spéculation est un constat. Je pense qu'on est tous d'accord là dessus.

Qu'est-ce qu'on risquerait à dissocier les deux?
C'est quelque chose qui, il me semble, a déjà été tenté suite à la crise de 1929, lorsque les banques ont été forcées à dissocier leurs activités de banque d'investissement et de banque de détail. L'actualité nous montre que c'est un échec flagrant... les filiales d'investissement entraînant dans leur chute les maisons-mères de détail.

Est-ce qu'il ne faudrait pas relocaliser l'économie sur le principe des SEL?

Est-ce qu'il ne faudrait pas prôner un retour à une économie de subsistance en la sécurisant afin d'éviter ses travers (famines etc...)?
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Nadiejda



Joined: 02 Oct 2008
Posts: 150
Location: Paris

PostPosted: 07 Oct 2008 19:35    Post subject: Reply with quote

Shakespeare à son époque avait déjà tout compris aux marchés financiers, puisqu'il écrivait:
"Quelle est la valeur d'une chose, sinon celle qu'on lui donne."
Il faisait allusion à l'incroyable spéculation financière et guerrière autour de la Belle Hélène, dont la disparition ne désespérait pourtant pas Ménélas, mais qui par contagion est devenue la raison de vivre et de mourir de tous les personnages de la guerre de Troie.

Ainsi font les financiers, qui se ruent sur les titres les plus côtés par les autres, de façon totalement mimétique, sans se fonder sur une quelconque notion d'utilité.

Les consommateurs sont de même attirés par les produits qui plaisent le plus à leurs voisins ou leurs amis.

La société économique entière passe son temps à se polariser, souvent de façon éphémère, autour des idoles désignés par les leaders d'opinion.
On brûle ce que l'on a adoré, on adore ce que l'on a brûlé.
La société moderne, contrairement aux anciennes, semble non seulement s'accomoder de cette instabilité permanente des "valeurs" mais au contraire paraît à court terme en prospérer, car l'instabilité favorise la consommation éphémère et inutile.
Mais à force de construire un château de carte avec des valorisations fictives, on finit par se prendre à son propre piège, comme en témoigne la crise actuelle.

Autrement dit, il est exact qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre économie monétaire et économie réelle, pas plus qu'il n'y a de différence avec le fonctionnement subjectif de l'espit humain toujours prêt à accorder de la valeur à ce qui ne peut lui procurer aucun bonheur.

Le mal que révèle la crise est donc, à mon sens, plus profond que l'économie.
_________________
Nadia
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Ajhasse



Joined: 15 Jun 2008
Posts: 484
Location: Campagne profonde

PostPosted: 07 Oct 2008 20:20    Post subject: Reply with quote

Oui, c'est comme un abcès: il faut qu'il crève !
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Nadiejda



Joined: 02 Oct 2008
Posts: 150
Location: Paris

PostPosted: 07 Oct 2008 20:40    Post subject: Reply with quote

Mais les comportements moutonniers perdureront toujours et reproduiront inévitablement les mêmes effets.

Cela dit, c'est important qu'il y ait des moutons noirs comme les décroissants pour marcher à l'envers du troupeau. Cela offre un peu d'espoir à ceux qui suivent en doutant.
_________________
Nadia
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