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Analyses de la crise [textes].
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
Posts: 967
Location: bordeaux

PostPosted: 07 Jan 2009 21:02    Post subject: Reply with quote

C'est" transversaux" qui m'a trompé. Je suis un peu focalisé sur ce que je crois une erreur structurel de TOUS les système : non pas les idéologies , mais le système de gestion. Croyant stupidement faire des économies d'échelle : j'éduque les gosses ; tu cultive du blé , rien que tu blé , surtout pas des salades et des tomates etc , tu optimises etc ... c'est de la merde .
Faire 2 h de BRF ou de jardin , c'est un plaisir . Faire 20h de BRF pour acheter du poisson c'est le retour de l'horreur du "TRAVAIL" .
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 27 Jan 2009 19:23    Post subject: Reply with quote

Sur Mediapart, dans la tradition " krisiste " de l'interprétation du mouvement de la valeur sur elle-même :

Quote:
La sortie du capitalisme a commencé

Thierry Ternisien
Edition : L'utopie
Reprise d'un billet écrit le 24 mars 2008.

Quarante ans après la révolte de Mai 1968, vingt ans bientôt après la chute du mur de Berlin, le monde est confronté à une triple crise. Crise économique avec l’atteinte par le capitalisme, du fait même de son développement, de limites probablement insurmontables. Crise politique avec la mort à petit feu de la démocratie. Crise de civilisation, enfin, avec une activité humaine limitée, dans le meilleur des cas et pour le plus grand nombre, au travail et à la consommation. Ces trois crises, qui n’en font qu’une, ouvrent probablement une nouvelle ère pour la condition humaine.André Gorz, dans le dernier article écrit avant sa mort,nous laisse un message à la fois plein d’espoir et inquiétant La sortie du capitalisme a déjà commencé[1]. Comme l’a fait Jean-Luc Porquet dans le Canard enchaîné du 30 janvier dernier, nous puisons dans ces écrits de Gorz une lecture particulièrement pertinente de la crise financière actuelle.

Par son développement même, le capitalisme atteint aujourd’hui une limite qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital. Bien loin d’être due à l’œuvre d’un des trois boucs émissaires créés par nos sociétés actuelles[2], le spéculateur, la crise financière qui secoue l’économie mondiale n’est que l’aboutissement logique d’une évolution qui s’est accélérée. Ces trente dernières années, du fait de la révolution microélectronique, la quantité de travail nécessaire pour fabriquer un produit, et donc son prix (sa valeur d’échange) ne cessent de baisser. Se confirme à un niveau jamais atteint jusqu’alors la contradiction interne sur laquelle repose le capitalisme. D’une part le système vit de l’absorption d’énergie humaine à travers la dépense de la force de travail ; d’autre part il impose, via la concurrence, une augmentation permanente de la productivité qui tend au remplacement du travail humain par les machines et à la diminution du prix (valeur d’échange) des produits. Jusqu’alors, cette contradiction (cause de toutes les crises précédentes, notamment la crise mondiale de 1929) avait pu être surmontée par l’extension des marchés à de nouvelles couches de consommateurs. Certes la dépense de travail par produit diminuait, mais dans l’absolu la production augmentait. Or, avec la révolution microélectronique, tout indique que ce mécanisme de compensation s’arrête. Pour la première fois, l’innovation de procédés (portant sur les structures d’organisation, de production et de distribution) va plus vite que l’innovation de produits ; la quantité de travail rendu superflu est supérieure à la quantité de travail créé par l’extension des marchés. Le système atteint ainsi une limite où la production et l’investissement dans la production cessent d’être suffisammentrentables pour que le volume de profit réalisé ne diminue pas. La course folle faite d’exploitation accrue des travailleurs (« travaillez plus), de diminution des salaires, de réduction des effectifs, de délocalisation, ne suffit plus. Cette augmentation de la productivité, plus rapide que l’extension des marchés,rendant non rentable les investissements dans l’économie réelle, le capital-argent reflue vers les marchés financiers et engendre des bulles spéculatives. La plus-value fictive des valeurs boursières n’étant que l’anticipation de la consomption de travail réel futur qui ne viendra jamais, dès 1999, le Manifeste contre le Travail[3], deRobert Kurz et al, annonçait le risque d’écroulement des marchés financiers des centres capitalistes aux Etats-Unis, en Europe et au Japon.

Nous y sommes. Une part importante des bénéfices record n’est pas réinvestie dans la production : celle-ci n’est pas assez rentable. Les 500 firmes de l’index Standard & Poor disposent de 631 milliards de dollars de réserves. Une étude du cabinet McKinsey estime à 800 billions (80 000 milliards) de dollars le volume de capitaux à la recherche de placement. Plus de la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations financières. Pour se reproduire et s’accroître le capital recourt de moins en moins à la production de marchandises et de plus en plus à « l’industrie financière » » qui ne produit rien : elle « crée » de l’argent avec de l’argent, de l’argent sans substance en achetant et en vendant des actifs financiers et en gonflant des bulles spéculatives. La hausse continue du prix des titres permet à leurs détenteurs d’emprunter aux banques des sommes croissantes qui utilisées pour d’autres placements spéculatifs ou pour l’achat de biens, donnent l’impression d’une grande abondance de liquidités. Celle-ci est due en réalité à une croissance vertigineuse des dettes de toute sorte auxquelles les cours surfaits des titres participant à la bulle servent de caution. L’argent est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. Les subprimes en sont l’exemple parfait : on accorde massivement des crédits à des gens qui n’ont pas les moyens de les rembourser, car rien n’est plus payant que de permettre aux gens de se surendetter, en anticipant sur les profits qu’ils rapporteront quand ils rembourseront avec intérêt.

La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit à trois ou quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c'est-à-dire sur les anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. La capitalisation des anticipations de profit et de croissance entretient l’endettement croissant, alimente l’économie en liquidités dues au recyclage bancaire de plus-values fictives et permet aux Etats-Unis « une croissance économique » qui, fondée sur l’endettement intérieur et extérieur, est de loin le moteur principal de la croissance mondiale (y compris de la croissance chinoise). L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière.

On a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l’opacité et le manque de contrôle de l’industrie financière –en particulier des hedge funds –, la menace de dépression, voire d’effondrement qui pèse sur l’économie mondiale, n’est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire.

[1] Dans Ecologica, Editions Galilée, 2008

[2] Le terroriste, le pédophile, le spéculateur

[3] Krisis, Manifeste contre le travail, Edition Léo Scheer pour la traduction française, 2002, disponible dans la collection 10/18

_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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Djinn



Joined: 23 Aug 2007
Posts: 214
Location: St-Denis

PostPosted: 02 Feb 2009 15:39    Post subject: Reply with quote

J'attendais d'avoir le temps de faire mon papier sur le sujet. On peut le résumer ainsi : il y a une crise parce qu'il n'y a plus de monnaie.

Quote:
Après la crise des subprimes en 2007, après le krach boursier du second semestre 2008, il ne manque pas d’analystes pour nous assurer que le capitalisme touche à sa fin.

Ces analyses sont souvent le fait de gens qui méconnaissent largement l’architecture de la finance. Elles supposent en général que « tout est lié ».

Dans un sens, la finance s’effondrerait pour s’être déconnectée de la valeur créée dans l’économie marchande.

Dans l’autre sens, l’effondrement de la Bourse se traduirait nécessairement par un effondrement de l’économie marchande.

De même, la crise d’un secteur – l’immobilier notamment - devrait nécessairement se propager à l’ensemble de l’économie.

Les plus idéologues défendent l’idée que la crise financière est une crise du capitalisme au sens marxiste du terme.

Ecartons d’emblée ce dernier argument : les mécanismes de crise décrits par Marx n’apparaissent pas du tout. Ils n’apparaîtront jamais d’ailleurs, car ils ne correspondent à rien d’observable. Il n’y a pas de baisse tendancielle du taux de profit.

La contamination de la crise de l’immobilier à la finance, puis de la finance à l’économie marchande ne répond pas non plus à un principe économique général de vases communicants, mais à des mécanismes conjoncturels propres à l’économie financière contemporaine, comme les titrisations de dettes et les prêts interbancaires.

Immanuel Wallerstein a également émis l’idée de la fin du capitalisme devenu incapable de revenir à l’équilibre. Mais ce déséquilibre permanent n’existe qu’à cause de ces mêmes mécanismes bancaires, qui sont aussi arbitraires que les normes comptables. Notons que la plan Paulson ni les plans européens n’ont envisagé de revenir sur ces mécanismes que nous allons évoquer.

Un dernier commentaire est basé sur l’argument de nécessité des décroissants. « Il est mathématiquement impossible de maintenir un processus de croissance illimité dans un monde fini où les ressources ne sauraient être indéfiniment renouvelables. »
Il y a en effet une manifestation de la société de consommation qui est l’utilisation de ressources naturelles plus rapidement qu’elles ne se reconstituent. Mais il faut rappeler que la croissance s’applique à un élément fictif : la valeur. Il est donc tout à fait possible, et c’est bien ce à quoi s’attelle la commission Stiglitz, d’attribuer de la valeur à telle ou telle chose de sorte que l’on retrouve une croissance infinie dans un monde fini.

D’autres articles sur le sujet sont simplement factuels, voire très techniques et n’explicitent pas les raccourcis – qui a vraiment compris pourquoi l’absence de solvabilité des accédants à la propriété pouvait entraîner une « crise de liquidités » pour les banques ? – et surtout n’en tirent que des conséquences pseudomorales superficielles – renforcer les contrôles ou moraliser le capitalisme par exemple.



Subprimes

Il nous faut commencer par retracer les mécanismes financiers en jeu. Les banques commerciales ont l’obligation de détenir des comptes de réserves auprès de la Fed.

Un montant minimum réglementaire doit être détenu sur ces comptes, afin de faire face à des retraits massifs des comptes de dépôt. En effet l’argent des comptes de dépôt est souvent placé ailleurs par les banques et n’est pas immédiatement disponible. Le montant des réserves obligatoires dépend des montants gérés dans les comptes de dépôt par les banques.

Les comptes doivent être créditeurs des réserves obligatoires sur une moyenne de 14 jours (28 à 35 en Europe, période de maintenance). Les réserves en excès sont très faibles aux Etats-Unis, car elles ne rapportent aucun intérêt.

En Europe, les comptes de réserve sont rémunérés au taux moyen de la période de maintenance. Il est donc beaucoup moins coûteux pour les banques d’emprunter en Europe, puisque les intérêts se compensent en partie.

Les réserves du système bancaire américain sont le solde de ces comptes (20 milliards de dollars) et les espèces détenues dans les coffres des banques (un peu moins).

Les réserves sur les comptes de réserves sont mutualisées, et les banques procèdent entre elles à des transferts interbancaires. Ces transferts sont très fréquents et nombreux. Lors d’une journée moyenne, le total des transferts interbancaires est peut-être de 4000 milliards de dollars. Un dollar de réserve peut donc être utilisé 200 fois par jour. A la fin de la journée, le compte de réserve doit être créditeur, et à la fin de la période, être créditeur au moins des réserves obligatoires.

Les banques ayant accepté des prêts interbancaires qui sont encore à découvert en fin de journée peuvent normalement emprunter ce dont elles ont besoin, soit à d’autres banques, soit à la Réserve fédérale en cas de carence des banques, à un taux de 1% supérieur au taux interbancaire.

En général, la Fed prête assez peu, de 2 à 20 milliards par jour (par rapport aux 4000 milliards de prêts interbancaires). Mais il y a une différence entre un prêt entre institutions financières et un prêt de la Fed. Entre deux banques, l’une voit sa trésorerie augmenter, l’autre baisser.

La Fed crédite le compte de réserves de la banque concernée et crée ainsi de la monnaie temporaire. C’est cela que l’on nomme « injection de monnaie ». 20 milliards doublent ainsi le solde des comptes de réserves.



Ces prêts sont octroyés à court terme, et assortis d’une garantie sur des titres financiers. A une échéance définie à l’avance –souvent un seul jour, jusqu’à deux semaines -, la banque doit rembourser la banque centrale. C’est une sorte de prêt hypothécaire de court terme. On parle d’ « opération de rachat » ou « repo ».

La banque emprunteuse s’engage à racheter les titres à prix fixe quelle que soit l’évolution de leur cours sur le marché. Elle réalise un gain ou une perte en cas de baisse ou de hausse du cours. Le seul risque que court la Fed est de voir la banque emprunteuse faire faillite durant la nuit.

Chaque matin une conférence « open market » est organisée afin que la Fed précise ce qu’elle accepte en garantie. Il peut s’agir de bons du Trésor, de titres fédéraux ou de prêts titrisés (depuis 2000). Le vendredi 10 août 2007, alors que les prêts titrisés étaient à l’origine des besoins accrus de fonds propres pour les banques, la Fed les a acceptés, et les banques les ont évidemment proposés puisque leur cours avait fortement chuté.


La cause

La crise des « subprimes » n’est pas celle des américains qui ont perdu leur logement. Ceux-là, on n’en parle pas (pourtant c’est un phénomène social majeur comme on peut le lire ici : http://miltondassier.over-blog.com/article-27318959.html ), et ce problème n’a pas été abordé dans le programme de Barack Obama.

Elle n’est pas vraiment la conséquence de modalités de prêts immobiliers beaucoup trop risqués, du moins pas pour les investisseurs : le segment de marché est petit et les pertes relativement faibles (35 milliards de dollars à l’époque, soit une baisse des cours en Bourse de 0,2 %).

La surprime est absurde parce qu’elle aggrave le risque qu’elle est censée couvrir. Mais il n’y a pas de risque pour l’organisme de crédit. Celui-ci récupère toujours plus que sa mise, soit avec les intérêts, soit en récupérant le bien et les versements.

De son côté, le client qui a vu le risque se réaliser (le défaut de paiement) a bien payé la surprime, mais n’est pas couvert par l’assurance pour le paiement de son logement. Il perdra son logement, les versements effectués et devra malgré tout rembourser l’emprunt. Ca ressemble à une assurance, mais ce n’est pas cela.
Les actionnaires de l’organisme de crédit n’étaient pas assurés non plus par la surprime. Les dividendes étaient constitués des versements des acquéreurs de logement. S’ils ne payaient pas, les dividendes chutaient. Surtout, les actions ont perdu de leur valeur, et les investisseurs ont fui le secteur.

La première cause de la crise des subprimes est l’effet de panique : d’autres secteurs de la Bourse ont commencé à chuter.

Aussi, si les sociétés de crédit immobilier n’étaient pas des sociétés par action, la « crise » immobilière n’aurait eu aucune conséquence financière globale.

La deuxième raison pour laquelle il y a eu une crise financière est la règle des réserves obligatoires en fonds propres que doit détenir une banque. Les banques qui ont bénéficié des prêts de la Fed sont les mêmes qui avaient placé leurs fonds dans les titres de subprimes.

Mais la Fed ne les a pas financées parce qu’elles avaient perdu de l’argent suite à la chute des cours en Bourse.

La Fed a financé ces banques parce que d’une part, les gens ont rapatrié leur épargne dans les bons du Trésor US et le système bancaire, ce qui occasionnait un besoin subitement accru de réserves obligatoires, d’autre part parce que, comme les autres investisseurs, les banques étaient devenues adverses au risque. Elles ont souhaité conserver les réserves dont elles disposaient en cas de besoin, et ont refusé des prêts aux autres banques. La Fed devait donc intervenir de manière subsidiaire.



Les plans Sarkozy et Paulson

Quoi que de très court terme, les prêts des banques centrales viennent renforcer les fonds propres (qui n’appartiennent pas à la clientèle) des banques. Ce n’est pas la règle habituelle en comptabilité où seules les dettes de long terme sont assimilées au capital.

Avec le plan Paulson et les plans européens de soutien au secteur bancaire prévus en octobre 2008, ce sont les Etats qui interviennent, et les prêts octroyés sont à plus long terme.

Cela équivaut à une recapitalisation en Bourse mais les mêmes titres proposés en Bourse ne trouveraient pas preneurs.

Les prêts pouvant être importants, certains parlent de nationalisation. Mais la prise de participation de l’Etat est en théorie temporaire. Il n’est pas certain que cela lui donne le contrôle du capital, et même si cela était le cas, il n’est pas certain qu’il exercerait alors ses prérogatives.

Le plan français contient deux volets. Le volet d’urgence prévoit 320 milliards d’euros, dont 55 pour Dexia. Il est accepté par la Commission européenne en octobre 2008. Il ne s’agit pas de prêts immédiats de gré à gré, mais d’un fonds de garantie utilisable en cas de besoin.

Le second volet accepté en décembre prévoyait 40 milliards mais la Commission n’en a autorisé que 21. De la même manière que les banques centrales, l’Etat accepte des titres de la banque en garantie du prêt qu’il lui fait.
L’Etat emprunte lui-même ces 360 milliards aux banques via les prêts sur épargne préalable (qui ne créent PAS de monnaie) contre des obligations, au taux de 4%, puis il les reprête aux banques au taux de 8%. De facto, c'est idiot. L'Etat prête parce que les banques ne se prêtent plus entre elles. Mais l'argent que l'Etat prête est bien de l'argent pris dans les banques. Si les banques ont confiance et prêtent à l'Etat et ne le font pas entre elles, c'est parce qu'elles supposent qu'en cas de problème l'Etat pourra faire payer les contribuables. Il est donc ironique de dire que l'Etat gagne de l'argent dans l'opération, même si c'est vrai.

Le plan Paulson de 840 milliards prévoyait le rachat des actifs détenus par les banques et ayant perdu leur valeur (subprimes entre autres) par l’Etat. C’est assez différent car les titres en question valent beaucoup moins que ce que l’Etat offre. Il s’agit ici non plus d’un prêt, mais d’un quasi-don.
Or les banques auraient très certainement utilisé cet argent à acheter des actifs plus sûrs, soit des obligations de l’Etat, qui se serait ainsi retrouvé endetté vis-à-vis de ces mêmes banques ! Finalement, les Etats-Unis ont choisi des mécanismes similaires à ceux de l'Union européenne.

Les banques s’engagent en contrepartie à prêter aux entreprises, et à restreindre les rémunérations des dirigeants et opérateurs de marché. Il a été dit que les rémunérations des dirigeants et traders des banques américaines équivalaient à 10 % des aides versées. Mieux, les dividendes versés équivalent à la totalité de ces aides.
Certes ce n'est pas le "même" argent. Les prêts de l'Etat viennent renforcer les fonds propres, au passif des banques. Les dividendes sont versés à partir des intérêts, qui sont le bénéfice des banques. Or les banques font bien des bénéfices (elles en font toujours car elles ne prêtent jamais à perte avec des intérêts négatifs). Ce qui est curieux, c'est que les fonds propres apportés par l'Etat sont censés pousser les banques à prêter, et ce sont ces mêmes prêts qui sont à l'origine des intérêts et dividendes. C'est donc que ces banques qui ont reçu ces prêts de l'Etat et fait des bénéfices commencent juste à renâcler à prêter. Elles ont assez prêté pour recevoir des intérêts jusqu'ici.

Commentaires

On voit bien que cette « crise » n’est ni une crise de la valeur au sens marxiste, ni une crise de la finance déconnectée de l’économie marchande. Le passage de la crise d’un secteur à un autre est l’effet du mécanisme de financement à haut risque qu’est le crédit hypothécaire et de la panique boursière qui s’en est ensuivie, et pas à un principe immanent de contamination de l’économie.
La transformation de la crise financière à une crise de l’économie marchande est liée au fait que pas plus qu’elles ne prêtent désormais aux autres banques, les banques commerciales ne prêtent aux particuliers.
Ce qui scandalise en général est la disproportion des chiffres lorsque on les compare avec les volumes versés à l’aide au développement (1 milliard d’euros), les mesures d’économie dans les hôpitaux (1 milliard), le déficit de l’assurance maladie (10 milliards par an) qui devrait conduire à réduire l’Etat social.
Les rémunérations des actionnaires et des dirigeants des banques choquent aussi, mais il ne s'agit bien que de prêts.

C’est Nicolas Sarkozy qui a raison : il ne s’agit que de renforcer les fonds propres et de restaurer la confiance.
L’économie ne fonctionne que sur la confiance. Cela ne devrait pas surprendre que cycliquement (rien à voir avec la théorie des cycles (inexistants) de production). Sur une période de bientôt deux ans, le mode moyen de la psychologie des acteurs de la finance a été la méfiance.

A côté des gens qui annoncent la fin du capitalisme, il existe un autre type de commentaires qui comprend de travers la notion de « crise de liquidités » et d’ « injection de liquidités. »
C’est la difficulté à obtenir des prêts interbancaires qui est appelée « crise de liquidités ». L’intervention de la Réserve fédérale, qui crée de la monnaie pour un temps très court, est elle appelée « injection de liquidités ».

Le fameux LaRouche a notamment critiqué les taux zéro (l’usure c’est génial) et l’injection de liquidités dans le système financier, qui seraient de nature hyperinflationniste.
L’injection de liquidités, comme on vient de le voir, n’est pas la pratique de la planche à billets. Elle ne peut pas générer d’ « hyperinflation » puisque ces prêts sont remboursés souvent dès le lendemain, et ne sortent jamais des circuits financiers.
La seule chose à même de générer une crise de la consommation est au contraire la raréfaction de la monnaie. Or justement, comme les banques prêtent de moins en moins, il y a de moins en moins d'argent en circulation.

Nous l’avons déjà dit : ce n’est pas parce qu’elles prêtent trop que les banques ont des créances irrécouvrables, mais parce qu’elles ne prêtent pas assez.
Ce n’est pas parce que des emprunteurs deviennent insolvables que les banques resserrent l’accès au crédit. C’est parce qu’elles ont resserré l’accès au crédit que les emprunteurs sont devenus insolvables. Le remède choisi – resserrer le crédit pour empêcher les créances pourries – est celui qui a créé le problème.

Rappelons que LaRouche avait également écrit : « Tout le système économique se désintègre, avec ce genre de complications. Et on a, d’une part, un phénomène d’hyperinflation conduit par les produits financiers dérivés, et de l’autre, un processus déflationniste, en conséquence d’une chute de la production, les gens étant prêts à vendre à n’importe quel prix pour échapper aux dettes ; et les deux phénomènes sont simultanés. »
Et voici ce que nous répondions : « La réalité est plus simple : les mécanismes que dévoile LaRouche n’existent pas. Il n’y a pas de phénomène mécaniquement inflationniste lié aux produits financiers dérivés. Pas plus que de processus déflationniste lié à la chute de la production. Seule la quantité de monnaie en circulation et les prix s’ajustent l’un à l’autre, et encore pas de manière systématique. Si cela était automatique et rapide, ni l’inflation ni la déflation ne seraient d'ailleurs des problèmes économiques. »

On pourrait ajouter que les plans de soutien aux banques ou le marché des produits financiers dérivés sont certes d’un volume phénoménal (516 milliards de dollars pour les seuls produits dérivés, 10 fois le PIB mondial), mais que ces montants à donner le vertige sont généralisés en Bourse depuis bien avant 2007. Cela n’a jamais été inflationniste en aucune sorte, pour la bonne raison que la sphère boursière et la sphère économique sont relativement étanches.
L’argent investi en Bourse lors des introductions et lors des augmentations de capital disparaît définitivement de la sphère marchande et ne peut plus servir aux transactions. Si les produits dérivés sont nombreux et introduits à des prix très élevés, la monnaie disparaît de la sphère marchande à proportion, ce qui ne peut être que d’ordre déflationniste. Lorsque on parle du marché d’occasion, tout ce qu’achète une personne est vendu par une autre. Quelle que soit la cotation, aucun argent n’entre ni ne sort de la sphère marchande. Ce qu’on appelle la « crise » financière n’a aucune sorte d’influence sur la sphère marchande, à l’exception des actions menées par les banques et des mesures prises par les Etats.

La disparition de la « monnaie » immobilisée dans la finance n’a normalement aucune conséquence sur la quantité de monnaie disponible pour les transactions marchandes. Il n’en est cependant pas de même quand on compense les pertes financières par de l’argent marchand. Or c’est ce qui est en train de se passer avec l’affaire Madoff.

Le fait que 50 milliards de dollars financiers aient soi-disant disparu n’est pas si énorme qu’il peut paraître. Il y a des milliers de milliards immobilisés en Bourse. Il ne faut pas se laisser abuser par le caractère criminel de la chaîne de Ponzi par rapport à un investissement en bonne et due forme. Les dividendes d’un fonds ne viennent pas d’une « création de valeur » liée au labeur des braves travailleurs des entreprises dans lesquelles le fonds investit. Ils viennent de ce que de la monnaie circulante a été captée dans l’entreprise et détournée vers le fonds. Au lieu de rémunérer le premier investisseur avec le capital des suivants, on le rémunère avec l’argent des consommateurs.

Le fait important est que Madoff n’a pas déclaré son fonds en faillite : il a plaidé coupable. Or il existe une loi aux Etats-Unis qui permet aux victimes d’escroquerie de bénéficier de la garantie intégrale de l’Etat. Ce ne sont pas les victimes de Madoff qui vont perdre 50 milliards, c’est le contribuable américain.
Or si 50 milliards dans la finance, ce n’est pas si énorme, c’est une perte énorme pour l’économie marchande.

A cela s’ajoutent les mesures de relance par l’offre que prônent tant l’administration Obama que Patrick Devedjian, et qui ne peuvent qu’échouer puisque, faut-il encore le répéter, il n’y a pas d’argent pour consommer.

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