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Reterritorialisation de l'électricité ?

 
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Guest






PostPosted: 04 Aug 2010 16:40    Post subject: Reterritorialisation de l'électricité ? Reply with quote

Il y a eu récemment une intéressante polémique sur l'installation de producteurs d'électricité en photovoltaïque.

La présidente d'ERDF a annoncé que la montée en flèche du nombre de producteurs allait déstabiliser le réseau et provoquer des coupures.

Quelques écolos bien industrialistes sont montés au créneau pour se montrer très choqués :

lien (1)

(tribune signée de Hélène Gassin, vice-présidente de la Région Ile-de-France, Denis Baupin, maire-adjoint de la Ville de Paris et Didier Lenoir, vice-président du CLER)

lien (2)
(communiqué de presse du SER (Syndicat des énergies renouvelables) et du SOLER)

En fait entre ERDF et les écolos industrialistes, il n'y a vraiment pas à choisir son camp.

Sur le plan technique ERDF a raison seulement pour le cas des grosses centrales situéess dans des zones où il y a peu de consommateurs à proximité. L'électricité produite n'est pas consommée sur place, et fait remonter la tension au niveau du réseau de distribution, ce qui engendre des travaux d'infrastructure pour ERDF, mais aussi dans certains cas sur le réseau amont (réseau de transport géré par RTE) et ce d'autant plus que la production est importante.

Par contre les petits producteurs (panneau solaire chez un particulier) pose beaucoup moins de problème car l'électricité est consommée sur place, sans impact sur le réseau.

Finalement les écolos qui s'insurgent défendent la grosse production électrique déconnectée des lieux de consommation.

En fait les protagonistes du débat sont d'accord sur l'essentiel, à savoir qu'il ne remettent pas en question la séparation entre production et consommation, séparation à la fois physique (quand un producteur est isolé des consommateurs, et doit donc s'appuyer sur un réseau électrique plus global) et marchande (puisque c'est à condition de vendre l'électricité que les installations sont subventionnées).

En cherchant et en se disputant à propos d'un hypothétique optimum marchand ils négligent l'alternative de re-territorialisation (à rebours de la tendance à l'interconnexion globale des réseaux) qui passerait ici par l'abandon des grandes centrales et permettrait d'aller vers une réappropriation de cette source d'énergie à un niveau local (communal puisque l'infrastructure matérielle appartient juridiquement aux communes).

--


(1)

Mais quelle mouche a donc piqué la présidente d'ERDF ?

Hélène Gassin, vice-présidente de la Région Ile-de-France, Denis Baupin, maire-adjoint de la Ville de Paris et Didier Lenoir, vice-président du CLER

A peine nommée à la tête d'ERDF, la filiale d'EDF chargée de la gestion des réseaux de distribution d'électricité – qui, faut-il le rappeler, appartiennent depuis toujours aux communes – la nouvelle présidente, Michelle Bellon, attaque de front le photovoltaïque. Ainsi, le développement futur de la filière préférée des Français, impulsé par le Grenelle de l'environnement, serait la principale cause de soucis pour son mandat.
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Accusés ; les gigantesques besoins d'investissement qui seraient nécessaires, la complexité de la gestion du réseau qui en résulterait et les risques de coupures qu'il ferait peser sur les 34 millions de consommateurs, autant dire sur tout un chacun. Aucun de ces arguments ne résiste à l'analyse. Le photovoltaïque, pour peu que l'on sache anticiper sa montée en puissance, ne présente aucun danger ni aucun coût additionnel pour le réseau à court, moyen et long terme. Le marginaliser et tenter de freiner son développement n'aura qu'un seul effet, le rendre plus cher du fait des incertitudes générées chez les opérateurs.

Au contraire, le développement du photovoltaïque est en mesure d'améliorer la qualité du courant fourni. Il peut apporter à moindre coût aux gestionnaires des réseaux des "services-systèmes" dont ils seront de plus en plus friands. Ces faits ont été démontrés à l'occasion d'une enquête réalisée auprès de plusieurs dizaines de gestionnaires de réseaux dans le monde entier dans le cadre de travaux menés par l'Agence internationale de l'énergie et publiée en 2009.

Le photovoltaïque compte parmi les très rares filières de production d'électricité qui peuvent être installées au cœur même de nos villes et de nos villages, à proximité immédiate des points de consommation, en évitant au passage des pertes en lignes chiffrées à 10 %, pas moins de six réacteurs nucléaires. Il constitue ainsi une étape indispensable pour aller vers les "bâtiments à énergie positive", qui seront la règle demain après avoir fait l'objet d'un consensus de tous les acteurs du Grenelle. Mais surtout, le photovoltaïque, en tant que source de production décentralisée à très fort potentiel de développement, représente une formidable opportunité pour donner à ce bien commun irremplaçable qu'est le réseau de distribution une nouvelle raison d'être au service de l'intérêt général.

Grâce aux immenses possibilités des technologies de l'information, les réseaux de demain seront dotés d'une véritable intelligence qui fait aujourd'hui défaut à une infrastructure conçue dans l'immédiat après-guerre et qui a peu évolué depuis.

Capables de gérer depuis toujours l'intermittence des consommations, ces réseaux devront désormais composer avec celle des productions renouvelables d'une manière dynamique. C'est dans le cadre d'un marché ouvert et régulé et dans lequel les collectivités locales auront un rôle majeur à jouer pour la définition des objectifs techniques, environnementaux et sociaux qui leur seront assignés, que les réseaux devront évoluer.

Qualité de service, sécurité d'approvisionnement, maîtrise de l'énergie, développement des énergies renouvelables, lutte contre les changements climatiques, lutte contre la précarité énergétique : les chantiers ne manquent pas, les opportunités non plus ! Plutôt que susciter des craintes infondées et entretenir les réticences chroniques à agir, ces défis devraient au contraire être une source de motivation de toute l'entreprise ERDF. Pourtant, aujourd'hui, les critiques pleuvent contre elle : sous-investissement dans le maintien en état du réseau, gestion opaque des provisions financières, choix non concerté des futurs compteurs pas vraiment intelligents…

LES COLLECTIVITÉS LOCALES TENTÉES DE CHERCHER D'AUTRES PARTENAIRES

Madame la présidente, si le défi de votre mandat est bien de "sauver" les réseaux de distribution, ce n'est certainement pas en tentant vainement de bloquer les énergies renouvelables que vous y parviendrez, mais bien en permettant à l'entreprise que vous dirigez de participer pleinement, aux côtés des collectivités locales, à ces chantiers d'avenir. Vos attaques contre le photovoltaïque sont d'autant plus malvenues que depuis quelques temps les choses commençaient à bouger sérieusement au sein et autour d'ERDF.

On y parlait par exemple de l'amélioration des relations avec ces usagers du réseau d'un nouveau type que sont les producteurs, à la fois nombreux et de nature très variée, allant de l'opérateur énergétique multinational jusqu'au particulier en maison individuelle en passant par le régisseur de copropriété et l'agriculteur isolé ou membre d'une coopérative. Plus récemment encore, il y a eu l'engagement de bon augure dans la réflexion autour des projets de "démonstrateurs" de réseaux intelligents dans le cadre de partenariats larges et de haut niveau scientifique, technique et économique, notamment en réponse à l'appel à manifestation d'intérêt lancé par l'ADEME début 2010.

Cette dynamique d'ouverture et de re-motivation des personnels est essentielle dans un contexte de choc culturel et social dû à la séparation encore récente des métiers entre la branche commerce et la branche réseau d'EDF, devenue ERDF. Elle fait cependant l'objet de bien peu de considération de la part de la maison-mère car entachée de l'image désormais négative de "service public". Cette problématique ne devrait pas vous être étrangère, vous qui êtes passée par la direction du personnel et des relations sociales d'EDF-GDF à l'époque des prémices de la privatisation il y a une quinzaine d'années.

Il est difficile de cerner les raisons et les objectifs de cette nouvelle posture qui de toute évidence dépasse le simple cas du photovoltaïque et semble porter la griffe "anti-renouvelables primaire" de la nouvelle présidence du groupe EDF.

S'il devait se confirmer, ce changement aurait des conséquences extrêmement néfastes. Elles n'entacheront pas le développement à moyen et long terme des énergies renouvelables électriques dans notre pays, dont la contribution massive à l'approvisionnement de nos territoires finira par s'imposer d'une manière ou d'une autre. C'est la présence même d'ERDF dans cette formidable aventure qui risque d'être mise à mal.

Les énergies renouvelables sont intrinsèquement liées aux territoires qui hébergent leurs gisements : le moteur principal de leur développement sera donc celui des acteurs de terrain, au premier rang desquels les collectivités locales. Celles-ci, partant du constat qu'on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif, pourraient bien, au moment du renouvellement des contrats de concession, être tentées d'aller chercher d'autres partenaires qui répondent à leurs attentes et les aident à mettre en œuvre leurs projets à haute valeur écologique et sociale, au lieu de les entraver.
Hélène Gassin, vice-présidente de la Région Ile-de-France, Denis Baupin, maire-adjoint de la Ville de Paris et Didier Lenoir, vice-président du CLER

LEMONDE.FR | 20.07.10

(2)

COMMUNIQUE DE PRESSE Paris, le 24 juin 2010

LE PARC SOLAIRE PHOTOVOLTAIQUE NE PRESENTE AUCUN RISQUE POUR LE RESEAU ELECTRIQUE
Michelle BELLON, Présidente d’ErDF, s’inquiète du risque que le développement des installations photovoltaïques pourrait faire courir au réseau électrique de distribution dans notre pays. Les professionnels de la filière tiennent à rassurer leurs concitoyens : il n’est pas nécessaire d’apporter des modifications majeures à notre réseau tant que la France ne disposera pas d’un parc d’une puissance 100 fois supérieure à celui d’aujourd’hui.
Il y a déjà un an, une étude européenne, regroupant distributeurs, producteurs, fabricants, agences nationales de l’énergie et laboratoires de recherche, intitulée « Intégration de source d’énergies décentralisées dans le système électrique d’aujourd’hui *» a été publiée. Cette étude conclut que les réseaux européens actuels peuvent accueillir aisément un grand nombre de sources de production d’électricité décentralisée. Le parc photovoltaïque allemand, qui représente plus de 10 000 MW, fait la preuve de la pertinence des résultats de cette étude.
Appliquée au cas français, cette étude démontre qu’aucun changement majeur n’est nécessaire jusqu’à ce que 10 % des consommateurs d’électricité soient équipés d’installations de 5 KW. Il serait nécessaire, en revanche, pour atteindre 20 %, de moderniser le système de gestion du réseau.
Le nombre de producteurs s’élève aujourd’hui à 0,1 % des consommateurs en France métropolitaine. Cela signifie qu’aucun risque de black-out n’est à craindre. Il faut néanmoins anticiper le développement de cette forme d’électricité et son accueil sur le réseau, même si la limite qui pourrait impliquer une nouvelle structuration du réseau est encore lointaine. « D’ores et déjà, les industriels travaillent sur les réseaux de demain qui permettront de gérer les flux d’électricité de façon beaucoup plus décentralisée qu’aujourd’hui », explique Arnaud MINE, Président de SER-SOLER.
* www.eudeep.com

Contacts presse : Françoise JOUET, (francoise.jouet@enr.fr) 01 48 78 05 60 / 06 07 38 52 79

Le Syndicat des énergies renouvelables regroupe 500 adhérents, représente un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros et plus de 80 000 emplois. Elle est l’organisation professionnelle qui regroupe les industriels de l’ensemble des filières énergies renouvelables : biomasse, bois, biocarburants (FBE), énergies marines, éolien (FEE), géothermie, hydroélectricité, pompes à chaleur, solaire thermique, thermodynamique et photovoltaïque (SOLER).

SOLER compte 265 membres, actifs dans toutes les régions de France et intervenant sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière photovoltaïque.
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Guest






PostPosted: 25 Aug 2010 10:17    Post subject: Reply with quote

"Le gouvernement veut limiter les effets d'aubaine liés à l'électricité photovoltaïque"
lien

Les tarifs de rachat par EDF de l'électricité produite à partir de panneaux solaires baisseront donc de 12 %, sauf pour les petits producteurs résidentiels.
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PostPosted: 25 Aug 2010 10:26    Post subject: Re: Reterritorialisation de l'électricité ? Reply with quote

Anonymous wrote:
Il faut néanmoins anticiper le développement de cette forme d’électricité et son accueil sur le réseau, même si la limite qui pourrait impliquer une nouvelle structuration du réseau est encore lointaine. « D’ores et déjà, les industriels travaillent sur les réseaux de demain qui permettront de gérer les flux d’électricité de façon beaucoup plus décentralisée qu’aujourd’hui », explique Arnaud MINE, Président de SER-SOLER.


... un bon exemple à méditer par ceux qui croyaient que décentralisation et gestion centralisée étaient antinomiques.
Car la gestion des flux électriques dont il est question ici sera bien le fait de structures nationales (au minimum) puisque le réseau est à cette échelle, et donc aussi l'ajustement production/consommation.
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bug-in



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PostPosted: 25 Aug 2010 13:11    Post subject: Reply with quote

pour l'antinomie décentralisation/centralisation, effectivement. Mais il n'y a pas que la décentralisation d'intéressante, il y a aussi, la déconcentration.
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PostPosted: 25 Aug 2010 16:01    Post subject: Reply with quote

Comment les services déconcentrés de l'Etat ?
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bug-in



Joined: 13 Mar 2003
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Location: prox. Montpellier

PostPosted: 25 Aug 2010 16:44    Post subject: Reply with quote

Je sais pas, je me contente de rapeller cette pratique c'est tout :

http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9concentration
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