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La confusion entre l'aisance et la Nature
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Deun



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PostPosted: 10 Mar 2010 10:41    Post subject: La confusion entre l'aisance et la Nature Reply with quote

En continuité avec le texte précédent « un monde fonctionnel », on peut déceler certains quiproquos qui touchent directement aux pratiques « écologiques » quand elles sont exposées à la critique, le terme même d’"écologiques" étant ambigu et insatisfaisant comme on va le voir ici.

La polémique actuelle créée par les interventions de E. Badinter peut servir d'exemple. Pour le dire très simplement, cet auteur critique le maternage proximal pour des motifs qui se veulent féministes, mais que l'on pourrait plutôt adosser à la description précédente d'un monde fonctionnel.
Ce qui est en cause dans cette critique, c'est l'attachement excessif des femmes à un rôle dérivant d'une conception de la Nature comme guidant ce que les personnes ont à faire. Il s'agit alors de mobiliser une indignation contre l'entrave à la mobilité des femmes dans l'espace des possibles, entrave constituée par leur engagement personnel dans leur lien avec les enfants qu'elles ont "mis au monde" - ce monde n'étant pas d'emblée un monde fonctionnel.

En réaction à cette critique, un non moins grande indignation s'est exprimée très largement et continue encore, mais sans forcément toujours refuser de se voir enfermée dans les catégories d'une telle critique. Un argument essentiel reste en effet que ces pratiques sont effectivement choisies par les femmes concernées par la critique, et non imposées, répondant là directement à la critique du manque de mobilité. Sans parler des arguments de type scientifique (telle institution recommande l'allaitement, etc.), il est significatif que les réponses aux critiques de Badinter n'aient pas chercher à refuser les termes du débat pour défendre le lien à l'enfant en lui-même et dans sa pleine singularité, et cela en réponse possible à l'injonction faite aux personnes de se rendre fonctionnelles, actives, disponibles à entrer dans les fonctionnements économiques.

Un des ressorts empêchant un tel retournement des arguments est peut-être la confusion entre la Nature et l'aisance. Les critiques de l'écologie se sont en effet souvent armées de l'argument comme quoi la référence à la Nature était anti-démocratique et portait atteinte à l'autonomie des personnes, du fait qu'elles seraient assignées dans des rôles définis à l'avance (et en particulier les femmes). C'était notamment le cas de la critique de Luc Ferry dans Le nouvel ordre écologique, avec l'argument historique massue -largement remis en cause ensuite- du régime nazi comme ayant inventé les lois de protections des animaux.

Même s'il y a assez peu d'écologistes se réclamant publiquement de la Nature, la référence au naturel ou à la Nature reste néanmoins très fréquente dans le langage courant, ce qui on le voit avec le cas de Badinter, offre encore aujourd'hui un angle privilégiée à la critique.

Or, on peut se réclamer d'une aisance avec un monde proche et familier, singulière dans l'ajustement réciproque des êtres entre eux, sans aucunement avoir besoin de se réclamer d'un Nature générale ni par ailleurs de se servir d'un argumentation de type "scientifique" (c'est-à-dire en réalité, institutionnelle). Dans le cas du maternage la part qui échappe au débat est immense, tant les catégories invoquées qu'elles soient dites féministes, naturalistes ou scientifiques, sont potentiellement réductrices face à la vie déployée dans son propre corps, et que certaines femmes en effet en viennent à opposer avec les formes tout autour présente d'un monde fonctionnel (par exemple dans l'accouchement à l'hôpital ou la reprise forcée d'un travail salarié et les ajustements que cela suppose).
Le cas de l'accouchement est particulièrement éclairant puisque la critique de la médicalisation y est explicite, non pas dans la dimension du soin ou du savoir-faire technique, mais dans celle qui fait de l'être à accoucher l'utilisé entièrement disponible aux techniques médicales. L'indignation face aux critiques de Badinter, en tant que telle, suggère que la topique libérale du choix, de la liberté et de l'autonomie est trop grossière pour préciser les ressorts d'une opposition qui préserverait la spécificité de ce qui revient à l'aisance des êtres habitant ensemble, face à l'injonction qui leur est faite d'entrer dans des fonctionnements généraux.
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Kercoz



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PostPosted: 10 Mar 2010 15:22    Post subject: Reply with quote

////
L'indignation face aux critiques de Badinter, en tant que telle, suggère que la topique libérale du choix, de la liberté et de l'autonomie est trop grossière pour préciser les ressorts d'une opposition qui préserverait la spécificité de ce qui revient à l'aisance des êtres habitant ensemble, face à l'injonction qui leur est faite d'entrer dans des fonctionnements généraux.
/////
Que l'on veuille ou non , la "NATURE" est réactionnaire.
Il y a , a mon sens , 3 niveaux d'usagers aux interets distincts :
-l'individu
-le groupe
-l'espèce .
Chaque niveau a des interets distincts , souvent opposés.
L'interet du groupe s'oppose a celui de l'individu qui ne peut vivre sans un groupe equilibré .Noussomme là ds un conflit d'interet transversal cobservant l'unité de temps .
L'interet de l'espèce est souvent contraire a l'interet de l'individu et meme du groupe . Nous sortons de l'unité de temps :
-L'espece a en memoire des contraintes que l'interet immediat de l'individu met en danger .
C'est la raison pour laquelle la "memoire" de sauvegarde de l'espece a plusieurs niveau :
- l'instinct , génétiquement inscrit , inaliénable
-les rites anciens , qui modulent l'instinct (comme l'agressivité intra-spécifique), permettant une adaptabilité plus fine a des conditions plus cool (plurimillénaires qd memes ou meme de millions d'années): les rites de socialisations
-les rites récents (millenaires) , fluctuants et peu efficaces mais permettant des"essais" de plasticité.

En ce qui concerne Me Badinter , c'est carrément obscène d'affirmer la pérénité d'une outrance uniquement accessible qqs dizaines d'années grace a l'energie gratos.
J'ai développé ailleurs une thèse qui me semble tenir la route : la civilisation se reproduit par les rites et les rites se transmettent par l'enfance . Ce qui suppose des fratries nombreuses pas trop polluées par des adultes pervertis par une modernité inconstante .
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PostPosted: 11 Mar 2010 15:40    Post subject: Reply with quote

Rabattre la personne au même niveau conceptuel qu'un groupe de personne (ou pire la totalité des personnes, dans le cas de l'espèce), n'est-ce pas précisément la visée d'un monde fonctionnel ?


Deun
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Kercoz



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PostPosted: 11 Mar 2010 18:23    Post subject: Reply with quote

"Visée d'un monde conceptuel"....je ne vois pas trop ce que tu veux dire .

-Il me parait évident que l'interet de l'individu est antagoniste de l'interet du groupe ...meme si l'interet du groupe conditionne sa qualité de vie ou de survie .Ce là participe de la structuration/hierarchisation du groupe .

Pour "rabattre la personne...." deja , il faudrait que la personne soit "au dessus" du groupe .Qu'elle ait plus d'importance . C'est une "valorisation" de l'individu qui reste a démontrer . Il me semble qu'il est plus facile ou aussi facile de démontrer que le groupe "EXISTE" plus que la personne puisque l'individu ne peut etre "Humain" sans le groupe .
Que le groupe ait plus de "REALITE" que l'individu en tant qu'entité serait aussi soutenable pour la meme raison (comme la foret existe PLUS qu'un arbre.ou un arbre plus qu'une feuille.)
Pour ma part , je pense que l'unité de base pour traiter de société, ne devrait pas etre l'individu , mais son groupe.
Si l'individu et son groupe se sont optimisé pendant si longtemps (99,99% de l'existence de l'espece humaine) sur un modèle "donné", l'arracher de sa structure pour lecoller artificiellement a une autre ou il ne peut "fonctionner" correctement c'est affecter son entité.
Le groupe archaique (qui necessite taille réduite et histoire commune) existe plus que l'individu . Ce serait ma thèse .
Ses possibilités d'évolutions sont limitées par ce que peut lui autoriser le groupe sans atteindre a ses propres interets .
Mais c'est l'espèce , qui en dernier lieu doit etre privilègiée . Donc le groupe lui meme ne doit pas privilègier ses interets si ceux ci nuisent a l'espece .
Qui règule ces règles ? ou sont ces outils qui nous permettent a la fois de concilier ces trois interets?
On va me traiter de positiviste acharné , (ce qui me fait plaisir ), mais il me semble que ces outils ne fonctionnent plus et que les trois son perdants : l'individu émasculé, le groupe hypertrophié , et l'espèce en voie de disparition qui souille sa couche .
Je signale que j'emploie le terme "espece" pour le sens historique , la durabilité ds le temps . Le groupe etant le groupe archaique restreint a ce que lui a autorisé un territoire moyen d'acces a sa subsistance.
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PostPosted: 11 Mar 2010 20:44    Post subject: Reply with quote

C'est compliqué ces questions car on est dans des sociétés libérales au sens où on a fait historiquement la promotion de l'autonomie de l'individu, qui reste une norme fondamentale, franchement dominante même.

Ce que l'on peut critiquer du libéralisme c'est sa conception irréaliste de la personne. Où l'on perd de vue qu'un être vivant est toujours attaché, et que sa singularité (ou son autonomie) dépend que le maintien de ses attaches ne soit pas soumis à un intérêt ou entité extérieur, qu'il s'agisse de l'espèce, de la planète, de la société, de la république, de l'économie etc.
La critique de l'économie que l'on fait ici dérive à mon avis de ce point fondamental.

Et cette critique du libéralisme me paraît différente de celle qui consiste à dire que le groupe et l'espèce l'emporte sur l'individu, qui finit toujours par prêter à ces entités (groupe espèce) des intentionnalités qui relèvent en fait des êtres singuliers. Ce qui finit d'ailleurs par se révéler correct, mais plus sous l'effet d'une transformation permise par ce discours, que par une naturalité que l'on ne fera que dévoiler. Car au plus profond de soi, que trouve-t-on en quoi on puisse avoir authentiquement confiance ? L'espèce en général ? Dieu ? Peut-être pour certains, mais est-ce le cas général et est-ce que cela mérite d'être généralisé ?

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Kercoz



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PostPosted: 12 Mar 2010 16:13    Post subject: Reply with quote

Salut .
J'ai beaucoup de mal a répondre ...l'impression de ne pas parler de la meme chose ou pas ds la meme langue .
Je ne suis pas tres érudit . Du moins ma formation est technologique (j'ose pas dire scientifique)et le maniement des concepts de la socio , (bien que ça me passionne) m'est difficile .
Rien que le titre du fil me pose problème :(Confusion entre aisance et nature)
J'avoue ne pas saisir le sens de cette phrase . Opposer "aisanse" et nature serait connoter négativement "nature" ." Confusion"semblerait a contrario stigmatiser le contraire (la nature serait une aisance factice). Donc la culture serait un progres ....
Ce en quoi je souscrit : "La culture est un progres sur la nature "
Ca rejoint mes essais de thèse : le paqssage de l'etat animal a l'etat animal social est un progres .
Un gain de productivité énorme qui permet de concurencer les prédateurs prédatant les memes proies que nous : le nombre et la force induisent un acces a des resources autrefois inabordables (force et stratégie).OK.
A ce niveau la "culture " prévaut sur la nature et le concept (adopté par d'aures especes) peut conserver le qualificatif de" naturel"puisqu'il ne quitte pas le mode de gestion complexe des groupes .
A ce stade (99,99% de la vie de notre espece), l'individu n'existe plus en tant que tel . Il ne peut plus survivre seul . Il est lié au groupe . Pas n'importe quel groupe . Un nombre restreint d'individus interractants est necessaire . Ce nombre est formaté par la disponiobilité des resources (disons 2 jours de marche)...etc ...
Passé l'homminidification , l'unité de base n'est plus l'individu mais le groupe (famille elargie).
Historiquement , le système s'il veut survivre doit induire des règles acceptant les extrèmes de son histoire (glaciations , guerres épidémies , secheresses , famines ...) On conçoit bien qu'une époque favorable ne doit pas pervertir ce système en le dévoyant . Heureusement , en ce cas , des marginaux , anciennement rejetés , plus durs , prendront la relève ...
Il est normal de concevoir que des règles plus strictes soient inscrits dans un modus culturel . J'emploie le terme "rite" de Goffman et pense que ces rites culturelssont transmis pazr l'enfance plus que par l'adulte trop perverti par des circonstances présentes (pas forcément "durables").

Justement "la promotion, l'autonomie de l'individu" dont tu parle est un leurre . En flatant l'individu , le système l'exploite et le dévalue .
Par définition , un individu ne peut etre autonome .
Son seul but est de valoriser sa face et pour se faire , un 4x4 et une blondasse hypertrophiée , echouent . Seul un groupe qui le reconnait (parce qu'il le connait) peut le satisfaire .

///Ce que l'on peut critiquer du libéralisme c'est sa conception irréaliste de la personne///
C'est tres vrais .
///. Où l'on perd de vue qu'un être vivant est toujours attaché, et que sa singularité (ou son autonomie) dépend que le maintien de ses attaches ne soit pas soumis à un intérêt ou entité extérieur, ///
Le cazs de l'etre humain est extreme : Nous sommes dépendant ET du groupe ET de la civilisation . La civilisation "progresse" , Pas l'individu : un bébé egyptien ancien fearait un bon mathmaticien , sans problème .
///La critique de l'économie que l'on fait ici dérive à mon avis de ce point fondamental. ///
Formaté
avec son groupe depuis si longtemps , peut on destructurer cet ensemble pourdes raisons de "gain de productivité" ?
Le passage a l'agriculture a initié le processus qui laisse croire a un meilleur rendement par la spécialisation. Le frein du au transport et aux communications a pmermis de conserver au système un sens vertueux .

////Et cette critique du libéralisme me paraît différente de celle qui consiste à dire que le groupe et l'espèce l'emporte sur l'individu, qui finit toujours par prêter à ces entités (groupe espèce) des intentionnalités qui relèvent en fait des êtres singuliers.////
Là je ne comprtends pas , c'est contradictoire avec le début

//// Car au plus profond de soi, que trouve-t-on en quoi on puisse avoir authentiquement confiance ? L'espèce en général ? ////
Il est évident que l'espece prime et que si l'on existe encore , c'est que la gestion de cette survie doit primer . Le risque actuel c'est que la "modernité" puisse dépasser ces règles et mettre en danger l'espece en inversant les priorités .
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Deun



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PostPosted: 16 Mar 2010 14:43    Post subject: Reply with quote

Kercoz wrote:
Rien que le titre du fil me pose problème :(Confusion entre aisance et nature) J'avoue ne pas saisir le sens de cette phrase . Opposer "aisanse" et nature serait connoter négativement "nature"


Pour être tout à fait clair, ce passage me semble très bien expliciter ce qu'on peut entendre par "aisance" :


Luca Pattaroni wrote:
La salle commune comprise comme salon offre ainsi un cadre où la personne peut s’engager – venir poursuivre certaines activités - sans être trop évaluée par un regard tiers ou sollicitée par les attentes portées par autrui. Pour comprendre la teneur d’un tel engagement, il faut repartir de l’idée d’un engagement familier dans le monde. Laurent Thévenot invite à identifier un régime d’action - nommé « régime de familiarité » - qui regroupe des moments d’engagements dans le monde caractérisés par une faible publicité (Thévenot, 1994). Faible publicité, car la dynamique d'ajustement avec les autres et l’environnement ne se fonde pas ici sur des repères objectivés et partagés mais au travers de « repères perceptifs et localisés qui sont déposés au cours d'une familiarisation progressive de l'être humain avec son entourage" (Thévenot, 1997b, p.30). A ce moment, le corps « fait du monde environnant un continuité de lui-même » (Breviglieri, 2002, 320). Cette « continuité » du corps doit être comprise comme le résultat d’un processus d’aménagement du monde environnant qui a pour effet la « distribution » de la mémoire dans des repères localisés. Marc Breviglieri propose ainsi de qualifier d’habité cette relation particulière à l’environnement qui nourrit la possibilité d’une certaine « sécurité ontologique » ou plus largement du maintien de soi nécessaire pour affronter les épreuves du public (Breviglieri, 2003). Cette relation de plus ne concerne pas seulement le monde matériel mais peut s’étendre aux personnes quand on tisse avec elles des liens de proximité. Elles deviennent alors des proches avec lesquelles on s’ajuste sans passer par les formats de l’interaction public (rôles divers). L’habité et les relations de familiarité avec les autres offrent ainsi à la personne un ensemble de bienfaits. Elle l’assure d’une certaine stabilité ontologique et affective. Plus pratiquement cela se note aussi dans l’aisance de l’occupation d’un lieu, un sentiment de confort marqué entre autre par l’impression d’un chez soi. Nous pouvons résumer l’ensemble de ces bienfaits sous l’appellation de « Biens de l’habité » 184 ou plus court « aisance » ..


Marc Breviglieri, Luca Pattaroni, Joan Stavo-Debauge, Les choses dues : Propriétés, hospitalités et responsabilités. Ethnographie des parties communes de squats militants, 2004, Rapport à la Direction de l’architecture et du patrimoine, Mission à l’ethnologie, p. 124.

http://www.culture.gouv.fr/mpe/recherche/pdf/R_453.pdf
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Kercoz



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PostPosted: 16 Mar 2010 18:14    Post subject: Reply with quote

////Même s'il y a assez peu d'écologistes se réclamant publiquement de la Nature, la référence au naturel ou à la Nature reste néanmoins très fréquente dans le langage courant,////

Ce que je réclame a la nature , c'est son mode structurel d'organisation.
C'est un simple constat ; tous les systèmes naturels ont un mode de gestion parcellisé, complexe .Nous sommes la seule espèce (sauf la boite a pétri et les cancers) a choisir le gigantisme et la gestion linéarisée .
Ce sont mes réferences a la "nature" : ses outils de gestion .

///Or, on peut se réclamer d'une aisance avec un monde proche et familier, singulière dans l'ajustement réciproque des êtres entre eux, sans aucunement avoir besoin de se réclamer d'un Nature générale////////

Justement NON, (d'apres moi).
L'aisance dont tu parles et qui se réfère pas mal a des sociologies du groupe et des interrelations entre individus ou entre individus et objets .Thoreau : (1 chaise pour m'asseoir ; 1 chaise pour l'amitié ; 1 chaise pour la société), l'a bien senti qui optimise l'individu a une quantité limitée d'interractions ...donc d'interractants , qu'ils soient vivant ou non .
L'unité de temps et de lieu a trop longtemps formaté notre capacité a gerer ce relationnel pour en changer ET le nombre Et les processus.
Les notions de "possession et d'appartenance " sont bivalente : mes relations avec un vieux gilet ou un manche de rateau que j'ai taillé sont de l'ordre de l'affect : Ils me procurent un plaisir ou un service et je le leur rends en m'en occupant . Trouver ce gilet ou ce rateau sous la pluie occasionne une culpabilité relationnelle identique a une faute de relation humaine.
Posseder un objet c'est une obligation de relation , en possèder 100 , c'est s'assurer un "mal-etre" non verbalisé que l'on risque de combler pare l'acquisition d'un nouvel objet ........
L'etre humain est "fait" pour vivre avec un groupe restreint de gens et d'objet qu'il connait , c'est a dire dont il connait l'histoire .

Alors l' "aisance " , pour moi est lié a contexte identique a ce qu'il aurait pu etre il y a qqs millénaires .......(c'est théorique bien sur)...
J Ferrat ds un interview , qui a fuit en ardeche ds les années 70 disait que l'implantation etait factice , artificielle ...pas de racines , pas d'histoire ...

On oppose d'habitude Nature et Culture . Je pense que l'interface pré- civilisationnel peut ettre considéré comme "nature" bien que la socialisation ait duré tant de millions d'années avant et apres l'homminidification.
J'aurais tendance a placer le "contrat social" a la socialisation animale . Le DEAL : liberté -agressivité contre la protection du groupe .
Mais cette mise en place a réussi apres si longtemps a ne pas pervertir le premier "gain de productivité", et ce grace a une structure "NATURELLE" : une structure fractale et parcellisée.
L' aisance est liée a la reconnaissance des gens et objets , la confiance et pour reconnaitre , il faut connaitre .(co-naitre).
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PostPosted: 17 Mar 2010 10:51    Post subject: Reply with quote

Kercoz wrote:
L'aisance dont tu parles et qui se réfère pas mal a des sociologies du groupe et des interrelations entre individus ou entre individus et objets .


Un peu plus loin dans le texte que je cite, la sociologie de Goffman est nettement distinguée (pas critiquée) d'une sociologie du proche dont relève cette thématique de l'aisance et de l'habité.
Parce que l'interractionisme de Goffman c'est une analyse des interactions en public, typique de nos civilisations libérales et urbaines.

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Kercoz



Joined: 20 Sep 2008
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PostPosted: 17 Mar 2010 11:31    Post subject: Reply with quote

////Parce que l'interractionisme de Goffman c'est une analyse des interactions en public, typique de nos civilisations libérales et urbaines. ///

Ho la la ! Tu penses bien que je vais défendre Goffman.
Il faut bien lire le premiers tiers de son livre sur les interractions.C'est moi qui insiste sur le caractère archaique , fixiste et historique des rites , pas lui (je crois bien). Il ne s'occupe que des constantes des relations humaines . Il sous entend une permanence temporelle ds ces constante sans l'argumenter .
Elle me parait évidente et c'est la raison pour laquelle je poursuis sa theorie sur cette constante.
Je pourrais meme insister sur le fait qu'aucune evolution d'espêce ne peut reculer ds sa spécialisation . C'est un système a cliquet qui fait , me semble t il, qu'une spécialisation offre un avantage concurrenciel a l'espèce mais la fragilise en terme d'adaptabilité future.
Il est sur que des rites nouveaux emmergent (tu PEUX cracher sur une croix en public, mais tu auras beaucoup de mal a jeter au sol un papier de façon ostensible en public).Ces rites culturels récents permettent une adaptations aux conditions récentes , mais les rites anciens (introduction , exclusion, saluts ,etc ...) sont immuables et pour certains communs avec d'autre animaux sociaux (""apprivoise moi dit le renard"").
Pour les interactions de goffman ("j'etudierai les relations et les hommes et non pas les hommes et leur relations"), le "en public " peut se limiter a deux .Ce qui frappe en les dé-couvrant (car on les a toujours "vues"), c'est Et leur anteriorité Et le fait qu'elles sont en grandes parties inconscientes .
L'accueil D'un arrivant dans un groupe est significatif d'une scène millénaire . (Que ce soit ds un groupe de zonards ou une soirée bourgeoise):
-La (ou le)maitresse de maison change d'attitude , se redresse ou se lève , le groupe s'en apperçoit et fait moins de bruit . Elle salue le nouvel arrivant . C'est une mise en scène : le ton est haussé parce que public ,chanté presque puisque rituel : ""Enfin tu daigne me visiter machine !!""on va nommer pour désigner l'intimité et son degré hierarchique "" comment va gilberte ta mere "" , on va demander "pardon" pour des manquements aux rites advenus depuis la derniere interaction :
""J'ai su que tu etais malade et ne t'ai meme pas appelée, je suis impardonnable ...."etc .....
Autre exemlple qui montre l'archaisme existant : Faire perdre la face est plus grave que de perdre la face (plus present en asie). Certains vendeurs inconsciemment utilise ce rite en nous forçant a acheter pour ne pas lui faire perdre la face. Dans le Don aussi on ne donne que ce que l'autre peut rendre pour ne pas l'insulter (économie inversée).
Sur les forums la sanction d'invisibilité tres humiliante. Il faut l'avoir subie pour comprendre le dgré d'humilliation occasioné ...alors que personne s'en aperçoit .
Rien que le fait que tu croies que l'individu soit malléable et ajustable(sans souffrances et traumatismes impoortants) a un relationnel "modernisé" en raison de la nécessité d' "evolution societal".....je le ressents comme si tu voulais me convaincre de la réalité des OVNIS . C'est dire mon degré de croyance dans l'etat de dégénerescence des individus !.
Je n'ai pas de certitudes , mais la terre n'est pas plate .
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PostPosted: 18 Mar 2010 9:52    Post subject: Reply with quote

Finalement est-ce qu'on peut dire que ce qu'on appelle rituel vaut pour des scènes sociales relevant du "public" ?
Et que d'autre part il existe des moments et des relations entre personnes proches (par exemple un couple vivant ensemble depuis de nombreuses années) qui non seulement se passent de rituel, mais doivent même l'exclure pour maintenir l'aisance que ces relations procurent ?

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Youyou



Joined: 03 Mar 2010
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PostPosted: 18 Mar 2010 11:55    Post subject: Reply with quote

Anonymous wrote:
Finalement est-ce qu'on peut dire que ce qu'on appelle rituel vaut pour des scènes sociales relevant du "public" ?
Et que d'autre part il existe des moments et des relations entre personnes proches (par exemple un couple vivant ensemble depuis de nombreuses années) qui non seulement se passent de rituel, mais doivent même l'exclure pour maintenir l'aisance que ces relations procurent ?

D


C'est aller très vite en besogne que de dire que les relations entre personnes se connaissant depuis de nombreuses années s'affranchissent des rituels Clin d'oeil
La proximité ne peut être supportable que grâce à certains rituels, et dans un couple par exemple, si dernier perdure, c'est peut être aussi que certains rituels ont perduré.

Pour l'ensemble du débat, mon avis est que nature et aisance ne s'opposent pas, l'homme est je pense fait pour manoeuvrer entre les deux. Trop proche de la nature, celle ci peut être hostile. Trop attaché à développer son aisance, l'homme détruit la nature.

Pour revenir à la décroissance, cela découle logiquement du point de développement sur lequel il faudrait redescendre, ou on serait plus proches de la natures, avec moins d'aisance, mais suffisamment pour s'assurer un confort légitime à la condition humaine.

Je ne sais pas si vous tenez à votre débat d'esthète, mais on pourrait peut être le ramené à des choses plus terre à terre pour les projets futurs, tant sur le plan des interactions sociales (ou se situe le curseur entre la vie communautaire codée et la vie personnelle pleine d'aisance), et sur le plan matériel (confort de la technologie contre rudesse de la nature).
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