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Différence salarié / auto-entrepreneur ?
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 30 Nov 2009 11:55    Post subject: Différence salarié / auto-entrepreneur ? Reply with quote

Je trouve les critiques du salariat un peu ambigües dans leur formulation car dans l'espace des possibilités de gagner de l'argent en s'activant, il y a autre chose que le salariat. Veut-on dire qu'il faut créer son entreprise ? Pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr que c'est toujours cela que l'on veut signifier.

L'analyse critique de l'économie contient la critique du salariat mais sans se restreindre à cette critique. Pour autant peut-on tout rabattre sur un seul type de critique globalisante, et considérer qu'il n'y a pas de différence a priori entre être salarié et être entrepreneur ? Je ne crois pas.

Une première différence qu'il faut mentionner est que la subordination du salarié est inscrite juridiquement, et qu'elle justifie en retour un certain nombre de devoirs de l'employeur pour "compenser" cette subordination. On pourrait critiquer ce principe de compensation en tant que tel, et ce qu'il fait aux personnes à la longue en terme de dépossession : puisque l'employeur est responsable de tout (et spécialement de l'organisation du travail), il finit par avoir la main sur toutes les décisions essentielles. Le salarié n'est pas seulement subordonné, mais devient dépendant d'un savoir-faire ou de domaines d'activités où il est incompétent. Il spécule sur la valeur de sa force de travail en fonction des différents indicateurs qu'il peut lire sur le marché du travail ou dans son entreprise.

A l'inverse, l'entrepreneur n'a pas les mêmes gages de sécurité (juridiques) vis-à-vis du pouvoir que ses clients ont éventuellement sur lui. En général, son souci n'est pas tant de trouver sa place dans une organisation, ni même de vendre au mieux sa force de travail, mais de produire et vendre des marchandises. Il a l'oeil rivé sur la comptabilité comme le salarié l'a sur sa fiche de paie. Avec l'expérience il sait évaluer rapidement si telle activité nouvelle peut être rentable. Quand il voit son salarié il y a un chiffre qui s'affiche au dessus de sa tête en lévitation qui est son salaire. S'il n'a pas de salarié, il voit sur chaque marchandise le chiffre qui est son prix de vente, un peu un maraîcher calcule en deux seconde la valeur en euros d'un panier de légumes. Il additionne et soustrait des choses qui n'ont rien à voir et en tire des conclusions sur ce qu'il faut ou ce qu'il peut faire.

Bref, l'entrepreneur a une vision plus fine et plus précise de la valeur marchande des activités et des biens. Serait-il plus contaminé par l'économie que le salarié ou bien simplement plus lucide que lui ?
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SDE dec.info socio. des épreuves
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cervesia



Joined: 20 May 2009
Posts: 491
Location: toul, lorraine

PostPosted: 30 Nov 2009 16:12    Post subject: Reply with quote

les choses dans ce système auront toujours un prix (élevé...?) mais l'auto-entrepreneur pourra peut-être s'affranchir de l'allégeance due aux patrons dès qu'on fait partie d'une boite ? travaillez plus pour lui que pour x autres anonymes et pressurisant ?
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Kobayashi



Joined: 08 Apr 2004
Posts: 1885

PostPosted: 01 Dec 2009 21:28    Post subject: Reply with quote

Je pense rejoindre ce que tu dis. Je dirai pareil avec les mots de la critique de la valeur, je dirai que cette question de l’auto-entrepreneur, et plus largement la critique unilatérale du rapport juridique de subordination du salariat vis-à-vis du patronat, est encore la marque du vieux marxisme traditionnel qui fait une critique du point de vue du travail (c’est vraiment typique je vais essayer de l’expliquer dans cette histoire de l’auto-entrepreneur). Ce marxisme là (qui est en fait diffuser aujourd’hui dans une grande partie de la population comme étant le sens commun : bien des gens qui ignorent l’idéologie sont marxistes sans le savoir) disait que la contradiction centrale au sein du capitalisme se faisait entre le prolétariat et le capital, et dans cette seule théorie de l’exploitation il fallait simplement libérer le travail du capital, notamment par cette question de la sortie du salariat par la socialisation des moyens de production, ce qui donnera l’idée de l’autogestion : le conseil ouvrier, où les ouvriers gèrent eux-mêmes leur production. Le travail reste totalement là-dedans quelque chose de complètement non-interrogé, naturalisé, évident, transhistorique. Travailler c’est normal ! Le marxisme comme les sciences économiques ne voient pas que leurs prétendues évidences sont des réalités socialement constituées par des formes de socialisation particulières. Et il y a eu quantité d’expériences au XX siècle de ce type de critique mutilée cherchant à libérer le travail du capital, peu on le sait dans l’URSS après 1921, c’est-à-dire après la répression de Cronstadt, l’écrasement des paysans de Makhno, et l’échec de la révolte de Béla Kun en Hongrie, en URSS la socialisation des moyens de production se fait au profit de l’Etat. L’Espagne de 36-37 par contre voit ce phénomène avec importance chez les anarchistes avec les collectivisations d’usine à Barcelone, et agricoles en Aragon. En Yougoslavie dans l’après-guerre, jusqu’à LIP (où les ouvriers de la montre ont subi tout seul les « lois du marché » comme des patrons). Dans ce schéma là, le marxisme dit qu’il y a une simple domination directe de quelques uns sur la majorité, c’est ça pour eux le capitalisme, le vol du surtravail des ouvriers que les capitalistes se mettent dans la poche, reprenons alors les moyens de leur exploitation et retournons les contre nos exploiteurs en les gérant nous-mêmes. C’est la dictature du prolétariat. Bien sûr cette exploitation par le surtravail est vraie, mais elle est analysée et critiquée dans un monde, un cadre, totalement non-interrogé par ce marxisme traditionnel, si bien que la solution proposée est totalement partielle et ne change rien à l’existence du capitalisme. De manière un peu lapidaire : Il ne faut pas libérer le travail, mais se libérer du travail (je suis d’accord pour dire qu’il y a ambiguïté dans certains textes de la critique de la valeur pour ce qui est de l’automation libératrice, mais il ne tient qu’à nous il me semble de critiquer cette théorie sur ces points précis. Personnellement je pense qu’on peut les dissocier. Il me semble aussi que certains de ces théoriciens l'ont fait. C'est une question bien sûr sur laquelle il faut revenir ).

Ce schéma là ignore la logique de la valeur, son mécanisme automate c'est-à-dire le fétichisme réel qu’elle exécute au sein de la réalité (réel parce qu’il n’est pas du tout un sorte de voile ou de manipulation de la réalité). A la différence d’une domination directe d’une classe sur une autre, on peut penser que les objets sociaux au travers desquels nous rentrons en relation, nous dominent et notamment informent (déterminent) les rapports sociaux que nous entretenons entre nous, et qu’ils déterminent en retour. On travaille pour gagner sa vie, non pour produire quelque chose d'utile, d'enrichissant pour l'homme, mais pour avoir de l'argent. C’est du « taf », du « boulot alimentaire ». Et on le fait pour consommer ce qui n'a été fabriqué que pour être acheté par des gens qui travaillent pour gagner de l'argent pour consommer ce qui n'a été fabriqué que pour, etc., etc. Le travail est une médiation sociale entre les humains. Dans la société moderne, nous entrons en relation avec les autres en tant que possesseur de marchandises, cela peut être du capital, de l’argent, de la terre, des biens, services, mais aussi de la capacité de travail. Ces marchandises ont un double aspect, d’un côté elles sont une utilité concrète, d’un autre côté elles possèdent une valeur d’échange. Le travail aussi à ce double aspect sous le capitalisme, à la fois concret (pénible, etc.) et à la fois abstrait (ce qui correspond à son caractère de médiation sociale car là on lui retire tout son aspect concret).

Cependant la production de marchandises n’a pas pour but l’accumulation de valeur d’usage pour elle-même (comme le croient les écologistes), elle est prioritairement production de valeur (distincte de la richesse matérielle) *. Du point de vu de cette priorité, la production de valeur d’usage (un bien) n’est qu’un mal nécessaire, un simple support transitoire tout à fait secondaire dans la production de valeur. Les valeurs d’usage ne seront en fait fabriquées que si elles permettent une dépense valorisante de travail objectivé (abstrait) qui seul leur donne une valeur d’échange permettant d’augmenter la valeur que l’on avait initialement. Ce travail abstrait joue donc un rôle fondamental dans l’existence de ce système. Mais ce travail abstrait qui donne la valeur n’est pas le travail concret individuel, c’est un travail invisible, que l’on ne voit pas, le travail abstrait est déterminé au travers de la forme temporelle par le niveau de productivité moyen au niveau de la globalité auquel renvoi ce travail abstrait dépensé dans le cadre d’un travail concret. Ce travail abstrait vient s'incorporer sur le support du travail concret pour le dominer en extériorité à l'individu (il circule dans son dos et se présente en face de l'individu en tant que son double étranger dont l'individu n'est plus que l'ombre), c'est quelque chose qui dépasse totalement sa tâche concrète ou le cadre physique de son entreprise. Et comme seul lui compte dans le processus de valorisation, donc ce travail abstrait exerce une forme de domination sur le travail concret, et même se l’incorpore totalement (le temps abstrait qui est la mesure de ce travail abstrait exerce lui aussi une forme de domination). C’est le travail abstrait qui consomme l’homme qui n’est considéré que comme son support, son porteur, son appendice, sa chose dont le travail abstrait est le véritable sujet. Le travail nous consomme, nous n’en sommes qu’un maillon jeté (et jetable !) dans l’impuissance de cette condition inhumaine où seul compte le « sujet automate » de la reproduction augmentée de la valeur. C’est elle le sujet, nous, nous en sommes les objets, les choses, les marchandises. Formidable inversion, et une inversion réelle qui n’a rien d’imaginaire, on le sait chacun dans sa chair lorsque nous le subissons. Qui ne travaille pas, ne mange pas. Et dans ce temps des suicides sur les lieux de travail, on se demande encore ce qu’a compris Christophe Desjours à la « souffrance au travail » quand bien qu’henryen comme il s’affirme, il ne parle pas de la domination du travail abstrait sur nos vies et nos souffrances cf. texte de Deun dans SDE n°3 (juste il faudrait dire aussi que même le travail concret est une invention du travail abstrait, en effet dans les sociétés précapitalistes, jamais on a distingué dans l’ensemble des autres activités, cette activité spécifique là). Mais cette forme de domination du travail abstrait est totalement impersonnelle et indirecte, car elle renvoie à la totalité auquel il se réfère. Les économistes dans leur compréhension très superficielle, ont appelé ces formes de domination indirecte et impersonnelle, les « lois de l’économie », les « lois du marché », les « forces aveugles du marché », la « main invisible », etc., en naturalisant complètement celles-ci et l’économie comme quelque chose d’évident et de suprahistorique.

L’autoentrepreneur ? Et bien rien ne change pour lui. Les marchandises qu’il sera content d’autoentreprendre sans subordination juridique d’un patron, ne compteront toujours que comme quantité de travail abstrait incorporée en elles, comme valeur d’échange, comme n’importe qu’elle marchandise sur la Terre. Tout travail dès lors qu’il est inséré dans le processus d’échange contre de l'argent (qu’il est un travail qui sert de moyen, le travail comme médiation sociale), n’est plus que du travail « abstrait ». La dynamique de la valeur s’en fout totalement de savoir quel produit on fabrique comme du statut juridique dans lequel on exercera sa force de travail. Ce n’est pas son problème. Comme seul comptera dans son travail, le travail abstrait socialement médiatisant, l’autoentrepreneur continuera donc à subir pleinement la domination de la marchandise, la domination du travail abstrait et du temps. L’autoentrepreneur n’est pas un martien isolé du monde dans lequel il baigne et auquel il se rapporte à travers la fonction de moyen que possède son travail (il fabrique un produit pour obtenir une somme d’argent afin de se rapporter à l’ensemble des autres produits que d’autres auront fabriqué : son travail est donc un lien social, une médiation sociale). Au lieu de subir je dirai presque (même si cela n’enlève rien à leur violence), « indirectement » les répercussions de ces formes de domination par leur exercice par un patron et une direction qui eux aussi sont totalement dominé, et qui les exécuteront en tant que fonctionnaires de ce cadre de domination impersonnelle, l’autoentrepreneur va se retrouver seul en face de la domination indirecte et impersonnelle, seul en face les « lois du marché ». C’est exactement la critique que j’adressais aux prétentions anti-économiques de la scierie Ambiances Bois dans SDE n°1, et c’est même d’ailleurs la lucidité qu’avait Michel Lulek dans son livre. La limite capitale qu’ils apercevaient après des années d’aventure entrepreneuriale. Il disait exactement cela (ils ont bien été obligé de virer une personne pour non rentabilité, etc....). Car l’autoentrepreneur subissant toujours les forces aveugles de la domination du travail abstrait (c'est pareil pour l'AMAP, dire que l'AMAP est une forme anticapitaliste, relève pour moi de la grosse blague !), s’appliquera finalement à lui-même ce que son patron appliquait à ses salariés. C’est pour cela que beaucoup (plus largement donc que les seuls théoriciens de la critique de la valeur) vont dire que le statut de l’autoentrepreneur c’est simplement de l’autoaliénation. Il faut voir comment les petits patrons de PME, les autoentrepreneurs en bavent comme les gros : ils ont les yeux rivés sur leur comptabilité, leur productivité et leur rentabilité comme les autres, pour arriver à survivre afin d’atteindre le niveau moyennement nécessaire de travail abstrait à incorporer aux marchandises, pour ne pas se prendre une veste et finir sur le tapis. Ne pas avoir la joie de s’autolicencier ! Car s'autolicencier sans subordination juridique c'est quand même très anticapitaliste ! Le taux de suicide des petits patrons et des petits agriculteurs à leur compte n’a d'ailleurs rien à envier aux salariés. Les cadres aussi souffrent de ces formes de domination, les analyses le montrent. Le stress est permanent parce qu'ils sont pressés par les formes comme les autres. Il faut arrêter de penser dans le schéma classe contre classe (domination directe), et aller voir peut-être d’autres explications.

Il faut penser que ce que nous font subir les directions patronales, il ne faut pas l’interpréter dans le schéma féodal du seigneur et de son paysan, où là il y a une domination physique directe. Les directions patronales et les entreprises qu’ils dirigent sont dans un monde social qui les englobent et les dépassent, ils ne sont que des acteurs économiques sur la carte de la guerre économique. La subordination juridique dans toute sa violence, allant jusqu’à suicide, n’est pas la subordination exercée par le seigneur qui est sujet, en conscience, en intention et en volonté. On est pas dans le schéma maître/esclave. Il y a une forme historiquement spécifique de la subordination dans la société capitaliste, subordination informée elle-même par une forme historiquement spécifique de domination. La violence (physique, psychologique et morale) que fait subir le patron à son salarié est une conséquence du cadre coercitif et totalitaire de la logique de la valeur qui s’autovalorise. Il faut donc replacer cela dans le cadre du mécanisme automate de la valeur.

On pourrait aussi dans le cadre de la théorie générale de la crise (la crise du travail abstrait comme étant la crise du capitalisme, je développe pas ici, pour voir un peu il faut lire notamment Krisis, Manifeste contre le travail) dégager cette idée, que finalement l’apparition de l’autoentrepreneur sur le marché de la vente de force de travail est le signe même de cette crise de la valeur. De plusieurs façons. A la fois parce que le tour de vis dans la rationalisation des procédés et processus de travail dans la nouvelle organisation toujours plus dure du travail (on connait France Telecom, etc.), pousse à ne plus supporter cette subordination juridique à la direction, et pousse les gens, par dégoût, à essayer de s’en sortir sans patron, en se lançant tout seul sur le marché. C'est là quelque chose de très minoritaire, notamment présent dans l'imaginaire de la militance (notamment chez les écolos qui aiment sans trop y réfléchir, tout ce que qui " petit ", sur le mode du " small is beautiful "). Mais c’est aussi du fait de la crise du travail abstrait que des millions de chômeurs se retrouvent à la rue, malgré toutes les simulations de la valorisation notamment dans les activités boursières qui gonflent des bulles de capital fictif qui explosent les unes après les autres depuis 30 ans. Et on incite bien sûr la masse des gens superflus pour cette production de valeur, les chômeurs, a tenté « l’aventure » de l’autoentrepreneur par quantités de petits prêts, etc. (sous cette question là, j’en parle pas, mais il y a la question épineuse du « travail improductif »). Donc la question de la naissance du statut d’autoentrepreneur qui est mis en avant seulement comme critique (mutilée !) du salariat par certains, et aussi à replacer dans la crise permanente au cœur du capitalisme. Bien sûr il faut penser cependant qu’une majorité des autoentrepreneurs en France sont des profs, qui régularisent par ce statut les cours privés qu’ils donnent.

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* Ce que les écologistes vont appeler le " productivisme ", la production de valeur d'usage pour la valeur d'usage ("productivisme "qu'ils ne considèrent que sous le statut d'une idéologie/imaginaire), n'est pas un amour anthropologique pour la matière ou pour le gaspillage, ou encore une idéologie. Mais il est l'effet même de la dynamique de la valeur. La valeur d'usage dans la production capitaliste est totalement subordonnée à la production de valeur, elle est seule a compter. La valeur d'usage est un mal nécessaire, un support au minimum, dans la métamorphose de la valeur. Prenons l'exemple de la prime à la casse pour l'automobile. Pourquoi existe-t-elle ? Est-ce vraiment le fait d'une soit disante idéologie " productiviste " divulguée par les vilains patrons et les vilaines élites ? Or ce sont des millions de bagnoles encore en état de rouler qui partent à la casse, un énorme gaspillage, mais il me semble, pas parce que leur valeur d'usage est à zéro, pas parce que l'Etat a un amour fou pour l'idée que tous les Français doivent avoir une bagnole neuve (ce n'a jamais été un argument électoral), cette prime à la casse permet simplement de maintenir à peu prêt au travers de la production de ces bagnoles (mais ce serait des slips, des bombes, ou des rubiscubes, que ce serait pareil, peu importe), la création de valeur dans l'industrie automobile qui reste juste à flot (" pour passer la crise " comme ils disent). D'éviter ainsi un effondrement de cette industrie qui est un des gros secteurs d'emplois jusque dans les bassins de soustraitance. Ce qui aurait un énorme effet sur l'ensemble de l'économie (là on reviendrait sur la question du travail productif). Plus important encore qu'aujourd'hui.

C'est ainsi que la production industrielle est plutôt la matérialisation même de la dynamique de la valeur. Postone aborde cette question de la nature de la production capitaliste dans " Théorie critique et réflexivité historique " (dans le bouquin coordonné par Fischbach, Marx, Relire Le Capital, PUF, 2009), en partant alors " de l'analyse de la dynamique historique du capitalisme... à la critique de la croissance et de la production industrielle " (sic).

Sur la critique de l'écologisme cf. Pourquoi l'effondrement écologique est dû à la dynamique de la valeur : une critique des objecteurs de croissance "

Il y a aussi sur la critique de la décroissance, un point de vue que j'aime bien dans la critique de Latouche que fait le sociologue italien Onofrio Romano, dans son texte paru dans l'ouvrage collectif La décroissance économique (dir. baptiste Mylondo), éd. du Croquant, octobre 2009. C'est pas mal.
_________________
Critique de la valeur et du travail

Brochure du Manifeste contre le travail de Krisis.

http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/ (3 n° du bulletin)
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
Posts: 967
Location: bordeaux

PostPosted: 02 Dec 2009 9:25    Post subject: Reply with quote

J'ai un petit groupe electrogène de 2KVA. J'ai voulu le faire réviser. 100 à 120 euros ds les structures classiques ! son prix d'achat etant de 200 euros, que faire ?
Avec l'auto entrepreneur , plus de problème . Bientot on me le fera pour 20 euros !
Il faut remazrquer que l'auto entreprise ne s'installe que ds les domaines délaissés par l'entreprise qui en verrouille les acces par deexpertises ou process administratifs divers .
C'est juste un moyen de reconstituer une pente plus adaptée a la pyramide sociale ....avant de réduire puis supprimer les aides publiques .
Un auto entrepreneur economise secreétariat , comptables , transport , informatique, démarchage ....il fera tout ça ds ses 50 heures en survivant sans broncher . C'est le coup de la "souveraineté populaire" qui permet a la "démocratie" une aliénation de l'individu que n'a jamais rèvée la monarchie .

Pour retourner contre lui cet arme au libéral , soyez auto entrepreneur , mais sur des besoins essentiels , et justes pour vos besoins ou un peu plus pour les impots .
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sylva



Joined: 18 May 2007
Posts: 228

PostPosted: 02 Dec 2009 10:52    Post subject: Reply with quote

Kercoz wrote:

Un auto entrepreneur economise secreétariat , comptables , transport , informatique, démarchage ....il fera tout ça ds ses 50 heures en survivant sans broncher . C'est le coup de la "souveraineté populaire" qui permet a la "démocratie" une aliénation de l'individu que n'a jamais rèvée la monarchie.


oui :
avant, en tant que salarié, tu étais exploité par un patron ;
maintenant, en tant qu'entrepreneur, tu vas t'autoexploiter.... Idée
_________________
La Terre est bleue comme une orange. Paul Eluard
Il n'y a que la fiction qui dise le vrai. Vladimir Nabokov
Un écran, ça empêche de voir ; c'est sa fonction.
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 02 Dec 2009 12:00    Post subject: Reply with quote

C'est intéressant ces deux réponses de Koba et Kercoz car pour moi elles illustrent ensemble la problématique à laquelle le bulletin SDE s'est frottée, mais de façon ô combien difficile et incomplète.

D'un côté une critique de l'économie jouant à un niveau "macro". Critique bienvenue car elle conteste les critiques "macro" précédentes, et comme le dit Koba elles encore très actuelles : celles qui opposaient les patrons aux salariés dans une lutte des classes du travail contre le capital.

De l'autre, la recherche de solutions pratiques de proximité, la recherche d'arrangements locaux permettant de vivre et d'aller vers un plus haut degré de satisfaction, de sentiment d'indépendance. Si cette recherche tombe sous le coup de la critique macro (en partie seulement à mon avis), il faut voir aussi qu'elle y tombe qu'en certaines occasions de débat public (le bulletin SDE en est un exemple, mais aussi ce forum et la décroissance comme thématique) somme toute assez isolées par rapport au cours normal des activités de chacun. On peut très facilement se retirer des épreuves de justifications dans le cas normal, sauf dans le cas des alternatives qui ont volontairement choisies de s'inscrire dans un espace public, donc soumis à la critique.

C'est si vous voulez la difficulté de tenir les deux bouts -d'une critique macro et d'arrangements locaux- qui fait que SDE est en panne, pour un bon moment sans doute. De mon point de vue le débat n'est pas seulement dans la forme de critique macro adéquate car, si il est nécessaire d'avoir une compréhension de l'économie dans ses mécanismes essentiels (en l'occurrence le travail abstrait comme médiation sociale), cela n'est pas suffisant pour se prendre en main et savoir quoi faire. Quelque part c'est même contradictoire avec une critique de l'illusion politique car une critique macro est essentiellement ajustée à une action en public, à un niveau de généralité et de formalisme maximum quant aux discours.

Personnellement les réalisations d'Ambiance Bois par exemple me semblent bien plus intéressantes et attirantes que d'autres incarnations du travail abstrait dont on ne parle pas publiquement, et il importe de savoir dire pourquoi, à partir du moment où ces réalisations contiennent un aspect politique par le fait qu'elles se disent 'alternatives'. En même temps il me paraît nécessaire que ces réalisations dites alternatives ne soient pas soumises en permanence à des épreuves de justifications publiques. Il faut pour cela sans doute une critique bienveillante qui ne relève ni d'une critique macro seule, ni d'une acceptation tacite de tout ce qui se fait et se dit être différent et militant : pas facile.
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Djinn



Joined: 23 Aug 2007
Posts: 214
Location: St-Denis

PostPosted: 03 Dec 2009 7:49    Post subject: Reply with quote

Deun
Quote:
C'est si vous voulez la difficulté de tenir les deux bouts -d'une critique macro et d'arrangements locaux- qui fait que SDE est en panne, pour un bon moment sans doute.


Mais est-ce que ces deux bouts doivent tenir ensemble ?
Les seules expériences qui pourraient avoir le label "sortie de l'économie" n'admettent pas de comptabilité de l'échange et de référence à une quelconque valeur.
S'il n'y en a pas, il faut en prendre acte et ne pas essayer de faire tenir un bout rond avec un bout carré, non ?

Quote:
Bref, l'entrepreneur a une vision plus fine et plus précise de la valeur marchande des activités et des biens. Serait-il plus contaminé par l'économie que le salarié ou bien simplement plus lucide que lui ?


Un grand nombre de petites entreprises mettent la clé sous la porte faute d'anticipations correctes du marché. Sur la distinction salariat-entreprenariat, d'accord avec l'analyse de Kobayashi.

Kobayashi
Quote:
Ce schéma là ignore la logique de la valeur, son mécanisme automate c'est-à-dire le fétichisme réel qu’elle exécute au sein de la réalité (réel parce qu’il n’est pas du tout un sorte de voile ou de manipulation de la réalité). A la différence d’une domination directe d’une classe sur une autre, on peut penser que les objets sociaux au travers desquels nous rentrons en relation, nous dominent et notamment informent (déterminent) les rapports sociaux que nous entretenons entre nous, et qu’ils déterminent en retour. On travaille pour gagner sa vie, non pour produire quelque chose d'utile, d'enrichissant pour l'homme, mais pour avoir de l'argent.


Qu'est-ce qui est "réel" ?

Dans un système économique la valeur est réelle. Dans un système a-économique la valeur n'existe pas. Mais présupposer qu'on n'a pas le choix est quelque part un voile, non ?
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
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Location: bordeaux

PostPosted: 03 Dec 2009 9:00    Post subject: Reply with quote

J'ai pas tout compris , mais :
////////Qu'est-ce qui est "réel" ?

Dans un système économique la valeur est réelle. Dans un système a-économique la valeur n'existe pas. Mais présupposer qu'on n'a pas le choix est quelque part un voile, non ?///////

Pour repenser le problème , je me recentre sur un axiome de base : Ce qui fait bouger un animal ds son groupe , son carburant , c'est l'agressivité .
L'agressivité envers les individus de son espece (intra-spécifique).Tout est basé là dessus.
L'activité du type "auto entrepreneur" me parait plus (saine /vertueuse ...) car plus proche du formatage structurel humain : l'agressivité interne au groupe est réutilisé pour la hierarchisation , structurel et affectivement jouissif -motivant pour l'individu. L'individu se taille une place ds le traffic en fonction de ses capacités réelles physiques ou intellectuelles.//le modèle mathématique est celui de la complexité =stabilité.
L'activité du type entreprise collective (indispensable pour certaines activités), dé-saffecte le relationnel originel pour le redistribuer sur un modèle linéarisé. L'agressivité se reporte de classe en classe de metier en metier .Mais ces "metiers" ne sont que des bouts d'humanité , des in-dividus dividés en petits bouts pour des raisons de gain de productivité.
L'activité . Distribuer le courrier , compter les boites , balayer .... visser telle morceau .... Il n'y a plus de "but" global visualisé et l'agressivité est dévoyée de son but : on agresse un "bout" d'individu . Un bout d'individu poeut iletre meilleur que le meme bout d'un autre individu ?
Ce modèle n'est pas sain . Un individu est une entité complete .
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
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Location: Colombes(92)

PostPosted: 03 Dec 2009 10:37    Post subject: Reply with quote

Mon premier message ne se voulait à un appel à théorie mais plutôt à témoignage.
Je sais que certains qui liront ceci sont passés du statut de salarié au statut d'indépendant, en restant dans le même secteur d'activité... Sourire
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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
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Location: bordeaux

PostPosted: 03 Dec 2009 18:19    Post subject: Reply with quote

////Mon premier message ne se voulait à un appel à théorie mais plutôt à témoignage.////
De ce que je connais , la majorité de ceux qui se mettent en auto-entreprise ont changé d'activité. Pour plusieurs raisons :
-fuite du salariat et refuge sur une activité passion.
-Fuite idem mais collage sur l'activité du conjoint
-chomage et miroir aux zalouettes
-chomage et peur du noir
-surtout : l'ancienne activité est auto protègée contre les individuels (qualifications , paperasse , ...)
Le pire c'est que le système recrée une classe pauvre mais lui redonne une certaine fierté (ça ne va pas plaire). Il aura gagné qd tu pourras faire réparer ton vélo ou déboucher tes chiottes pour 20 euros.
Une entreprise meme moyenne de plomberie est obligée de compter 2 heures + deplacement + etc = 120 euros .Le système est débile et bloqué.
J'ai changé un joint de robinet a une voisine qui voulait me refiler 50 euros !
L'idéal serait de fausser le système en racourcissant lescircuits Et ce ne peut se faire qu'en ruralité , en produisant deja la moitié de ses aliments et en echangeant des poireaux contre un dépannage informatique par ex .
Auto entrepreneur sur un besoin non prioritaire c'est perdu d'avance , on se fera baiser comme avant . Ceux qui taillent les haies en chient par tous les temps because la pluspart parlent plus serbocroate que breton et bossent meme le we pou que dalle.
Ma compagne sous traitait des cours d'éco et gestion a une structure de formation qui preferait la payer tres cher que d'embaucher . Mais je crois que ça a été interdit : la structure se défend là ou ça rapporte .
J'ai longtemps bossé pou une boite de controle technique style apave-veritas ... Un copain s'est mis a son compte en bureau d'étude ...sa femme en secretaire .Résultat il bosse comme un malade car il a été obligé de calquer son activité sur une structure plus grosse (matos info, réunions , certifications a revalider ts les 15j ...etc.
Le créneau interessant reste pres des besoins primaires : (maraichage , vetements , coupe de bois , charpente , maisons ...en paille ou en bois .Il y a un tas de possibilité mais faut viser au départ l'autonomie max et ne bosser que qd on a des impots a payer ou un bagnole a changer .
Les gens qui font ça acquierent une certaine expertise multiple irremplaçable et fuient le(s) boulot plutot qu'ils ne le cherchent .
L'auto entreprise comme les cheques emplois leur permet de camoufler du noir /troc.
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Iseré



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PostPosted: 05 Dec 2009 14:40    Post subject: Reply with quote

Kobayashi wrote:
Il ne faut pas libérer le travail, mais se libérer du travail


C'est bien joli tout ça mais concrétement, notre ouvrier spé qui n'a que sa force de travail à vendre et pas un rond de coté, il fait comment pour " monter sa boite " et se " libérer du travail " ? Et une boite de quoi d'abord ? A part monter une escroquerie d'échelle sur internet, je vois pas trop.
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PostPosted: 05 Dec 2009 15:19    Post subject: Reply with quote

Kercoz wrote:
Le créneau interessant reste pres des besoins primaires : (maraichage , vetements , coupe de bois , charpente , maisons ...en paille ou en bois


J'aurais dit l'inverse (mais peut-être que j'ai mal compris ton explication). Ce qui est de l'ordre de la subsistance c'est aussi généralement ce qui a été le plus industrialisé et où les prix/salaires sont les plus bas. Par exemple pour tout ce qui est agriculture, vêtement. On pourrait donc en déduire que ce sont les premiers secteurs à sortir de l'économie (autoproduction circulation non monétaire etc), et les plus difficile à prendre en charge dans une activité économique (pensons au maraîcher Amap qui trime 70h/semaine minimum) surtout si on se met à son compte.
En fait la valeur économique des choses semblent en quantité inverse de leur importance pour la subsistance.

(L'autre possibilité est évidemment de produire des choses de base et de les transformer, en cherchant à maîtriser toute la filière comme Ambiance Bois, ce qui permet de vendre assez cher - en un mot remonter la chaîne de valeur comme disent certains)

D
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