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Sabotage et blocage de l'économie, Tiqqun.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 13 Nov 2008 18:38    Post subject: Sabotage et blocage de l'économie, Tiqqun. Reply with quote

Au sujet de Tiqqun, l'Appel, L'insurrection qui vient, Remi Demmi a écrit un article intéressant sur le livre de Sébastian Haffner, Histoire d'un Allemand, dans Notes et Morceaux Choisis n°8, montrant de manière détournée mais suffisament claire (note de bas de page), quel parallèle il pouvait être fait entre la subjectivité de la tiqqounnerie et la place de l'ennui de ces autres Blooms qu'étaient à l'époque les groupes " Jeunesse Allemande " et " Oiseau migrateur " dans les années 1910-1920, avec l'avenir qu'on leur connait... La catastrophe n'est certainement pas une aubaine pour les Autonomes comme ils ont voulu nous le faire croire, la machine ne sera pas à genoux, bien au contraire. Tout un enrobage délirant autour du kaballisme, d'heidegger et nihilisme russe, ne doit pas nous le faire croire. Les signes actuels d'un effondrement, et l'effondrement en lui-même, ne sont en rien un signal. Vigilance intellectuelle et " substruction " [1] pour sortir de l'économie.

Le Monde 13 novembre.

Quote:
Les Autonomes, des petits groupes sous surveillance particulière

La garde à vue des dix personnes soupçonnées d'avoir commis des actes de malveillance contre la SNCF a été prolongée, mercredi 12 novembre. Le groupe, présenté par la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, comme faisant partie de "l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome" avait été interpellé la veille, mardi, dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris dès le mois d'avril pour association de malfaiteurs à visée terroriste (Le Monde du 12 novembre). Il reste toutefois aux enquêteurs à démontrer que ses membres sont bien impliqués dans les destructions de caténaires intervenues sur des voies ferrées, le 26 octobre puis le 8 novembre, dans quatre endroits différents. Des sabotages qui ont engendré d'importants retards pour 160 TGV. Les deux enquêtes, alors, se rejoindraient.

Pour l'heure, les perquisitions ont permis de trouver, dans la ferme de Tarnac, en Corrèze, où résidait Julien Coupat, 34 ans, présenté comme le leader du groupe, des éléments matériels susceptibles d'être utilisés pour des actions de sabotage ainsi que des documents sur le réseau ferré. Les policiers ont également la "certitude" que deux des membres du groupe se trouvaient à proximité de l'un des lieux où ont été commises les dégradations. Et pour cause : ces deux personnes faisaient l'objet d'une filature. Ceci explique, notamment, la rapidité des interpellations, 48 heures à peine après les faits. Mais alors pourquoi ne pas les avoir arrêtés sur le moment ? Depuis plusieurs mois, le groupe Coupat, ainsi que le nomme un enquêteur, était sous étroite surveillance policière. L'enquête, confiée à la sous-direction de la lutte antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire, avait été ouverte sur la base d'indications fournies par la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), selon lesquelles le groupe devenait "potentiellement" dangereux. Des "connexions" avec d'autres groupes dans des pays, comme l'Allemagne, la Grande-Bretagne, ou la Grèce, auraient été établies. A plusieurs reprises, Mme Alliot-Marie avait agité la menace anarcho-autonome sur la foi de notes du renseignement.

Un livre, L'Insurrection qui vient (éd. La Fabrique) rédigé par un Comité invisible, avait particulièrement suscité l'émoi. Les auteurs, revenant sur l'expérience du mouvement anti-CPE, y expliquaient : "Tout bloquer, voilà désormais le premier réflexe de tout ce qui se dresse." "L'infrastructure technique de la métropole est vulnérable (...), écrivaient-ils. Saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd'hui de reconquérir et réinventer les moyens d'interrompre ces réseaux. Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique ?" Ils précisaient : "Retenons du sabotage le principe suivant : un minimum de risque dans l'action, un minimum de temps, un maximum de dommages".

Dans cette "mouvance", Julien Coupat apparaît depuis plusieurs années. Issu d'une famille bourgeoise, doctorant en histoire et civilisation à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il a abandonné ses études en 1999. Il a été membre du comité de rédaction de la revue Tiqqun, influencée par le situationnisme de Guy Debord et qui a connu un certain écho dans les milieux autonomes avant de s'autodissoudre en 2001.

A la faveur des mouvements des chômeurs de l'hiver 1997, des rassemblements contre les G8, puis de la contestation contre le CPE en 2006, les "totos" (autonomes) ont connu une petite résurgence d'activité. Impliqués dans "l'anti-carcéralisme", la lutte contre les prisons et les centres de rétention, actifs dans le mouvement des squats politiques, développant des modes de vie alternatifs en rupture avec la société de consommation, ils s'affichent anti-parti et anti-syndicat. Et fonctionnent en groupes affinitaires.

Le gouvernement tient aujourd'hui ces milieux en ligne de mire. Au mois de juin, la chancellerie avait ainsi donné des instructions pour renvoyer toutes les affaires les concernant au parquet antiterroriste de Paris. Ces derniers mois, plusieurs jeunes ont été arrêtés, en possession d'engins incendiaires ou de substances pouvant servir à la confection de petits explosifs. L'un d'entre eux, Juan, accusé d'avoir placé l'un de ces engins sous une dépanneuse de la préfecture de police en mai 2007, a fait parvenir depuis la prison de Rouen, où il se trouve en détention provisoire, une lettre ouverte diffusée sur Internet le 10 novembre. "Je crois bien avoir le profil recherché, non pas celui d'un fanatique qui veut semer la terreur (...), écrit-il, mais plutôt celui d'un révolté parmi les autres." Réfutant le terme "d'organisation terroriste à laquelle nous sommes supposés appartenir", il dénonce : "Le mot "mouvance" montre à quel point c'est flou. Il peut suffire d'un contrôle d'identité, au cours d'un moment de contestation sauvage, de la fréquentation d'un lieu ou d'une personne, d'une lecture subversive."

Isabelle Mandraud



Quote:
[1] « La Machine Travail Planétaire (MTP) doit être démantelée soigneusement car nous ne voulons pas mourir avec elle. N’oublions pas que nous sommes une partie de la Machine et qu’elle fait partie de nous-mêmes. Nous ne pouvons détruire que notre rapport à la Machine. ‘‘ Subversion ’’ signifie changement des rapports entre nous (les trois catégories de travailleurs) et face à la Machine (qui, à son tour, se présente à chaque catégorie de travailleurs comme un système globalisant). Il s’agit de subversion et non d’attaque, car nous sommes à l’intérieur de la Machine et c’est à partir de là que nous devons la bloquer. Nous ne nous présenterons pas comme un ennemi de l’extérieur. Il n’y aura pas de front, ni de quartier général, encore moins d’uniformes. Utilisée seule, la subversion n’est pas une solution, elle nous permet de paralyser un certain secteur de la Machine, de détruire une de ses fonctions, mais la Machine sera toujours capable de reconstruire une fonction isolée et de s’imposer de nouveau. Nous devons remplir chaque espace conquis par la subversion avec quelque chose de nouveau, quelque chose de constructif. Nous ne pouvons pas espérer éliminer d’abord la Machine et, une fois en place libre, établir BOLO’BOLO : nous arriverions toujours trop tard. Des éléments provisoires de BOLO’BOLO, des rameaux de sa structure doivent occuper tous les interstices libérés, les espaces abandonnés, les zones déjà conquises. Ils préfigurent ainsi les nouvelles relations. La construction doit être combinée avec la subversion pour former un processus unique : la substruction (ou con-ver-sion si l’on préfère). La construction ne doit jamais être un prétexte pour renoncer à la subversion. A son tour, la subversion isolée ne produit que feu de paille, des dates historiques et des héros, mais ne laisse pas de résultats sur le terrain. Construction et subversion prises isolément sont, l’une et l’autre, une manière de collaboration tacite ou explicite avec la Machine », P.M., Bolo’bolo, éditions L’éclat, 1998, p. 60


Durant la période électorale qui a vu l'arrivée de Sarkozy à la présidence, l'ambiance est à la colère et à la révolte. De manifs sauvages à des bris de vitrines de permanences d'élus, de nombreux actes marquent cette période. Début mai, il y a eu aussi une tentative d'incendie d'une voiture de flics (dépanneuse) devant un commissariat de Paris.
C'est pour cette tentative qu'Isa, Juan et Damien sont en détention préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient été retrouvés sur l'engin incendiaire.
Tous les trois sont sous le coup d'une instruction antiterroriste.(Indy)

Quote:
Lettre de Juan depuis la prison de Rouen

J'écris depuis la prison de Rouen, qui s'est une nouvelle fois illustrée le 10 septembre par la mort d'un détenu, victime de la folie... de l'Administration Pénitentiaire.

Ca fait maintenant quatre mois que je suis en détention provisoire pour terrorisme.
Terrorisme ! Quel outil formidable pour l'Etat ! Le terrorisme vient aujourd'hui justifier des mesures de contrôle et de fichage de plus en plus poussées au nom de notre sécurité. On ne s'étonne même plus de croiser dans les gares des militaires, mitraillettes à la main. Démocratie ou pas, la peur reste le meilleur moyen pour soumettre et gouverner.

Dans l'imaginaire collectif, le terroriste, avec le pédophile, est devenu une des figures même du mal. D'un côté il a le visage de monsieur tout le monde, ce qui en fait une menace permanente et insidieuse qui ne peut se combattre que par un contôle généralisé de plus en plus strict. Et de l'autre, il a le visage repoussant d'un monstre sanguinaire, fasciné par la violence et n'ayant plus rien d'humain ni de commun avec nous pour éviter qu'on le comprenne et que de tels actes se propagent. Apposer l'étiquette de terroriste sur quelqu'un, c'est donc le condamner au bannissement. Qui soutiendrait des barbares pareils ?

C'est une habile manoeuvre politique pour isoler et affaiblir. On fait passer des amis, des camarades de lutte pour des illuminés en décrédibilisant les moyens considérés comme violents (sabotage, bris de vitrine, etc) autant que le sens politique de leur action. Diviser pour mieux régner, rien de nouveau. On fait le tri entre la contestation « raisonnable », que l'Etat tolère, voire intègre pour se renforcer ; et celle sauvage et non autorisée, plus difficilement récupérable. On frappe fort sur quelques-uns pour que tout le monde ferme sa gueule et sache à quoi s'en tenir. Evidemment pour être efficace, ça doit servir d'exemple, on ne peut pas faire de tout le monde des terroristes.

La Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne (MAAF), l'organisation terroriste à laquelle nous sommes supposés appartenir, rend bien compte de cette intention. Vous n'avez jamais vu de tract ou d'attentat au nom de la MAAF. Et pour cause : ce sexy sigle est une invention policière, le titre d'une catégorie de classification des RG (Renseignements Généraux). Le mot « mouvance » montre à quel point c'est flou. Il peut suffir d'un contrôle d'identité au cours d'un moment de contestation sauvage, de la fréquentation d'un lieu ou d'une personne, d'une lecture ou d'une opinion subversive. Certains thèmes aussi sont plus sensibles comme les prisons ou les sans-papiers ; RESF par exemple est qualifié de mouvement "quasi-terroriste".

Cette histoire de tentative d'incendie est loin d'être l'affaire du siècle. Et si le pouvoir, relayé par les médias, l'a gonflée au maximum, ce n'est pas que l'Etat craignait de ne pouvoir se relever de ce coup. Malheureusement, il faudra plus qu'un incendie – même réussi - pour mettre vraiment en danger le système. Si l'Etat est attentif et soucieux de ces "menaces" politiques et que cet affront devait être puni, il en a surtout profité pour faire de cette affaire un exemple, répondre à la contestation sociale, et remettre à jour quelques fichiers de renseignements et bases de données policières.

Nous nions tous les trois notre implication dans cette tentative d'incendie. Mais en vérité c'est un détail.

D'abord parce que face à la supposée irréfutabilité de la preuve par l'ADN des scientifiques, il est difficile d'expliquer la présence de poils qu'on a pu éventuellement semer, si tant est que ce soient les nôtres !

Ensuite parce que la Justice donne peu d'importance à ce qu'on a à dire. Elle n'a pas besoin de toi pour te juger. Qu'importe ce que tu as réellement fait. Si tu as le profil, et il peut suffir d'une garde-à-vue, de la participation à une manif ou d'opinions affichées, ça suffit à être condamné. Tout le reste est du théâtre.

En ce sens, la Justice ne s'est sans doute pas trompée. Je crois bien avoir le profil recherché. Non pas celui d'un fanatique qui veut semer la terreur dans la population pour arriver à ses fins – c'est plutôt l'apanage des gouvernements, qu'ils soient despotiques ou démocratiques -, mais plutôt celui d'un révolté parmi les autres.

Dans ce monde régi par le fric où la plupart des gens crèvent de faim pour soutenir le rythme de vie des riches ; où le seul horizon pour beaucoup est un travail de merde qu'on est réduit à pleurer au moment de perdre ; où l'ennui et la dépression sont la norme ; où ceux qui n'ont pas de papiers doivent raser les murs ; où la nature devient un luxe pour touristes ; où notre pouvoir sur nos vies se limite au choix de la chaîne télé, du bouffon qui nous gouverne, et de la marque de lessive ; où la police te rappelle à chaque instant de fermer ta gueule ; et où la prison t'accueille si tu déroges à la règle.

Dans ce monde moisi, il serait malvenu de pleurer la carcasse cramoisie d'une voiture de flics. Nous n'avons que trop de raisons de nous révolter.

Ce n'est pas la répression qui nous les enlèvera.

En taule comme dans la rue, que la lutte continue avec rage et joie !


Liens:: http://infokiosques.net/mauvaises_intentions

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Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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PostPosted: 14 Nov 2008 1:23    Post subject: Reply with quote

Dans quelques articles récents de Rue89 ils découvrent Tiqqun et la Tiqqounerie... Un de leur article fait référence à la décroissance, mais rapidement en le mélangeant avec d'autres truc comme "idéologie du replis sur soi"... Je ne suis pas sur qu'ils comprennent un traitre mot de tout ce qui se balade sous leurs yeux. Une des journalistes en tout cas bien qu'elle ne le cite pas semble avoir mis la main sur le lien qu'il y a je ne sais plus ou dans notre forum sur la numérisation du 1er Tiqqun puisqu'elle en sort quelques extraits PDF...

Bientôt il mettront la main sur sortie de l'économie, mdr, :p et puis a partir de la critique de la mégamachine planétaire, il nous accusserons peut-être de terrorisme... tout y passe quand on soulève un truc comme "tendance autonome"...
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Pour des communautés libertaires écocentrique et affinitaire

Participer a libérer et cultiver les conditions locales et pérennes d’existences et d’autodéterminations des vivants, sans domination.
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 16 Nov 2008 19:42    Post subject: Reply with quote

A Tarnac, le reste de la communauté du Goutailloux a réagi avec une rencontre avec la population locale pour s'expliquer.

http://limousin-poitou-charentes.france3.fr/info/48459537-fr.php#

Le Goutailloux c'est pas que des gens de Tiqqun, loin de là. Cependant, je pense qu'il ne faut pas se laisser prendre au discours de Tiqqun, qui est aujourd'hui, après les sabotages, d'autant plus fort dans le milieu anarchiste. Comme si aucune réflexion critique sur le fond ne pouvait avoir lieu. Les fondements philosophiques notamment sont particuliers et discutables, un texte la dessus est d'autant plus nécessaire... (cf. D. Caboret et P. Garrone, Avant-garde et mission…la tiqqounerie, 1999, disponible à l’adresse internet suivante : < http://laguerredelaliberte.free.fr/doc/tiqq.pdf >)

Le texte L'insurrection qui vient, est bien sûr très intéressant, comment ne pas se sentir proche de la perspective ? Mais il faut aussi et surtout en faire clairement une critique.

Voici quelques extraits d'un texte que j'ai écrit avec une autre personne, à paraître peut-être dans SDE. L'extrait porte là non sur la critique des fondements philosophiques (pas encore finie) mais sur les propositions concrètes qui sont faites dans ce livre (ces extraits sont encore dans une version très bricolée) :

Quote:
[...]

Communes pour l’insurrection :
la question de la fascination pour la violence et le désastre.


La perspective libératoire développée dans L’insurrection qui vient doit être elle aussi renvoyée aux textes préexistants. Avec les Tiqquns, « l’appropriation de l’oubli de l’être », c’est-à-dire la libération de nous, les Blooms, ne se pose plus comme chez Heidegger sur un plan métaphysique (après l’expérience du néant, on se réconcilie dans l’être dans une « pensée remémoratrice » d’ordre physico-mythico-poétique), mais pratique. Ils ont en effet cherché à « inscrire la logique de son accomplissement au sein même de l’histoire dans un style purement hégélien » [1] . Le schéma central posé pour définir la libération (le Tiqqun) est défini triplement par un mélange de la pensée heideggerienne, la pensée kabbaliste et la pensée du nihilisme politique. Ceci explique d’ailleurs beaucoup le type d’écriture qui est posée dans L’insurrection qui vient, comme les formes de cette insurrection.

Le schéma de libération est en effet strictement hégélien : il faut que quelque chose se soit réalisé complètement jusqu’à la nausée, pour voir surgir son dépassement : c’est là la structure de l’insurrection qui vient... « La métaphysique marchande est la métaphysique qui nie toute métaphysique et d’abord elle-même comme métaphysique » (Tiqqun, n°1). C’est donc par le développement total de la société marchande, que le désert se répandra dans la totalité de l’existant. Et permettant l’expérience du néant, cela engendrera la reconnaissance de l’oubli de l’être communautaire, et donc le réveil, l’arrivée du Tiqqun.

Les Blooms jouent là un rôle essentiel dans ce schéma : « nous voyons apparaître un type d’homme dont la radicalité dans l’aliénation précise l’intensité de l’attente eschatologique » (Théorie du Bloom). C’est donc les Blooms qui portant le dégoût destructeur dans leur vide total, sont la pure négation de la société marchande : « par l’expérience absolue de son aliénation écrivent P. Garrone et D. Caboret, il se rend capable de se réapproprier son essence métaphysique et donc de se supprimer comme Bloom ».

Pour les Tiqqun, c’est donc parce que le sujet du Bloom est vide du fait que son être communautaire est projeté hors de soi, qu’il faut considérer le Spectacle et la Biopolitique, comme le faisait Max Stirner, dans une vision toute idéaliste et vouloir le détruire entièrement, dans un geste libératoire et purificateur : c’est là le moment et le rôle de l’insurrection. La perspective est simplement l’opposition d’une vision du monde à une nouvelle vision du monde qui doit dans l’insurrection et dans la constitution des « communes », s’y substituer [2] . Des insurgés s’insurgent toujours contre une « conscience de soi », et ils le font dans le vivre même de cette « conscience de soi », jusqu’à la catharsis de son écœurement nihiliste.

Car chez les Tiqquns, quand ils parlent de « forme-de-vie » à incarner, la vie est toujours ontologiquement déterminée par la forme, constituée elle-même dans les conditions présentes et détestables, par la métaphysique occidentale de la « conscience de soi » du « I am what I am ». Cette vision d’une aliénation idéologique c’est alors comme si les individus entièrement réduits à des Blooms - parce qu’ils le sont par le Spectacle et la Biopolitique -, n’en sont plus ontologiquement que des exemplaires : rien ne subsiste pour les Tiqqun au sujet, c’est la mort totale de l’individu [3]. Le Spectacle et la Biopolitique, comme le concept de « classe » dans le marxisme, constitueraient en quelque sorte la substance (vide), de ses membres : le néant. Dans cette conception de l’aliénation, il y aurait, dans l’ordre ontologique, une préexistence du Spectacle et de la Biopolitique sur l’individu, parce qu’ils auraient organiser méthodiquement l’ « oubli de l’être » du Commun. Dans cette conception idéaliste, où l’aliénation totale, ne peut être que renverser dans sa destruction totale, le Bloom est happé par son être-vers-la-mort.

C’est ici que les descriptions sans nuances de notre monde dans L’insurrection qui vient prennent tout leur sens. Le style de l’écriture comme les descriptions faites du « monde » contemporain, suivent le parti pris de montrer au travers d’anecdotes ou de ressentis une somme de choses mauvaises, qui auraient pour résultat, implicite, de comprendre que tout est mauvais et détestable dans son entièreté. Il suffirait de se rendre compte de cela en buvant jusqu’à la lie la coupe de la désolation, pour effectuer la prise de conscience de ce déploiement total dans le Bloom du vécu du néant, pour que le Tiqqun puisse enfin arriver.

Cependant en prenant l’exact opposé de l’optimisme béat du progressisme servile et de la publicité souriante, on renvoie encore la compréhension de l’économie comme une simple abstraction, une croyance - « l’économie considérée comme magie noire » (Tiqqun, n°1) -, dont il faudrait simplement se défaire. Or, rien n’est dit de cette dépendance matérielle obligée à l’économie, où malgré tout, les individus-rouages qui y participent, trouvent des facilités, des avantages et même des satisfactions qu’il est inutile de nier. L’économie on en a pratiquement besoin, l’aliénation n’est qu’une partie d’un deal que l’on fait avec elle. En contrepartie de l’aliénation économique, l’économie est capable de nous construire un certain confort, du moins de réaliser (plus ou moins, selon l’achèvement de l’économie) notre subsistance automatisée sur plateaux repas et kits de construction IKEA. Et ce sont ces multiples satisfactions et facilités qui nous assoupissent et nous réduisent à de la servilité volontaire envers elle, c’est-à-dire qui font tenir le système de la modernisation marchande de la vie. C’est là un fait essentiel qui entraîne que toute volonté de noircir le tableau jusqu’à la nausée, frappe tout simplement l’économie réellement existante. Avec notre aliénation nous sommes devant les étals des hypermarchés, des boutiques de centre-ville comme des bases de loisirs, face à une organisation de menues et multiples satisfactions et facilités concrètes qui font que la plupart des personnes sont d’accord avec cette organisation marchande de la vie, malgré tout le reste. C’est parce qu’ancrée dans nos vies, parce que l’irréalité de sa « réalité inventée » surgit sur le substrat de son fondement méta-économique réel (qui la sous-tend et dont elle se sert, en l’exploitant dans le surtravail), que l’économie est très forte. L’économie répond de nos « besoins réels » et concrets prenant leurs origines dans chaque individu particulier, mais elle répond aussi des « besoins fictifs » qui ont leur réalité dans la nécessité de l’auto-accroissement de la valeur et dans l’intérêt à solvabiliser un maximum de personnes, en leur inventant des produits artificiels et frelatés pour les faire travailler. Le problème central n’est donc pas un statut de « croyance » à une économie perçue comme une métaphysique, une vue du monde, qu’il faudrait nier en dressant le tableau le plus noir possible. C’est de cela au contraire, concrètement et pratiquement qu’il faut non pas se « défaire », mais sortir concrètement. Appuyer sur les situations les plus sombres (qui existent et qui sont bien décrites dans le livre) avec des tonalités quasi eschatologiques dépeignant le paysage abstrait d’une fin du monde, sans parler du tout ce que permet l’économie, c’est là ne pas vouloir mettre en cause le monde de l’économie dans son entier, l'économie comme réellement existante. C’est là aussi que le livre peut-être seulement distrayant. " Il faut organiser le pessimisme " disait Walter Benjamin (Sens unique), oui, mais pas seulement.

Très marqué par la dialectique nihiliste du prophète kabbaliste Jacob Franck [4] (« Je ne suis pas venu dans ce monde pour votre élévation, mais pour vous précipiter au fond de l’abîme »), c’est-à-dire de l’accomplissement du néant pour voir arriver son dépassement, c’est également toute la conception des « communes » et de « l’insurrection qui vient » qui en est tributaire. C’est là encore qu’il faut ramener la libération que propose ce livre, à ses fondements dans le thème du ravage qui marque la revue Tiqqun.

L’insurrection est alors la figure finale de cette dialectique : « car le désastre est l’issue du désastre » (Théorie du Bloom, n°1) ou encore « Le Parti imaginaire revendique la totalité de ce qui en pensées, en paroles ou en acte conspire à la destruction de l’ordre présent. Le désastre est son fait » (Thèses sur le Parti imaginaire). Ainsi, pour ce Bloom agrégé avec d’avec d’autres en « communes », « de toute évidence, il n’a pas d’autre fin que de dévaster ce monde, c’est même là son destin, mais il ne le dira jamais. Car sa stratégie est de produire le désastre, et autour de lui le silence » (Thèses sur le Parti imaginaire, n°1). C’est là semble-t-il la proposition d’une révolution portée par le simple désir de vengeance et un goût prononcé pour le morbide, l’insurrection semble sans but, sans finalité, sans son propre dépassement, elle est à elle-même son propre but, et c'est tout. Non seulement le réalisme ctastrophile d’une telle situation peut paraître douteux mais dans son hypothèse, ce ne peut être là qu’un changement de pouvoir, et non une transformation véritable du monde qui sape toute forme de domination réelle. Cette fascination du présent vu sous le plus mauvais jour, sans concessions ni nuances, explique peut-être que le Comité invisible reste dans le moment révolutionnaire violent, dans l’instant insurrectionnel sans se risquer à proposer des pistes pour ce que pourrait être un monde post-révolutionnaire. Jamais les " communes " semblent imaginées comme moment post-révolutionnaires. D’ailleurs, cette violence si on la détache de toute sa justification nihiliste propre aux Tiqqun, nous sommes bien conscients qu’elle sera peut-être nécessaire. Mais plutôt que d’être fascinés par cette dernière – dans un désir de vengeance plutôt qu’un désir de vivre ?- c’est à regret que nous serons prêts à y recourir au moment opportun.

C’est donc dans l’unique cadre de cette insurrection nihiliste que sont conçues les « communes ». Quel est alors leur rôle ? Julien Coupat écrit ainsi que « La commune est l’unité élémentaire de la réalité partisane. Une montée insurrectionnelle n’est peut-être rien d’autre qu’une multiplication de communes, leur liaison et leur articulation ». Car cette appropriation du pouvoir par le peuple qui est prônée, doit être associée à une lutte vis-à-vis du pouvoir en place, dans la ligne chez Tiqqun de la résurrection de la « lutte armée » en vue de la « guerre civile » fonctionnant sur une « opacité offensive » : cela passe par le blocage physique de l’économie (abandon du travail, fraudes, pillage, sabotage, manifs sauvages, etc. [5] ) et parce que le pouvoir en place ne se laissera pas faire, l’insurrection se fera contre les forces de l’ordre, et est conditionnée par leur anéantissement (harceler la police, résister à la répression, détruire les fichiers informatiques, s’armer tout en rendant superflu l’usage des armes [6] ).

Ainsi dans le Parti imaginaire, à côté des Blooms inconscients qui ravagent le monde par des actes destructifs (tueries, suicides, attentats, etc.), et des membres conscients du groupe Tiqqun qui dans la figure du missionnaire donnent sens et valeur à des pratiques qui a priori en seraient dépourvues, l’enjeu véritable de L’insurrection qui vient est de créer une nouvelle force à ce Parti en embrigadant dans leur délire, les autonomes et les anarchistes en leur proposant de constituer des « communes ». La voile de la stratégie mondiale du Parti imaginaire est alors totalement déployée avec la dernière pierre apportée par ce livre : tout le monde est en place, en rang et bien aligné. On pourrait alors souscrire à cette remarque de R. Riesel et J. Semprun à propos de ce livre, écrivant que ses rédacteurs « qui se déclarent plus portés à l’organisation et à l’ ‘‘ expérimentation de masse ’’, voient dès maintenant dans la décomposition de toutes les formes sociales une ‘‘ aubaine ’’ : de même que pour Lénine l’usine formait l’armée des prolétaires, pour ces stratèges qui misent sur la reconstitution de solidarités inconditionnelles de type clanique, le chaos ‘‘ impérial ’’ moderne forme les bandes, cellules de base de leur parti imaginaire, qui s’agrégeront en ‘‘ communes ’’ pour aller vers l’insurrection » [7] .

L’insurrection qui vient, apparaît alors comme un manuel pour cette « minorité de corps [qui] doivent y prendre la guerre pour objet exclusif de leur existence. Ils seront les guerriers » (« Ceci n’est pas un programme »). Alors chez ce Bloom nihiliste, « rien n’est plus émouvant ; parce que cette absence de soi n’est pas un simple manque, un défaut d’intimité avec soi-même, mais au contraire une positivité ». Positivité qui serait « qu’il veut humaniser sa vocation à la mort ». Nous sommes là au noyau théorique de cette fascination pour la violence et ce désastre. Cependant loin d’appuyer sur une critique de la « virilité classique » du guerrier (cf. d'ailleurs L'invention de la virilité de ce géant historien qu'est George L. Mosse), de chercher à le critiquer et à le contenir [8] , l’écriture souvent forte et lyrique de ce livre, appelle à tout soumettre à ce moment de l’insurrection et l’affrontement dans sa fascination y est présenté comme plénitude.

La qualité de l’écriture qui n’est pas le moindre des attraits de ce livre, est aussi un piège, une fascination peut s’exercer dès lors rapidement et faire perdre tout esprit critique. En manquant de prudence, ce livre risque de devenir une sorte de Bible du révolutionnaire-délinquant. D’ailleurs, si nous sommes d’accord pour affirmer que la résistance, c’est de la délinquance, nous refusons de retourner cette formule, et encore plus étendre cette résistance à tous les « actes gratuits » ou désespérés (l’épisode de décembre 2005 ou les luttes anti-CPE ayant échauffé les esprits à certains... désormais le Bloom le plus pur c’est le casseur, et la « commune » la plus efficace, la bande de casseurs. Après les attentats de 2001 pensaient les Tiqqun, le Bloom idéal était alors le musulman acculé par l’occidentalisation…). Certes, ce sont dans les périphéries, où existent les plus grandes injustices et où persistent en même temps des liens communautaires, que se passent et devront se passer les velléités insurrectionnelles les plus grandes. Mais la figure du banlieusard en Nike et BMW ne doit pas être mystifiée. Combien sont-ils dans ces quartiers à vouloir transformer radicalement le monde ? Ce sont aussi pour certains des individus qui ont parfaitement intériorisé les normes dominantes et qui souhaitent arriver en haut, en faisant fi du fait que cela veut dire en laisser en bas. Par ailleurs, certains amalgames sont un peu rapides : comparer Bassora et la Seine-Saint-Denis demande sans doute quelques explications.

Face à cette nostalgie qui se fascine pour les années de plomb et toutes leurs bandes de luttes armées et pathologies criminelles comme la « Manson Family » - nostalgie qui pousse Tiqqun et ses proches jusqu’à y reconnaître leurs ancêtres [9] -, « il faut aussi résister à une tendance, très présente chez les jeunes ‘‘ radicaux ’’, à vouloir réduire 68 à l’utilisation qui peut en être faîte aujourd’hui, écrivent Jacques Guigou et Jacques Wajnsztejn. C’est une tendance qui finalement se préoccupe peu de ce qui s’est passé et de l’interprétation située qu’on peut en faire, avec le recul. Il ne s’agit alors, dans une optique très activiste, que d’en reprendre quelques recettes et les appliquer. Pour ne prendre que quelques exemples (…), les réactions plus ou moins individuelles ou de groupe contre la police puiseraient leur modèle dans les batailles rangées contre la police dans les années 60-70 etc. Chaque fois, ce qui est oublié, c’est le contexte de lutte, le travail préparatoire des assemblées étudiants-ouvriers, l’insubordination ouvrière des jeunes prolétaires 0S, à la fois isolés parce que déracinés mais en même temps soudés par leur proximité de masse dans les grandes forteresses ouvrières (…) Mais aujourd’hui, nous ne sommes plus dans le même registre puisque c’est la violence individuelle ou de mini groupes qui semblent chercher à provoquer l’ébranlement, sans attendre que cette violence viennent s’ancrer sur des bases plus solides. On est parfois assez proche des raisonnements de la RAF allemande sur la nécessité de créer des actes exemplaires en l’absence d’un réel mouvement de lutte radical (…) C’est parce qu’il n’ y a pas (encore) cette force collective (…), que l’acte exemplaire n’apparaît que comme un acte artificiel correspondant à la volonté plus ou moins spectaculaire de ‘‘ faire un coup ’’ ou d’exercer un rituel comme dans les tentatives maintes fois répétées d’occuper la Sorbonne » [10].

Hors de toute ce délire messianique, pour l’heure, la violence que l’on pourrait opposer à la Méga-machinisation de nos vies, dévoile comme dirait J. Ellul, ce qu’est devenue la politique, ici et maintenant : elle exprime la haine absolue du pouvoir absolu, car si la puissance étatique tend vers l’absolu, les moyens pour la combattre ne peuvent plus rester relatifs. La « lutte armée » dans sa forme aveugle et les moyens démesurés des Etats, ne sont que les frères ennemis. Cette « lutte armée » acculée à l’opacité et à la guérilla n’est que l’image de l’Etat dans un miroir où chaque matin l’Etat s’interroge pour savoir qui est le plus fort. Tiqqun, tirant les conclusions des impasses des luttes armées en Italie dans les années 1970 (et plutôt bien d’ailleurs), relégitime cette pratique, sous le couvert de la nouvelle thèse de l’ « opacité offensive ». Contre tous ces délires sur la joie du néant, du désastre, de la catastrophe et « l’attaque au cœur de l’Etat », il faut lui opposer des pratiques subversives et constructives, c’est-à-dire plutôt aller vers ce qu’un auteur appelle la « substruction » [11]

La catastrophe comme aubaine :
un insurrectionnalisme messianique.



De plus si le livre développe une stratégie insurrectionnelle de « bandes » à la Mad Max, il cherche après avoir décrit une véritable ambiance de fin d’un monde sans nuances, à tirer parti de l’effondrement présent : « Attendre encore est une folie. La catastrophe n’est pas ce qui vient, mais ce qui est là », « c’est moins sur les crises ‘‘ naturelles ’’ qu’il faut compter que sur les crises sociales »). Pour cela il faut jouer la carte de la « multiplicité de groupes, de comités, de bandes pour organiser l’approvisionnement et l’autodéfense d’un quartier, voir d’une région en soulèvement ». La crise future rendant le système extrêmement vulnérable comme la montré par exemple l’épisode de l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans [12] , c’est alors une aubaine pour transformer le monde, elle est même présentée comme la dernière chance de révolution. Il y a désormais un recours systématique de la stratégie révolutionnaire dans sa projection dans le moment apocalyptique du déclin et de la chute de l’économie, il semble là qu’on cherche toujours à reproduire artificiellement dans l’ailleurs espéré d’une « uchronie », les affrontements qu’on désespère de voir surgir dans la société présente. Le moment de la crise catastrophique ou de la future crise sociale, est attendu alors comme le moment de la venue du Messie de l’insurrection, et tous s’y préparent. C’est toute cette vision apocalyptique au niveau écologique comme social, à l’évidence non interrogée, qui soutient la stratégie insurrectionnelle et les éléments de sa mise en place. Le cadre de l’insurrection est placé dans cette téléologie implacable, où l’avenir apocalyptique est dissimulé dans le présent, l’avenir ne résultant plus de nos actions présentes, délibérées ou involontaires. En ce sens, nous avons là un insurrectionnalisme de « crise », une nouvelle catastrophilie. S’il n’est pas question d’opposer à ce catastrophisme messianique, un autre schéma hégélien (la matrice prolétarienne des stades successifs) qui attendrait de voir le train de la réalisation de quelque chose pour en connaître le dépassement, nous pensons que quelque soit en effet la mort lente de l’économie et ses derniers râles écologiques qui pourraient bien l’emporter avec eux, nous sommes nous-mêmes l’économie, et il y a forte chance que le spectacle de son écroulement, avec nous dessous, n’ait rien, sur le moment de réjouissant ni ne donne l’envie de se révolter, au contraire... (pensons un instant par exemple, à ce qu'est devenu le mouvement anarchiste international en 1914). C’est bien parce qu’on a pas envie de crever nous aussi dessous, qu’une sécession – et d’abord avec le travail-marchandise – est et doit être pensée, construite et engagée concrètement. Mais trouver là une aubaine pour une insurrection, n’est guère réaliste ni enthousiasmant. Non seulement un ennemi quand il est blessé à mort est d’autant plus redoutable dans ses moyens de répression, mais on sait aussi que s’il sait détruire beaucoup de choses, il en construit aussi, et un « accident intégral » pourrait très bien être dépasser (et d’ailleurs toute la technoscience y travaille déjà).

[...]

------

Notes :

[1] P. Garonne et D. Caboret, op. cit.

[2] P. Garrone et D. Caboret commentent bien cela quand ils écrivent qu’ « il est donc caractéristique qu’en dévoilant l’essence métaphysique du monde, elle [la Tiqqounnerie] ne peut le combattre qu’en tant que catégorie philosophique, c’est-à-dire en tant qu’adversaire de même condition qu’elle. Aussi, a-t-elle trouvé l’expression exacte pour qualifier son activité, lorsqu’elle affirme qu’elle lutte uniquement contre une ‘‘ interprétation ’’. Egarée dans ses périlleux exercices scolaires, elle ne peut annoncer aux hommes leur libération que sous la forme d’un postulat moral : troquer leur conscience actuelle contre la conscience véritable », c’est-à-dire l’absolutisation de la communauté comme essence en dernière instance de l’individu, op. cit.

[3] Contre cette conception de l’aliénation, voir le chapitre « L’économie comme aliénation de la vie », M. Henry, Marx, Une philosophie de l’économie, tome 2, Gallimard.

[4] « Il ne fait maintenant plus aucun mystère que Julien Coupat, par l’idée d’une mission à accomplir, est marqué jusqu’au ridicule par les sentences de Franck », P. Garrone, D. Caboret, op. cit.

[5] Etonnantes pratiques peut-être pour un comité qui reprend le nom d’un comité lyonnais républicain du 19ème siècle. Mais cette fascination devant la violence gratuite, quelle qu’elle soit, n’est encore pas nouvelle : « Rien ne peut expliquer l’absence systématique de remords chez ces criminels (K. Kinkel par exemple), sinon le sentiment muet de participer à une grandiose œuvre de saccage. De toutes évidence, ces hommes en eux-mêmes insignifiants sont les agents d’une raison sévère, historique et transcendante qui réclame l’anéantissement de ce monde, c’est-à-dire l’accomplissementde son néant », (Thèses sur le parti imaginaire, n°1). Et en effet, « on trouvait déjà dans le n°1 de Tiqqun l’apologie des ‘‘ carnages, suicides et dérèglements divers ’’ (…). Tant Foucault [avec Pierre Rivière] que Tiqqun s’inscrivent dans une tradition littéraire bien française d’exaltation du crime dépourvu de mobile apparent, des fantasmes d’Andre Gide sur l’ ‘‘ acte gratuit ’’ (Les Caves du Vatican, 1914) aux spéculations de Maurice G. Dantec sur les tueurs en série (Les Racines du mal, 1995), en passant par la célèbre exhortation d’Andre Breton : « l’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule » (Manifeste du surréalisme, 1924) », dans Jean-Marc Mandosio, D’or et de sable, Encyclopédie des nuisances, 2008, p. 233 ; sur Tiqqun cf. p. 231-236. On lit aussi dans La théorie du Bloom, au sujet de Richard Durn : « La contradiction entre l'isolement, l' apathie, l'impuissance, l'insensibilité du Bloom d'un côté et de l'autre son cassant besoin de souveraineté ne peuvent qu'amener plus de ces gestes absurdes, meurtriers… »

[6] Cette idée que le fait d’être armé peut rendre superflu d’utiliser les armes, est présentée comme une logique de dissuasion : « Lorsqu’en mars 1977, 100 000 personnes manifestent à Rome parmi lesquels 10 000 sont armées et qu’à l’issue d’une journée d’affrontements aucun police ne reste sur le carreau quand cela eût été si facile de faire un massacre, on perçoit un peut mieux la différence qu’il y a entre l’armement et l’usage des armes. Être armé est un élément du rapport de force, le refus de demeurer abjectement à la merci de la police, une façon de s’arroger notre légitime impunité », dans « Ceci n’est pas un programme », op. cit., p. 254.

[7] René Riesel et Jaime Semprun, Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, Encyclopédie des nuisances, 2008, p. 41-42.

[8] « Dorénavant, la machine de guerre [pour faire la révolution] devra se défendre non seulement des attaques hostiles, mais aussi de la menace que sa minorité guerrière ne se sépare d’elle (…) Etablit un rapport majeur à la violence veut seulement dire, pour nous, établir un rapport majeur à la minorité des guerriers (…). Le guerrier n’est pas une figure de la plénitude (…). Le guerrier est une figure de l’amputation. Le guerrier est cet être qui n’accède au sentiment d’exister que dans le combat, dans l’affrontement avec l’Autre ; cet être qui ne parvient pas à se procurer par lui-même le sentiment d’exister. Rien n’est plus triste, au fond, que le spectacle de cette forme-de-vie qui, dans chaque situation, attendra du corps-à-corps le remède à son absence à soi (…) Le guerrier est une figure de l’inquiétude et du ravage. A force de n’être pas là, de n’être que pour-la-mort, son immanence est devenue misérable, et il le sait », dans « Ceci n’est pas un programme », op. cit., p. 254-255.

[9] « Ce fut en Allemagne, le mouvement du 2 juin, la Rote Armee Fraktion (RAF) ou les Rote Zellen, et aux Etats-Unis le Black Panther Party, les Weathermen, les Diggers ou la Manson Family, emblème d’un prodigieux mouvement de désertion intérieure », Tiqqun, n°2, « Parti imaginaire et mouvement ouvrier », p. 241.

[10] J. Guigou et J. Wajnsztejn, « Compléments à Mai 68 et le Mai rampant italien », juillet 2008, disponible à l’adresse : < http://membres.lycos.fr/tempscritiques/texte.php?ordre=34 >

[11] « La Machine Travail Planétaire (MTP) doit être démantelée soigneusement car nous ne voulons pas mourir avec elle. N’oublions pas que nous sommes une partie de la Machine et qu’elle fait partie de nous-mêmes. Nous ne pouvons détruire que notre rapport à la Machine. ‘‘ Subversion ’’ signifie changement des rapports entre nous (les trois catégories de travailleurs) et face à la Machine (qui, à son tour, se présente à chaque catégorie de travailleurs comme un système globalisant). Il s’agit de subversion et non d’attaque, car nous sommes à l’intérieur de la Machine et c’est à partir de là que nous devons la bloquer. Nous ne nous présenterons pas comme un ennemi de l’extérieur. Il n’y aura pas de front, ni de quartier général, encore moins d’uniformes. Utilisée seule, la subversion n’est pas une solution, elle nous permet de paralyser un certain secteur de la Machine, de détruire une de ses fonctions, mais la Machine sera toujours capable de reconstruire une fonction isolée et de s’imposer de nouveau. Nous devons remplir chaque espace conquis par la subversion avec quelque chose de nouveau, quelque chose de constructif. Nous ne pouvons pas espérer éliminer d’abord la Machine et, une fois en place libre, établir BOLO’BOLO : nous arriverions toujours trop tard. Des éléments provisoires de BOLO’BOLO, des rameaux de sa structure doivent occuper tous les interstices libérés, les espaces abandonnés, les zones déjà conquises. Ils préfigurent ainsi les nouvelles relations. La construction doit être combinée avec la subversion pour former un processus unique : la substruction (ou con-ver-sion si l’on préfère). La construction ne doit jamais être un prétexte pour renoncer à la subversion. A son tour, la subversion isolée ne produit que feu de paille, des dates historiques et des héros, mais ne laisse pas de résultats sur le terrain. Construction et subversion prises isolément sont, l’une et l’autre, une manière de collaboration tacite ou explicite avec la Machine », P.M., Bolo’bolo, éditions L’éclat, 1998, p. 60

[12] Ainsi, au sujet de l’ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orléans, des insurrectionnalistes américains écrivent : « Nous sommes en train de vivre une des plus grandes perturbations de l’économie capitaliste et l’ordre social depuis peut-être les rébellions urbaines de Los Angeles qui ont secoué le pays en 1992. (…)Les autorités sont démoralisées : Un tiers de la police de la Nouvelle Orléans a déserté et le reste opère avec des véhicules, du carburant, des armes et des communications limités, les membres de l’armée s’interrogent de façon ouverte sur leurs interventions à la fois à la N.O. et en Irak, le maire de la N.O. s’est effondré en pleurs publiquement...La foi et la confiance en les autorités fédérales et d’état s’évaporent au fur et à mesure que les aides et ressources de sauvetage sont bizarrement absentes ou ailleurs. (…)Le dégoût du gouvernement, et peut-être même de l’idée de gouvernement, croît.Les actes illégaux sont de plus en plus défendus, appréciés. Beaucoup d’Américains ordinaires sont en train de casser leur routine légaliste en justifiant le pillage. Comme la définition du crime (et de la survie) se déplace, les agents du contrôle social commencent à faiblir. (…)Le système peut-il être surchargé jusqu’au point d’effondrement ? Comment pouvons-nous le mieux participer dans ces moments de crises ? (…) Si maintenant c’est le moment, alors que faire ? » Cf. la brochure Autour de la catastrophe Katrina à la Nouvelle-Orléans. De sa gestion par l’Etat et de l’organisation autonome et collective pour la survie : < http://infokiosques.net/spip.php?article444 >


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jaf



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PostPosted: 16 Nov 2008 21:08    Post subject: Reply with quote

Il faut méchamment saboter avant que la note s'élève à plusieurs milliards d'euros.
On doit relativiser les impacts que les autonomes et autres anarchistes peuvent occasioner par rapport à se que la froide économie peut produire com^me dégats humains.

Je ne dédouane pas ceux qui s'amusent "d'une façon sérieuse" à faire dérailler les trains. La communication des médias a tendance à souligner le nombre de zéros derrière le chiffre lorsque ça arrange tel ou tel lobby!

Lorsqu'il y a des vies en jeu potentiellement, là, ça commence à devenir grave.
C'est le cas dans les sabotages de catener Maléfique
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Kobayashi



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PostPosted: 17 Nov 2008 9:44    Post subject: Reply with quote

Jaf, tes accusations à l'emporte pièce sur le Goutailloux ne concernent que toi. On est pas au café du commerce même si celui-ci est en effet de plus en plus présent.

Un comité de soutien s'est organisé par contre pour soutenir la communauté.

Quote:
Une réunion a eu lieu à Tarnac (19) en présence de nombreux habitants de la commune et des alentours choqués et en demande d'information sur les arrestations du 11 novembre. Un comité de soutien a été créé à l'issu de la réunion, une large partie de la population du village n'accepte pas l'inculpation scandaleuse dont sont victimes leurs voisins.

Il faut faire du bruit autour de cette affaire qui nous menace tous. Soyons nombreux, partout à les soutenir. Ce qui se passe sur le plateau de Millevaches peut faire tâche d'huile. Vous pouvez écrire au comité de soutien à cette adresse :

11novembre-soutien(arobase)gmx.com

soit pour leur proposer votre aide, soit pour leur témoigner votre sympathie tout simplement.

VIDEO :
Lien

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Saboteurs présumés de la SNCF: un air de résistance souffle sur le plateau de Millevaches

Un comité de soutien aux cinq jeunes corréziens interpellés dans l'enquête sur les sabotages contre le réseau SNCF a été crée vendredi soir à Tarnac. Les trois fondateurs, des habitants du plateau de Millevaches qui se revendiquent de gauche, dénoncent la méthode employée pour procéder aux interpellations.

C'est par une conférence de presse organisée vendredi soir à Tarnac (Corréze) que les fondateurs du comité de soutien (Thierry Letellier, maire de la commune voisine de La Villedieu, Michel Ginnaber et Jean Plazanet, ancien maire PC de Tarnac) ont expliqué leurs motivations.

Thierry Letellier, a dénoncé la forme employée. Leur façon de faire était inacceptable, et a estimé que c'est une affaire qui tombe à pic politiquement. Pour sa part, Michel Ginnaber a relevé que ce sont des gens qui fuient l'anonymat et l'aggressivité des grandes villes et que l'on vient rafler car ils ont décidé de vivre autrement et pour cela on fait l'amalgame avec des terroristes. Toujours selon ce dernier, la façon dont on les présente est différente de la réalité partagée ici dans le village. Une vision que partage Jean Plazanet, le premier à avoir accueilli le chef présumé en lui permettant de louer une chambre dans l'ancienne maison de retraite.

Le coup de filet a porté un coup rude aux 330 habitants de Tarnac et au-delà à la population du plateau de Millevaches toujours sensible à l'accueil de nouveaux habitants. L'arrivée d'une vingtaine de jeunes avait été ressentie comme un cadeau du ciel. Grâce à eux, il y a encore une épicerie et de quoi manger dans le village, a tenu à rappeler l'ancien maire de Tarnac précisant que contrairement à l'image de jeunes désoeuvrés reprise par les médias, il s'agit plutôt de monsieur et madame tout le monde qui se lèvent à 6 heures du matin pour préparer leurs légumes et les amener aux vieux.

Face au traumatisme lié a des interpellations réalisés avec une débauche de moyens, des proches des gardés à vue ont rencontré jeudi soir, dans la salle des fêtes du village, la population de Tarnac mais aussi des habitants des villages environnants, afin de s'expliquer et de donner leur version. 80 personnes ont répondu présent.

La décision de ces jeunes urbains de venir s'installer sur le plateau n'est pas, comme le rappelle le quotidien régional La Montagne, le fruit du hasard. A l'occasion d'une interview au quotidien en janvier dernier les nouveaux propriétaires de l'épicerie, et au-delà leur communauté, n'ont jamais fait mystère de leur net penchant à gauche. La présence dans la partie restaurant-bar du magasin du portrait de Georges Guingouin figure tutélaire de la résistance limousine surnommé le « Préfet du maquis » n'est pas innocente pour des jeunes qui s’estiment en rébellion contre l'autorité.

A la croisée de la Creuse de la Haute-Vienne et de la Corrèze, le plateau de Millevaches est traditionnellement une haute terre de résistance, propice aux insoumis. Isolée, au climat rude, elle a accueilli au siècle dernier des républicains espagnols fuyant la dictature de Franco, des juifs pourchassés par le nazisme, des réfractaires au STO, et de nombreux maquisards.

Dans ce passé riche qui innerve le présent, la création d'un comité de soutien illustre bien une méfiance aux discours officiels, aux vérités trop criantes, aux emballements médiatiques parisiens. Pour autant, le Comité se garde bien de porter un jugement sur le fond de l'affaire, conscient que ceux à qui il a ouvert les bras ne sont sans doute pas des oies blanches même si, quelques jours après les interpellations, l'instruction semble patiner.

A cette heure, les neuf gardés à vue sont sous le coup d'une mise en examen notamment pour 'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste

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nouil
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PostPosted: 17 Nov 2008 13:28    Post subject: Reply with quote

Enfin entre l'article de sortie de l'économie valorisant le sabotage, et cette nette condamnation du tiqqun et du sabotage, il y a quand même un truc qui cloche ?

Est ce que c'est parce que c'est le tiqqun ?
Parce que c'est médiatisé et à une toute autre échelle ?
Parce que c'est présenté comme une action belliqueuse ? (En même temps, le sabotage... )
Parce qu'on a changé d'avis entre temps ?
Parce que c'est pas exactement les mêmes personnes qui écrivent?

Parce que bon tapé sur l'enrobage littéraire du tiqqun maintenant(même si c'est légitime), c'est un peu facile.
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Kercoz



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PostPosted: 17 Nov 2008 14:00    Post subject: Reply with quote

"""La catastrophe comme aubaine :
un insurrectionnalisme messianique.


De plus si le livre développe une stratégie insurrectionnelle de « bandes » à la Mad Max, il cherche après avoir décrit une véritable ambiance de fin d’un monde sans nuances, à tirer parti de l’effondrement présent : « Attendre encore est une folie. La catastrophe n’est pas ce qui vient, mais ce qui est là », « c’est moins sur les crises ‘‘ naturelles ’’ qu’il faut compter que sur les crises sociales »)."""

Je pense que le réalisme montre que si une stratégie déstabilisante puisse influer sur une bipolarisation des comportements , elle risque d'etre contreproductive . La peur des dépletions va induire des reflexes sécuritaires qui vont carrément etre en demande de dictature.
Par contre , en analysant les conjonctures et leur probabilité , se basant sur l'écroulement économique et surtout sur la dépletion energetique , les modèles montrent une proba importante de situations insurrectionnelles "naturelles" (pas de stocks de bouffe fr ou euro ).
Il n'esxiste a mon ens que deux modèle de repli pour le ystème :
1/ le retour a une économie de survie /autarcie partielle (type rurale année 50)
2/ Du KAKI partout et surtout ds les circuits nourriciers .
La seconde conserve la logique linéaire du traitement des problème / modèle économique actuel réactualisé aux besoins depletifs
La premiere reprend la logique de la complexité , destressante et permet de relancer un modèle évolutif .
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Deun



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PostPosted: 17 Nov 2008 16:52    Post subject: Reply with quote

nouil wrote:
Enfin entre l'article de sortie de l'économie valorisant le sabotage


... comme sortie de l'économie, dans le contexte d'un travail rémunéré, et avec comme fil rouge cette question : quelle est la différence entre le travail bien fait et le sabotage, quand les finalités des activités sont opaques ?

Tu liras en conclusion que le sabotage est finalement assimilé au freinage, pratique de résistance pratique du travailleur, visant à se protéger subjectivement et concrètement des diverses contraintes du travail, et en particulier du zèle et du stress induits par les contraintes temporelles.

C'est très différent d'une insurrection où le sabotage prend un autre sens, dans un contexte de conflit explicite et collectif, avec cessation du travail (grève). Mais comme ce contexte n'existe pas, le prétendu sabotage dont on parle n'a même pas ce sens-là.
Cette histoire de sabotage est clairement bidon.
Mais il faut prendre au sérieux l'instrumentalisation des registres et des énoncés d'apparence "anarchistes", la capture et la détention légales de personnes pendant 4 jours, justifiée simplement en jouant sur des clichés historiques (brigades rouges etc) et idées reçues, et cela pour disqualifier d'avance les conflits contre l'économie dans une période où l'insatisfaction à son endroit va peut-être grandir.
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jaf



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PostPosted: 17 Nov 2008 16:57    Post subject: Reply with quote

Monsieur Kobayashi, vous n'aimez pas parler politique au café et vous ne supportez pas mes commentaires...

Pourtant le sujet est vaste, l'énoncé du sujet est vague et des interprétations divergentes peuvent apparaître Cool

Si vous trouvez que mes propos n'ont pas lieu d'être dans cette discussion, je vous propose de signaler votre demande courroucée dans le sous forum "modération collective". Ainsi, vous pourrez argumenter à loisir pour m'exclure de cette discussion Roulement des yeux
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bug-in



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PostPosted: 17 Nov 2008 17:56    Post subject: Reply with quote

Le sabotage est un moyen a considérer parmi d'autres. S'il est employé cela doit se faire dans le cadre de revendication claires -sinon ça peut-être n'importe quoi.

Par exemple le fauchage de clone chimérique vivant végétal est un acte de sabotage en quelque sorte. Et il ne me pose aucun problème.

Par ailleurs on peu critiquer les textes de Tiqqun ou certaines perspectives qu'ils soutiennent tout en soutenant ce groupe en tant qu'il fait l'objet d'injuste accusations.
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Pour des communautés libertaires écocentrique et affinitaire

Participer a libérer et cultiver les conditions locales et pérennes d’existences et d’autodéterminations des vivants, sans domination.
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Kobayashi



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PostPosted: 18 Nov 2008 18:44    Post subject: Reply with quote

je fais suivre ce texte

Quote:
A LA PRESSE, AUX REVUES, AUX SYNDICALISTES & AUX MILITANTS DES DROITS DE L’HOMME DE TOUS LES HORIZONS
Dans la nuit, dimanche 16 novembre 2008.


JULIEN COUPAT N’EST PAS UN « TERRORISTE »


A l’heure où j’écris ce présent texte, Julien Coupat vient d’être écroué après 96 heures de garde à vue passées dans les services de la Brigade antiterroriste.

Julien Coupat est mon ancien compagnon de séminaire, à l’EHESS. Il a suivi le séminaire « histoire de la pensée allemande » et soutenu brillamment un DEA autour des écrits de Guy Debord. Nous avons conduit quelques activités communes, dont de nombreuses réflexions et échanges de textes en vue de co-fonder ensemble une revue. Nous avons arpenté la rue Mouffetard à maintes reprises avec les yeux & les mains ouvertes vers la liberté, la désaliénation et l’action pour le progrès.
La revue Tiqqun est née sans moi. Des désaccords pratiques et d’existence nous séparaient. Républicain et nourrissant des analyses me portant à stimuler les actions collectives dans et pour le peuple dans la lutte des classes pour organiser l’union de luttes des classes populaires, nous n’avons pas poursuivi nos relations fraternelles mais le respect mutuel dans nos travaux a demeuré. Nous avons tout de même mis sur pied ensemble un atelier au cours d’un Congrès Marx International à Nanterre. L’orientation intellectuelle et partisane de Julien Coupat l’a mené dans les franges de la radicalité scripturaire. Ni plus, ni moins. Toujours amical avec ses semblables, d’une gentillesse remarquable, les écrits de Julien Coupat sont certes radicaux mais qu’on nous comprenne bien : entre des écrits et les actions, il y a un monde qu’il n’a certainement pas franchi. Du ciel des idées au cieux de l’action, la béance est un drame grossi aujourd’hui par la procurature. Il est devenu le pion d’un jeu imbécile qui en révoltera plus d’un : l’hypertrophie du vocabulaire de la sanction.

Julien Coupat n’est pas un prolétaire mais un bourgeois entré en critique ; il y en a, il en faut ! Individualiste, Julien Coupat n’est pas républicain au sens strict. Il ne méconnaît pourtant pas les idéaux et espérances de l’esprit de la Révolution française, de la Révolution de 1848 et la Commune de 1871 et les milliers de déportés et fusillés, femmes, enfants et vieillards au cours de la répression sanglante orchestrée par Versailles. En rupture de ban avec les idées communes des si gentils mouvements politiques claniques et groupusculaires qui n’ont d’autres vues que de se satisfaire de la haute opinion qu’ils ont d’eux-mêmes, cela fait-il de julien Coupat un « terroriste » ? Non, trois non.

Julien Coupat a mené ses travaux honorablement avec tout le sérieux que je lui connais. Excellente plume littéraire, je peux ne pas être en accord avec ses analyses, orientations théoriques et politiques. Loin de là. Reconnaissons-le pourtant parmi les intellectuels engagés qui n’a jamais fait défaut à l’humanité : nulle tentation et nul appel à l’homicide ne transparaissent dans l’ensemble de ses écrits. Je le sais, nul appel au meurtre ne se lira jamais sous sa plume, malgré les épreuves du jour et de la nuit en enfermé. Il a par la suite fait paraître des livres collectifs, signant Théorie de la jeune fille et Bloom aux Editions Mille & Une nuits sous des noms d’emprunts. Ses textes provenaient tous de la revue Tiqqun. Il a ensuite préfacé un recueil de textes de Blanqui paru aux Editions de La Fabrique. Il a de même été l’une des plumes principales du Comité Invisible popularisant L’insurrection qui vient, toujours aux Editions de La Fabrique, texte éponyme d’une réalité en marche.

Cela fait-il de Julien Coupat un « terroriste » ? Non, trois non.
Que reproche-t-on à Julien Coupat ? D’écrire librement ?
· De qui est-il le bouc émissaire ? D’une certaine idée de la liberté intellectuelle sous contrôle ?
· De quoi est-il le bouc émissaire ? D’une paranoïa instrumentale de la part d’un Ministère aux ordres des dérives répressives du droit pénal européen pour criminaliser toutes orientations politiques et critiques de l’ordre anarchiste du règne de la marchandise capitaliste ?

Nous ne nous étendrons pas ici (ce n’est pas le moment, laissons travailler ses avocats) sur la procédure judiciaire qui frappe Julien Coupat et ses camarades sinon pour exprimer notre aversion pour cette exagération des qualifications pénales et ses mesures tournées vers l’incarcération. Hypertrophier des faits, quels qu’il soient, entraîne des dérives liberticides pour tous. Citoyens, soyez-en conscients ! L’esprit de Versailles ne doit pas passer !

Julien Coupat a-t-il ou pas commis les actes qu’on lui reproche ?
Qu’importe. Ce n’est ici pas le problème de ce présent texte.
Il ne nous appartient pas de juger, même si justice est rendue « au nom du peuple français ».
La justice passera. Elle doit examiner les faits dans la sérénité. Et nous appelons à la sérénité des juges, enquêteurs et journalistes qui rendront compte de l’agitation médiatique décelable à l’instant. Nous appelons à leur examen des faits sans autre souci républicain que de clarifier une situation hors des délirantes accusations de terrorisme.

En effet, le peuple, sujet du droit, n’est pas et ne sera pas le bourreau des seules idées, même celles qui sont contraire à ses intérêts propres dans l’union réelle de sa classe appauvrie, en vue de son émancipation intégrale. Le peuple n’est pas et ne sera pas le bourreau d’actes de potaches pas encore prouvés sinon l’existence de quelques livres, quelques tracts, un baudrier d’escalade et des objets que tout à chacun peut posséder chez lui pour bricoler. Le bricolage n’est-il pas le loisir favori des français, comme nous l’assène la presse depuis quelque temps ?

La disproportion des qualifications pénales à l’encontre de Julien Coupat (« entreprise terroriste ») nous fait craindre des dérives judiciaires ultérieures. Des interpellés la semaine dernière, certains l’ont été parce qu’ils possédaient, dans leurs bibliothèques très fournies, L’insurrection qui vient (Ed. La Fabrique).

Que tous ceux qui possèdent J’irai cracher sur vos tombes de V. Sullivan alias B. Vian, un exemplaire de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 (pour rappel, elle appelle au renversement des gouvernements n’allant plus dans le sens de l’intérêt du peuple), ou encore L’insurgé de Jules Vallès se rendent en ce cas à la Brigade antiterroriste de suite.

Moi & toi & vous,
nous pouvons tous du jour au lendemain subir quelque accusation que ce soit sous prétexte de nous faire sentir le poids de la répression au nom d’une lecture anti-républicaine du droit. La lecture du droit doit rester mesurée. En toutes circonstances. Pas d’exception en l’Etat de droit… à moins que le masque ne tombe définitivement !

Julien Coupat n’est pas un terroriste.
Julien Coupat n’est pas et n’a jamais été le chef d’un gang.
Julien Coupat doit être dégagé des chefs de terrorisme.
Julien Coupat menotté écrira… encore & encore.
Solidarité avec Julien Coupat & ses amis, y compris s’ils ont commis des excès que nous ne jugerons pas même si nous ne les acceptons pas… mais certainement pas ceux de « terrorisme ».
Pour le reste & les suites, nous agirons et communiquerons en conséquence.


OLIVIER PASCAULT
CHERCHEUR & JOURNALISTE + PLACE AUX FOUS,
PHILOSOPHIE & MUSIQUES, DISCIPLINES DE L’INDISCIPLINE
RADIO LIBERTAIRE
Comité Visible pour le droit de la défense de Julien Coupat & ses camarades

Ecrire à : place-aux-fous(arobase)voila.fr

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Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
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PostPosted: 18 Nov 2008 21:53    Post subject: Reply with quote

Je fais suivre

Quote:
Arrêtez-nous !

Nous aussi, nous avons manifesté dans notre vie,
Nous avons même manifesté contre la guerre et pour la paix dans le monde,
Certains d'entre nous ont même manifesté à l'étranger, et certains aux Etats-Unis,

Nous aussi, nous habitons ou aimerions habiter un village de 300 habitants,
Nous avons même imaginé vivre et habiter à la campagne et devenir épiciers,
Certains d'entre nous aimeraient reprendre une vieille ferme et planter des carottes,

Nous aussi avons des ordinateurs portables et des connexions Internets,
Nous avons même créé des blogs politiques et associatifs,
Certains d'entre nous connaissent même des sites libertaires ou anarchistes,

Nous aussi, nous possédons une carte des chemins de fer et destinations de la SNCF,
Nous avons, pour les plus jeunes, une carte 12-25 ans pour voyager moins cher,
Certains d'entre nous ont même été importunés par les voies ferrés dans leur promenade du dimanche,

Nous aussi, nous avons des livres à la maison,
Nous avons même des livres politiques qui expliquent comment renverser le système capitaliste,
Certains d'entre nous ont même écrit des livres subversifs expliquant comment organiser une action militante

Nous aussi, nous aimons la nature,
Nous avons même toutes et tous pensé faire de l'escalade pour profiter des paysages de montagne,
Certains d'entre nous ont même, dangereux qu'ils sont, des mousquetons et un casque d'escalade,

Nous aussi, nous sommes allés à l'école,
Nous avons même essayé de faire des études, voire beaucoup d’études,
Certains d'entre nous ont même obtenus leur diplôme BAC+5.

Nous sommes toutes et tous des terroristes de l'ultra-gauche !
http://ultragauche.wordpress.com/



Quote:
Fabrication d’épouvantails, mode d’emploi
Par DANIEL SCHNEIDERMANN

Stupeur et consternation ! Les terroristes «d’ultragauche» accusés par la ministre de l’Intérieur d’avoir saboté des caténaires de TGV, vivaient paisiblement à Tarnac, petit village de Corrèze. Ils y tenaient même l’épicerie-bar. Les habitants du village expriment tout le bien qu’ils pensaient de leurs commerçants uniques. Qu’à cela ne tienne. Les journaux télévisés unanimes brodent sur la clandestinité du groupe, «qui avait balancé ordinateurs et téléphones portables». Une épicerie, peut-être, mais «une épicerie tapie dans l’ombre», précisa fort sérieusement un journaliste de France 2.

Le journalisme policier est un art difficile. Il ne s’agit pas seulement de recueillir les confidences des enquêteurs, et de tenter tant bien que mal de séparer infos et intox. Il faut encore leur donner la forme d’un roman conforme à ce qu’attendent, selon les cas, les lecteurs, la hiérarchie du journal, ou le ministère. D’où la fabrication ultrarapide «d’épicerie tapie dans l’ombre», d’un «commando» composé d’un «cerveau» et de «lieutenants» réfugiés dans un «QG» ou de «nihilistes potentiellement très violents».

Fabrication, ou résurrection ? Aux plus âgés d’entre nous (disons, les quadragénaires bien avancés) les journaux télévisés de la semaine dernière auront au moins rappelé leur jeunesse. Aux «prêcheurs barbus des caves», aux «gangs ethniques des banlieues», a en effet succédé une autre catégorie de «méchants», bien oubliée, «la mouvance anarcho-autonome». Et resurgissent pêle-mêle les fantômes des glorieux prédécesseurs de MAM, Michel Poniatowski (ministre de Giscard), ou même Raymond Marcellin, titulaire du poste sous Pompidou.

Dans ce concours de fabrication d’épouvantails, notre confrère du Figaro, Christophe Cornevin, se classe hors catégorie. Les ultraépiciers de Tarnac, aux yeux du Figaro, étaient «en totale rupture de ban avec la société», «embarqués dans un mode de vie altermondialiste, vivotant pour certains du négoce de produits agricoles, fuyant le regard des rares riverains qui les entouraient, ces apprentis terroristes de la gauche ultra présentaient un profil bien particulier. Agés de 25 à35 ans pour le plus âgé, ces nihilistes considérés comme «potentiellement très violents» étaient articulés autour d’un petit «noyau dur» d’activistes déjà fichés pour divers actes de violences et de dégradation. A priori, aucun d’entre eux ne travaillait. «Cela ne correspondait pas à leur philosophie», lâche un enquêteur. Les femmes de la bande, quant à elles, sont plus volontiers dépeintes sous les traits de "filles de bonne famille issues de la bourgeoisie de province". Un profil somme toute guère étonnant au regard de la jeune fille chic en Burberry qui répondait au nom de Joëlle Aubron à l’époque d’Action Directe».

Paresse, lâcheté, violence, trahison de sa classe d’origine : tous ces traits de caractères individuellement, sont inquiétants. Regroupés, ils composent un tableau terrifiant. Le lendemain, le titre d’un article du même journaliste nous apprend que «l’ADN est au cœur de l’enquête». Mais au cœur de l’article… rien sur les preuves ADN.

A croire d’ailleurs que la fabrication d’épouvantails médiatiques est une spécialité en soi. Une recherche au sujet de Christophe Cornevin dans le moteur Google, donne une idée de l’ampleur des compétences du confrère. «Une dizaine de lascars sont affalés sur les bancs de la salle des pas perdus de la 23e chambre correctionnelle, écrit le journaliste. Agés de 17 à 22 ans, ils sont dans leur écrasante majorité originaires d’Afrique noire» (7 septembre 2007, article intitulé «L’essor des gangs africains dominés par le vol et la violence»). «Les barbus s’activent derrière les barreaux», titre leFigaro en septembre. Détails : «Ces religieux clandestins se sont radicalisés en surfant sur Internet, confie un haut responsable de l’AP. Ils distillent des fragments de sourates pouvant faire référence à la violence et reprennent un discours moyenâgeux pour convertir leurs compagnons de cellule.»

Mais lorsque la tendance des épouvantails vire au modèle «trader fou», notre artisan sait aussi se reconvertir, comme dans cette description balzacienne des objets saisis lors d’une perquisition chez l’ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel : «Sur une table placée aux abords de l’impressionnant écran plat qui trône dans la pièce principale, ils ont notamment trouvé deux téléphones portables, un livre de réglementation bancaire, un numéro de la revue Investir intitulé «Comment s’enrichir en 2008», une canette entamée, une boîte de cigares Monte-Cristo et un exemplaire du Coran comprenant une version arabe et sa traduction en français.»

Ça ferait rire, si ça ne faisait pas peur. Ça ferait peur, si ça ne faisait pas rire.

http://www.liberation.fr/medias/0101266655-fabrication-d-epouvantails-mode-d-emploi

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