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Féminismes
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 18 Apr 2005 14:46    Post subject: Féminismes Reply with quote

Parce qu'ils nous rendent attentifs aux rapports hommes-femmes, mais surtout aux catégories de pensée de genre (genre = sexe social) qui associe aux comportements une légitimité différente selon le sexe biologique de la personne, les points de vue féministes me paraîssent très intéressants à prendre en compte.

Une société décroissante est une société où les rapports hommes-femmes, leurs activités respectives, seront sans doute subtilement chamboulés. Voici pourquoi :


1 - La place de la famille.

Une relocalisation de l'économie implique des liens sociaux plus directs et plus solidaires. La famille moderne n'en sera donc peut-être pas indemne, potentiellement.

En effet, elle est appréhendée à partir du noyau du couple, construit à partir du sentiment amoureux tel qu'il est réactualisé dans toutes les oeuvres culturelles. Le sentiment amoureux est exclusif, donc de nature à sacraliser des liens sociaux privilégiés au sein de la famille, lieu de sécurité, par opposition à ceux de l'extérieur. La soi-disant émancipation des femmes se solde en vérité par la place centrale de la femme dans la famillle (les hommes restant très effacés dans les activités domestiques), en contradiction avec l'injonction qu'il y a pour elles à réussir aussi dans le monde économique extérieur.

Les qualités de soin envers l'enfant restent donc naturalisées comme compétences féminines, procédant d'une confusion entre qualités sociales et sexe biologique. Ainsi, l'équilibre familial moderne est fragile, car saturé de contradictions, entre valeurs familialistes peu explicitées (parce que vues comme ringardes) et autonomie de l'individu qui fonctionne comme un injonction à la performance, plus coûteuse pour les femmes que pour les hommes. De leur côté, les hommes restent exclus du soin envers les enfants. Les femmes qui travaillent peuvent le faire parce que d'autres femmes ont pour profession le soin des enfants (crèches, assistance maternelle, écoles maternelle etc). La division sexuelle des tâches restent donc très prégnante et très stable, malgré l'intrusion de rapports marchands dans la relations adultes-enfants.

2 - La place de la technique.

Les professions techniques, celles où le contact avec les machines est quotidien, restent massivement masculines, aussi exclusivement que les professions de soin aux enfants restent féminines (en terme de répartition des effectifs). Ce n'est pas l'injonction convenue à la parité qui changera cette division du travail. L'habilité technique érigé en compétence professionnelle demande de valoriser une spécialisation étroite, construisant des talents évalués dans des épreuves "agonistiques", où la compétition stimule, sanctionne et récompense les meilleurs.

La socialisation féminine rend les femmes peu attirées par un tel fonctionnement social, de même que l'usage du corps nécessaire au bricolage (indispensable à l'habilité technique) est peu encouragé. Ainsi il y a une véritable division du travail entre les spécialistes étroits et les rôles professionnels hétérogènes, ces derniers demandant au contraire de s'extraire des spécialisations et de la sécurité qui en découlent pour les détenteurs. Un certain type de socialisation, ayant pour cible préférentielle les garçons, encouragerait donc la surrenchère technique conduisant à l'accumulation de moyens dans des visées de performance pure (et évaluées dans des termes indifférents aux valeurs sociales).

Ainsi, l'économie comme technique produit des chiffres qui valent pour indicateurs numériques purs objectivant l'avancée des civilisations ou ensembles culturels (niveau de vie, taux de croissance, etc). Les performances des outils informatiques, le degré d'intégration des systèmes (interropérabilité) sont encouragés pour les mêmes raisons. On trouve peu de femmes dans ces activités, et on trouve souvent plus choquant les agressions néolibérales envers le corps social lorsqu'elles sont le fait des femmes (voir le cas de Tatcher).

On attend ainsi des femmes un "supplément d'âme" dans les postes à responsabilité, là où la technique moderne reste de construction sociale masculine dans ses fondements. Les techniques n'existent pas en dehors de contextes culturels. Leur investissement n'est donc pas également probable selon le genre de la personne. Ce qui signifie que la présence de femmes dans les activités techniques et décisionnelles ne suffira pas à elle seule à orienter les techniques dans des buts moins productivistes. D'ailleurs, les activités professionnelles dévolues aux femmes restent massivement confinées dans le "relationnel" (petite enfance, éducation, soins hospitaliers, ressources humaines, etc) là où l'activité technique moderne reste réservée aux hommes.


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tantale



Joined: 31 Jan 2004
Posts: 101
Location: Rouen

PostPosted: 18 Apr 2005 16:11    Post subject: Reply with quote

je n'adhère pas au principe de féminisme car c'est faire la promotion des femmes, un peu comme la discrimination positive. Dans féminisme il y a quand meme l'idée de placer la femme en avant.
Il me semble qu'on doit défendre des principes : je veux une société égalitaire ; construisons l'égalité en fait, au quotidien au lieu de vouloir sans cesse promouvoir la femme. De plus le féminisme, meme s'il est souvent orienté vers l'égalité H/F, débouche parfois sur un sentiment anti-homme, ce qui est parfaitement débile ( à mon avis).
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 18 Apr 2005 17:24    Post subject: Reply with quote

tantale wrote:
De plus le féminisme, meme s'il est souvent orienté vers l'égalité H/F, débouche parfois sur un sentiment anti-homme, ce qui est parfaitement débile ( à mon avis).


Ca, c'est une carricature des féminismes que tu donnes là, et qui évite à bien des gens n'aller voir de plus près ce qu'il en est.

De plus, je ne fais pas la promotion des femmes dans mon texte. Par contre, des qualités que l'on voit aujourd'hui comme féminines, j'aimerais qu'on les voit comme vivables pour les hommes. Comment faire? Pour l'instant ce n'est pas le cas, et il y a du genre un peu partout dans ce que nous faisons. Ainsi l'approche techniciste de l'écologie me paraît un truc masculin; et dire cela me paraît cohérent avec la récupération de l'écologie par les multinationales.

Il faut étudier les féminismes : On peut peut difficilement y couper, une partie de la dynamique du capitalisme reposant sur une division sexuelle du travail que j'esquisse dans mon texte.


tantale wrote:

Il me semble qu'on doit défendre des principes : je veux une société égalitaire ; construisons l'égalité en fait


Moi je ne suis pas pour l'égalité quand le gâteau à partager est nocif ! Mais je suis pour qu'on se mette d'accord sur la composition du gâteau...
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donquichottedelamancha



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 256

PostPosted: 19 Apr 2005 9:21    Post subject: Reply with quote

L'égalité, effectivement, on en est encore loin et vivement qu'on s'en approche un peu plus.
La domination masculine est intacte dans les mentalités, nous la vivons tous les jours, même dans les milieux, ou avec les personnes qui se disent les plus progressistes, "les plus "féministes" (moi non plus je n'aime pas ce mot). L'approche paternalisante-dominante des hommes est loin loin d'être oubliée. Ce qui la rend même plus pernicieuse aujourd'hui c'est qu'elle est dissimulée derrière un discours féministe justement.
Bref, oui, pensons l'égalité.
Mais il y a quand même une différence biologique entre les hommes et les femmes. On pourra retourner le problème dans tous les sens, elle sera toujours là, il n'y a rien à faire de ce point de vue.
Donc, pensons l'égalité, mais l'EGALITE DANS LA DIFFERENCE. C'est à dire l'égalité de façon à ce que personne ne puisse revendiquer une supériorité sur l'autre...
Je crois que c'est la notion de couple qui nous fiche dedans. Mais je n'ai pas de réponse, c'est un pressentiment.
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bloups



Joined: 27 Jul 2004
Posts: 1560

PostPosted: 19 Apr 2005 9:37    Post subject: Reply with quote

En fait je pense qu'il faut éviter l'égalité qui mènerait à l'équivalence. C'est ce qui me gêne chez certains féminismes.
Un homme et une femme, ce n'est pas la même chose, comme un homme et un enfant. L'égalité sociale oui mais qu'elle ne mène pas à une égalité de fait. (qui mènerait à des aberrations du genre chercher une technique techno-scientifique pour que les hommes puissent porter les enfants, etc.)
Vous remarquerez d'ailleurs que le seul âge où nous nous ressemblont c'est l'enfance, car nous ne sommes pas réellement sexué encore et que notre société s'efforce de nous séparer dès la naissance, avec les couleurs, les jouets, les vêtements : tu aimeras les poupées parce que tu es une fille et si tu aimes les voitures tu es un garçon-manqué (admirez l'expression)
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Deun



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 1536
Location: Colombes(92)

PostPosted: 19 Apr 2005 9:52    Post subject: Reply with quote

Oui le terme "féminismes" a l'air de défendre les femmes contre les hommes.

Mais c'est plutôt contre un système qui, lui, produit des oppositions de genre, comme si certaines activités et comportements devaient se trouver exclusivement chez les personnes de tel sexe.

Or, la construction des identités sexuelles a un coût pour les individus, ainsi sommés de choisir leur camp. Elle n'est pas du tout naturelle, contrairement à ce que les différences dites "biologiques" semblent suggérer.

Le productivisme demande la spécialisation des tâches et des compétences, et trouve dans les partitions sexuelles un dispositif efficace pour légitimer et produire ces compétences. "L'égalité dans la différence" n'est-elle pas au féminisme ce qu'est le développement durable pour la décroissance? C'est-à-dire une manière de symboliser superficiellement des changements que la population semble attendre, mais sans déranger les fondements?

Du reste, je ne suis pas sûr que nous avons vraiment besoin d'égalité, alors que dans les faits cette égalité se traduit par une reconduction des critères masculins de réussite... Il faut plutôt que les hommes et les femmes regardent en face ces critères de réussites et leur liens avec les identités sexuelles, afin qu'ils puissent les critiquer plus facilement et en inventer d'autres plus responsables.

Quote:
Je crois que c'est la notion de couple qui nous fiche dedans. Mais je n'ai pas de réponse, c'est un pressentiment.


J'ai le même préssentiment que toi. Mais je crois qu'il faut aborder les choses globalement.
Ainsi l'importance du couple pour les individus est relative à un besoin de "sécurité ontologique" que l'on ne peut nier. Une réflexion sur la communauté pourrait sans doute commencer par là, le couple étant une forme particulière de communauté possible.
A suivre!
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donquichottedelamancha



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 256

PostPosted: 19 Apr 2005 13:12    Post subject: Reply with quote

Oui, la communauté... Pour continuer ma réflexion, il me semble en fait que dans le couple s'institue une relation de dominant-dominé (attention!! je sais qu'il y a des exceptions, mais je crois que ça reste des exceptions..), une relation dominant-dominé donc qui est le microcosme du monde homme-femme dans lequel nous vivons. Si la notion de couple était abolie (et tout le bagage judéo-chrétien avec) est-ce que la non-appartenance à quiconque ne favoriserait pas l'entraide et la solidarité de chacun avec chacun? Le véritable communautarisme justement? Les enfants élevés par la communauté etc...
On m'objectera (entre autres Sourire ) le problème des affinités... Je crois avoir entendu, vaguement, que dans les communautés dites "libres" le schéma du couple se reproduisait finalement toujours (est-ce que quelqu'un en sait plus?) mais peut-être il faut du temps pour purger les mentalités et procéder à une véritable mutation des moeurs... Je ne sais rien... Je pense à l'écrit...
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bloups



Joined: 27 Jul 2004
Posts: 1560

PostPosted: 19 Apr 2005 17:39    Post subject: Reply with quote

Dans le mode tribal (qui est lo'rigine de la communauté), on élève les enfants en commun mais le couple reste souvent le modèle amoureux. Par contre le couple n'a pas de prédominance sur la communauté… !
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jolly



Joined: 02 Aug 2004
Posts: 313
Location: Paris

PostPosted: 19 Apr 2005 18:41    Post subject: Reply with quote

Deun wrote:
Le productivisme demande la spécialisation des tâches et des compétences, et trouve dans les partitions sexuelles un dispositif efficace pour légitimer et produire ces compétences.

Ca me fait penser tout d'un coup qu'on pourrait faire un parallèle avec les populations d'animaux qui ont une grande spécialisation sexuelle comme les abeilles ou (?) les fourmis. On peut sans aucun doute qualifier ces populations de productivistes. Si elles n'étaient pas productivistes, seraient-elles quand même spécialisées (sexuellement ou pas) ?
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donquichottedelamancha



Joined: 14 Mar 2005
Posts: 256

PostPosted: 19 Apr 2005 23:03    Post subject: Reply with quote

Bloups, qu'est-ce que tu entends par "prédominance sur la communauté"?
Si je t'ai mal comprise dis-moi, mais je ne voulais pas dire qu'en communauté le couple aurait une prédominance sur la communauté, je dis que le schéma de domination à l'intérieur du couple est le même qu'on retrouve à l'échelle des rapports homme-femme dans la société en général, et que penser la place de la femme c'est peut être avant tout repenser le couple et, peut-être, penser une autre "formule" que le couple.
Pour entrer dans la trivialité : tu parles de référence amoureuse du couple au sein des sociétés tribales. Mais qu'est-ce que l'amour? L'amour courtois par exemple n'a rien à voir avec le "notre" (le "notre" en général, je précise). Est-ce que la référence amoureuse dont tu parles n'est en fait pas le premier stade de l'arrangement en micro communauté, un premier pacte de société qui n'a rien en fait à voir avec l'amour??
Que sont exactement les sociétés matriarcales? Est-ce qu'il en existe encore?
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bloups



Joined: 27 Jul 2004
Posts: 1560

PostPosted: 20 Apr 2005 7:52    Post subject: Reply with quote

Bon je réponds pas dans l'ordre :
les sociétés matriarcales, il en existe encore, notamment en Asie. celle que j'ai étudiée fonctionnait ainsi : les femmes et principalement la première mère de chaque famille dirige les familles et par extension la tribu. Les hommes n'ont pas le droit de vivre au même endroit, ils vivent en-dehors du village et ne sont sollicités que pour féconder ou pour quelques menus travaux. Ils n'ont aucun droit sur les enfants qui sont les leurs ou non.

Quand je disais pas de prédominance c'est qu'à mon avis le problème est de considérer le couple comme une entité à part entière. Dans cette société tu n'es plus un individu : tu es un couple. D'ailleurs si l'on s'adresse à l'un, on n'a pas besoin d'informer le deuxième puisque c'est un couple.
Dans le mode communautaire chaque individu est considéré comme individu, peu importe ses préférences amoureuses. Après on peut aussi s'aimer à 3 ou autrement. Mais ça n'interfère pas avec la communauté. Chacun va se coucher avec qui il veut, mais pour la vie quotidienne, ce sont des individus à part entière.
La seconde chose pour moi vient aussi du problème de la famille.
En communauté cette notion est fortement remise en cause.
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Kristo



Joined: 17 Dec 2003
Posts: 1751

PostPosted: 20 Apr 2005 9:58    Post subject: Reply with quote

J'ai pas lu tout votre débat, mais si ca peut vous intéresser, au Tibet on pratique encore un peu la polyandrie : une femme peut avoir plusieurs maris
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